TroisTriangles
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CentreDentaire

Volume 13, numéro 5 — Mercredi, 8 mars 2017

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Marches de grange enneigées

Photo : Danièle Laberge
Marches de grange enneigées



Femme, étoile et communication
    

Bonjour,

Je suis contente de vous présenter Marie-Claude Rodrigue dans ce portrait rédigé par Clôde de Guise. J’ai bénéficié de l’enseignement de celle-ci pendant quelques années dans les cours de Qi Gong qu’elle offre à Fragments libres. Je ressens encore de la gratitude pour la transmission que j’y ai reçue. Marie-Claude Rodrigue est aussi une exploratrice et une guide du territoire féminin. La synchronicité bienheureuse a fait en sorte que cet inspiraant portrait soit publié en cette journée de célébration des femmes.

Yves Gagnon publie dans nos pages un safari-photo au Mont St-Joseph. Il s’y est rapproché des étoiles pour mieux les observer. On retrouve au sommet de cette montagne une chapelle qui y a été érigée par les colons sous les directives de l’abbé du village au 19e siècle. J’ai visité ce lieu il y a une dizaine d’années. Je ne m’attendais pas à y trouver une telle qualité énergétique. J’ai été touché par la vibration sur son sommet. À mon retour de cette excursion, j’avais conversé à ce sujet avec l’hôte qui nous hébergeait. Malheureusement, j’ai oublié son nom. Il m’avait expliqué qu’avant que les Blancs n’y installent une croix puis une chapelle, c’était un lieu sacré des amérindiens présents dans la région. Cela confirmait mon ressenti. Je suis contente que Yves attire notre attention sur ce lieu majestueux.

Marcher pieds nus est un des conseils de santé que Jean-Yves Dionne nous donne dans ce numéro. Le contact avec la terre est guérissant. Simple et à la portée de tous ! Danièle Laberge nous rappelle sur la photo du sommaire que l’hiver est toujours « fret et blanc » et aussi sobre et magnifique. Les photos de Jacqueline Martin illustrent que la compagnie est à tous les âges de notre vie une fontaine de bonheur. Elle met en scène deux personnes en relation ce qui est le propos de mon essai. J’ai rédigé un texte sur l’art de l’écoute auquel je m’exerce. La cible est le centre. J’en suis toujours à la périphérie. Cependant la persévérance me mènera tôt ou tard au cœur.

Bonne lecture,

Renée Demers
reneedemers@covivia.com

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Thématiques : Amérindien, Communication, Géobiologie, Tourisme vert



Écouter
    

Renée Demers

Écouter

Écouter est un art auquel je m’exerce. Durant longtemps, j’avais l’habitude d’accorder de l’attention aux pensées qui montaient dans ma tête quand une personne me parlait. Des remémorations, des approbations et des dissensions se manifestaient dans mon esprit et je n’attendais que le moment où mon interlocuteur reprendrait son souffle pour les dire. Je préparais intérieurement ma réponse pendant que l’autre conversait. Mes préjugés et mes aprioris faussaient mon entente. Dans mon fors intérieur, je cultivais une propension à tout ramener à moi. Ces tendances s'amenuisent tranquillement.

Je participe depuis quelques décennies à des cerces dans lesquels nous utilisons un bâton de parole et un bol de silence pour harmoniser les échanges. Ces outils aident à installer de nouvelles habitudes dans les discussions. Le bâton accorde le droit de parole à celui qui le tient jusqu'à ce qu'il le repose au centre. Le bol impose le silence. Quand un participant a besoin d’une pause pour intégrer une information, comprendre un état intérieur soulevé par une intervention, ou pour savourer un moment de grâce, il prend le bol dans ses mains. Tous respectent cette demande jusqu’à ce que le détenteur le remette au centre.

