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Volume 13, numéro 11 — Mercredi, 31 mai 2017



Hommage fleuri, printanier, rocheux, marin et caféiné
    

Renée Demers - Penser pour panser

Hommage fleuri, printanier, rocheux, marin et caféiné

Bonjour tout le monde,

Les beaux jours et leurs amours nous enlacent dans leur chaleur et leur vitalité. Que c’est bon !

Encore une fois, la créativité a accouché d’un miracle dans ce numéro. C’est à chaque fois une surprise et un soulagement quand je rédige le mot de l’éditrice, touche finale de la publication du webzine. La source créatrice est inépuisable et la page blanche ne l'effraie pas...

Vendredi le 26 mai, j’ai été invitée à la remise du prix Henry-Teuscher offert cette année à Yves Gagnon. C’était une cérémonie joyeuse et conviviale. Que de chemin parcouru pour l’agriculture biologique en quarante ans au Québec ! Yves Gagnon est un chef de file de ce mouvement qui a acquis depuis peu ses lettres de noblesse sur les tribunes officielles. Je lui rends hommage dans cette édition. Notre lauréat a visité le Jardin botanique à plusieurs reprises dans les dernières semaines, semble-t-il ! En compagnie de son fils pour admirer les rhododendrons en fleurs et c’est ce qu’il nous raconte ici. Il s'y est aussi déplacé pour recevoir ce prix décerné par le Jardin botanique dans le cadre du Rendez-vous horticole. En plus, Il y était invité deux jours plus tard pour donner une conférence. Merci au Jardin botanique pour sa magnificence et sa mission éducative. C’est un des beaux lieux du Québec.

Diane Mackay nous offre un excellent article sur le romarin. Elle recommande à toutes les personnes qui veulent prévenir l’apparition de la maladie d’Alzheimer de consommer cette herbe succulente qui stimule la clarté d’esprit. Lisez le texte pour en apprendre plus. Et parlant de vivacité intellectuelle, Jean-Yves Dionne nous informe des dangers de la caféine en consommation excessive. Jacqueline Martin, Danièle Laberge et Samuel Gagnon-Mackay affichent ici et là leurs photos resplendissantes de beauté. Le résultat est éblouissant.

On se retrouve dans deux semaines pour le dernier numéro de la saison.

Bonne quinzaine,

Renée Demers
reneedemers@covivia.com

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Thématiques : Créativité



Yves Gagnon, le lauréat
    

Yves Gagnon, le lauréat

Yves Gagnon a reçu vendredi dernier le 26 juin 2017 le prix Henry-Teuscher du Jardin botanique de Montréal. Ce prix décerné une fois par année dans le cadre du Rendez-vous horticole reconnaît la contribution exceptionnelle d’une personnalité ayant participé à l’avancement de l’horticulture au Québec. La thématique mise à l’honneur cette année dans cette exposition est l’aménagement comestible. Cela rend cette distinction d’autant plus pertinente. Yves Gagnon s’est tourné vers le jardinage biologique dans sa vingtaine pour s’assurer de la qualité, de la fraîcheur et de la saveur des aliments qu’il cuisinait, lui fin gourmet et diplômé de l’École d’hôtellerie de Montréal.

René Pronovost remettant le prix Henry-Teuscher à Yves Gagnon
René Pronovost directeur du Jardin botanique remettant le prix Henry-Teuscher à Yves Gagnon. Espace pour la vie - Photographe : Mathieu Rivard

Depuis son plus jeune âge, Yves jardine. D’abord avec sa mère qui entourait la résidence familiale de plates-bandes fleuries. Elle l’a initié à l'horticulture. À 9 ans, il avait déjà découvert la joie du binage et encore aujourd’hui deux heures de cette activité essentielle au potager sont une méditation bienheureuse pour lui.

