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CentreDentaire
MarieJoseLeclerc
GaiaViau

Volume 14, numéro 10 — Mercredi, 12 décembre 2018


Mot de la fin
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Bonjour tout le monde,

Vous lisez la dernière parution de Covivia. La belle et fructueuse aventure se termine ici. 

Éditer cette revue virtuelle a été possible grâce à des collaborateurs et des collaboratrices généreux, experts et responsables. Durant toutes ces années, leur matériel a été livré à temps et dans un état impeccable. Merci Yves Gagnon, Diane Mackay, Jacqueline Martin, Danièle Laberge, Marie-Dominique Demers-King, Jean-Yves Dionne, Serge Grenier et tous les autres qui ont participé à la longévité et à l'excellence de Covivia. Les lire m'a informée, soignée, enjouée et vivifiée. Contempler leurs photos a comblé ce cher sens qu'est la vue. La vérité et la beauté sont des qualités divines. Grâce à la participation de ces auteurs et photographes, elles ont été présentes tout au long de Covivia.

Écrire pour Covivia a été pour moi un exercice illuminant et apaisant. La créativité est une activité de guérison et d’émancipation. Alors qu’une circonstance de vie amène peine et douleur, elle se métamorphose en humus sous l’action régénératrice de la création artistique. Être lue est un privilège. Merci ! Vos commentaires sur mes textes ont contribué à soutenir mon élan durant toutes ces années. 

Une des grandes thématiques des premières années de Covivia a été le deuil et la perte d’êtres chers. Réfléchir et décrire les étapes du deuil a été salutaire et transformateur. Cela m'a permis d'apprivoiser la mort. Les personnes aimées qui sont décédées sont encore présentes spirituellement dans ma vie. C’est une des grandes découvertes de la soixantaine. Les morts m’accompagnent et ce n’est pas morbide. Au contraire, cet échange au-delà du vivant est riche. Cela ressemble à la fertilité de la vie nocturne et du sommeil sous l’éclairage subtil de la lune avec ses forces intrinsèques de guérison et de croissance.

J’ai aussi écrit régulièrement sur la spiritualité. Ces années à Sutton en haut de la montagne entourée de silence et de beauté ont été le lieu d’une quête introspective riche et profonde. Vous en faire part était bénéfique, car elle me permettait de communiquer ce que je recevais dans cette retraite dorée. C’était une façon de redonner et cela rendait le rythme de ma vie plus électrisant ponctué par la publication de Covivia. Que de lectures enrichissantes, cette vie tranquille m’a permises ! Merci à tous ces enseignants spirituels qui ont publié leurs enseignements. Ils ont enchanté beaucoup de mes longues soirées d’hiver et inspiré plusieurs des articles que j’ai écrits dans ces pages. 

Une autre thématique qui a retenu mon attention est le Tarot. Il reste deux arcanes majeurs que je n’ai pas explorés dans Covivia : Le Monde et Le Mât. Exactement ces phases à laquelle vous assistez avec cette clôture : dans le même ordre d'énumération, celle de la fin et de sa célébration suivies de l'errance et de la liberté du point zéro.

Je vous embrasse toutes et tous et je vous remercie pour votre fidélité depuis toutes ces années.

Chaleureusement,

Renée Demers


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The seat of the soul
À paraître début 2019 - The Seat of the Soul - Yvan Rioux , Temple Lodge Publishing, UK


Avant qu'on ne s'éteigne
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Avant qu'on ne s'éteigne

Avant que ne flétrissent les monarques
Que ne disparaissent les parulines
Avant que ne pullulent les sauterelles
Et que nous envahissent les ronces
Il nous faudra praliner la route
Par laquelle nous irons
Puiser la lumière
Au cœur de la grande forêt
Nous en ferons une armure
Pour ceinturer la Terre
Avant qu'on ne s'éteigne
Nous en ferons un tapis
Pour parcourir le ciel
Avant qu'on ne s'éteigne