L’utilisation de ces objets de pouvoir m’a initiée à un art de la parole profond et détendu. J’apprécie de plus en plus ces partages. Ils apportent un climat de paix. Ils ralentissent le tempo qui parfois s’emballe dans des conversations de groupe. Ils donnent le temps de réfléchir. Ils permettent à chacun de connaître l’autre, d’apprivoiser la différence et de s’en enrichir. La bienveillance et l’empathie moins familière que l’opposition pour une majorité d’entre nous peuvent se déployer.


Photo : Jacqueline Martin 
- On a décroché le soleil

À force de me prêter à cette nouvelle façon d’être en relation, je reconnais les bienfaits de l’écoute. J’entends avec ma tête et aussi avec mon cœur. Dans un dialogue, mon intellect sépare les éléments. Je nous considère nous les personnes qui y participent comme deux entités. De même, j’isole les faits de leur contexte, je les relis à des expériences antérieures similaires et j’extrapole des tendances futures. Cette efficace capacité d’analyse est propre à l’intellect. Mon cœur quant à lui, a le goût d'accueillir et de s'unir. Il est bienveillant et empathique. Maintenant quand quelqu’un me parle, je me sers de ces deux facultés. J’écoute avec ma tête en réfléchissant et avec mon cœur en aimant. Je fais preuve de curiosité à l'égard du prochain. De plus, je m’efforce de m’enlever du chemin et de freiner un besoin d'attention archaïque. Je suis présente à l’autre, à sa spécificité, sans essayer de chercher dans ses propos des justifications égoïstiques. Je m’y exerce. Je n’y arrive pas à la perfection. La tendance est là et elle prend racine. Je suis tellement plus nourrie dans ce type d'interaction. Ce bienfait me pousse à persévérer et ma qualité d'écoute s'améliore. Mes relations aussi.

Cette pratique implique de ne pas interrompre celui que j'écoute. J’attends qu’il ait terminé. Je fais le silence en moi pendant qu'il parle. Des pensées spontanées circulent dans mon mental sans que je m'y accroche. Je consacre mon attention à l’autre et à notre communication. Je l’écoute jusqu’au bout. J’essaie de comprendre son point de vue. Je ne prépare pas ma réponse pendant qu’il s'exprime. Je me laisse féconder par ses propos. Je suis ouverte à son unicité. Je reçois. Je ne me sens pas annihilée ou agressée. Quand vient mon tour de parole, je suis libre. Je peux répondre en apportant un éclairage différent, nuancer mon point de vue, changer d'avis ou me taire. Je me permets de m’exprimer telle que je suis réellement, avec transparence. J'essaie. Cela est parfois difficile de ne pas me censurer d’emblée. Je rencontre alors mes peurs du rejet et du ridicule. J’observe. Je ne me pousse pas. Je respecte ma pudeur. Je suis responsable de mes émotions et je les contiens. L’attitude bienveillante se manifeste aussi à mon égard. Je suis patiente avec moi et avec l’autre. Nous sommes en chemin.

Cette façon d’être à l’écoute enrichit le dialogue. Parfois, la chair de poule apparaît tant la communion est touchante. Un ange passe… disait-on autrefois dans ces moments de silence plein d’une invisible communication.


Photo : Jacqueline Martin - Petite partie de cartes entre copine dans la ruelle

Étant grand-mère, j'ai la chance d'interagir avec des enfants dans l'intimité. J’aime être à l’écoute du bambin de la même manière. Présente, je me penche physiquement et mentalement à son niveau. À demi agenouillée, j’écoute sa parole simple et vivante. Je lui accorde de l’attention. En contrepartie, il verse dans mes oreilles la fraîcheur de la découverte du monde et la vitalité trépidante de sa jeunesse. La coupe qu’il m’offre dans sa cuisine miniature au cours d’un dîner fictif devient « un verre de parent ». Sa poésie explose dans mon entendement et elle pose sur mon visage un sourire ensoleillé. Je perçois la reconnaissance dans ses yeux de la considération que je lui donne. Il est heureux et participatif. Je suis comblée et rajeunie.

