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TroisTriangles
TarotSpirituel
CentreDentaire

Volume 13, numéro 8 — Mercredi, 19 avril 2017



Printemps et ostéopathie
    

En attendant le printemps, signons la pétition pour l'encadrement de l'ostéopathie !

Bonjour tout le monde,

Avril est frisquet et pluvieux malgré nos lamentations. La chaleur tarde à s’installer en terre québécoise au printemps. Et on l’espère tellement ! Les forces de vie de nos corps ont quasiment épuisé leur réserve. S’abreuver auprès du gai ruisseau ou de la fontaine urbaine en prenant un bain de soleil est ce à quoi elles aspirent.

La maladie et la créativité ne font pas bon ménage. Un mal de gorge a fait son nid dans mon corps depuis hier soir et du coup mon esprit s’est rétréci. Ce mot de l’éditrice sera concis.

Dans ce numéro, Yves Gagnon présente les Aliments Massawipi et leur délicieux miso. Suzanne Dionne et Gilbert Boulay  brassent ce nectar de longévité depuis près de 20 ans dans les Cantons de l’Est. Diane Mackay s’épanche sur la sarriette, sa culture, ses vertus, son utilisation. Daniel Laguitton poursuit son explication des vues de Thomas Berry pour qui l’éducation est indissociable du processus cosmique d’émergence de la conscience, l’homme étant le siège de la faculté de réflexion comme l’arbre est le siège de la faculté de photosynthèse. Je vous introduis à la symbolique de L’Étoile, dix-septième arcane du Tarot. Lame printanière par excellence, sa présence à ce temps de l’année dans Covivia met en évidence les forces de la synchronicité à l’œuvre dans la création.

Je vous invite à signer cette pétition pour l’encadrement de la pratique de l’ostéopathie et pour la création d’un ordre professionnel. Les ostéopathes nous font du bien depuis plus de trente ans au Québec. Soutenons-les à notre tour !

Bonne quinzaine,

Renée Demers
reneedemers@covivia.com

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Thématiques : Ostéopathie



L'Étoile, dix-septième arcane du Tarot
    

L'étoile, dix-septième arcane du Tarot

Le dix-septième arcane du Tarot, nommé Le Toille dans cette iconographie, présente une scène bucolique. Une femme nue agenouillée près d’une source déverse des liquides sous un ciel étoilé.

Ses cheveux sont d’or. Tels cinq des étoiles, les carafes, l’eau de l’une d’entre elles ainsi que le sol à droite. Le jaune est la couleur de la chaleur régénérante, de la richesse, de la pureté imputrescible et de l’inspiration céleste. La lumière des astres descend jusqu’à la Terre à travers cette femme dénudée. Elle est dans un état réceptif, ayant laissé ses vêtements ainsi que ses conditionnements. Ses seins bien ronds soulignent le caractère nourricier de la femme et du yin. La Voie lactée dispensatrice de bienfaits est aussi représentée ici avec les étoiles dans le ciel blanc immaculé. Le personnage a une bouche en guise de nombril qui accentue cette symbolique nourricière. Elle est agenouillée comme les chevaliers adoubés, démontrant par cette position sa noblesse et son obéissance. Sa cheville droite est ornée d’un trait comme si elle portait un pantalon de peau surligné comme la rivière qui coule. Bien en chair, elle respire la santé et la vitalité.

Les vases sont jaune et rouge indiquant que la chaleur de la vie et l’inspiration cosmique apportent un mouvement harmonieux et créatif. L’un des récipients verse un liquide bleu sur une plateforme rouge à partir de son aine gauche. Chaque mois, la femme fertile verse le sang de la vie. De sa main droite en prolongement de son bras, de ses cheveux d’or et de l’étoile géante, elle déverse le liquide d’or dans l’eau bleu. Derrière elle, le sol est indigo, rouge et verdoyant de fertilité. Sur la ligne d’horizon poussent deux arbustes. Sur l’un d’eux, un oiseau est posé. On peut penser à l’oiseau qui indiqua à Noé que le déluge était terminé et que la vie reprenait.

