Acupuncture Agriculture Alimentation Alzheimer Amérindien Animaux Anthroposophie Apiculture Approche craniosacrée Approches aquatiques Arboriculture Artisanat Astrologie Ayurveda Botanique Bouddhisme Calendrier Chamanisme Channeling Chant Collectivité Communication Constellations familiales Couleur Créativité Danse Dentisterie Eau Écologie Éducation Éducation somatique Électromagnétisme Énergétique Energétique chinoise Enfants Ennéagramme Ésotérisme Famille Femme Fleurs de Bach Forêt Géobiologie Guérison Habitat Hakomi Herboristerie Histoire Homéopathie Horticulture Huiles essentielles Jardinage Kabbale Lithothérapie Mantra Massothérapie Maternité Méditation Médiumnité Mort Mouvement Mycothérapie Naturopathie Numérologie Nutrition Ostéopathie Parkinson Permaculture Philosophie Photos Physique quantique Phytothérapie Pleine conscience Poésie Pollution Portraits Psychologie Qi Gong Reiki Restos vegés Rites Rituel Rolfing Santé Science Semencier Sexualité Société Soin Corporel Son et vibration Spiritualité Taoisme Tarot Tourisme vert Transport Vaccins Vitamine Yeux Yoga Yoga Derviche

TroisTriangles
TarotSpirituel
CentreDentaire

Volume 13, numéro 9 — Mercredi, 3 mai 2017



Printemps, promenade, promptuaire et pétition
    

Printemps, promenade, promptuaire et pétition

Bonjour tout le monde,

Les fleurs minuscules sont apparues sur le sol forestier. Elles sont blanches, mignonnes, fortes et vulnérables. Elles attendrissent mon cœur. Le bouleau s'est réveillé et ses feuilles arborent une verdure resplendissante. Les ruisseaux sont gonflés de rires glougloutants. Les oiseaux se courtisent et chantent. Les mousses sont gorgées de vitalité sous cette pluie abondante. Vive le printemps !

Dans le cadre de sa tournée des restaurants végétariens à Montréal, Yves Gagnon nous présente le resto Momo qui offre des sushis véganes. Belle découverte! Jean-Yves Dionne nous informe sur l'impact des noix sur notre santé. Clôde de Guise a visité le sanctuaire pour chimpanzés de la fondation Fauna tout près de Saint-Jean-sur-Richelieu. Ce qu’ils sont photogéniques ces singes ! Danièle Laberge illumine le sommaire avec cette fougère adolescente. Je partage avec vous une réflexion sur mon rôle parental qui a propulsé au grand jour un conditionnement inconscient. Il est majestueusement imagé par cette chaîne rouillée photographiée en Angleterre par Marie-Dominique Demers-King.

Pétition

Je vous invite à signer cette pétition parrainée par Équiterre qui demande au premier ministre Philippe Couillard de maintenir la dalle-parc promise par le ministère des Transports dans le projet Turcot à Montréal. Il y avait à l’origine l’aménagement d’une dalle-parc visant à permettre les déplacements à pied et à vélo, mais la passerelle a disparu des plans.Cliquez sur ce lien pour participer : Oui aux liens interquartiers pour les piétons et les cyclistes dans le projet Turcot!

Bonnes promenades, agréables escapades à vélo et joyeux jardinage à tous !

Renée Demers
reneedemers@covivia.com

Vous aimez notre publication ? Voulez-vous y participer financièrement ? Adhérez à un abonnement payant ou faites un don ! 



Conditionnements
    

Conditionnements

Nous étions quelques amis assis autour de la table réunis pour l'anniversaire de deux d'entre nous. Nous conversions allègrement. L’un d’entre eux qui avaient étudié l’anthropologie racontait comment les tribus africaines radiaient un individu s’ils ne respectaient pas les us, coutumes et tabous de la collectivité. Les membres du clan ne lui parlaient plus, il n’existait tout simplement plus. C’était le châtiment extrême. Une autre dit qu’elle avait lu que la même dynamique se retrouvait chez les Amérindiens au début de la colonisation française. La vie tribale est riche et soutenante. Cependant, elle implique une adhésion communautaire entière.

Ce comportement m’interpela. Je reconnaissais une empreinte familière et lointaine.