J’apprends et je suis régénérée par ce type d'écoute. Car ce que l’autre partage parle de lui et de réalités qui me sont parfois inconnues. En même temps, ses mots dévoilent en moi des territoires inexplorés ou oubliés. J’agrandis mon univers en adoptant sa vision, en me mettant dans ses souliers. Je perçois concrètement comment nous sommes les facettes d’un cristal . Nous sommes à la fois complémentaires et  intimement reliés. Comme les cellules de notre corps, comme les éléments d’un écosystème, les membres d’une communauté participent au monde à partir de leur angle unique, interagissent entre eux, s’influencent, se complètent et créent ensemble un univers commun.

Bonne écoute,

Renée Demers
reneedemers@covivia.com

Thématiques : Communication, Société


Ressources
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On est aux oiseaux en Tanzanie

Site web : www.coupsdecoeurvoyages.com


Formation en channeling

Site web : carolinecoulombe.com


Semences du Portage

Site web : semencesduportage.com - Courriel : info@semencesduportage.com



Plus près des étoiles
    

Champs libres

Plus près des étoiles

Benoit avait réservé le camp rustique Spica, du nom de l'étoile la plus brillante de la constellation Vierge. Distante de 260 années-lumière de la Terre, d'un diamètre quatre fois celui du soleil, l'astre génère une luminosité 1 500 fois plus forte que notre étoile.

Construit à 680 m d'altitude et à 1,4 km de l'accueil Sud auquel on accède par le magnifique village de Notre-Dame-des-Bois, le camp rustique qui surplombe une vallée profonde au creux de laquelle cavalcade un ruisseau gorgé par les eaux de fonte précoce offre un point de vue imprenable sur le mont Notre-Dame (905 m) en face.


Photo : Benoît Michaud

Les prévisions météorologiques annonçaient un ciel voilé et de la pluie à partir de la mi-journée le lendemain, ce qui n'augurait rien de bon pour l'observation du ciel et notre journée de randonnée. Mais pour le moment le ciel est dégagé. Nous avions pris la décision de laisser nos skis à la maison et d'opter pour les raquettes qui permettent de circuler sur des sentiers escarpés en toutes conditions.

Une fois les bagages défaits, nous profitons du temps ensoleillé pour nous rendre au premier belvédère aménagé sur le sentier qui mène au mont Saint-Joseph (1 065 m). À peine deux kilomètres de marche qui nous permettent d'apprivoiser les conditions de neige fondante et durcie et de prendre connaissance de la morphologie de ce massif circulaire de huit kilomètres de diamètre composé de huit sommets. Formation montagneuse la plus orientale des 10 Montérégiennes, le massif du Mont-Mégantic qui compte 125 millions d'années d'âge s'est formé, tout comme ses consoeurs, par l'intrusion dans la croûte terrestre de magma qui s'est refroidi avant son éruption.

C'est sur le sommet le plus élevé du massif, le Mont-Mégantic (1 105 m), que fut érigé de 1976 à 1978 l'observatoire du Mont-Mégantic. Celui-ci abrite un télescope équipé d'un miroir de 1,6 m, le quatrième en importance au Canada et, grâce à la noirceur du ciel nocturne, le plus performant de l'est de l'Amérique. C'est un projet de lutte contre la pollution lumineuse initié en 2003 qui a conduit à l'adoption d'une réglementation sur l'éclairage par la MRC du Granit. Celle-ci a entrainé le remplacement de plus de 3 300 luminaires. Il en résulta des économies d'énergie de près de 2 gigawattheures ainsi qu'une réduction du tiers de la pollution lumineuse ce qui mena, en 2007, à la création de la première réserve internationale du ciel étoilé, une grande fierté pour la région.


Photo : Benoit Michaud

Du belvédère, nous découvrons au loin, sous un ciel crépusculaire, la chaine des Appalaches dont font partie les montagnes blanches du New Hampshire et du Maine, née du plissement des plaques tectoniques et vieille de 400 millions d'années. Avec les lueurs du couchant, le spectacle nous grise. Nous prenons la décision de poursuivre le lendemain sur ce même sentier et de gravir le mont Saint-Joseph.