C’est la première fois que des astres sont représentés sur les arcanes. L’initiée est prête à se laisser conseiller par le cosmos. Ève s'éveille. Depuis toujours, les marins trouvent leur chemin grâce aux étoiles. On dit d’une personne chanceuse qu’elle est née sous une bonne étoile. Les rois mages suivirent l’étoile. Cet arcane nous informe que nous sommes protégés et guidés. Huit astres ornent le ciel. Si on additionne les deux chiffres qui forment le chiffre de cette carte, soit le 17, on obtient la somme de 8. Le huitième arcane majeur du Tarot est celui de la Justice. Ces étoiles soulignent que l’harmonie et la justice sont intrinsèquement liées dans la nature et sur la Terre. La vie a ses lois.

Cette carte est magnifique et écologique. Elle apporte un sentiment de paix et de joie. La nudité de la femme est reposante. La source est là. Dénudons-nous du superflu. Retournons à l’essentiel. Retrouvons notre lien avec la nature et apprenons d'elle. Tout y est reflété. Écoutons le chant de l’oiseau et du ruisseau.

C’est un arcane de renaissance et de guérison. Elle nous exhorte à avoir confiance. La force est là ici et maintenant. Rien n’est fixé. Tout coule. Elle indique un besoin de régénération. Il faut sortir de l'ordinaire et retourner à la source créative. Elle est figurée ici par une scène champêtre. Cependant le Tarot étant symbolique, il n'est pas à prendre au pied de la lettre. Pour certains, la source est urbaine et artistique. L'Étoile représente la saison du printemps, la fertilité et le retour des oiseaux, messagers des dieux.

La chevalière est humble, confiante et simple. Elle ne porte aucun costume. Elle s’abandonne aux lois naturelles et aux influences célestes. Elle apporte la santé. Elle enseigne que c’est au cours de la nuit sous la protection des étoiles que le corps se reconstitue.

L’eau, symbole de vie, est fécondée par l’Étoile et en retour, l'Étoile est soignée par l'eau. Le Bateleur habillé et outillé sur le premier Arcane du Tarot a intégré les apprentissages tout au long du chemin. Il s’est démuni de tout physiquement et psychologiquement pour accueillir le neuf.  Il a trouvé en lui sa place pour embellir le monde autour de lui. Alors que l’homme bâtit des tours, des mondes, des sociétés, la nature croît. Elle porte en elle la sève universelle.

Nous les humains possédons la capacité de guérison. Elle est intrinsèque à notre nature. C’est à nous de faire de la Terre un paradis. Cela nous demande de se voir tel que l'on est sous la lumière bienfaisante du cosmos, de rompre avec l'autorité des traditions et des conditionnements, de retrouver l’innocence perdue, de renouer avec la confiance de l’enfant et de favoriser la beauté.

Nous sommes les enfants de la Terre mère et du cosmos et nous possédons leurs forces réhabilitantes et lumineuses.

Renée Demers
reneedemers@covivia.com

Bibliographie:

Thématiques : Spiritualité, Tarot


Ressources
Pranamat
Somarythmes
SemencesPortage

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Concert du printemps



Plaidoyer pour misos locaux
    

Champs libres

Plaidoyer pour misos locaux

J'ai découvert le miso – sans doute comme plusieurs d'entre vous – dans une soupe au miso commandée au restaurant en guise de préambule pour une assiette de sushis. Malgré qu'il ait pu évoquer le goût caractéristique du soya fermenté, les chances que le miso servi ait été un grand cru sont minces. Mais aujourd'hui, avec l'intérêt qu'on porte aux aliments vivants, plusieurs chefs optent pour les misos biologiques Massawippi, produits à North Hatley dans le sud du Québec par Suzanne Dionne et Gilbert Boulay, fondateurs de l'entreprise Les Aliments Massawippi.

Je consomme ces misos depuis leur apparition sur les étagères des magasins d'aliments naturels tout simplement parce qu'ils sont de qualité exceptionnelle. De plus, l'offre est diversifiée, tous les produits employés pour leur fabrication sont issus de l'agriculture biologique et la production est locale. Que souhaiter de plus?

Depuis que j'ai découvert leur miso-damari – le nectar exsudé lors de la fermentation des misos à raison d'une dizaine de litres par 200 kg de miso –, je l'emploie exclusivement en guise de sauce tamari ou shoyu. Nommé le sang du miso, le damari rend exaltant tout plat auquel il est ajouté.

Une lente et longue fermentation

Le miso est produit par une double fermentation. On cuit d'abord à la vapeur une céréale – de l'orge, du riz, de l'avoine ou du sarrasin – puis on inocule les grains avec le champignon microscopique Aspergillus oryzae. La culture donne naissance à un mycélium blanc qui enrobe les grains au terme d'une fermentation aérobie de 45 heures en milieu chaud et humide.