Nous avons échangé un peu plus tard au cours de la soirée au sujet de l’anxiété et de l’insécurité que créaient dans notre psyché certains choix de vie extravagants de nos enfants. Malgré toute notre modernité et notre amour, nous avions de la difficulté à accepter la marginalité de certains d’entre eux. Le lendemain alors que je marchais dans la forêt, cette conversation rejaillit dans mon esprit et servit de point de départ à cette réflexion.

Un des rôles que j’endosse en tant que mère est d’élever des enfants pour qu’ils s’intègrent dans la société, acceptent ses normes et deviennent de bons citoyens. La pression sociale que j’ai mise sur mes épaules est pesante. Je dois réussir ma mission parentale. 

Finalement, je ne suis pas différente du parent pakistanais qui oblige sa fille à épouser l’homme qu’il a choisi pour elle. La tradition veut que le père sélectionne un mari fiable et d’une bonne caste. Ce fiancé assurera la sécurité de sa descendance et le maintien du statu quo national. Les parents responsables respectent les traditions et ainsi perpétuent les coutumes de la société à laquelle ils appartiennent. Le conditionnement culturel que cet homme a reçu lui prescrit cette conduite. À l’intérieur de ces balises, il se sent légitime et protégé. Même si ce mariage était malheureux, ce qu’il ne souhaite pas bien évidemment, car il aime sa fille, mais advenant l’échec marital, il ne serait pas fautif. Enchaîné, il s’abrite sous le couvert social dans sa psyché en reproduisant le modèle dominant.

Chaîne
Photo: Chain UK, M.D. Demers-King

Je fais de même en obligeant le jeune adulte jadis mon enfant chéri à rentrer dans le rang. En me faisant du mauvais sang parce qu’il délaisse la société capitaliste et ses dictats pour explorer la route de la décroissance, de l’autosuffisance, des relations amoureuses ouvertes et de la communauté avec toute la force intransigeante et fécondante de la jeunesse. Je suis malheureuse qu’il tourne le dos à cette idéologie dominante. Mes valeurs profondes remontent à la surface. J’ai peur pour lui… est un des accroires auxquels je m’enchaîne. Je souhaiterais le voir choisir une carrière pour qu’un jour il puisse subvenir aux besoins de sa famille. Oui critiquer le système, mais de l’intérieur. Se lamenter, se plaindre oui, mais pas se rebeller réellement et construire un monde nouveau. Je serais tellement plus tranquille s’il portait des vêtements neufs, s’il était en couple avec une compagne stable, belle et bonne, s’il consommait modérément et s’il reproduisait les stéréotypes qui assurent le maintien des structures sociales.

Mes attentes par rapport à ce fils aventureux sont légitimes aux vues de la société québécoise en 2017. Malgré cette illusion de bon droit, elles sont du même ordre que ce père pakistanais qui oblige sa fille à accepter ce mariage arrangé. Tout mon être veut exercer de la pression sur ce jeune pour qu’il se conforme… Je nage en pleine contradiction moi la femme occidentale, éduquée, consciente et ouverte.

J’ai le choix. Observer l’insécurité que le parcours de cet être soulève en moi. Rapatrier l’inquiétude qui est en moi et non dans la situation. Constater le contrôle parental que je veux continuer d’exercer. Nous aimer tous les deux et démontrer de la curiosité pour ce processus relationnel, social et individuel en perpétuelle mutation. Je peux aussi tenter de l’obliger à se conformer par tous les moyens à ma disposition. Je peux lui faire porter le fardeau de mon anxiété la déguisant en sagesse maternelle. Je peux le paralyser dans la grande toile d’araignée sociale en brandissant le poison effroyable du rejet sociétal.

Observant, je perçois la peur et la dépendance. Je crains l’échec et la désapprobation. Je suis en danger. Il pourrait devenir un fardeau financier dans quelques années. Je ne pourrai pas « me mirer dans lui » comme dirait ma mère s’il n’a pas une situation sociale enviable. Ce jeu d’ombre mettant en scène un parentage que je veux pourtant bienveillant est une occasion en or d’explorer la peur. La liberté commence en prenant conscience de ses conditionnements et en s’aimant tel que l’on est.

Les personnes proches sont des miroirs de notre psyché. Les frictions relationnelles sont des sources de carburant. L’huile y abonde pour alimenter notre lanterne et avancer dans la pénombre. Cela est libre à nous. L’écoute et la méditation sont des outils de vigilance. Dans le silence et la clarté, on peut observer, entendre, distinguer, aimer et comprendre. Cela permet de conscientiser des pans de la réalité occultée jusqu’ici à notre entendement.