Après un copieux souper, muni d'un cherche-étoiles, nous explorons le ciel à partir du chemin de service afin d'identifier quelques-uns de ses constituants lumineux. Peu féru en astronomie, j'ai la chance d'être accompagné par Benoit et Tom, plus connaissants des astres célestes. Une fois la constellation de la Grande Ourse identifiée, nous repérons l'étoile Polaire et la Petite Ourse, puis nous localisons sur l'ouest la constellation Orion qui se distingue par 4 étoiles brillantes formant un rectangle caractéristique. Ce sont Rigel, Saïph, Bételgeuse et Bellatrix. Il est facile d'identifier les deux plus lumineuses : Rigel de couleur bleutée se trouve au coin sud-est du rectangle et Bételgeuse, plutôt rougeâtre, en son coin nord-ouest. Au sein du rectangle, on observe un alignement de trois étoiles, nommé les rois mages. Au cœur de la constellation, on pouvait discerner la nébuleuse d'Orion, aussi nommée M 42.

Nous avons aussi pu observer la couronne boréale caractérisée par une forme en arc de cercle, mais n'avons pu, à cause des arbres, jouir d'Andromède, une galaxie voisine de la nôtre, à seulement 2,3 millions d'années-lumière. On affirme parfois que l'arbre cache la forêt. Dans notre cas, la forêt cachait Andromède.

Le lendemain, après un petit-déjeuner composé de crêpes et de fruits frais, nous grimpons le mont Saint-Joseph, Benoit toujours devant, Tom au milieu et moi qui ahane derrière. La montée abrupte ne me laisse aucun répit et, afin de ne pas trop exposer ma piètre forme physique, j'évoque comme alibi ce reportage photo qui me permet de reprendre périodiquement mon souffle.

Nous atteignons le sommet sous un magnifique ciel dégagé au point que nous prenons un bain de soleil, moulé dans des chaises Adirondacks, orientées plein sud de façon à capter le point de vue remarquable qui s'offre à nous : au premier plan, la plaine au cœur de laquelle trône le pittoresque village de Notre-Dame-des-Bois derrière lequel se profile les montagnes frontalières du sud du Québec et en arrière plan, les montagnes blanches qui s'étendent à perte de vue.

Après un lunch pris au chaud dans le refuge des Pélerins, nous empruntons la promenade boréale qui épouse les crêtes jusqu'à un dernier belvédère d'où nous contemplons le mont Victoria devant, les montagnes de Franceville en farandole derrière, et du côté ouest, le mont Mégantic au sommet duquel scintille l'observatoire.

Quel bonheur ce fut de constater que les prévisions météorologiques sont parfois erronées! Le ciel n'a commencé à déverser ses eaux que le lendemain, alors que nous atteignons le stationnement ce qui nous fit nous dire… que nous étions nés sous une bonne étoile.

Yves Gagnon
Les Jardins du Grand-Portage

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Bibliographie

Le parc national du Mont-Mégantic. De la terre aux étoiles. Giguère, Sébastien. Muséologie in situ inc. 2012.

Le parc national du Mont-Mégantic offre différentes formules d'hébergement : chalets, camps rustiques, camps prospecteurs, refuges et sites de camping.

www.sepaq.com/pq/mme/

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Yves Gagnon lance son tout nouveau spectacle Rutabaga Rumba à Québec au Tam-Tam café le vendredi 24 mars à 20 h

Rutabaga

Thématiques : Tourisme vert



Posture: la base
    

JeanYvesDionne

Posture: la base

Faire de l’activité physique est à la mode. On entend beaucoup parler d’exercices pour renforcer le centre (core), les abdominaux, les muscles des bras, du « chest » (pectoraux), des jambes et du dos. Cependant, on oublie trop souvent une partie du corps qui est essentielle pour conserver une bonne posture et prévenir les blessures et les chutes: le pied.