Le koji ainsi obtenu est ensuite additionné de soya cuit, de sel de mer et d'eau, puis le tout est broyé et mis en fermentation anaérobie dans un baril pour une période de 3 à 5 années selon la qualité de miso qu'on désire produire. Au terme de la fermentation, on obtient une pâte vivante, parfumée et savoureuse, qu'on empote telle quelle ou qu'on aromatise chez Massawippi avec des algues et des champignons pour le Miso à la japonaise ou de l'ail, de la ciboulette et des herbes aromatiques pour le Miso des Cantons.

Miso

Une valeur nutritive exceptionnelle et des propriétés phénoménales

Le miso permet de donner une saveur capiteuse aux plats auquel il est ajouté. Son parfum est envoûtant, sa saveur réconfortante. Par surcroît, sa valeur nutritive est exceptionnelle. Aliment vivant par excellence, le miso recèle pas moins d'une cinquantaine d'enzymes différentes qui améliorent la digestion et l'assimilation des aliments. Il contient tous les acides aminés essentiels. La double fermentation contribue à une forte présence de vitamines du complexe B, de bactéries lactiques et d'isoflavones aux fortes propriétés antioxydantes.

Il est reconnu que le miso réduit les effets néfastes causés par la radioactivité et aide le corps à éliminer les métaux lourds – voir le prochain encadré –; il prévient les maladies cardiovasculaires, l'hypertension, diverses formes de cancer, dont la leucémie, les cancers de l'estomac, du côlon et du sein; enfin il atténue les symptômes de la ménopause, les allergies et les intolérances alimentaires tout en améliorant globalement les fonctions immunitaires.

Il importe de préciser que le miso est un aliment vivant et que pour bénéficier de ses multiples propriétés, il ne doit pas être cuit. On l'ajoute donc aux plats à la dernière minute, en prenant bien soin de ne pas le chauffer.

Leçon de guerre

Le 9 août 1945, la ville de Nagasaki fut rasée par une bombe atomique. Des dizaines de milliers de Japonais périrent sur le coup, d'autres agonisèrent au terme d'horribles souffrances et plusieurs milliers moururent au fil des années de leucémie ou de cancer.

Mais un petit nombre survécut sans séquelles, notamment le personnel et les patients de l'hôpital Saint Francis dirigé à l'époque par le Dr Shinichiro Akizuki.

On croit que c'est le régime alimentaire à base de miso adopté avant le bombardement qui est responsable du phénomène.

Plusieurs semaines avant l’explosion de la bombe, à cause des pénuries alimentaires, le personnel ainsi que les patients n'avaient consommé presque exclusivement que du miso.

Ce n’est que vingt ans plus tard que le Dr Morishita Keiichi put expliquer le phénomène. L’acide dipicolinique, un alcaloïde contenu dans le miso, permet la chélation des métaux lourds tels que le strontium radioactif, le plomb, le mercure, le cadmium et favorise leur élimination par voies urinaires.

On sait aussi maintenant que la zycobine du miso s’associe aux substances radioactives et en facilite leur élimination.

Suzanne Dionne et Gilbert Boulay
Suzanne Dionne et Gilbert Boulay
à Expo Manger Santé

Les aliments Massawippi

Après avoir obtenu un diplôme en Technologie des aliments et avoir travaillé pendant cinq ans au Centre de recherche en nutrition de l'Université Laval, Suzanne s'envole avec son conjoint Gilbert pour le Rwanda afin d'y travailler en coopération. Alors que Gilbert s'implique en reboisement, Suzanne oeuvre dans des centres nutritionnels et collabore auprès de divers groupes de femmes au sein desquels elle s'implique dans le démarrage d'entreprises de transformation alimentaire. Elle enseigne l'art de la boulange, la confection de céréales à déjeuner, de ketchups, de tofu et de miso.

De retour au pays en 1999, après avoir obtenu une maitrise en administration, elle fonde en 2000 avec son conjoint Les aliments Massawippi et démarre la production de misos.

Aujourd'hui, l'entreprise compte sept employés et fabrique plus de dix tonnes de miso par année vendues principalement au Québec et dans les provinces limitrophes. Suzanne développe et expérimente en laboratoire de nouveaux produits visant à améliorer la santé dont récemment le Vitalcalin, une culture d'enzymes se développant sur du riz Arborio qu'on peut employer pour préparer des fromages végétaux, notamment du fromage d'acajou.