Après ses études de cuisine, il termine un voyage pancanadien en prolongeant son séjour en Colombie-Britannique avec sa douce Diane Mackay. Trois années durant, ils oeuvreront à l’entretien d’un verger et d’un jardin maraîcher dans une entreprise commerciale. L’utilisation de pesticides et d’herbicides à grande échelle dans cette exploitation l'amène à remettre en question l'agriculture conventionnelle. Peu d’oiseaux chantent dans la vallée et ses yeux piquent à la fin de la journée. Cette expérience nourrit son intention de s’investir dans la production maraîchère et fruitière organique. J'utilise cet anglicisme, car c'est le terme organique qui désignait dans la langue courante cette révolution horticole et sociale et ce retour aux sources en Amérique française à la fin des années 70.

Il s’abreuve alors à l’excellente revue canadienne Harrowsmith. Il apprendra dans ces pages les bases de l’agriculture biologique dans des dossiers fouillés incluant culture, cultivars et cuisine d’un légume ou d’un fruit. Petit saut dans le temps, quelques années plus tard, lui et Diane Mackay remporteront la mention du plus beau jardin canadien dans un concours concocté par ce fameux magazine. C'est un honneur et le prix qui l'accompagne est joyeux. Cela consiste en un voyage organisé pour visiter des jardins en France, aux Pays-Bas et en Angleterre. Les jardins anglais auront sa préférence et tout particulièrement le « Great Comp ». La découverte de ce lieu est une véritable révélation. Dorénavant, il orientera sa pratique horticole vers un jardin à l’Anglaise. Plus tard, l’influence orientale se mariera à cette esthétique européenne.

De retour de la vallée britanno-colombienne, il achète avec sa compagne un petit lot de terre à St-Didace le long de la rivière Maskinongé. Ils transforment la grange en maison et ils implantent les premières semences de leur projet. Ils le nomment de l’appellation du rang qu’on empreinte pour s’y rendre Les jardins du Grand-Portage, changé depuis pour le chemin du Portage. Le soir, il relit « L’agriculture biologique » de Claude Aubert et consulte religieusement tous les numéros de sa revue française Les quatre saisons du jardinage. Il se familiarisera grâce à ce précurseur émérite avec les micro-organismes, l'azote, etc. Au cours des années subséquentes, Yves rédige un premier ouvrage sur le jardinage biologique. C’est une arche dans laquelle séjournent assidument les intellects de milliers de Québécois qui se tournent vers la pratique maraîchère biologique. Enfin un livre d'agriculture bio adapté à la terre québécoise, en langue française en plus. Plusieurs publications suivront. Elles deviendront des classiques du jardinage biologique au Québec. Il est engagé par la commission scolaire de Saint-Eustache pour donner la première formation institutionnelle québécoise d'horticulture écologique autogérée à de jeunes apprentis horticulteurs au Centre de formation agricole de Mirabel. Il raconte qu’il montait ses cours au fur et à mesure, nouveau dans la profession en se référant principalement au livre fondateur de Dominique Soltner intitulé Les bases de la production végétale.

Pendant ce temps, les Jardins du Grand-Portage à St-Didace fructifiaient et prospéraient. Sur cette terre sablonneuse en friche, Diane Mackay et Yves Gagnon ont créé un jardin comestible, médicinal, zen et floral de remarquable beauté et fertilité toujours croissant en harmonie aujourd’hui.

Dans les années 80, il se lance aussi dans la production de semences. Il sélectionne des cultivars précoces, rustiques, adaptés à la culture biologique, résistants au parasitisme et productifs. C’était une percée importante dans le marché des semences pour les jardiniers biologiques québécois. On pouvait dorénavant se procurer des graines de qualité adaptées à notre terroir. Auparavant il fallait s'approvisionner aux États-Unis. Depuis sa fille Catherine Gagnon-Mackay a repris l'entreprise de vente de semences familiale. Elle a pignon sur le web aux Semences du Portage.