On peut voir, chez certaines personnes, une démarche rigide comme si, au bout des jambes, les pieds étaient barrés, fixes. Cette démarche n’est pas naturelle. Elle affecte la posture et entraine toutes sortes de complications. Pourtant, le pied comprend plusieurs articulations et structures musculotendineuses flexibles qui devraient s’adapter au terrain, à la posture, à la charge, etc.

Dialogue pédestre

Patrick McKeon, du Collège Ithaca, NY, explique que les petites structures intrinsèques du pied sont en communication avec les grandes structures extrinsèques du pied et de la jambe et transmettent de l’information au cerveau. Ainsi, lorsqu’on marche pieds nus, les petites structures des pieds sont très stimulées et communiquent continuellement avec le reste du corps. Par contre, quand on place une semelle ferme entre le pied et le sol, on inhibe les réflexes nécessaires à la posture et le dialogue entre l’architecture du pied, les muscles de la jambe, ceux du dos, etc. Le corps reçoit moins d’information et perd l’habitude de s’adapter. Certaines personnes ayant porté des souliers rigides ou trop petits (victimes de la mode) en viennent à avoir un pied qui n’obéit plus, qui a perdu sa flexibilité. Il s’ensuit des pertes d’équilibre, des problèmes de posture et des blessures.

Chaussures et posture

Les chaussures ont bien sûr leur utilité. Elles servent à nous protéger contre les différents agresseurs: les cailloux, les éclats de verre, le froid, etc. Il n’est cependant pas nécessaire d’en porter tout le temps. Le fait de marcher pieds nus tonifie la musculature et renforce l’architecture du pied. Ainsi, les réflexes reviennent et la posture s’améliore.

Le professeur Patrick McKeon propose des exercices pour renforcer le pied, comme contracter la plante du pied, ramasser une serviette avec les orteils, et surtout, marcher pieds nus le plus souvent possible, dans la maison ou dans un environnement sécuritaire.

La redécouverte de la fonction des pieds peut aider à prévenir plusieurs types de blessures comme les fasciites plantaires (inflammations très douloureuses des tendons de la voute plantaire) et les périostites tibiales (douleurs le long du tibia consécutives à des chocs répétés, comme le jogging). De plus, redécouvrir ses pieds permet d’améliorer sa posture et de retrouver un contact intime avec l’environnement, comme je le mentionnais dans l’article « Êtes-vous en manque de paléo »

Bref, chaque fois que c’est possible, promenez vous pieds nus. Bonne redécouverte de vos pieds!

Santé !

Jean-Yves Dionne

Référence:

Thématiques : Santé



Portrait: Marie Claude Rodrigue
    

Portrait

Marie-Claude Rodrigue: du yang au yin – le Qi Gong de l’âme

Marie-Claude Rodrigue a un parcours de vie fascinant – du patinage artistique, à la danse au sein de la troupe O’vertigo de Ginette Laurin pour finalement se consacrer au Qi Gong. Le Qi Gong est un art millénaire issu de la médecine traditionnelle chinoise. C’est un travail d’écoute du corps doux et lent (gong) au service de l’énergie vitale (Qi) qui circule partout en nous.

Elle a fondé en 2003, dans le quartier Mile-End de Montréal, Fragments Libres, une école de Qi Gong. Son approche est basée sur l’autoguérison physique, émotionnelle et mentale.

Depuis 2005, elle dirige parallèlement des ateliers de Qi Gong féminin s’appuyant sur des rituels et des pratiques puisées dans les traditions taoïstes, chamaniques et amérindiennes.

Territoires féminins
Photo : spectacle solo Territoires féminins

De l’énergie à revendre

Marie-Claude est originaire de la Beauce et vient d’un milieu modeste. Sa mère était une patineuse qui lui a transmis l’amour du patinage artistique. De 8 à 18 ans, elle est passionnée pour cette discipline à la fois sportive et artistique. Sa mère créait ses chorégraphies et ses costumes. Sans jamais avoir eu d’entraîneur professionnel, elle a participé à de nombreuses compétitions et s’est méritée la médaille d’argent aux Jeux du Québec en 1978. Elle négociait bien avec la pression et carburait à l’adrénaline.