Mon conditionnement me saute aux yeux. Il n’est pas réservé aux Africains ou aux Pakistanais. Il est en moi. Ce que j’appelle amour est plutôt un contrôle et une déresponsabilisation. Je perpétue à l’intérieur de moi un futur étriqué, dévastateur, mais connu. Il se réverbère sur mon environnement.

Cette réflexion crée du sens. Je soupire. La vérité est libératrice. J’aime et je suis à l’écoute dans la mesure de mes aptitudes actuelles. Sans forcer et sans idéaliser.

Je souhaite que mes dispositions engendrent la paix. Celle que je veux tant pour le monde, suis-je capable de les manifester en moi et dans mes relations ?

Renée Demers
reneedemers@covivia.com

Thématiques : Éducation, Enfants, Famille, Société, Spiritualité


Ressources
Alchimiste
AnneVastel
Aquavie

Publicités
    

Salon Ma santé en main


The Mystery of Emerging Form

Imma von Eckardstein’s Drawings of the Constellations
A Biological Perspective
Yvan Rioux
Temple Lodge Publishing

The mystery of emerging form

Contemporary science views our planet as an insignificant speck of dust in the vastness of space, with its four kingdoms as a random assemblage of atoms. Yvan Rioux presents a radically different perspective, demonstrating an indissoluble relationship between Heaven and Earth. Over aeons of existence, the four kingdoms have manifested a creative power that perpetually brings forth new expressions. With the goal of bridging science and spirit, Rioux helps revive the old intuitive awareness of an intimate communion between the outer perceptible life of nature, the inner life of the soul and the majestic spiritual formative forces that preside as architects – an organic whole where all levels co-evolve.

The earth, nesting in its solar system, is connected with the Milky Way and the twelve constellations. The impact of the stars as an influence on human behaviour has been known for millennia. In the original edition of Rudolf Steiner’s Calendar of the Soul, twelve illustrations of the constellations, made by Imma von Eckardstein, were published for the first time. These intuitive drawings differ greatly from the traditional ones, but Steiner stressed their importance for our modern consciousness. The images invite us to comprehend formative forces in their various guises in the kingdoms of nature. By exploring the gifts of each constellation, the author uses Imma’s drawings as a template to elucidate the emergence of twelve basic forms as the common denominators of all creatures, leading eventually towards the human form.

‘The [new] images of the zodiac constellations represent actual experiences connected with the waking and sleeping of particular spiritual beings. In these images we have a knowledge that needs to be renewed at this time…’ – Rudolf Steiner (1912)

YVAN RIOUX was already a keen naturalist as a boy, taught by Christian Brothers and Franciscans. He studied biology at Montreal University, but it left him cold as it didn’t touch anything that was alive. Working for ten years as a biodynamic farmer in Quebec, however, he encountered living ecosystems. Later, in Montreal, he taught on the relationship between human physiology and nature. In 1992 he moved to England with his two boys and joined a family of two girls and their mother, Gabriel Millar, who became his muse. Retiring ten years ago, he decided to write about his knowledge gained from 25 years’ of teaching experience, culminating in the publication of The Mystery of Emerging Form.

More on Temple Lodge Publishing



Des sushis engagés
    

Champs libres

Des sushis engagés

Lorsque j'observais à la fin du siècle dernier l'explosion phénoménale des bistros à sushis, je n'ai pu m'empêcher d'avoir une pensée pour les stocks de poisson déjà fortement malmenés par la surpêche industrielle. Je me demandais comment les océans survivraient à cette demande accrue pour leur chair et leur sang.

L'éminent chercheur de l'Université de Colombie-Britannique Daniel Pauly confirmait mes appréhensions par sa toute récente enquête qui dresse le portrait d'une situation somme toute dramatique. Avec l'aide d'une importante équipe, il a mesuré durant 15 ans les captures de poisson dans plus de 150 pays. Ses conclusions m'apparaissent sidérantes. « La situation est bien pire qu'on ne le croyait, » affirme le chercheur. « La pression de pêche actuelle est excessive. On ne pourra reconstruire les stocks qu'en réduisant l'effort de pêche »

Réduire l'effort de pêche

Le Mexicain Christian Ventura a peut-être trouvé une solution à la surpêche en ouvrant en 2014 sur la rue Duluth le restaurant Sushi Momo axé principalement sur des propositions végétariennes originales. Au début, afin de ne pas faire fuir une clientèle habituée aux sushis classiques japonais, il proposait quelques confections comprenant du poisson. Mais depuis le premier janvier 2016, il est passé à une carte exclusivement végétalienne.