Depuis près de quarante ans, Yves a enseigné à des milliers de personnes les bases du jardinage biologique partout au Québec. Il a donné des conférences partout dans la province. Il a été chroniqueur à l’émission de Radio-Canada, La semaine verte durant une décennie. Il a accueilli dans ses jardins de nombreux stagiaires avec qui il a partagé son art. Il a reçu des milliers de visiteurs et il les a sustentés à sa table champêtre. Il a publié une dizaine de livres sur le jardinage, la cuisine, l’écologie et la poésie. Oui, Yves est aussi poète et musicien. Depuis quelques années, il se produit sur scène dans un spectacle éclaté dans lequel il dénonce les horreurs de la dégradation de l’état de la Terre et il loue la beauté incommensurable de la nature.

Yves est un homme-orchestre solide comme un roc à l’image de ceux qu’il aime et qu’il parsème dans les Jardins du Grand-Portage. Ces roches recouvertes de mousse et savamment disposées verticalisent élégamment cette terre nourricière dont les sucs profonds giclant des racines gorgent les fruits, légumes et herbes de nutriments essentiels et de vitalité. C'est un lieu enchanteur et enchanté.

En 2009, j’avais invité Yves Gagnon à écrire dans le bulletin d’information virtuel de la librairie Biosfaire, suite au retrait de feu Jacques Viau alors malade. Je désirais qu’une créativité à couleur masculine fleurisse sur les pages de cette revue, l'ancêtre de Covivia. Ces textes sont pertinents et d’une écriture irréprochable, savante, simple, poétique, revendicatrice et humoristique.

Alors que ce conteur captivant présentait ses enfants à la cérémonie de remise de prix, cela me frappa de réaliser que l’un d’eux travaillait comme serveur dans un bon restaurant montréalais, l’autre avait repris l’entreprise de semences et que la troisième se produisait sur scène comme comédienne. Les trois portaient plus loin les passions de leur paternel. Yves Gagnon est aussi un homme de famille, un père fier et un amoureux épris.

Albert Mondor qui lui présentait un hommage vendredi au Jardin botanique, a fait un lien entre l’orthographe de son prénom qui porte un s à la fin et sa versatilité. Il ressemble dit-il à ces personnages de la renaissance qui était à la fois musicien, ingénieur et savant. J'ajouterais que ces multiples talents et passions lui donnent une perspective large sur le monde et une capacité de réaliser les liens qui unissent toute chose sur cette Terre.

Merci cher précurseur pour ta transmission et ton engagement à promouvoir l’amour de la Terre. Ton incroyable appétit de vivre est communicateur.

Félicitations de tout coeur, Yves, pour cette reconnaissance!

Le prix Henry-Teuscher

Ce prix honore l’horticulteur, botaniste et architecte paysagiste visionnaire et passionné, Henry Teuscher (1891-1984), qui fut l’architecte concepteur du Jardin botanique de Montréal. Proche collaborateur du Frère Marie-Victorin, on lui doit la conception de plusieurs serres d’exposition et l’existence de certaines grandes collections végétales du Jardin. Le prix Henry-Teuscher est offert annuellement depuis 1999.

Renée Demers
reneedemers@covivia.com

Thématiques : Agriculture, Alimentation, Écologie, Horticulture, Jardinage, Photos, Société


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Courriel : reneedemers@covivia.com



Chasse printanière aux rhododendrons
    

Champs libres

Chasse printanière aux rhododendrons

Rhododendrons roses

Je vois peu mon ainé Samuel, d'une part parce qu'il demeure à Pointe-Saint-Charles, d'autre part parce qu'il travaille comme serveur au restaurant Le Serpent dans le Vieux-Montréal ce qui engendre des conflits d'horaire dans notre potentiel social. Lorsque je m'ennuie, je crée l'occasion. Parfois, c'est lui. M'ayant fait part d'un intérêt récent pour la photographie, je lui proposai une visite au Jardin Leslie-Hancock du Jardin botanique de Montréal, un microcosme suave sur lequel je désirais m'épandre.

Rhododendrons blancs

Nous nous sommes donnés rendez-vous au complexe d'accueil. Je lui apportai ma Nikon achetée il y a 20 ans pour mes projets d'édition. Je l'emploie peu aujourd'hui, lui préférant ma petite Lumix qui se range en poche. D'office, je chargeai Samuel de capturer les floraisons printanières, particulièrement celles des rhododendrons, vedettes du jardin Leslie Hancock.