Mais cette activité est coûteuse. Le manque de moyens financiers pour gravir les hautes sphères de cette discipline artistique a eu raison d’elle. Un bon midi à la table familiale, elle déclare  sans ambage : « J’accroche mes patins, je vais me tourner vers une discipline où je n’aurai pas besoin de costumes, de paillettes et de patins de fantaisie coûteux ni de dépenser pour des heures de glace. S’il le faut, j’irai danser pieds nus dans la nature ». C’est ainsi qu’elle mit un terme au patinage artistique pour se tourner vers la danse non sans relever un défi initial de taille, celui d’être admise au module de danse de l’UQAM.

Territoires féminins
Photo : spectacle solo Territoires féminins

Une volonté à toute épreuve

Parce que son profil de patineuse ne correspond pas à celui d’une danseuse, elle essuie un refus. Marie-Claude ne se laisse pas intimider. Elle se pointe, sans être invitée, aux auditions d’admission. « J’ai pris toute seule l’autobus pour Montréal. C’était une grosse affaire pour la fille de campagne que j’étais. L’Agora de la danse, rue Sherbrooke, était un édifice impressionnant. Une soixantaine de danseurs faisaient leurs exercices de réchauffement. Moi, je portais un de mes costumes de patinage et j’ai attendu que tout le monde auditionne, pour alors demander avec insistance : pouvez-vous me regarder danser. Finalement, le jury a accepté. Je me suis élancée corps et âme dans une improvisation enflammée qui s’est terminée sous la table de ces derniers. Ils ont dû se pencher pour voir la finale de ma chorégraphie. » À la fin de l’été, l’audace de Marie-Claude est récompensée, elle est admise au baccalauréat en danse. Une joie mêlée de peur l’envahit. C’est un changement de vie bouleversant. Elle quitte son village natal et s’installe dans la grande ville.

La danse dans la peau

Territoires féminins
Photo : spectacle solo Territoires féminins

Son grand défi est de transformer son corps athlétique de patineuse en un corps plus souple de danseuse. Elle n’aura jamais le corps de la danseuse de ballet, elle le sait. C’est la danse moderne qui l’interpelle. Cette forme d’expression stimule sa créativité.

Juste avant de terminer son baccalauréat, elle bifurque et poursuit ses études à LADMMI, l’école de danse contemporaine la plus prestigieuse à l’époque, dirigée par Linda Rabin et Candace Loubert. Pendant deux années, elle travaille avec des grands chorégraphes comme Lucie Grégoire, Daniel Léveillé et Isabelle Van Grimm de Belgique. « J’étais très stimulée par le processus de création. C’était le paradis pour moi. Nous avions des professeurs passionnés et exigeants. Nous étions une vingtaine au départ, et seulement huit personnes ont terminé. Et, de ce nombre, il y avait quatre chorégraphes danseurs dont j’étais », raconte Marie-Claude

Cette dernière, vous l’aurez compris, est une battante qui n’hésite pas à relever les défis. Entre les cours, elle enseigne la danse, fait des petits boulots, dort peu. Elle a la danse dans la peau.

Au terme de ces deux années, elle bénéficie d’une bourse de perfectionnement d’un an et choisit d’apprendre le flamenco à Madrid. Au bout de six mois, elle quitte l’Espagne pour tenter sa chance à Paris. Elle rencontre des chorégraphes, se prête au jeu des auditions dans l’espoir de se joindre à une troupe mais sans succès.

Au même moment, la troupe de danse de Ginette Laurin, O’vertigo, est en tournée en France. Elle revoit des danseurs qui étaient ses professeurs à LADMMI et tous l’encourage à passer une audition chez O’vertigo.

Ce n’est qu’avec l’assurance de faire partie des apprentis, qu’elle revient au Québec. Elle gravit rapidement les échelons et fait carrière, pendant 13 ans, au sein de la troupe de Ginette Laurin.

