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TroisTriangles
GaiaViau
CentreDentaire

Volume 13, numéro 6 — Mercredi, 22 mars 2017



Le printemps se pointe
    

Le printemps se pointe

Bonjour tout le monde,

Le printemps est arrivé. Youpi! Quoique la rivière qui passe sous le pont sur la route où je marche quotidiennement n’ait jamais été aussi gelée et silencieuse et qu’il n’y a jamais eu autant de neige cet hiver à Sutton, les forces du renouveau sont à l’œuvre dans la nature et dans mon corps. Je le sens. L’intériorité est moins aisée. Un mouvement s’amorce qui me pousse au-dehors, vers la terre et vers la rencontre. La roue des saisons est un manège excitant. J’embarque !

Dans ce numéro, Yves Gagnon transmet son savoir-faire de jardinier bio émérite. Que serait l’été sans de délicieuses laitues fraîches et croquantes sur la table !  Diane Mackay prend soin de notre foie en nous invitant à cultiver et à consommer du chardon-Marie. Daniel Laguitton réfléchit en s'inspirant de Thomas Berry aux conditions qu'exige la transition essentielle d’une société industrielle polluante à une communauté planétaire écologique. Marie-Dominique Demers-King et Danièle Laberge nous font grâce de leurs photographies magnifiques. Sans elles, nos textes seraient lettres ternes. Ma création littéraire porte sur les deux grands courants spirituels qui ont traversé les quarante dernières années au Québec.

Je serai présente pour promouvoir Covivia à Expo manger santé et vivre vert au Palais des Congrès à Montréal cette fin de semaine les 24, 25, 26 mars soit vendredi, samedi et dimanche au stand 6. Venez m’y rencontrer ! Je donnerai aussi une conférence sur la méditation les samedi et dimanche à 14h 30 sur la scène Atelier. Yves Gagnon est aussi invité sur la scène Atelier dimanche à 13h 30 pour une conférence intitulée : Manger bio pour la différence. Vous pourrez aussi le saluer au stand de Covivia en compagnie de Diane Mackay à la suite de cette intervention. Jean-Yves Dionne informera le public sur le microbiote le vendredi à 17h ainsi que sur le soin naturel des articulations le samedi à 14h 45 sur la scène Santé. Rendez-vous sur le programme sur le site pour plus d’informations.

À la joie de vous rencontrer à Montréal,

Renée Demers
reneedemers@covivia.com



Américaine ou orientale, la spiritualité ?
    

Renée Demers

Américaine ou orientale, la spiritualité ?

Deux grandes tendances spirituelles m'influencent depuis ma jeune vingtaine.  Les visions américaine et orientale. Elles proposent des philosophies différentes de la liberté. 

La spiritualité américaine met de l’avant la volonté de réussir. Je suis libre, je peux choisir ma destinée. En terre d’Amérique, de la même façon qu’un individu peut à force d’ambition, de volonté et de travail passer du statut de fils d’ouvrier à président des États-Unis ou milliardaire, je peux être illuminée. En utilisant la prière, la pensée positive, l’assistance de Dieu, la respiration, les ondes thêta, etc., je peux créer ma vie, me guérir et être en contact avec les dieux. Les autres personnes sont accessoires et l’environnement est secondaire. Cette philosophie m’a aidée pour me sortir d’ornières psychologiques creusées dans l’infériorité, la soumission au groupe d'appartenance et l’aliénation. Cependant ce schème de pensée a ses limites. Qui suis-je pour savoir ce qui est bon pour moi ? Qu’est-ce qui est bénéfique pour mon être ? Est-ce que la satisfaction du désir est toujours le bon aiguillage ? Toute souffrance doit-elle être évitée ? Est-ce que mon intellect est le meilleur conseiller ? L’expérience m’a montré que mon mental n’aime pas le changement, qu’il a une propension à l’égoïsme ainsi qu’à perpétuer les conditionnements. Mes désirs contradictoires m’ont miroité des bonheurs éphémères toujours à renouveler. La traversée d’épreuves que j’aurais voulu m’éviter à tout prix a finalement engendré une plus grande sérénité. Le soutien des personnes de mon entourage pendant ces moments difficiles a été primordial.