Ce jardin, inauguré en 1976, porte le nom de Leslie Hancock (1892-1977), un pionnier ontarien de la culture des rhododendrons qui en a offert de nombreux spécimens au Jardin botanique.

On trouve dans ce jardin éclectique jusqu'à 60 espèces du genre Rhododendron, dont quelque 300 cultivars, cela sans compter des collections de nombreux autres membres de la famille des éricacées, notamment les azalées, les bleuets, les kalmias et les bruyères.

Cette famille de plantes commande des conditions singulières: un sol acide, bien drainé et riche en matières organiques. Elle nécessite également un environnement ombragé ce que leur offrent des colonies de pruches et de pins blancs qu'on peut apprécier dans ce petit ilot forestier aménagé au seuil de l'arboretum.

Les conifères assurent aux éricacées une bonne accumulation de neige qui les protège du froid hivernal tout en contribuant par leurs aiguilles à l'acidification du sol.

J'ai visité ce jardin à maintes reprises depuis sa création et je dois dire que je fus quelque peu déçu cette fois puisque nous nous sommes retrouvés entre deux vagues de floraison. Samuel ayant remarqué les magnolias en fleurs lorsque nous avons longé les Jardins d'exposition, il a suggéré d'aller les voir de plus près ce que nous ne regrettâmes point. Au maximum de leurs floraisons, ils nous en mirent plein les lentilles.

Magnolia

Jardin rond japonais

De là, nous traversâmes le Jardin des Premières Nations pour aboutir sur le faîte qui surplombe le Jardin japonais, son étang et sa cascade. Quelle ne fut pas notre surprise d'y trouver des massifs de rhododendrons au paroxysme de leur splendeur!

Ceux-ci créaient au sein de la rocaille d'éblouissants nuages fuchsia. Nous avons pris place à l'intérieur d'un petit pavillon où nous sommes arrêtés pour contempler ce paysage émouvant et partager quelques connivences.

Le désir d'être, de se déposer.

Moments précieux avec mon garçon, sans presse, sans attente.

Ôm depot.

.

Le Jardin japonais du Jardin botanique de Montréal constitue à mes yeux une parfaite évocation de l'harmonie et de la sérénité des jardins japonais traditionnels, tant par le choix des végétaux qui le constituent que par son aménagement à la fois sobre et soigné. Le pavillon, d'une architecture exquise, permet de contempler de l'intérieur un harmonieux jardin zen ainsi qu'un charmant jardin de thé où se tiennent d'ailleurs les cérémonies du thé.

Jardin japonais

Alors que j'appréciais dans une des salles d'exposition les photographies de la campagne japonaise saisies par le jeune photographe japonais, Takashi Sato, Samuel s'évertuait de son côté à capturer avec son appareil les bonsaïs en exposition dans une salle extérieure.

Bonzai

Toutes les photos de ce reportage sont de Samuel Gagnon-Mackay.

Yves Gagnon
Les Jardins du Grand-Portage

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Yves Gagnon offre un atelier intitulé Le jardinage écologique sur le terrain le samedi 17 juin. L’atelier d’une durée de 5 heures permet de voir et de comprendre l’organisation d’un jardin écologique en pleine effervescence. Le complément parfait aux lectures sur le sujet, surtout pour les visuels !! Pour inscription, aller à l’onglet Nos formations sur le site Les jardins du Grand-Portage.

Thématiques : Arboriculture, Jardinage



Le romarin
    

Le romarin

Herbe de jouvence

Si tu te sens faible, fais-en bouillir les feuilles dans de l'eau et lave-toi, et tu seras éclatant...Respire-le et il te gardera jeune.

Herbier de Banckes, 1525

Romarin - fleur
Photo : Danièle Laberge

Lors d'une formation donnée par Anne Vastel, une herboriste thérapeute chevronnée, celle-ci offrait aux participantes tout au long de la journée de l'infusion de feuilles de romarin en nous prévenant que notre calme matinal se transformerait en exubérance de fin de journée. Effectivement, quoique toujours attentives à notre formatrice, nous devenions de plus en plus dissipées. Cela était pour l'expérience de la plante. Au quotidien, Anne suggérait plutôt une infusion de romarin après le repas du midi en remplacement du café: ainsi on obtient un effet stimulant plutôt qu'excitant dû à la caféine.