Il faut être patient et confiant pour investir dans une entreprise où les produits ne pourront être mis en vente que 3 années après son démarrage. Fabriquer du miso cultive la patience. Il émane d'ailleurs de Gilbert et de Suzanne un calme intérieur ainsi qu'une joie contagieuse qui contribueront sûrement, comme leurs misos, à nourrir leur longévité.

Longue vie aux Aliments Massawippi !

Soupe au miso

La soupe au miso

4 portions de 500 ml (2 t) ou 8 portions de 250 ml (1 t)

Préparer une soupe au miso prend à peine une demi-heure et permet de se repaître d'un plat léger, tonifiant, nutritif et protecteur. Lorsqu'on y ajoute du tofu et du riz, la soupe devient repas.

Ingrédients

2 l (8 t) d'eau
250 ml (1 t) de chou émincé
250 ml (1 t) d'oignon émincé
125 ml (½ t) de céleri émincé
125 ml (½ t) de carotte émincée
125 ml (½ t) de rutabaga en cubes
125 ml (½ t) de tofu en cubes
125 ml (½ t) d'algues trempées (60 ml ou ¼ t d'algues sèches)
125 ml (½ t) de petit pois frais ou congelé
125 ml (½ t) de champignons émincés
60 ml de miso

Préparation

Une heure avant la préparation, mettre à tremper les algues et les champignons si on opte pour des champignons déshydratés.

Porter l'eau à ébullition et y jeter chou, oignon, céleri, carotte et rutabaga. Faire bouillir les légumes 15 minutes puis ajouter le tofu, les algues, les pois et les champignons. Laisser mijoter 5 minutes puis couper le feu.

Dans les bols de service, dissoudre dans un peu d'eau ou de bouillon 15 ml de miso par portion de 500 ml. Y verser la soupe dans laquelle on délaye la solution de miso.

Pour bénéficier des propriétés du miso, on ne doit pas le cuire.

Variantes

J'aime bien varier les misos. Pour la soupe j'apprécie particulièrement le miso à la japonaise et le miso soya et riz.

Les légumes et les garnitures sont interchangeables. Aucun ingrédient n'est obligatoire, mis à part le miso.

On peut remplacer l'oignon par du poireau, le rutabaga par du navet ou du radis.

En guise de garniture, on peut employer un restant de riz, diverses nouilles, du kale, du bok choi ou des fleurettes de brocoli.

www.alimentsmassawippi.com

Bibliographie :

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Pour découvrir l'univers culinaire d'Yves Gagnon,
vous pouvez parcourir son plus récent livre Le festin quotidien.

Le festin quotidien

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Thématiques : Alimentation, Nutrition, Santé



Piquante et attachante sarriette
    

Piquante et attachante sarriette

Sommités fleuriesPhoto : Danièle Laberge

Longtemps utilisée avant l'introduction du poivre et du piment pour donner du piquant aux mets, la sarriette d'été Satureja (ou Satureia) hortensis a porté plusieurs noms communs : poivrette, poivre d'âne, mais aussi, savourée qui ressemble à son nom anglais, Savory. Dans la tradition québécoise, cette sarriette commune ou sarriette des jardins est souvent ajoutée à la purée de pommes de terre pour en relever le goût.

On trouve aussi la sarriette vivace Satureja montana, une vivace peu rustique au goût âcre et plus piquant. Ses petites feuilles survivent à l'hiver en zone 5 et en zone 4 lorsque la couverture de neige est abondante. Elle ressemble beaucoup au thym commun.

Ces sarriettes, toutes deux originaires du sud de l'Europe et du nord de l'Afrique, sont cultivées et connues comme plantes aromatiques depuis plus de 2000 ans.

Histoire d'usages

La sarriette d'été, utilisée depuis des siècles comme plante médicinale, était reconnue dans l'Antiquité comme aphrodisiaque. Les Égyptiens l'incluaient dans leur philtre d'amour.