C'était en janvier 2010, suite au décès de son conjoint Yan-Jacques Viau, que Renée me demandait de contribuer à l'infolettre de la défunte librairie Biosfaire. J'ai signé mon premier texte en février 2010 et n'est cessé depuis de publier des chroniques baptisées Champs libres au sein d'un webzine iconoclaste qui allait devenir covivia à partir d'août 2011. J'ai traité d'alimentation et de restauration, de jardinage et d'agriculture, du pays et de certains de ses citoyen.e.s marquant.e.s, d'écologie et de changements climatiques, une problématique qui me préoccupe plus que tout autre, puisque l'effet de serre, sa cause première, n'a cessé de s'accentuer au rythme d'une croissance constante de dioxyde de carbone émis dans l'air, mais aussi du méthane (1 kg de méthane équivaut à 21 kg de CO2), issu de l'élevage (1 kg de bœuf produit 10 kg de carbone), des rizières, des sites d'enfouissement, des puits de gaz orphelins et de plus en plus du pergélisol qui, en dégelant, libère le méthane qu'il gardait enfoui dans ses entrailles. Ce phénomène, nommé effet d'emballement, fait que nous n'aurons plus à contribuer aux changements climatiques puisqu'il se fera tout seul, de manière autonome. Ce sera alors la fin pour nous ainsi que de celle de tous les grands mammifères, fruits d'une prodigieuse évolution de millions d'années, voire de milliards.

À 88 ans, Harvey Mead résume dans son livre La fin d'un monde et le début d'un nouveau qui vient de paraître aux Éditions Écosociété qu'«il est trop tard pour préserver la vie telle que nous la connaissons. Trop tard aussi pour le développement durable. » Lorsqu'on observe les agissements de Doug Ford qui a sabré dans tous les programmes gouvernementaux ontariens visant à limiter les émissions de carbone, l'achat par le gouvernement canadien de l'oléoduc Trans Mountain dans le but d'accroître la production de pétrole des sables bitumineux (le bilan carbonique le plus élevé pour une extraction de pétrole), le comportement de Donald Trump qui souhaite un retour au charbon comme source d'énergie et enfin l'approche économiste de notre tout récent gouvernement caquiste majoritaire (honte à nous Québécois.e.s d'avoir élu ces matérialistes) dont une des premières décisions fut d'ouvrir le parc du Mont-Tremblant aux motoneiges!!!! Beau projet de société!

Je ne sais pas si vous vous souvenez de ma chronique intitulée 400 ppm dans laquelle je citais Bob Ward, directeur des communications à l'Institut de recherche Grantham sur le changement climatique et l'environnement de la London School of Economics and Political Science qui affirmait que la dernière fois que notre atmosphère avait connu une telle concentration de C02, c'était il y a 3 millions d'années. Le directeur affirmait: « nous sommes en train de créer un climat préhistorique dans lequel notre société va devoir faire face à des risques énormes et potentiellement catastrophiques. »

Suite à l'élection de George W. Bush jr aux États-Unis en novembre 2004, je fus gagné par une morosité lancinante qui m'avait conduit à fermer pendant plusieurs mois radio et télévision afin de ne pas entendre toutes ces nouvelles inéluctables, annonçant des décisions qui ont accéléré la destruction de la Vie sur Terre, pour moi, notre bien commun le plus précieux, que nous devrions chérir, dont nous devrions, collectivement, devenir les plus ardents défenseurs.

Malheureusement, l'humanité a choisi la cupidité plutôt que le détachement, l'accumulation plutôt que la sobriété, le moi plutôt que le nous, la bourse plutôt que la Vie, l'avoir plutôt que l'être. Nous revoilà aujourd'hui avec un paysage politique déconcertant, sans aucune compassion pour cette biodiversité qui est détruite à un rythme jamais connu sur terre, et cela, au nom de quelques profits de multinationales vouées de toute façon à une désintégration prochaine.