Stimulant intellectuel, le romarin accroît l'acuité mentale et rend plus présent et plus éveillé, sans doute parce qu'il augmente le flux sanguin au cerveau. C'est l’un des antioxydants les plus puissants du monde végétal. Consommé régulièrement, il protège les cellules du vieillissement et diminue le risque d’athérosclérose cérébrale en éliminant le surplus de gras dans le sang. De plus, comme il serait un inhibiteur de la cholinestérase qui entrave la production d'acétylcholine en carence chez les gens souffrant de la maladie d'Alzheimer, il est donc particulièrement conseillé pour les personnes âgées.

Christophe Bernard, herboriste français vivant dans les collines calcaires de Provence, le pays du romarin, affirme que : le romarin semble agir sur certains processus cérébraux, augmentant ainsi la cognition et la mémoire. En ce qui concerne la maladie d’Alzheimer, j’estime que le romarin a un fort potentiel, car justement il fournit cet effet multidimensionnel de protection et de stimulation de la sphère cérébrale. Il recommande aussi l’ajout de romarin en cuisine, pour toute viande ou tout poisson grillé au barbecue, car il empêche la formation d’amines hétérocycliques, composant cancérigène formé lors du noircissement de ces aliments.

Romarin - feuilles

Comme la plupart des plantes aromatiques, le romarin est antispasmodique et antibactérien et il soulage les crampes digestives tout en neutralisant les bactéries responsables des fermentations. En bouche, c'est le côté aromatique qui domine en premier puis suit une légère amertume. On le classe d'ailleurs en herboristerie parmi les plantes amères qui tonifient la digestion en agissant sur le foie et la vésicule biliaire. Il est cholérétique puisqu'il augmente la production de bile par le foie ce qui aide à l'évacuation des toxines; on le dit également cholagogue, car il active les contractions de la vésicule biliaire pour expulser la bile épaissie. Pour apaiser les migraines d’origine hépatobiliaire, on peut consommer le romarin en cure prolongée pendant les périodes où le foie est malmené à cause d’excès de nourriture ou d’alcool.

Le romarin, en plus d'être antiseptique et bactéricide, fait baisser la fièvre et réduit la congestion due au mucus. En bain de vapeur, il draine les sinus congestionnés.

Romarin - production
Photo : Danièle Laberge

Posologie

On boira de 1 à 3 tasses d'infusion par jour en évitant d'en prendre 3 heures avant le sommeil. Pour la préparer, on jette 5 ml de feuilles de romarin dans 500 ml d'eau bouillante pendant 5 à 10 minutes. En teinture, on recommande de 3 à 10 gouttes de 2 à 4 fois par jour.

En externe, le romarin active l'afflux de sang vers la peau. L'apport de sang vers les articulations qu'il stimule contribue à réparer les tissus dans les cas de rhumatismes ou de foulures. En ajoutant quelques gouttes d'huile essentielle de romarin à une huile pour massage, on en augmentera l'action calorifique et rubéfiante qui soulage les douleurs, les inflammations et les crampes musculaires.

Moïra O'Reilly dans Interactions, contre-indications et complémentarités, plantes-médicaments nous prévient que le romarin pourrait être hypertensif. Elle le déconseille aux femmes enceintes en dosage thérapeutique, mais pas dans l'alimentation.

Origine et description

Arbrisseau d'origine méditerranéenne, le romarin est maintenant répandu à travers le monde, car on le cultive dans la plupart des jardins. Cette lamiacée vivace dans son milieu d'origine est non rustique au Québec: on le cultive donc comme une annuelle.

On le reconnaît aisément aux effluves capiteux dégagés lorsqu'on froisse ses feuilles étroites et luisantes, vert foncé sur la face supérieure, recourbées vers le dessous blanchâtre. Parfois, le romarin fleurira; ses fleurs tubulaires bleues, lilas, roses ou blanches s'épanouiront à l'extrémité des rameaux.