Lui-même de conviction vegan, Christian décide de miser sur l'aventure végétalienne parce qu'il est convaincu qu'il existe une demande pour de tels sushis et qu'il peut y répondre avec originalité. Sa passion et son expérience lui ont permis de mettre au point des recettes gouteuses qui ne souffrent aucunement de l'absence de poisson.

Restaurant Momo

Je n'avais pas été attiré par l'enseigne, probablement à cause du nom Momo qui résonnait négativement à mes oreilles. Comme quoi, on devrait éviter de cultiver les préjugés. Incidemment, ce n'est que la semaine dernière, lorsque je me suis attablé avec ma douce au nouvel emplacement du bistro à sushi sur Saint-Denis – l'ancienne adresse du défunt bar à vin Les trois petits bouchons – , que j'ai pu expérimenter la grande créativité culinaire de Christian Ventura.

Difficile de faire un choix parmi les 80 propositions alléchantes affichées sur le menu, toutes aussi tentantes les unes que les autres. Diane et moi nous sommes laissés tenter en premier lieu par deux entrées, le Gyoza Pan Fried, des dumplings maisons fondants servis avec une sauce claire au saké et au gingembre ainsi que par le Harumaki, des rouleaux aux légumes frits parfumés à la coriandre fraîche qu'on trempait dans une sauce sucrée aux fruits.

L'enferSimon s'affaire
Simon s'affaire à L'enfer.

Une fois partagés ces préludes, nous avons pêché avec L'enfer, des rouleaux d'avocats frits surmontés d'un tartare de patate douce, de piment jalapeno, de takana et d'échalote, relevé d'une émulsion de chili japonais et d'un aïoli coriandre piment. Les saveurs nous explosaient en bouche et nos palais étaient comblés.

Pour la suite, nos choix se sont limités à 4 Futomaki, des rouleaux classiques aux algues nori : le Végé tempura – poivron rouge, échalote, patate douce et zucchini tempura – , le kamikase Inari – tofu sucré, avocat, pomme verte, concombre, échalote –, le Boston – concombre, avocat et soyvette tempura, verdure, émulsion de yuzu – et le Honda Kabocha –, courge kabocha, feuille d'oba et échalote tempura, avocat et miso épicé.

Nous avons savouré chaque bouchée. Les notes piquantes et sucrées créaient d'intéressants contrastes en bouche tout comme les textures, tantôt fondantes, tantôt croustillantes. Nous nous disions Diane et moi que des propositions aussi enjôleuses pourraient contribuer réduire l'intérêt pour les sushis de poisson ce qui aiderait assurément la cause des poissons. Il n'est dorénavant plus nécessaire de prendre la mer pour militer pour la survie des océans, on peut le faire en optant pour de sushis équitables. Des sushis végétaliens à la japonaise conçus par un mexicain végétalien émigré à Montréal. C'est ce qu'on pourrait appeler un fécond métissage.

Des ananas frits servis accompagnés d'une glace au lait de coco ont clôturé le repas. Conclusion parfaite pour un repas prestigieux. Une seule fausse note au dossier, l'absence de vin sur la carte. Du saké, de la bière, mais aucune bouteille de vin. Un sommelier pourrait conseiller à Christian quelques choix de vin bio, question d'offrir une expérience gastronomique complète.

Pour deux personnes, avec 375 ml de saké : 100 $.

Yves Gagnon
Les Jardins du Grand-Portage

- - -

Vitrine restaurant Momo

Sushi Momo
4669, rue Saint-Denis, Montréal
514-825-6363

www.sushimomo.ca

- - -

Yves Gagnon offre un atelier intitulé Le jardinage écologique sur le terrain samedi le 17 juin. L’atelier d’une durée de 5 heures permet de voir et de comprendre l’organisation d’un jardin écologique en pleine effervescence. Le complément parfait aux lectures sur le sujet, surtout pour les visuels !! Pour inscription, aller à l’onglet Nos formations sur le site Les jardins du Grand-Portage.

Thématiques : Alimentation, Restos vegés



Chimpanzés : des personnes ?
    

Chimpanzés : des personnes ?