Un jardin à la fois

Comme je l'écrivais en 2004 dans Un seul jardin, suite à l'élection de George W. Bush jr, pour me préserver de la dépression et de la tristesse, je retourne au jardin, un jardin à la fois, un jour à la fois. Je me ferai le plus carboneutre possible en limitant mes déplacements, et en prenant soin des quelques hectares de terre dont j'ai la responsabilité. Je le ferai au mieux de mes connaissances et j'essaierai d'aider les gens de bonne volonté qui veulent apprendre de mon expérience, qui souhaitent s'investir dans la beauté de la Vie, s'en nourrir et la nourrir. L'illusion du bien-être liée à l'avoir est d'une telle supercherie que je n'ai eu de cesse durant toute ma vie de la dénoncer. Il faut croire que la bière à 1$ répond mieux aux aspirations de nombreux êtres humains que le développement de parcs naturels où peut s'exprimer une biodiversité qui par sa beauté nourrit l'enfant intérieur présent au cœur des humains, trop souvent enfoui sous des centimètres de graisse de porc et noyé dans des centilitres de bières bon marché, brassées par des multinationales, sans égard pour les cultures d'orge et de houblon, vaporisés d'herbicides, nourris de fertilisants chimiques, aspergés d'insecticides, du moment que leur coût de revient soit au plus bas ce qui leur permet de payer des dividendes à leurs actionnaires qui pourront ainsi acquérir le plus récent quatre par quatre avec lequel ils piétineront allègrement la nature sauvage en toute impunité et répandront dans l'atmosphère le mortel CO2.

Je retournerai au jardin pour me nourrir, nourrir mon intériorité, me gaver de beauté et créer un havre de paix pour moi et mes proches, pour les insectes, les oiseaux, les papillons, les batraciens et les plantes qui pourront y trouvent refuge. Je leur offrirai de l'eau, de l'ombre, du nectar, du pollen, un milieu nourricier où ils pourront oublier comme moi et mes proches, la bêtise de l'Homme.

Je deviendrai grand-père en décembre et j'aurai 65 ans en février. Il faut être courageux pour mettre un enfant au monde aujourd'hui. Je lui transmettrai tout ce que j'ai appris et lui enseignerai l'importance du vivant, de l'amour et du détachement.

Nous célébrerons en 2019 les 40 ans des Jardins du Grand-Portage. Nous continuerons de recevoir des gens dans ce milieu que nous avons créé avec passion Diane et moi, ne ménageant aucun effort pour le rendre inspirant et surtout, riche d'enseignements. Je continuerai de transmettre les valeurs qui me sont chères jusqu'au jour où je m'éteindrai, serein, heureux d'avoir mené une vie cohérente, empreinte de respect et d'amour, une vie où la Vie aura toujours été au cœur de mon action.

Si vous avez apprécié mon compagnonnage durant ces huit années, vous pouvez toujours vous vautrer dans mon livre Un seul jardin par lequel vous pourrez m'accompagner au jour le jour dans mon jardin. Je continuerai d'écrire et de réciter de la poésie. Je travaillerai aussi sur un projet de livre sur l'autonomie alimentaire, un ouvrage qui pourra, je l'espère, être utile dans les périodes de turbulence qui s'annoncent.

Et si le cœur vous en dit, nous pouvons poursuivre la conversation aux Jardins du Grand-Portage à l'occasion de notre quarantième anniversaire. Nous organiserons tous les dimanches des activités festives avec musique, poésie, agapes et floralies. Que la vie vous soit douce et je vous dis merci de m'avoir lu durant toutes ces années où je préparais avec fébrilité notre rendez-vous au cœur de mes champs libres.

Sur une note humoristique

J'ai toujours réussi à survivre grâce à l'humour. Celle-ci m'a bien servi, surtout à l'adolescence. Je termine donc cette série de chroniques par un dernier texte qui, je l'espère, vous fera sourire. Bonne continuation.