Culture et récolte

La germination des semences du romarin qui nécessitent le maintien d'une température au-dessus de 27 °C est lente et difficile. Il est plus simple d'acheter des plants qu'on cultivera en pot tout l'été, ce qui préviendra le choc de la transplantation au moment de les rentrer en septembre. Le romarin se reproduit couramment par bouturage ou par marcottage.

Romarin en pot

On peut enfouir le pot dans le jardin dans une section ensoleillée ou le placer sur le balcon ou la terrasse. On le changera de pot seulement lorsque ses racines seront trop à l'étroit. On utilisera alors un pot d'une dimension légèrement plus grande que le précédent. On emploiera un terreau qui se draine bien et retient l'eau en même temps. On prépare un tel terreau avec 50 % de compost bien mûr auquel on ajoute 20 % de vermiculite, 20 % de perlite et 10 % de sable. On arrosera seulement lorsque le terreau sera asséché en surface, car l'eau en excès nuit à la croissance du romarin.

Le romarin croît presque sans terre ni eau dans les collines calcaires de Provence où il développe un arôme plus puissant que ce qu'on peut atteindre dans nos jardins ou nos maisons. Son nom latin Rosmarinus officinalis nous indique ses besoins : Ros qui signifie rosée et marinus, marin. Lorsqu'on lui octroie des conditions similaires à son lieu d'origine, le romarin peut atteindre 2 mètres de hauteur, même en pot.

À l'intérieur durant l'hiver, on l'installe dans une pièce bien ensoleillée. On place sa soucoupe dans une plus grande soucoupe qu'on emplira d'eau régulièrement. Ainsi l'eau évaporée bénéficiera au romarin tout au long de l'hiver. On cueillera à la fin de l'été l'extrémité des tiges, une taille qui permettra de densifier son feuillage.

Lorsqu'on prend l'habitude de boire du romarin en infusion, il devient difficile de s'en priver, car il communique une impression de jeunesse et de bien-être.

Diane Mackay Diane Mackay,
Biologiste, jardinière et herboriste
Les Jardins du Grand-Portage

Diane Mackay offre des ateliers d'herboristerie durant l'été. Voir l'onglet Nos formations sur le site des Jardins du Grand-Portage.

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Bibliographie :

  • Bernard, Christophe. www.altheaprovence.com/blog/romarin-rosmarinus-officinalis/
  • Gagnon, Caroline, Lanctôt-Bédard Valérie. Materia medica pour sorcières et sorciers avertis… 2002-2003
  • Michaud, Lili. Les fines herbes de la terre à la table. Éditions Multimondes. 2015
  • Ody, Penelope. Les plantes médicinales, Encyclopédie pratique. Sélection du Reader's Digest, Montréal, Québec. 1995
  • O'Reilly, Moïra. Interactions, contre-indications et complémentarités, plantes-médicaments. L'Herbothèque inc. 2004.

Thématiques : Alimentation, Herboristerie, Jardinage, Phytothérapie, Santé



Caféine : les dangers cachés
    

JeanYvesDionne

Caféine : les dangers cachés

Le 26 avril dernier, un adolescent américain de 16 ans est décédé à l’école après avoir bu, en moins de deux heures, trois boissons contenant de la caféine: un café latte de McDonald’s, une boisson gazeuse Mountain Dew diète et une boisson énergisante.

Grains de café

Surdose de caféine

Le décès de l’adolescent est lié aux effets cardiovasculaires de la caféine : arythmie (trouble du rythme du cœur) et arrêt cardiaque.

Question de dose

Santé Canada recommande de consommer moins de 450 mg par jour de caféine, pour un adulte. Les enfants et les adolescents sont beaucoup plus sensibles que les adultes à l’effet de la caféine. Les jeunes ne devraient donc jamais dépasser une dose correspondant à 3 mg/kg par jour, ce qui correspond à la moitié ou moins de la dose adulte.