Alors j’ai délaissé cette façon d’envisager la spiritualité et la liberté. J’ai conservé l’acuité de voir le bon et le beau dans une situation plutôt que de ne voir que sa difficulté. J’ai constaté la force du désir et son magnétisme. J’ai conscientisé la puissance de l'imagination, les étapes de la concrétisation et j’ai apprivoisé la persévérance.

La spiritualité indienne me propose une acceptation du karma et des conditions de vie qui se présentent à moi. Elle me promet le bonheur par l'acceptation passive et le retrait du monde. En utilisant la respiration, la méditation, le silence et l’émancipation du désir, j’arriverai à tout accepter. Je serai heureuse quoiqu’il advienne, sans hauts et sans bas. Je serai libre car sans attaches. En me fondant dans le tout, je serai en sécurité. La paix d'esprit est dans le futur. Pour l'instant, je me prive de mon individualité et du coup je ne mets pas mes talents particuliers au service de la communauté. L’acceptation sans discrimination ne me satisfait pas car parfois se protéger de l’adversité est juste et l’intervention personnelle peut engendrer un changement heureux pour soi et pour la communauté. Nord-américaine par ma culture, la force du désir m’est précieuse, l’action m’énergise et la liberté de choix est stimulante. 

Alors je me suis éloignée de cette philosophie. J’ai conservé la confiance dans la vie et ses détours. J’y ai découvert le silence et l’extase. J’ai réalisé ma reliance à plus grand que ma personne. Je me suis familiarisée avec les forces cosmiques. J’ai appris à m’observer. J’ai réalisé les bienfaits du retrait et du détachement.

Mist Wales
Photo : M.D. Demers-King

À cette époque de ma vie, je privilégie une approche différente. Quand un désir ou un malaise se manifeste, j'observe. Je protège pour quelque temps cette quête. Je laisse cette tension m’habiter. Je suis à l’écoute. Des réponses viennent sous forme de rencontres, d’inspirations, de lectures ou d’une anecdote racontée par un ami… Je suis alerte et confiante. Cette semence que je place dans mon coeur ira chercher la lumière et les nutriments dont elle a besoin pour croître. Elle restera endormie si les conditions ne sont pas propices. Je ne force pas les circonstances, non plus que je mate le désir. J’observe. Je reste pour un certain temps dans le non-agir jusqu’à ce que la clarté se lève dans mon esprit. J’aime les étapes du désir, de l'incertitude et de la gestation. J'aime même l'anxiété qui imagine le pire. La fécondation n’aura peut-être pas lieu non plus. J’accepte. Je m’exerce à cette subtile balance entre l’action et l’inaction, entre la réflexion et la méditation, présente à entendre les réponses. J’avance attentive. Je pose les gestes qui s’imposent. Je suis prête à ajuster la direction selon les circonstances changeantes. Je suis flexible et intentionnée.

J'ai l'impression d'avancer sur une route inconnue vers une vallée fertile dans la demi-noirceur, attentive aux rencontres humaines, à la nature et aux méandres de la chaussée, décidant des tournants à effectuer une fois arrivée à la croisée des chemins. Je perçois mon égo qui veut se nourrir de la peur et se gonfler encore plus d'un semblant d'existence. Je choisis l'amour de ce qui est, l'égo inclus. Puis lentement à mesure que le jour se lève, la nouvelle réalité se révèle. Des êtres humains m'y attendent les bras ouverts.

Alors, la conscience et l'amour de ce qui est grandissent. Mes actions sont moins précipitées et je consomme moins à tous les niveaux. Je constate que je suis inspirée et inspirante. C’est logique. L’un ne va pas sans l’autre comme les deux côtés d’une vitre. La transparence qui laisse passer la lumière est la même d’un côté ou de l’autre. Je m’accompagne avec empathie et bienveillance. De la même façon, j’aime les personnes qui m’entourent. La relation à l'autre est précieuse et essentielle. La communication, la communauté et la communion nourrissent la révélation de soi et le bonheur. 