Au Moyen Âge, il était interdit aux moines et aux curés de cultiver celle qu'on nommait plante du bonheur. C'est pourtant, Odon de Meung, un moine, qui a écrit au IXe siècle : « Fraîche ou sèche, et convertie en breuvage elle est mise au nombre des aphrosidiaques : mêlée avec du vin, du miel et du poivre, elle enflamme les sens d'ardeurs immodérées. C'est ce qui lui a fait donner le nom de Satureia parce que les satyres sont très luxurieux. » Il ajoutait que : « Réduite en poudre et cuite avec du miel, elle devient un aliment qui provoque l'expectoration des flegmes. Elle a la même vertu, administrée en boisson dans du vin. Prise en grande quantité avec du vin tiède, elle apaise les coliques, comme je l'ai souvent éprouvé. »

Au XVIIe siècle, le réputé médecin anglais, Nicolas Culpeper la conseillait contre l'asthme, les ballonnements, les gaz intestinaux et suggérait même de chauffer le suc de la sarriette dans de l'huile de rose contre les bourdonnements d'oreille et la surdité.

La sarriette fut introduite en Amérique par les colons anglais.

Sarriette d’été et sauge
Photo : Danièle Laberge

De botanique et de culture

Que ce soit en pot ou au jardin, on peut associer cette lamiacée à la sauge, à la marjolaine ou au thym. Au potager, la sarriette, comme la plupart des herbes médicinales annuelles, constitue une excellente compagne des plantes légumières. À cause de sa forte fragrance, elle brouille le système de repérage des ravageurs et réduit la sévérité des infestations dans les cultures d’aubergines et de brassicacées. C'est une bonne compagne des haricots au jardin tout comme dans la casserole. Chez nous, elle aromatise la plupart des plats à base de pomme de terre.

On la sème, peu profondément, directement au jardin 2 semaines avant le dernier gel prévu dans une section bien ensoleillée. Le sol, idéalement léger et bien drainé, sera amendé avec un apport léger de compost mûr. Les semences sont longues à lever, il faut garder le semis bien humide jusqu'à ce que les plants aient développé suffisamment de racines pour subvenir à leur besoin en eau. On éclaircit, en gardant un plant à tous les 20 cm.

On peut aussi semer la sarriette en godets individuels à l'intérieur en avril puis les transplanter délicatement au jardin aux 20 cm, une fois passés les risques de gel. Un léger buttage aidera les plants à se tenir.

De récolte, de conservation et de pérennité

Tiges

La récolte peut commencer dès que les plants atteignent 15 cm de hauteur. On pince alors l'extrémité des tiges ce qui renforce le plant. Étendues, bien espacées sur un treillis ou suspendues en petits bouquets à l'ombre dans un espace bien ventilé, les tiges sèchent rapidement. On les conserve dans un pot de verre à l'abri de la lumière. La sarriette conserve très bien sa saveur séchée, mais on peut aussi la congeler finement ciselée dans des bacs à glaçons remplis d'eau.

Au cours de leur croissance, les tiges qui atteindront près de 35 cm deviennent ligneuses en leur base. Les menues fleurs roses ou lilas, parfois blanches, apparaissent à l'aisselle des tiges.

Pour un usage médicinal, on attend la floraison pour cueillir les sommités fleuries, les déshydrater ou en préparer un vinaigre.

À la fin de l'été, on récolte les plants entiers en les taillant au collet. L'herboriste avisée prendra soin d'en laisser quelques-uns pour la production de semences. Celles-ci tomberont au sol à la fin de la saison et germeront abondamment le printemps suivant. Lorsque la levée est trop dense, on transplantera les jeunes plants avec soin aux 20 cm.

Usages et vertus

On trouve, répertoriées sur le site de Passeport Santé, plusieurs études effectuées à partir d’extraits ou d'huile essentielle de sarriette. Elles ont permis de révéler les propriétés antifongiques, antibactériennes, anti-inflammatoires, antidouleur, antispasmodiques et antidiarrhéiques de la plante. Certaines démontrent de potentiels effets antidiabétique et anticholestérolémique. D'autres suggèrent que son contenu élevé en antioxydants serait utile pour prévenir la maladie d’Alzheimer. Ces résultats demeurent toutefois préliminaires. Les études reposent également sur des quantités consommées largement supérieures aux quelques pincées employées pour aromatiser la purée de pommes de terre.

En somme, trop peu d’études ont permis de confirmer l’impact de la consommation de sarriette sur la santé. Elles ont toutefois permis d'identifier son principal ingrédient actif, l’acide rosmarinique, un acide phénolique bénéficiant de propriétés antioxydantes.