Cela fait plus d’une année que j’ai entendu parler de Fauna Foundation. C’est le seul sanctuaire au Canada pour chimpanzés qui ont été cobayes pendant de nombreuses années dans les laboratoires biomédicaux ou qui ont été traités comme des objets de curiosité dans les zoos. Seuls Tatu et Loulis font exception à la règle. Ils étaient les deux derniers individus du Chimpanzee and Human Communication Institute à Ellensburg, dans l’État de Washington, qui a dû fermer ses portes en 2013. Tatu a appris le langage des signes uniquement des humains. Loulis est le premier chimpanzé au monde qui a appris le langage des signes uniquement de ses congénères et tout spécialement de sa mère adoptive Washoe.

Dr Mary Lee JensvoldJe me suis rendue sur place pour rencontrer Dr Mary Lee Jensvold, scientifique du comportement et des communications à Fauna Foundation.

En arrivant sur le site, qui se trouve à Carignan (à proximité de Saint-Jean-sur-Richelieu), on aperçoit au loin, au milieu de la végétation, une longue passerelle grillagée qui est le premier indice de la présence des primates. En entrant à la réception, dans le bureau administratif, les photos des chimpanzés ornent les murs et déjà la fascination s’exerce tant ils sont expressifs. Le goût d’en savoir davantage s’intensifie. Que nous apprennent les chimpanzés sur nous ?

Faux homme

Les chimpanzés sont les animaux les plus proches de l’humain morphologiquement et génétiquement (nous partageons 98,6 % de gènes en commun). Ils sont membres de la famille des hominidés et de l’ordre des primates comme nous mais ils sont du genre Pan (48 chromosomes) et nous du genre Homo (46 chromosomes). Le terme chimpanzé est d’origine congolaise et signifie « faux homme ».

Maya
Photo : © NJ Wight

L’histoire de Fauna Foundation débute officieusement en 1990, lorsque le Dr Richard Allan, vétérinaire, et Madame Gloria Grow font l’acquisition d’une terre de 100 acres à Carignan. En 1997, Fauna Foundation est officiellement créée. Cette organisation sans but lucratif (OSBL) se donne comme première mission la mise en place d’un centre de conservation de la nature pour protéger la faune et la flore, on y accueille les animaux de ferme ou domestiques négligés, abandonnés ou abusés ainsi que les animaux utilisés à des fins de divertissement, à des fins éducatives ou comme cobayes dans les laboratoires de recherche. Cette même année, 15 chimpanzés sont hébergés au sein de la Fondation. Ils sont tous retraités d’un laboratoire de recherche de l’État de New York. Huit d’entre eux sont infectés par le VIH. C’est le premier centre au monde à accueillir des chimpanzés porteurs du VIH.

Pas un zoo

«  Un sanctuaire, n’est pas un zoo, explique Dr Mary Lee Jensvold. Ici les chimpanzés sont protégés de l’exploitation humaine. Ils ont la nourriture, le gîte, des soins médicaux, de l’affection. Ils nouent des liens sociaux nécessaires à leur épanouissement. En fait, nous mettons en place toutes les conditions favorables pour leur offrir un environnement sain afin qu’ils filent des jours heureux jusqu’à la fin de leur vie. Comme nos pensionnaires sont largement traumatisés et que quelques-uns prennent quotidiennement des anxiolytiques, outre les soignants dûment formés, rares sont les personnes du grand public qui ont accès aux unités de soins de nos chimpanzés. Cependant, ils peuvent être aperçus si ces derniers sont dans les îlots de jeu ou sur la passerelle. »

J’apprends que le chimpanzé a plus de similitudes avec les humains qu’avec les gorilles. Nous avons la même formule sanguine et nous partageons plusieurs pathologies en commun, comme le diabète, l’hépatite et un simple rhume de cerveau.

Gethro et Régis
Photo : © NJ Wight

Des êtres sensibles

Les chimpanzés sont des êtres sociaux, chacun avec leur propre personnalité, dotés d’un grand registre d’émotions. Ils sont câlins, aiment donner et recevoir des bisous. Ils éprouvent de la peine à la mort d’un des leurs. L’épouillage mutuel est une grande marque d’affection et de complicité. Ils ont chacun des habitudes qui leur sont propres. Ce sont des joueurs qui ont besoin d’exercices et de stimuli sinon ils peuvent être en proie à l’ennui. Ils peuvent peindre, créer et savent utiliser un I Pad. Ils ont des amis préférés, des couleurs préférées, des mets préférés. À ce propos, Fauna Foundation publie, en anglais, un livre de recettes, Fauna Cookbook, composé de 40 recettes végétaliennes toutes testées et approuvées par les chimpanzés. Vous vous délecterez des recettes proposées par la nutritionniste de l’institut. Des anecdotes agrémentent le tout.