Renée Demers
reneedemers@covivia.com

Thématiques : Spiritualité


Ressources
Kangen
TarotSpirituel
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Conférence avec Christophe Bernard
site web :
 guildedesherboristes.org - Courriel : info@guildedesherboristes.org

Thématiques : Herboristerie



De la laitue en continu
    

Champs libres

De la laitue

En continu

Laitues en rang

Je suis accro à la laitue. Il n'y a rien pour moi comme mordre dans le cœur fondant d'une Boston, faire craquer sous la dent les feuilles charnues d'une romaine ou garnir un sandwich avec les feuilles rouges et frisées d'une laitue en feuille.

Au fil des siècles, l'espèce Lactuca sativa a évolué à partir de son ancêtre indigène Lactuca serriola présente depuis des temps immémoriaux en Asie, dans le bassin méditerranéen ainsi qu'en Éthiope.

C'est la laitue en feuilles, Lactuca sativa var. crispa qui fut cultivée la première, notamment par les Assyriens, les Égyptiens puis les Grecs. La laitue romaine, Lactuca sativa var. longifolia, fut découverte sur l'île grecque de Cos par les Romains qui la rapportèrent dans la capitale de l'empire où elle fut cultivée, sélectionnée et améliorée pour donner la forme qu'on connaît aujourd'hui. La laitue pommée, Lactuca sativa var. capitata, de type beurre – baptisée Boston plus tard en Amérique – fit son apparition en Europe au XVIe siècle. On sait que Louis XIV en était friand et qu'il en exigeait la culture dans les jardins de Versailles. C'est en Amérique que fut développée la laitue pommée glaciale nommée Iceberg, toujours la plus populaire sur le continent. Je fonds particulièrement pour la laitue en feuille rouge Merlot, les pommées Divina et Merveille des Quatre-Saisons ainsi que pour la romaine Oreille du Diable.

Oreilles du Diable
La laitue romaine Oreille du Diable

Bien qu'on puisse multiplier la laitue par semis direct, je préfère de loin le semis intérieur. Ainsi, je préviens la perte de jeunes plantules aux mandibules de voraces vers gris ou de perce-oreilles. La technique permet aussi d'établir les plants à une densité optimale tout en permettant la création de scènes vibrantes aux couleurs et aux textures chatoyantes.

Une régie serrée

Pour le semis intérieur, on sème un nombre de graines légèrement supérieur au nombre de laitues désirées. Par exemple, on pourrait semer 8 semences de laitue en feuille, de Boston rouge, de Boston verte et de romaine ce qui devrait donner une vingtaine de laitues à transplanter 6 semaines plus tard.

On sème en ligne dans une caissette remplie de terreau de germination composé de 20 % de compost bien mûr et de 80 % d'un terreau biologique pour semis1 sans oublier d'inscrire le nom des cultivars sur un bâtonnet de bois. La semence doit être recouverte de quelques millimètres de terreau. La germination est plutôt rapide. Il importe, dès la levée, de placer les jeunes plantules sous l'éclairage de fluorescents, 16 heures par jour.2

Laitues en semis
Au stade des premières vraies feuilles, on doit repiquer les laitues aux 3 cm dans un terreau de croissance

Après 15 jours, les premières vraies feuilles – celles qui suivent les cotylédons – se déploient. C'est le moment de transplanter les plantules dans un terreau de croissance composé de 50 % de compost et de 50 % du même substrat biologique pour semis. On repique les plants à 3 cm les uns des autres ce qui permet de regrouper une vingtaine de plants dans une caissette. La croissance des jeunes laitues s'y poursuivra durant un autre 25 jours. L'éclairage d'appoint doit être maintenu avec un arrosage fait aux 2 ou 3 jours, selon les conditions.

Repiquage des laitues
On doit veiller à ne pas enterrer le collet des laitues lors de leur transplantation

Après une période d'acclimatation aux conditions extérieures, on transplante les laitues au jardin aux 30 cm dans un sol enrichi en compost mûr. Les laitues en feuilles seront prêtes pour la récolte 40 jours plus tard, les pommées et les romaines à 50 jours. Ces dernières se récoltent à terme alors que les laitues en feuilles supportent une récolte graduelle.

Il n'est pas nécessaire d'être équipé d'une serre pour produire des plants de laitue. Les semis de mars et d'avril peuvent se faire dans la maison. À partir du début mai, toutes les opérations peuvent être conduites à l'extérieur, la laitue étant tolérante au gel.