Ma brosse à dents brosse pu pantoute !! Est flatt ! J'emprunte celle de ma femme, mais elle goûte sa pâte à dent Crest Sensi-Namel à la menthe fraîche dont je ne peux supporter la saveur. Donc, un p'tit croche chez Famili-Prix pour me trouver une brosse à dent pas trop dure sur l'émail et les gencives. Mais, que constate-je, il y en a des centaines de modèles : les Colgate Xtra Clean, Max White, Wave, Zig Zag, Slim Soft, Optic White, les Gum Supreme, Deep Clean, Micro Tip, Super Tip, Dome Trim, Ora Clean, les Oral B Complete, Indicator, Cavity Defense, Pro Health, Advantage et enfin les Reach Crystal Clean et Total Care, chacune en version medium, soft et ultrasoft. Et je ne parle pas des modèles pour enfants, pour dentiers, gencives fragiles et gingivites, les électriques, avec fil, sans fil, piles rechargeables, téléphone intégré, caméra pour les gencives, puce pour enregistrer vos brossages et la toute dernière, la brosse à dents musicale qui vous fait entendre un reel de 3 minutes, le temps que devrait durer un bon brossage!

Laquelle choisir? Je me suis dit que ça ne devait pas être très évident pour vous aussi. Alors je me suis lancé dans un large essai clinique afin de vous aider dans votre choix. J'en ai acheté une de chaque modèle et depuis ce temps, j'en essaie une par soir. Je suis dorénavant en mesure de vous dire laquelle est la meilleure pour vous : il s'agit de la Gum Super Tip Multi Level Cleaning Sunstar Ultrasoft. J'aime la tendresse de ses poils durables, non dommageables pour l'émail et les gencives, mais surtout j'en apprécie la grippe qui me rappelle mon driver Spalding lorsque je jouais au golf. Vous aurez, lors de vos brossages quotidiens grâce à la Gum Super Tip Multi Level Cleaning Sunstar Ultrasoft une expérience sensorielle unique de confort et de bonheur liée à une interaction intime avec vous-même. En effet la bouche n'est-elle pas l'endroit par où tout commence? L'essayer, c'est l'adopter. Vos French kiss ne seront plus jamais les mêmes !

Pour vous aider à la retrouver parmi les centaines de modèles que les pharmacies vous proposent, vous n'avez qu'un seul nom à retenir:

La brosse à dents Gum Super Tip Multi Level Cleaning Sunstar Ultrasoft

Son nom de code chez Gum est la 454. On ne la trouve pas partout, mais sachez que chez Famili-Prix à Saint-Gabriel, on la repère facilement grâce à une affichette qui indique :

Testée pour vous par le jardinier biologique
Yves Gagnon de Saint-Didace
un gastronome qui ne se met pas
n'importe quoi dans la bouche.
L'essayer, c'est l'adopter!

La brosse à dent Gum Super Tip Multi Level Cleaning Sunstar Ultrasoft

Pour être conséquent avec l'approche zéro déchet et pour sortir le plastique de nos vies, sachez qu'il existe maintenant des brosses à dents avec manche en bambou. Je ne les ai pas encore essayé, mais ça fait partie de mes projets. À une prochaine j'espère et encore une fois, merci pour tout ce temps passé ensemble ....

Yves Gagnon
Les Jardins du Grand-Portage

Thématiques : Écologie, Jardinage


Envoûtante lavande
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Envoûtante lavande

Lavande anglaise
Photo : Pierre Bertrand

« Si un buisson de romarin rayonne quelque chose de fort et de fougueux, il émane de la touffe de lavande une paix douce et noble. »
Wilhelm Pelikan (1893 - 1981)

« La lavande nous purifie de nos errances, de nos excès, de nos détresses. »
Danièle Laberge

Historique

Originaire de l'ouest du bassin méditerranéen, la lavande s'est répandue jusqu'au Moyen-Orient et en Inde. Elle fut toujours abondante sur les coteaux arides de la Haute-Provence où le climat chaud, ensoleillé et sec lui convient à merveille. Connaissant ses vertus antiseptiques, les Arabes, les Perses, les Grecs et les Romains s'en servaient pour désinfecter les hôpitaux et les chambres des malades; ils l'ajoutaient à l'eau du bain pour purifier le corps et l'esprit. Les Romains en parfumaient l'eau de lavage. D'ailleurs, le mot lavande vient de lavare qui signifie laver. Ce sont les Romains qui l'ont introduite en Angleterre.