Voyons un peu ce qu’a consommé l’adolescent :

  • Un café latté : entre 100 et 180 mg selon la façon de le fabriquer
  • Un Mountain dew : entre 35 et 92 mg selon le type
  • Boisson énergisante (indéterminée) : entre 80 et 375 mg, et peut-être plus s’il s’agissait d’un format de plus d’une portion.

Pour un total variant entre 215 et 647 mg, ou plus. Étant donné le décès, on peut supposer que la dose se situait plus près du 500-600 que du 200-300 mg.

Question de temps

En plus de la dose, il faut considérer l’intervalle de temps durant lequel la caféine est consommée. Une consommation de 500 à 600 mg répartie sur toute la journée aurait certainement causé des effets désagréables, mais cette même dose, prise en moins de deux heures, lui a couté la vie.

Signes précurseurs?

Avez-vous déjà pris un café de trop? Si oui, vous avez probablement ressenti certains des effets secondaires décrits plus bas (voir le paragraphe «Effets secondaires de la caféine»).

On peut donc se demander si l’adolescent a pu ressentir des symptômes qui auraient pu lui faire comprendre qu’il était temps de cesser sa consommation de caféine…

Tout d’abord, sachez qu’il faut compter environ 30 minutes après l’ingestion pour obtenir la concentration maximale de caféine dans le sang. Donc, comme le jeune a consommé le tout en moins de deux heures, il avait déjà probablement ingéré une dose toxique lorsqu’il s’est mis à ressentir des symptômes.

Ce n’est pas le premier…

D’autres décès ont déjà été causés par des surdoses de caféines.

Par exemple, en 2012, une adolescente de 14 ans est décédée d’un arrêt cardiaque après avoir consommé deux canettes de 700 ml de Monster Energy.(2)

Toujours en 2012, la porte-parole de la FDA (Food and Drug Administration – agence américaine des aliments et médicaments) rapportait: «Nous avons été informés de 92 cas de personnes au total rendues malades après avoir consommé cette boisson [5-Hour Energy], dont 33 ont été hospitalisées et 13 sont décédées.»(3)

Effets secondaires de la caféine

L’arrêt cardiaque est évidemment le risque le plus grave associé à la caféine. Ce n’est cependant pas le seul. Les effets secondaires de la caféine sont très nombreux et touchent plusieurs systèmes :

Système nerveux central

  • Agitation, anxiété
  • Tremblement
  • Insomnie
  • Maux de tête
  • Irritabilité
  • Nervosité
  • Déprime possible
  • Trouble de concentration

Cardiovasculaire

  • Augmentation de la tension artérielle
  • Augmentation du rythme cardiaque (tachycardie, palpitations)
  • Aggravation des troubles du rythme (arythmie)

Digestif

  • Stimulation de l’acidité
  • Augmentation des reflux
  • Diarrhée

Autres

  • Augmentation transitoire de la glycémie
  • Augmentation du risque de fracture (consommation importante chronique)

Combien de caféine dans mon breuvage?

Est-il facile de dépasser la dose sécuritaire de caféine? Un des plus grands dangers avec la caféine est qu’elle se cache sous diverses formes. Les consommateurs ne se rendent donc pas toujours compte qu’ils en consomment.

Boissons énergisantes

Aux États-Unis, les boissons énergisantes peuvent contenir jusqu’à 375 mg de caféine par portion (Rage Inferno).(4)

Par contre, depuis 2012, Santé Canada a obligé les compagnies à reformuler pour que la concentration maximale soit de 180 mg par portion (similaire à un café filtre).

Autres boissons et aliments

Voici un tableau indicatif des teneurs en caféine:

Tableau teneur caféine

Il ne faut pas prendre ce tableau à la lettre puisque, à moins d’avoir une boisson standardisée, le contenu peut grandement varier. Par exemple, le tableau suivant montre les variations en caféine d’un même format de Breakfast Blend chez Starbucks durant 6 jours.