« Ginette est une femme généreuse qui donne de la place à ses danseurs et danseuses. Elle nous permettait d’être nous-mêmes en toute liberté. Elle a été la pionnière de la danse en duo. J’ai aimé danser avec des partenaires. Le couple pouvait être avec un homme ou une femme. Ce furent des années formidables. J’ai expérimenté ma vulnérabilité. Je danse à l’instinct et le trac me propulse », précise Marie-Claude.

Explorer le yin

Territoires féminins
Photo : spectacle solo Territoires féminins

Celle-ci n’hésite pas à reconnaître que jusqu’à la fin de sa trentaine, elle s’est épanouie selon le principe yang de son énergie. Elle était dans la discipline, la performance physique, la volonté, la carrière, etc.

Marie-Claude, qui a fait des tournées mondiales, qui a été acclamée par le public et qui a repoussé les limites de son corps, ressentait le besoin d’explorer la thérapie par le mouvement pour améliorer la connexion au ressenti. Ainsi parallèlement, à son travail avec O’vertigo, elle complète, en 2001, une certification en Gyrotonic et Gyrokinésis qui est une approche holistique du mouvement. Elle étudie le Qi Gong auprès du maître Yves Réquéna de l’Institut Européen de Qi Gong, l’acupression (Jin Shin Do) et le massage des organes (Chi Nei Tsang). En 2004, elle devient instructrice certifiée du Universal Tao System créé par maître Mantak Chia, un maître spirituel taoïste et une sommité du Qi Gong.

À l’aube de ses 40 ans, cette chercheuse infatigable, qui n’a pas eu d’enfant, mûrit une profonde réflexion sur les femmes de sa lignée. Elle raconte : « De mes arrières grands-mères, à ma mère et à mes tantes, toutes se sont réalisées à travers la maternité et le rôle de femme au foyer qu’elles ont accompli au meilleur de leurs connaissances. Ma mère est presque morte à chacun de ses accouchements. Cela m’a foutu une peur viscérale de l’accouchement ». Elle poursuit : « Je sentais intuitivement que comme descendante, j’avais une autre mission, celle de réaliser, canaliser, manifester les dons, les talents et les rêves qui étaient restés au stade embryonnaire chez mes ancêtres. J’ai canalisé mon instinct maternel par l’enseignement dès un très jeune âge. Enseigner c’est soutenir, accompagner, donner des outils, nourrir, aider à grandir. C’est un rôle d’empathie, d’écoute et de connexion intime avec l’autre. J’ai enseigné dès l’âge de 9 ans à de jeunes patineurs, par la suite à de jeunes danseurs et je continue de le faire à travers l’enseignement du Qi Gong. »

Ce retour du balancier vers le principe féminin dans sa vie, le yin, a donné naissance à une création solo en danse. « Ce spectacle intitulé, Territoires féminins, illustre le parcours d’une femme vers la nature de ses pouvoirs féminins, sa sexualité sacrée, son pouvoir spirituel, ses visions, son intuition, sa connexion au cosmos et à la nature afin de laisser mourir de vieux conditionnements limitatifs et renaître à soi-même », précise avec enthousiasme Marie-Claude.

Depuis 2005, elle dirige des ateliers de Qi Gong au féminin. « La pratique que j’ai développée inclut plusieurs formes de rituels aidant les femmes à libérer leur sexualité des transmissions transgénérationnelles (blessures, abus, tabous, secrets, hontes, dénis, etc.). Les femmes sont amenées à travers ces pratiques et rituels à valoriser et honorer leurs caractéristiques féminines, leur pouvoir Yin, leur vision féminine pour leur vie, pour celle de leurs filles et celle de la planète. Elles sont guidées pour apprendre à écouter leurs intuitions, à respecter leurs limites, prendre soin d’elles avec douceur et lenteur ».