En Inde et au Tibet, la lavande est couramment utilisée depuis le VIIIe siècle. On l'emploie entre autres dans du beurre pour traiter les troubles psychiatriques. En France, on l'utilisait dans les chaumières au Moyen Âge pour combattre les poux ainsi que pour la confection de parfums et de remèdes.

De nos jours, on la cultive à grande échelle surtout en Bulgarie et en Provence. Elle occupe dans le sud de la France près de 10 000 acres pour une production de 50 tonnes d'huile essentielle de grande qualité. On y cultive aussi le lavandin dont on extrait de 1 000 à 1 200 tonnes d'huiles essentielles. Plusieurs autres pays méditerranéens d'Europe et d'Afrique du Nord, ainsi que les États-Unis et la Tasmanie, un état du sud de l'Australie, contribuent à la production mondiale de cette plante aromatique et médicinale hautement prisée depuis la nuit des temps. Avec le climat qui se réchauffe, on en fait même une production importante au Québec grâce à l'amélioration de la génétique.

Botanique

Lavande anglaise
Photo : Pierre Bertrand - Lavande anglaise

Sous-arbrisseau pouvant atteindre une hauteur de 30 à 60 centimètres, la lavande développe des touffes de tiges dressées et ramifiées sur lesquelles se forment d'étroites feuilles sessiles lancéolées qui dégagent une odeur caractéristique, lorsque froissées. En été, au sommet des tiges se déploient densément réunies en épis longs de deux à cinq centimètres des fleurs de couleur bleue à violacée, parfois rose, au parfum puissant et envoûtant. Une fois fécondées, elles produisent de petits akènes contenant une seule graine noire et luisante.

Lavande espagnole
Photo : Danièle Laberge
Fleurs de lavande espagnole

Parmi les plus rustiques, la lavande anglaise, Lavandula angustifolia ou Lavandula officinalis, est fort appréciée en zone septentrionale. J'aime particulièrement le cultivar Munstead dont le parfum singulier envoûte. On considère la fragrance de la lavande anglaise plus délicate que celle des autres lavandes, notamment le lavandin, Lavandula intermediata, la lavande espagnole, Lavandula dentata ainsi que la lavande française, Lavandula stoechas. Seulement chez le semencier Richters, on trouve jusqu'à 20 cultivars de lavande anglaise.

JARDINAGE

La lavande n'est pas une plante de culture facile. En premier lieu, la germination des semences est lente. Elle prend un minimum de 14 jours, parfois jusqu'à un ou deux mois! Je démarre donc mes semis en février. On peut leur octroyer un séjour de 2 semaines au froid pour faciliter la germination. On place ensuite les caissettes dans un endroit frais, soit entre 15 à 18 °C. Lorsque les plantules ont développé 4 feuilles, on les repique dans un terreau de croissance. On les transplante au jardin lorsque le sol est réchauffé, dans une section bien ensoleillée qu'on aura pris soin de libérer des plantes adventices.

Il est souvent plus simple d'acheter des plants. Dans ce cas, il importe de les choisir dans la section des plantes aromatiques plutôt que dans la section des plantes ornementales, question de s'assurer de mettre en terre un cultivar propice à la consommation. On peut aussi reproduire la lavande par bouturage ou par marcottage en été ou par division de plants de trois ans et plus, au printemps.

Lavande anglaise
Photo : Pierre Bertrand
Lavande anglaise

La lavande préfère un sol léger et bien drainé; il peut être calcaire et pauvre comme dans les coteaux de Provence. Un ajout de cendres de bois à raison de 30 ml (2 c. à table) par fosse de plantation contribue à alcaliniser le sol.

Un été chaud et sec aidera à concentrer les composés aromatiques et médicinaux de la lavande. Dans tous les cas, il vaut mieux fertiliser la lamiacée sobrement, avec une légère dose de compost mûr incorporée en surface au printemps. Il faut arroser les plants au moment de la transplantation puis les laisser par la suite composer avec les carences d'eau ce qui contribuera à une meilleure concentration de principes médicinaux et olfactifs. On taillera les plants après la floraison en rabattant du tiers chacune des tiges.