Infusion

L'herboristerie traditionnelle reconnait depuis toujours les vertus carminatives de la sarriette. Ajoutée aux préparations culinaires ou consommée en infusion piquante après le repas, elle facilite la digestion en prévenant les gaz et les ballonnements.

Pour des problèmes de flatulence plus chronique ou pour combattre les douleurs gastriques d'origine nerveuse, on recommande de boire une tasse d'infusion de sommités fleuries 3 fois par jour. On la prépare en infusant durant 5 à 10 minutes 30 ml de sarriette séchée ou fraîche dans 500 ml d'eau bouillante.

Une infusion prise en gargarisme soulage les maux de gorge et favorise l'expectoration. Riche en fer, en manganèse, en calcium, en magnésium et en vitamine B6, elle fortifie les personnes fragiles en donnant un coup de fouet à leur système immunitaire. Enfin, l'infusion aide à soigner l'interruption de règles, les pertes blanches, la diarrhée, la goutte, les rhumatismes, les calculs urinaires et l'inflammation des bronches.

L'herboriste Danièle Laberge mentionne dans son excellent ouvrage L'héritage de L'Armoire aux Herbes les propriétés carminatives et antidiarrhéiques de la sarriette ainsi que ses vertus aphrodisiaques.

On y trouve cette recette de vinaigre de sarriette.

Récolter la sarriette en début de floraison après 2 belles journées de temps sec. Dans un pot de verre, couvrir 110 g de plantes fraîches hachées par 500 ml de vinaigre de cidre de pommes biologique, idéalement à 8 % d'acide acétique. Laisser macérer 3 semaines en brassant tous les jours.

Une fois l'extrait liquide filtré et décanté, Danièle suggère de prendre de 3 à 7 gouttes dans un peu d'eau au besoin.

Pour apprivoiser la quintessence de cette plante somme toute facile à cultiver sous nos latitudes, on peut intégrer quelques feuilles hachées au beurre ou au fromage de chèvre frais pour en relever le goût. Mais avant toute chose, il faut saupoudrer de la sarriette séchée dans votre prochaine purée de pommes de terre. Le parfum qui en émanera piquera assurément votre curiosité. La sarriette deviendra dès lors pour vous, un simple parmi les plus attachants.

Diane Mackay Diane Mackay,
Biologiste, jardinière et herboriste
Les Jardins du Grand-Portage

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Bibliographie :

  • De Meung, Odon. La Pharmacie des Moines (Macer Floridus écrit en latin au IXe siècle, traduit par L. Baudet). Éditions Paleo. 2011.
  • Laberge, Danièle, Laberge, Hélène. L'héritage de L'Armoire aux Herbes — Recettes, savoir-faire et guide santé. Herbothèque. 2011.
  • Lacasse, Odette. Plantes médicinales et aromatiques de nos jardins. Éditions Broquet. 1994
  • Michaud, Lili. Les fines herbes de la terre à la table. Éditions Multimondes. 2015
  • Schauenbery, Paul, Paris, Ferdinand. Guide des plantes médicinales — Analyse, description et utilisation de 400 plantes. Delachaux et Niestlé. 1977.
  • Hylton, William H. The Rodale Herb book. How to use, grow and buy nature's miracle plants. Rodale Press. 1974.
  • www.passeportsante.net

Thématiques : Agriculture, Alimentation, Herboristerie, Jardinage, Phytothérapie, Santé



Différenciation, subjectivité, communion
    

Sur les pas de Thomas Berry

Différenciation, subjectivité, communion

Dans les chroniques antérieures (a, b, c) décrivant les six cours proposés par Thomas Berry comme rite de passage vers une formation universitaire spécialisée, j’avais seulement mentionné que le sixième cours portait sur les grands principes qui se dégagent de l’histoire de l’univers racontée par la science moderne, principes qui deviennent des valeurs lorsqu’on les respecte.