Territoires féminins
Photo : spectacle solo Territoires féminins

Marie-Claude explore toutes les zones d’ombres qui ont marqué l’histoire des femmes ; pour guérir et transformer les peurs, les colères, les ressentiments, les tristesses qui sont enfouis dans l’Utérus. Elle souhaite poursuivre cette démarche en accumulant plus d’expériences et en développant des outils pour soutenir et accompagner les femmes en périménopause, ménopause et post-ménopause dans les cercles de Qi Gong féminin.

Elle caresse le rêve d’offrir l’opportunité à tous les élèves de son école, Fragments Libres, de vivre l’expérience du Qi Gong en pleine nature sur un site inspirant et ressourçant à la campagne.

« Pour guérir de nos blessures, cela nous prendrait une épidémie du bonheur », conclut Marie-Claude en riant.

Clôde de GuisePour en savoir plus : www.fragmentslibres.com

Clôde de Guise
coupsdecoeurvoyages.com

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Thématiques : Danse, Femme, Portraits, Qi Gong



Suggestions de lectures
    
[sans texte]



Sur la toile
    

Réinventer le baptème

Olivia Lévy ET Isabelle Audet- La Presse

Votre enfant vient au monde, vous souhaitez organiser une petite cérémonie, nommer un parrain et une marraine sans que ce soit catholique? En France, il est possible de le faire avec le baptême civil, qui connaît un engouement croissant. Au Québec, on a envie de célébrer la naissance de nos enfants, mais tout est à réinventer.

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Réflexologie des mains

Dans une salle d'attente, dans les transports, devant la télévision, durant votre pause déjeuner... : Donnez-vous un moment de détente et de relaxation, grâce à la réflexologie des mains en auto-massage. Découvrez les points "réflexes" pour alléger vos tensions et lutter contre l'anxiété.

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Un monastère pas austère- Le bon Dieu sans confession

Les sœurs Augustines, aujourd’hui retraitées, assurent une présence discrète mais un legs immense au sein de l’hôtellerie de Québec, dont elles sont les marraines spirituelles.
Josée Blanchette, Le Devoir. - Photo: Renaud Philippe Le Devoir

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Planère Alu

Documentaire de Bert Ehgartner (Allemagne/Autriche – 2013 – 1h29)

Souple et inoxydable, il emballe par ses propriétés physiques mais fait peser des risques sur notre santé et l’environnement. Le point sur l’aluminium à travers une enquête implacable et un débat.

Plongée dans le cycle infernal de l’aluminium, des ravages causés par l’extraction de la bauxite aux résidus que les sels et dérivés de ce métal laissent dans notre corps. Les propriétés de l’aluminium – malléable, léger, inoxydable – en font un métal fascinant, précieux dans le secteur de l’architecture. Mais son utilisation dans les emballages, en chimie alimentaire, dans les produits de cosmétique et la pharmacopée pose problème. 

Des études ont prouvé que l’aluminium, ses composants, ses sels ou ses dérivés favorisaient l’apparition du cancer du sein, d’allergies, d’infections auto-immunes, voire de la maladie d’Alzheimer. Les meilleurs gisements de bauxite se trouvent sous les tropiques, en Afrique de l’Ouest, en Australie, en Inde et en Jamaïque. Mais c’est à Porto Trombetas dans le nord du Brésil que se situe l’une des mines les plus rentables au monde, aux mains d’une multinationale. Pour l’exploiter, il faut abattre chaque année l’équivalent de 250 terrains de football de forêt humide primaire, essentielle à la biodiversité. Les boues rouges liées à l’extraction sont toxiques, comme l’a montré la catastrophe écologique survenue en Hongrie en 2010."

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Des images inédites de Leonard Cohen dans un nouveau vidéoclip

Le vidéoclip de « Traveling Light », une pièce tirée de You Want It Darker, le dernier disque du chanteur montréalais, commence avec Leonard Cohen qui fume une cigarette sur un balcon et qui mentionne se sentir beaucoup « plus fort, mais qu’il est en réalité beaucoup plus faible ». - Radio-Canada avec Rolling Stone

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Volume 13, numéro 5 — Mercredi, 8 mars 2017
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