Tatu
Photo : © NJ Wight

Pour approfondir la communication avec les chimpanzés Tatu et Loulis, quelques-uns des soignants utilisent le langage américain des signes. « C’est hallucinant de constater le degré de subtilité des échanges entre un chimpanzé et un soignant quand les deux communiquent par signes. Il est possible d’avoir une conversation qui dépasse la satisfaction des besoins primaires. Tatu, qui est une de nos pensionnaires « alphabétisées », si je puis dire, m’a étonnée lorsqu’elle m’a demandé où étaient mes filles qu’elle n’avait pas vues depuis des mois. La plupart des gens n’aiment pas trop ressentir cette proximité de comportement et sont inconfortables avec cette notion que les animaux sont des êtres sensibles qui sont plus proches de nous qu’on veut bien nous le faire croire », précise Dr Mary Lee.

Elle ajoute : « Les chimpanzés savent exactement décoder les humeurs des soignants. S’ils ont la forme ou pas. S’ils sont stressés, etc. » Tant que nous réfutons la nature sensible des animaux, notamment celle des chimpanzés, nous nous arrogeons le droit de les garder en captivité dans les zoos, de les charcuter ou de leur inoculer des maladies en laboratoire, d’en faire des sujets d’étude en les isolant de leur clan. The Nonhuman Rights Projects est le seul projet civil qui milite en faveur de la reconnaissance du droit des animaux non-humains.

Pour en savoir plus : https://www.nonhumanrightsproject.org

Le bouddhiste Matthieu Ricard a récemment publié un ouvrage intitulé : Plaidoyer pour les animaux, où il questionne notre manière inhumaine de traiter les animaux.

Pour en savoir plus : Matthieu Ricard, Plaidoyer pour les animaux

Vingt ans plus tard

Fauna Foundation célébre ses 20 ans cette année. La propriété a doublé en superficie. Une portion des 200 acres est reconnue par le gouvernement du Québec comme la Réserve naturelle du Ruisseau-Robert. Outre la faune et la flore sauvage, Fauna Foundation abrite environ 80 animaux. Désormais, un décret de la ville, leur interdit d’héberger des animaux exotiques à moins qu’ils ne soient en grand danger.

La ménagerie est composée de quatre vaches, un âne, un cheval, un porc, quatre chèvres, plusieurs canards et oies, trois lapins, deux coqs, quatre singes (un babouin olive, deux macaques rhésus – rescapés de laboratoire et un macaque japonais – 27 ans en captivité dans une animalerie),

14 chimpanzés (dont Toby du zoo de Saint-Félicien, Maya et Spock du zoo de Québec et récemment de Dolly et Blackie du parc safari d’Hemmingford), 15 chats et trois chiens.

Toby
Photo : © NJ Wight

Fauna Foundation vit des dons du public et a besoin d’au moins 500 000 $ par année pour assurer une qualité de vie à leurs pensionnaires. Vous pouvez participer de différentes manières pour les soutenir : adoptez un chimpanzé, participez au symposium du sanctuaire (vous trouverez les dates sur le site – entre le 23 avril et le 1er octobre) ou à un atelier d’une journée, le 23 juillet prochain, qui est une première. Au cours de cet atelier, vous aurez notamment l’occasion d’apprendre les rudiments du langage des signes utilisé par les chimpanzés et de contempler leur production artistique. La fondation a une boutique en ligne où vous pourrez acheter son fameux livre de recettes et divers autres produits. Vous trouverez d’autres idées originales pour soutenir Fauna Foundation et une foule d’informations sur les chimpanzés dont des portraits individuels de chacun d’eux. Vous ne verrez plus les chimpanzés de la même manière. Fauna Foundation est toujours à la recherche de bénévoles. Avis aux intéressés.

«  Nous ne pourrons redonner aux chimpanzés ce que nous leur avons fait subir mais nous pouvons leur donner de l’amour, du confort, de bons soins et un lieu sécuritaire où vivre. En changeant notre vision du monde et en ouvrant nos cœurs nous aurons un monde meilleur à nous partager », de conclure Dr Mary Lee Jensvold

Clôde de Guise

Pour en savoir plus : Fauna Foundation




Clôde de Guise
coupsdecoeurvoyages.com


On est aux oiseaux en Tanzanie

Thématiques : Animaux, Écologie, Habitat



Noix : bon ou pas pour ma santé?
    