Avant d’examiner plus en détail ces valeurs, il est utile de décaper le mot « valeurs » lui-même, encrassé qu’il est quotidiennement par un usage réducteur, mercantile ou politiquement opportuniste. Nos valeurs sont comme les pierres d’un gué sur lequel nous traversons l’existence. Un exemple lumineux nous en est donné dans le « discours de Suède » prononcé par Albert Camus quand il reçut le prix Nobel de littérature en 1957. Il y fait l’éloge de la vérité et la liberté comme valeurs fondamentales de l’écrivain : « Dans toutes les circonstances de sa vie, obscur ou provisoirement célèbre, jeté dans les fers de la tyrannie ou libre pour un temps de s’exprimer, l’écrivain peut retrouver le sentiment d’une communauté vivante qui le justifiera, à la seule condition qu’il accepte, autant qu’il peut, les deux charges qui font la grandeur de son métier : le service de la vérité et celui de la liberté. Puisque sa vocation est de réunir le plus grand nombre d’hommes possible, elle ne peut s’accommoder du mensonge et de la servitude qui, là où ils règnent, font proliférer les solitudes. Quelles que soient nos infirmités personnelles, la noblesse de notre métier s’enracinera toujours dans deux engagements difficiles à maintenir : le refus de mentir sur ce que l’on sait et la résistance à l’oppression. » Quelques jours plus tard, dans un autre discours prononcé à l’université d’Uppsala, il précisera : « La valeur la plus calomniée aujourd’hui est certainement la valeur de liberté. De bons esprits (j’ai toujours pensé qu’il y avait deux sortes d’intelligence, l’intelligence intelligente et l’intelligence bête) mettent en doctrine qu’elle n’est rien qu’un obstacle sur le chemin du vrai progrès. Mais des sottises aussi solennelles ont pu être proférées parce que pendant cent ans la société marchande a fait de la liberté un usage exclusif et unilatéral, l’a considérée comme un droit plutôt que comme un devoir et n’a pas craint de placer aussi souvent qu’elle l’a pu une liberté de principe au service d’une oppression de fait. »

Voilà qui est clair, le mouton n’en est pas moins mouton lorsqu’il broute « librement » les vagues « valeurs » brandies par ceux qui troquaient hier des votes contre des bouts de route et les monnaient aujourd’hui en esprit de clocher, très populaire et bien meilleur marché.

Mais revenons à Thomas Berry pour qui l’éducation est indissociable du processus cosmique d’émergence de la conscience, l’homme étant le siège de la faculté de réflexion comme l’arbre est le siège de la faculté de photosynthèse. À chacun son métier dans la maison commune. « Le processus évolutif de la planète est une autodidaxie planétaire. Parmi ses diverses manières d’être spontanée, la planète a appris de manière autonome les diverses modalités des arts de la vie. L’invention d’un réseau aussi extraordinairement complexe de codes génétiques, dont chacun dépend de tous les autres, témoigne déjà d’une compétence suprême, mais qu’un des codes génétiques ainsi établis permette un potentiel d’apprentissage culturel transgénétique est une réalité encore plus stupéfiante. » Autrement dit, non seulement la Terre est autodidacte, mais elle a réussi le tour de force d’apprendre à s’autoétudier.

L’intégration de toute activité humaine aux processus planétaires est un thème omniprésent dans Le rêve de la Terre. « Rien n’existe de manière totalement complète sans tout le reste. Cette existence en relation est à la fois spatiale et temporelle. Quelle que soit la distance physique ou temporelle, le lien unifiant est à l’œuvre. L’univers est à la fois une communion et une communauté. Et nous sommes nous-mêmes cette communion devenue consciente d’elle-même. »

Un tel recadrage transforme évidemment la manière d’aborder l’éducation : « La formation professionnelle devrait reposer sur une prise de conscience du fait que la Terre constitue, en elle-même, le médecin primordial, le législateur primordial, la révélation primordiale du divin, le scientifique primordial, le technicien primordial, l’aventure commerciale primordiale, l’artiste primordial, l’éducateur primordial et l’agent primordial de toute activité en œuvre dans le cadre de nos préoccupations humaines ». Adieu narcissisme anthropocentrique, c’est à l’humus autodidacte et pédagogue émérite que reviennent tous les prix Nobel.

Le sixième cours préconisé par Thomas Berry couronnerait une formation visant à ce que tout candidat à une spécialisation soit d’abord initié en tant que citoyen planétaire de manière à ce que les savoirs auxquels il aura accès soient déposés dans un esprit capable d’en faire un usage qui collabore avec les processus planétaires plutôt que de les combattre. Le « Far West cybérien » nous rappelle quotidiennement que tout savoir est potentiellement convertible en arme de destruction massive, et qu’il est insensé de le remettre entre n’importe quelles mains.