Chez moi, en zone 4, c'est le cultivar Munstead que je réussis le mieux. Recommandé pour la zone 4, il peut y survivre des dizaines d'années lorsque la couverture de neige est hâtive et abondante. Malheureusement, lors d'hivers rigoureux, lorsque la couverture de neige est faible et que la pluie lui fait perdre son facteur isolant, elle ne survivra pas si le mercure atteint -30 °C. C'est ce qui m'est arrivé un hiver où, malgré un épais paillis de feuilles d'érable, j'ai perdu tous les plants les plus âgés. Heureusement, j'ai pu sauver mes jeunes plants qui bénéficiaient d'une meilleure protection, puisque moins hauts et ainsi mieux protégés par le paillis.

Usages

Ce sont les fleurs de lavande qu'on emploie pour leurs propriétés aromatiques et médicinales. On peut les utiliser en teinture, en infusion ou en huile essentielle. On les récolte idéalement après une longue période de chaleur sèche, au tout début de la floraison. On taille la tige florifère à sa base, de préférence lorsque quelques fleurs commenceront à s'ouvrir, mais que la moitié sera encore en boutons.

La lavande sèche très bien en petits bouquets suspendus à l'envers dans une pièce sèche et bien ventilée. Il ne faut jamais utiliser de chaleur pour le séchage, car ses composantes sont très volatiles. On dit qu'attachée en bouquets aux quatre coins d'une pièce, elle chassera les mouches et les moustiques.

Fleur de lavande anglaise
Photo : Damièle Laberge - Fleur de lavande anglaise

La lavande est utile pour les maux de tête et les migraines, l'insomnie, le stress, la dépression, l'épuisement, la fatigue nerveuse, les troubles obsessifs et l'irritabilité.

Les composantes de la lavande étant sédatives du système nerveux central, en infusion ou en teinture, elle apportera calme et détente. Selon l'herboriste Caroline Gagnon, « la lavande excelle vraiment dans un bon bain chaud. »

On infusera 5 ml (1 c. à thé) de fleurs de lavande dans 250 ml (1 t) d'eau bouillante, pendant 10 minutes. On peut consommer cette tasse de tisane jusqu'à trois fois par jour. On préparera une teinture en faisant macérer les fleurs et les boutons floraux fraîchement cueillis dans de l'alcool à 50 %. On conseille une dose de 20 gouttes 2 fois par jour.

La lavande apaise les spasmes digestifs nerveux, aide la digestion lente, soigne l'indigestion ainsi que les infections de l'estomac ou de l'intestin.

L'huile essentielle de lavande de bonne qualité peut s'utiliser non diluée sur la peau, en applications répétées pour les contusions, les entorses ou les enflures. On peut aussi utiliser l'eau florale, l'infusion en compresse ou la teinture en externe sur des plaies pour les assainir, sur des brûlures ou des piqûres d'insectes pour les soulager. Ajoutée à toute préparation médicinale, la lavande apporte son côté antiseptique et vulnéraire. Ainsi, j'aime bien l'intégrer en teinture à ma lotion après-rasage qui contient principalement de la teinture de consoude, très émolliente et cicatrisante, mais peu antiseptique.

Je prépare une huile de lavande en laissant macérer pendant 2 semaines, dans un endroit chaud, un contenant rempli de boutons et de fleurs de lavande que je couvre d'huile d'olive biologique. Je l'ajoute à différentes recettes d'huiles à massage. J'ajoute souvent quelques gouttes d'huile essentielle de lavande à mes pommades afin d'y apporter un effet antiseptique et un parfum plus agréable.

Pour les boutons d'acné, on recommande d'appliquer une goutte d'huile essentielle directement sur les zones affectées. Pour soulager les maux de tête et prédisposer au sommeil, on en frotte quelques gouttes sur les tempes. L'huile essentielle sert aussi de traitement naturel contre les poux.