Breakfast Blend acheté chez Starbucks
Jour Teneur en caféine
(une tasse – 250 ml)
1 300 mg
2 265 mg
3 138 mg
4 161 mg
5 159 mg
6 163 mg

Bienfaits de la caféine

La caféine n’a pas que des mauvais côtés. On lui reconnait d’ailleurs plusieurs bienfaits pourvu, évidemment, qu’on la consomme avec modération.

La consommation régulière de café (pas de boissons gazeuses caféinées, on s’entend) est souvent associée à une meilleure santé. Elle ne semble pas affecter la santé cardiovasculaire et pourrait même réduire l’hypertension, le risque de stéatose hépatique (foie gras) causée par le fructose et le risque de diabète (consultez http://www.jydionne.com/un-cafe-c-est-bien-deux-c-est-mieux/ et http://www.jydionne.com/cafeine-un-nouveau-portrait/). Elle pourrait également aider à prévenir la maladie de Parkinson, les migraines et le cancer du col de l’utérus.(5)

La caféine entraine une augmentation de la vigilance et une diminution de perception de la fatigue. Elle peut aussi améliorer la performance sportive, surtout l’endurance, à des doses de 3-6 mg/kg prises avant le sport ou de 1-2 mg/kg durant la performance. Par contre, au-delà de ces doses, c’est l’effet inverse qui apparait: diminution de la performance et possibilité de crampes.

Que retenir de tout ceci?

Si vous aimez le café ou tout autre produit contenant de la caféine, consommez-le avec modération et prenez le temps de le déguster. Vous donnerez ainsi à votre corps le temps d’assimiler la caféine et d’y réagir. Vous saurez plus facilement si vous commencez à dépasser votre limite.

Finalement, lisez les étiquettes de ce que vous mangez et buvez pour en connaitre, entre autres, la teneur en caféine.

Pour en savoir plus sur:

Références:

  1. http://www.tvanouvelles.ca/2017/05/16/un-cocktail-de-cafeine-mortel-pour-un-ado
  2. http://www.lapresse.ca/vivre/sante/nutrition/201210/19/01-4585224-poursuite-contre-un-fabricant-de-boisson-cafeinee-a-la-suite-dun-deces.php
  3. http://www.tvanouvelles.ca/2012/11/16/13-deces-lies-aux-boissons-energisantes
  4. https://www.caffeineinformer.com/the-caffeine-database
  5. https://www.creapharma.ch/cafeine.htm

Thématiques : Alimentation, Santé



Suggestions de lectures
    
[sans texte]



Sur la toile
    

Découvrez les fruits et légumes rares du Québec

Cousin du topinambour, vous reconnaîtrez l’hélianthe (Helianthus scrofuleux) aussi appelé hélianthi, héliantis ou « salsifis d’Amérique » par sa belle floraison du début septembre ressemblant à un petit tournesol. Et son nom n’est pas sans raison car les mots grecs « helios » signifient « soleil » et anthos « fleur ». De sa haute tige de plus de 1.6 mètre à maturité (200 jours après sa plantation), cette variété indigène au Québec, de la famille des asteraceaes, s’est retrouvée couramment dans l’alimentation automnale des amérindiens.

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Des poils et des femmes

Le moindre poil sur le corps d’une femme suscite le dégoût. Pourquoi le corps féminin doit-il être glabre ? A quoi l’obligation sociale de l’épilation correspond-elle ?

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Comment le sein fait naître le microbiote

L’allaitement maternel « ensemence » la flore intestinale du bébé en bonnes bactéries.

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Can Walking Barefoot Heal Your Heart?

Why do so many humans equate relaxation and pleasure with walking barefoot along the beach as the waves roll in? How come my son River’s first instinct is to take his shoes off when he sees a field of green grass?

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5 Reasons To Eat Spruce Tips & 8 Ways To Use Them

I went for a walk in the park yesterday and picked a pocketful (I did not have anything else to put them into) of spruce tips. “Why on earth?” some might ask. They taste so good and are packed with vitamin C!

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Gratitude: The Short Film by Louie Schwartzberg

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Volume 13, numéro 11 — Mercredi, 31 mai 2017
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