Différentiation, subjectivité, communion

La première grande valeur qui se dégage de l’aventure de l’univers est, selon Thomas Berry, la différenciation. « L’émergence de l’univers se fait par différenciation. Sans différenciation, il n’y a ni univers, ni réalité véritable. Dès ses origines, après une brève période de rayonnement pratiquement exempt de formes, l’univers s’est structuré en constellations ou en motifs énergétiques uniques, repérables et intelligibles. Le réel n’est pas une sorte de bouillie homogène qui s’étendrait à l’infini. Chaque structure qu’il prend est unique et irremplaçable, quel que soit le niveau où elle se situe, du niveau sous-atomique au niveau galactique, du noyau ferreux de la planète à la fleur, de l’aigle qui fend l’air à la personne humaine qui foule le sol. Chacune de ces manifestations est une expression unique de la présence globale de la Terre. À l’échelle humaine, chaque individu devient pratiquement une espèce en soi, tant est imposante la présence qui se dégage de son unicité. » Au « tout est lié » de la vision holistique il faut donc ajouter « vive la différence! »

La deuxième grande valeur est la subjectivité. « Non seulement la manière dont s’exprime la réalité individuelle fait figure d’absolu par rapport à l’altérité, mais l’identité individuelle elle-même comporte une profondeur intrinsèque, une qualité propre, un mystère qui, outre les modalités phénoménologiques qu’elle exprime, traduit également une réalisation archétypale, ce qui permet à chaque expression du réel d’entrer en résonance avec le mystère qui imprègne le monde. Cette qualité se retrouve en toute chose, mais lorsqu’elle est à l’œuvre au niveau humain, elle rend possible la dynamique créative du penseur, du poète, de l’écrivain, du scientifique, du fermier, de l’artisan, du politicien, du négociant, de l’éducateur et de tout autre acteur humain qui participe au fonctionnement de l’univers. »

Chaque entité cosmique est donc un puits de Mystère auquel s’applique l’invitation de Pablo Neruda à « s’asseoir sur la margelle du puits de l’ombre pour y pêcher avec patience la lumière qui s’y perdit. » Pour Thomas Berry, « Lorsque nous nous penchons sur le fonctionnement à grande échelle de notre planète, nous lui reconnaissons aujourd’hui cinq aspects principaux : la géosphère, l’hydrosphère, l’atmosphère, la biosphère et la noosphère. Ces cinq aspects coexistent continuellement et globalement dans un contexte solaire lumineux et radiant ». La subjectivité est l’unicité de chaque note de la musique des sphères.

Avec la troisième valeur cosmique, la boucle se referme dans la communion. « Dans ce domaine, la magnifique perspective offerte par la science confirme l’intuition des anciens que nous habitons un univers constituant un événement énergétique singulier bien que multiforme. L’unité de tout le complexe formé par les systèmes galactiques est une des réalités les plus fondamentales de la physique contemporaine. Bien que cette unité globale de l’univers ait été perçue par les peuples primitifs, affirmée par les grandes civilisations, expliquée par des mythes de création partout dans le monde, soulignée par Platon dans Timée et présentée de façon exhaustive par Newton dans Principes, il n’existe aucun exposé aussi clair de l’interconnexion génétique de tout l’univers que celui que nous offre la science du vingtième siècle. »

Qui doutera un instant qu’après avoir intégré le trio différenciation-subjectivité-communion qui sous-tend l’évolution universelle, avant de se spécialiser en science, en droit, en politique, en économie ou dans n’importe quelle autre branche du savoir, un jeune esprit soit mieux équipé pour assumer son rôle de citoyen du monde? Mais il y a loin de la coupe aux lèvres et, en dépit de notre capacité de communication instantanée sans frontières, nous sommes encore loin d’une allégeance à la Terre qui primerait nos affiliations, nationales, politiques, religieuses, etc.

« Nous traversons actuellement une phase de transition qui pourrait s’appeler une phase de tâtonnement. Nous ressemblons au musicien qui entend à peine la mélodie qui émerge en lui et ne peut encore la jouer tant elle est encore floue. Telle est l’agonie qui nous hante, surtout si nous réalisons que la musique que nous créons est la réalité même de l’univers. »

DanielLaguittonDaniel Laguitton
Abercorn, Qc

Thématiques : Écologie, Éducation, Spiritualité



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Volume 13, numéro 8 — Mercredi, 19 avril 2017
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