Pour les enfants agités et même pour les adultes, un sachet de boutons de lavande mis sous l'oreiller apaise et favorise le sommeil. L'herboriste Danièle Laberge résume ainsi les avantages de cette stratégie : « On crée des petits coussins remplis de fleurs de lavande pour vivifier la chambre des malades, contrer l'insomnie débilitante et détendre les personnes angoissées. Quelques gouttes de son huile essentielle sur une taie d'oreiller et le tour est joué. »

Il est toujours agréable d'écraser dans sa main quelques boutons de lavande qu'on garde à la portée pour en respirer les effluves.

Précautions

En trop grandes doses, la lavande pourrait provoquer de l'hypotension. Il faut s'assurer d'utiliser l'huile essentielle de lavande Lavandula angustifolia ou Lavandula officinalis, car il existe d'autres lavandes qui ont des propriétés médicinales, à la fois semblables et différentes. Il ne faut surtout pas les interchanger sans être renseigné. L'huile essentielle de Lavandula angustifolia  ne convient pas aux hypotendus. Elle est déconseillée durant la grossesse et l'allaitement.

La Bulgarie, premier producteur mondial de lavande

Le marché mondial du lavandin, de la lavande

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Bibliographie :

  • FONTAINE, Johanne, LALONDE Catherine et O'REILLY, Moïra. Interactions, plantes médicinales et médicaments. L'Herbothèque inc. 2017
  • GAGNON, Caroline et LANCTOT-BÉDARD Valérie (2008). Materia medica pour sorcières et sorciers avertis…, Flora medicina.
  • LACASSE, Odette (1994) Plantes médicinales et aromatiques de nos jardins. Éditions Broquet.
  • MICHAUD, Lili. Les fines herbes de la terre à la table. Éditions Multimondes. 2015
  • PROVOST, Marie et JUTRAS, Marie. Compendium, Clef des Champs.
  • PROVOST, Marie. Notes de cours de l'École buissonnière. Cahier XIV, Toniques nerveux. Val-David 1998.
  • SCHILLING, Astrid. Je me soigne avec les huiles essentielles : les acheter, les mélanger et les utiliser. Les Éditions de l’Homme.2011
  • SCHNEIDER, Anny et LABERGE, Danièle. Ces fleurs qui soignent. Les éditions Publistar 2007.

En cette dernière édition de Covivia, j'aimerais vous dire le plaisir que j'ai eu à partager avec vous chers lecteurs et chères lectrices mes connaissances et mes recherches sur les plantes médicinales. Je veux vous remercier de m'avoir suivie et encouragée à poursuivre ce travail de vulgarisation de mois en mois depuis quatre années. Voici le temps de vous faire mes adieux...à moins que vous ne veniez me rencontrer dans mes jardins de simples au cours de l'été!

Pour ceux et celles qui voudraient continuer de me lire, je vous annonce qu'avec la collaboration de mon éditeur préféré, mon conjoint Yves Gagnon, je travaille à la rédaction d'un livre sur les plantes médicinales. Le livre sera publié chez Colloïdales ce printemps. Il portera le titre 40 Plantes médicinales pour la pharmacie familiale.

Je vous rappelle que j'offre chaque année trois ateliers sur la culture, la récolte et la transformation des plantes médicinales. Ce serait une belle occasion pour poursuivre nos échanges sur un sujet vaste et rempli de potentiel guérisseur.

À la prochaine et encore une fois, merci de m'avoir suivie durant ces années.

Diane Mackay

Diane Mackay

Thématiques : Herboristerie


Suggestions de lectures
      


Sur la toile
      

Des conseils pour cuisiner sept variétés de courge

C'est la saison des courges. Comment les cuisiner et les agrémenter ? On en parle avec le chef Yannick Ouellet. - Radio-Canada

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Des légumes biologiques au CHU Ste-Justine

Le Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine fait un grand pas vers une offre alimentaire plus saine pour ses patients, ses visiteurs et les membres de son personnel. Délipapilles, le service alimentaire du CHU, s'approvisionne dès cet été avec des légumes biologiques locaux pour la préparation de ses repas. 