JeanYvesDionne

Noix : bon ou pas pour ma santé?

On entend souvent dire que les noix font engraisser, que ce n’est «pas bon pour le cholestérol». Doit-on limiter notre consommation de noix? Ces aliments ont-ils des effets bénéfiques?

Avec les nouvelles compréhensions de l’alimentation, on s’aperçoit que plusieurs principes nutritionnels admis comme vérités ne sont pas aussi solides qu’on le croyait.

Par exemple, on nous a longtemps dit que manger gras était dangereux pour la santé, que ça causait les maladies cardiaques. Pourtant, à part pour les gras trans industriels reconnus comme étant néfastes, la preuve n’est pas très forte. Voici un exemple qui montre, à l’inverse, les bienfaits d’aliments gras : les noix.

Consommation de noix et risque de décès

Malgré leur contenu en gras, ou peut-être à cause de celui-ci, les noix sont de plus en plus reconnues comme des aliments santé. En 2013, le New England Journal of Medicine publiait une grande enquête sur plus de 80 000 personnes. Les chercheurs ont compilé les données de Nurses’ Health Study de 1980 à 2010 et celles de Health Professionals Follow-up Study de 1986 à 2010. Dans ces enquêtes, les participants ont rempli des questionnaires à propos de leurs différentes habitudes, notamment l’alimentation.

Les données révèlent que les personnes qui mangent des noix ont moins de risque de décès. On peut donc présumer qu’ils sont en meilleure santé. Sur une période de 30 ans, par rapport à ceux qui n’en mangent pas, les personnes qui consomment des noix (p<0,001 pour la tendance) : 1

  • 1 fois par semaine ont 11% de réduction du risque de décès (HR 0,89 [IC 95% : 0,86 à 0,93]);
  • 2 à 4 fois par semaine, 13% de réduction (HR 0,87 [IC 95% : 0,83 à 0,90]);
  • 7 fois par semaine ou plus, 20% de réduction (HR 0,80 [IC 95% : 0,73 à 0,86]).

Risque de décès pour des maladies spécifiques

En 2015, les résultats d’une autre grande enquête (effectuée aux Pays Bas sur plus de 120 000 personnes entre 1986 et 1996) ont montré les mêmes réductions générales. Ces données révèlent également que la consommation de 10g ou plus de noix par jour, incluant les arachides et le beurre d’arachide, diminue le risque de décès de certaines maladies spécifiques de : 2

  • 44% pour les maladies neurodégénératives;
  • 17% pour les maladies cardiovasculaires;
  • 15% pour les cancers;
  • 29% pour les maladies respiratoires.

Mangez-en plus!

Tout récemment, en 2016, une méta-analyse (combinaison d’études et ré-analyses de leurs données) confirme ces résultats. Pour chaque augmentation de 28g de noix par jour, les risques de décès diminuent de : 3

  • 19% pour les maladies coronaires (0,71 [IC 95% : 0,63 à 0,80]),
  • 7% pour les AVC (0,93 [IC 95% : 0,83 à 1,05]),
  • 15% pour les cancers (0,85 [IC 95% : 0,76 à 0,94]),
  • 22% pour la mortalité toute cause (0,78 [IC 95% : 0,72 à 0,84]),
  • 52% pour les maladies respiratoires (0,48 [IC 95% : 0,26 à 0,89]),
  • 29% pour le diabète (0,61 [IC 95% : 0,43 à 0,88]),
  • 35% pour les maladies neurodégénératives (0,65 [IC 95% : 0,40 à 1,08]),
  • 75% pour les infections (0,25 [IC 95% : 0,07 à 0,85])
  • 67% pour les maladies du rein (0,27 [IC 95% : 0,04 à 1,91]).

Ces statistiques sont-elles précises? Sincèrement, je n’en sais rien. S’appliquent-elles à vous, comme individu? Plus ou moins, selon de nombreux facteurs (votre alimentation, votre condition de santé, etc.). Par contre, ce que ces études me disent, c’est qu’il faut arrêter de s’empêcher de manger des noix, n’importe quelles noix, parce que c’est gras! La consommation de noix est bénéfique, c’est un atout de plus pour rester en santé.