Ceux qui préfèrent le semis direct peuvent semer une fois par mois à partir du début de mai, à raison d'une graine aux 2 cm sur le rang. On doit éclaircir par la suite aux 25 cm.

Permaculture

Afin de profiter de laitues à savourer de juin à novembre, j'effectue un semis intérieur le 15 mars pour une première transplantation au début de mai. Je poursuis avec un semis au milieu de chaque mois jusqu'au 15 juillet, ce dernier semis m'assurant une ultime transplantation de laitues au jardin au début de septembre.

Couvrir en cas de gel

En automne, lorsqu'on prévoit des nuits sous le point de congélation, je protège les laitues du gel avec toiles et arceaux jusqu'à tard en novembre. À - 10 °C, je superpose jusqu'à trois toiles. C'est à ce moment de l'année que les laitues deviennent les plus sucrées et les plus croustillantes. Elles procurent alors au jardinier que je suis un plaisir incomparable.

Laitues à l'intérieur

Les mordus de verdure peuvent toujours durant l'hiver produire de jeunes laitues sous fluorescents. On leur associera chicorée, roquette et moutarde pour une plus grande diversité de verdures. Elles permettront de préparer de chatoyants mescluns hivernaux qui confèrent à ceux qui s'en délectent, une insoutenable légèreté.

Yves Gagnon
Les Jardins du Grand-Portage

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1 - Sur le marché, on trouve du Terreau biologique pour semis, du Pro-Mix bio et de l'Agro-Mix bio. On peut aussi employer un mélange à parts égales de perlite et de vermiculite.

2 – En présence de lumière naturelle, on peut n'employer que des fluorescents de type Cool White. En milieu obscur, il faudra opter pour des fluorescents à large spectre. Pour une efficacité optimale, les fluorescents doivent être placés à quelques centimètres du sommet des plants.

Vous trouverez les laitues Merlot, Divina, Merveille des Quatre-Saisons et Oreille du Diable sur le site : semencesduportage.com

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Yves Gagnon lance son tout nouveau spectacle Rutabaga Rumba à Québec au Tam-Tam café le vendredi 24 mars à 20 h

Rutabaga

Thématiques : Alimentation, Jardinage



Le chardon-Marie: il était un foie
    

Le chardon-Marie: il était un foie

Chardonmarie, fleur
Photo : Danièle Laberge

Plusieurs plantes permettent de traiter ou de prévenir les maladies du foie. Dans une chronique précédente, j'ai traité du pissenlit, fort utile pour supporter le foie et les reins. Aujourd'hui, je vous présente le chardon-Marie, une plante protectrice et régénératrice du foie.

Le chardon-Marie (Silybum marianum) tient son nom de la vierge Marie. Une légende raconte qu’en nourrissant Jésus lors d’un voyage entre l’Égypte et la Palestine, Marie a fait tomber sur un chardon quelques gouttes de son lait qui en aurait blanchi les nervures. En anglais, on le nomme Milk Thistle.

Magnifique chardon déployant un feuillage panaché d'où jaillissent des capitules à épines coiffés de fleurs tubulées violettes, cette astéracée spectaculaire peut atteindre plus de 150 cm de hauteur. Originaire du sud de l'Europe, mais déjà présent au XVIe siècle dans le nord de l'Europe, le chardon-Marie s'est naturalisé en Amérique à la fin du XIXe siècle.

Pline l'Ancien mentionnait déjà dans ses écrits il y a 2 000 ans qu'il était efficace « pour faire sortir la bile ». Les Romains le cultivaient comme légume. Ils préparaient aussi un mélange de jus de chardon-Marie et de miel pour régulariser la production de bile. En Europe, au Moyen Âge et à la Renaissance, on mentionne le chardon-Marie dans plusieurs écrits qui rapportent entre autres qu'on le donnait aux femmes allaitantes pour stimuler la production de lait. Il fut transporté en Amérique par des colons au XIXe siècle.

Bénéfique pour le foie

Le foie accomplit des fonctions vitales d’épuration, de synthèse et de stockage. Il fabrique 80 % du cholestérol sanguin ainsi que la bile qui contribue à la digestion des aliments, notamment des graisses, ainsi qu'à l’élimination des toxines. Constamment irrigué de sang – 1,5 litre à la minute – , il stocke les vitamines et met du sucre en réserve qu'il libère, au besoin. Dans certaines circonstances, le foie peut souffrir d'inflammation.