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Entrevue avec Pierre Haddad: Pharmacopée boréale

La place des plantes médicinales dans les médecines traditionnelles et conventionnelles: entrevue avec Pierre Haddad, professeur titulaire au Département de pharmacologie de la Faculté de médecine de l'Université de Montréal 

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Des plantes pour soigner le diabète

Le thé du Labrador et les cônes d'épinettes sont les plantes du Nord du Québec les plus aptes à réguler le transport du sucre dans les parois intestinales. Une bonne nouvelle pour les Cris, dont 20 à 30% de la population souffre de diabète.

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Lancement de l'APSAV

Bienvenue sur le site officiel de l’APSAV! Nous sommes une nouvelle association de professionnels de la santé faisant la promotion de l’alimentation végétale.

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Médecine traditionnelle chinoise, acupuncture, homéopathie et Qi Qong

L'approche globale de la médecine traditionnelle chinoise et de l'homéopathie permet d’intégrer les différents niveaux de fonctionnement et de présence de l'être, en mettant en correspondance plusieurs plans de conscience et en reliant les symptômes les plus manifestés aux énergies les plus subtiles. Le visible est le reflet de l'invisible. Envisager l'humain comme un tout en résonance avec l'Univers permet une action thérapeutique holistique intégrative.

Michel ODOUL est fondateur de l’Institut Français de Shiatsu et auteur de nombreux ouvrages comme « Dis moi où tu as mal, je te dirai pourquoi » et « Un corps pour me soigner, une âme pour me guérir ».

Le Dr Jean-François CLUDY est praticien de médecine traditionnelle chinoise, d'homéopathie et de Qi Gong, et enseignant de diététique énergétique chinoise.

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La lumière bleue de nuit liée à des taux deux fois plus élevés de cancers

Entrevue avec Martin Aubé, astrophysicien- Les Éclaireurs, Radio-Canada

Une nouvelle statistique révélée dans une étude en Espagne révèle qu'il y a deux fois plus de cancers du sein et de la prostate chez les résidents exposés à la lumière bleue des lampadaires devant leur maison

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Le brocoli aide à guérir les intestins perméables

Le brocoli est réputé pour ses propriétés chimioprotectrices. Une nouvelle recherche montre que ce légume crucifère peut également être très efficace dans le traitement de la colite et de la perméabilité intestinale.
Dr. Mercola

[ Source ]


Danser pour se soigner

Les danseurs le savent d’expérience, depuis des lunes; la science le dit maintenant aussi: la danse favorise la socialisation, le dialogue, la gestion des émotions et le développement de l’empathie.
Catherine Lalonde - Le Devoir 

[ Source ]


Soil

Our soils support 95 percent of all food production, and by 2060, our soils will be asked to give us as much food as we have consumed in the last 500 years. They filter our water. They are one of our most cost-effective reservoirs for sequestering carbon. They are our foundation for biodiversity. And they are vibrantly alive, teeming with 10,000 pounds of biological life in every acre. Yet in the last 150 years, we’ve lost half of the basic building block that makes soil productive. The societal and environmental costs of soil loss and degradation in the United States alone are now estimated to be as high as $85 billion every single year. Like any relationship, our living soil needs our tenderness. It’s time we changed everything we thought we knew about soil. Let’s make this the century of living soil. This 60-minute documentary features innovative farmers and soil health experts from throughout the U.S. Accompanying lesson plans for college and high school students will can also be found on this site. "Living Soil" was directed by Chelsea Myers and Tiny Attic Productions based in Columbia, Missouri, and produced by the Soil Health Institute through the generous support of The Samuel Roberts Noble Foundation.

[ Source ]


Propaganda: la fabrique du consentement

Les techniques de persuasion de masse sont nées à la fin du XIXe siècle, mais c'est au moment de la première guerre mondiale que les Etats-Unis s’approprient les outils de propagande. Ils vont créer l'une des industries les plus florissantes de notre époque : les relations publiques.

[ Source ]


James Duke, 88, Globe-Trotting Authority on Healing Plants, Is Dead

The life-changing experience for James A. Duke came as he roamed the lush jungles of Panama in the mid-1960s, munching on the plants indigenous peoples used for food and medicine and learning firsthand about them.
John Motika - The NewYork Times

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Volume 14, numéro 10 — Mercredi, 12 décembre 2018
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