Bon appétit!

Références

  1. Bao Y, Han J, Hu FB, Giovannucci EL, Stampfer MJ, Willett WC, Fuchs CS. Association of nut consumption with total and cause-specific mortality. N Engl J Med. 2013 Nov 21;369(21) : 2001-11. doi : 10.1056/NEJMoa1307352. PubMed PMID : 24256379; PubMed Central PMCID : PMC3931001. http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1307352
  2. van den Brandt PA, Schouten LJ. Relationship of tree nut, peanut and peanut butter intake with total and cause-specific mortality : a cohort study and meta-analysis. Int J Epidemiol. 2015 Jun;44(3):1038-49. doi : 10.1093/ije/dyv039. PubMed PMID : 26066329. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26066329
  3. Aune D, Keum N, Giovannucci E, Fadnes LT, Boffetta P, Greenwood DC, Tonstad S, Vatten LJ, Riboli E, Norat T. Nut consumption and risk of cardiovascular disease, total cancer, all-cause and cause-specific mortality : a systematic review and dose-response meta-analysis of prospective studies. BMC Med. 2016 Dec 5;14(1):207. PubMed PMID : 27916000; PubMed Central PMCID : PMC5137221. https://bmcmedicine.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12916-016-0730-3

Thématiques : Alimentation, Santé



Suggestions de lectures
    



Sur la toile
    

La victoire de Laure-Azalée contre l'autisme

Après avoir lu le livre Être et ne plus être autiste de Nathalie Champoux et avoir changé complètement son alimentation et son mode de vie, une famille québécoise a assisté à la métamorphose spectaculaire de sa fille autiste. Lors du lancement du second livre de Mme Champoux (Santé! Le guide pour toute la famille, Fides 2017), sept autres pères et mères ont également témoigné des changements majeurs survenus chez leurs enfants atteints d'un trouble neurologique (autisme, TDAH, dyspraxie, dyslexie, troubles d'apprentissage et de langage, retard global de développement, anxiété généralisée) à la suite d'un important changement alimentaire, à une supplémentation appropriée, à la régénération du microbiote, à l'assainissement de l'environnement, à une détoxification des métaux lourds et à la réduction des champs électromagnétiques.

[ Source ]


L'herbicide glyphosate décelé dans le tiers des produits alimentaires testés par l'ACIA

L'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) a recensé des résidus d'un herbicide très utilisé dans près du tiers d'un échantillonnage de 3200 produits alimentaires qu'elle a testés.

[ Source ]


Herboristes au Québec : entretien avec Anne Vastel

Christophe Bernard, herboriste français, interroge Anne Vastel, herboriste québécoise, sur l'évolution de l'herboristerie au Québec. Il est question de la Guilde des herboristes, de plantes et de la pratique professionnelle.

[ Source ]


Innover comme dans l'ancien temps : l'entrepreneuriat néorural

Ogden Ridjanovic a quitté le rythme effréné de la ville pour aller s'installer en Estrie. Il y a rencontré de jeunes entrepreneurs innovateurs, qui reviennent aux sources: les Carottés et Beat & Betterave. Premier volet de la série de deux, Néorural, de la ville à la campagne : une série d'Ogden, Straight Outta Dunham!

[ Source ]


The Writing of « Silent Spring »

Rachel Carson and the Culture-Shifting Courage to Speak Inconvenient Truth to Power

Rachel Carson (May 27, 1907 – April 14, 1964), a Copernicus of biology who ejected the human animal from its hubristic place at the center of Earth’s ecological cosmos and recast it as one of myriad organisms, all worthy of wonder, all imbued with life and reality. Her lyrical writing rendered her not a mere translator of the natural world, but an alchemist transmuting the steel of science into the gold of wonder. The message of her iconic Silent Spring (public library) rippled across public policy and the population imagination – it led to the creation of the Environmental Protection Agency, inspired generations of activists, and led Joni Mitchell to write a lyric as timeless as « I don’t care about spots on my apples / Leave me the birds and the bees / Please! »

RachelCarson

[ Source ]


Garneau, Cohen et la petite déesse hindoue

Pour la première fois depuis la mort de son ami Leonard Cohen, Michel Garneau raconte celui dont il a intimement fréquenté la poésie en tant que traducteur.

[ Source ]


 
 
  Avant
Volume 13, numéro 9 — Mercredi, 3 mai 2017
Après  
 

POUR RECEVOIR LE WEBZINE