Depuis les années 60, des chercheurs démontrent les vertus protectrices du chardon-Marie pour le foie. Plusieurs études cliniques furent réalisées à partir d'extraits standardisés de graines de chardon-Marie de sorte que le taux de silymarine, son principe actif, soit élevé et constant. En effet, c'est la silymarine, isolée en 1968, contenue dans sa graine qui est reconnue pour ses effets protecteurs sur le foie.

La Commission E d'Allemagne tout comme l’Organisation mondiale de la santé reconnaissent l’usage de la silymarine pour traiter les intoxications hépatiques – usage d’extrait normalisé à 70 % ou 80 % de silymarine – et son efficacité contre les maladies du foie.

Le chardon-Marie assainit le foie, le protège et exerce une action régénératrice qui permet de réparer ses cellules endommagées. Il aide dans les cas de cirrhose, d'excès d'alcool, d'hépatite virale, de jaunisse et d'intoxication alimentaire. Il peut renverser les dommages causés par certains médicaments hépatotoxiques comme l'aspirine et l'acétaminophène – consommés à trop fortes doses – ou par des toxines chimiques comme le tétrachlorure de carbone utilisé dans le nettoyage à sec. Son efficacité est également reconnue dans les cas d'intoxication aux champignons vénéneux, surtout en Europe où les médecins administrent, sous forme d'injection, un dérivé soluble de la silymarine tirée des graines de chardon-Marie pour traiter les intoxications à l'amanite. Ce champignon sauvage renferme une substance toxique pour le foie potentiellement mortelle.

Chardonmarie, semences
Photo : Danièle Laberge

Usages et dosages

Comme les ingrédients actifs du chardon-Marie sont peu solubles dans l’eau, les infusions et les décoctions en contiennent beaucoup moins que les graines fraîches, les teintures et les extraits normalisés.

Pour aider le foie, on réduit en poudre à l'aide d'un moulin à poivre quelques graines de chardon-Marie qu'on incorpore aux aliments.

Pour traiter des affections plus graves de l'organe, il est préférable de prendre de plus fortes doses de poudre de graines, soit de 5 à 10 ml par jour mélangé à la nourriture.

Marie Provost de la Clef des champs recommande en dose d'intervention 3 ou 4 capsules de 1 à 2 fois par jour pendant un maximum de 2 semaines, puis de poursuivre en dose de traitement avec de 2 à 4 capsules par jour pendant de deux à quatre mois. Elle suggère un temps d'arrêt à quatre mois avant de reprendre le traitement, si nécessaire.

Précautions

Pour traiter les maladies du foie, un suivi médical est recommandé; il importe d'obtenir un diagnostic avant d’initier tout traitement, qu'il soit classique ou naturel. Lorsqu'elles sont allergiques à d'autres astéracées tels l’aster, la marguerite et la camomille, certaines personnes réagissent au chardon-Marie.

Mode de culture

En zone 3, pour propager le chardon-Marie, il est préférable d'effectuer des semis intérieurs afin que les semences atteignent leur maturité avant le gel. Il est recommandé de stratifier les semences. L'opération consiste à effectuer le semis en pots dans un terreau de germination en mars et de placer les pots humectés dans un sac de plastique au réfrigérateur ou à l’extérieur de façon à les exposer au froid de 3 à 4 semaines. En avril, on place les pots à la chaleur. Dès la germination, on installe un éclairage d'appoint au-dessus des plants.

En mai, on place les pots à l'extérieur. Après 2 à 3 semaines, on transplante les plants au soleil dans un endroit chaud du jardin, en laissant 75 cm de distance entre les plants. La transplantation doit être effectuée avec soin et délicatesse, sans que la motte de terre se défasse. On peut enrichir le sol avec un peu de compost mûr, mais le chardon-Marie apprécie un sol pauvre et sableux. Le plus simple pour la multiplication de l'espèce demeure un semis direct d'automne ce qui évite d'avoir à organiser la stratification, ce qui est possible en zone 4.

Récolte et traitement

Muni de gants et de vêtements épais, on taille à l'aide de sécateurs les tiges portant les capitules lorsque ceux-ci sont bien secs et ouverts, au stade où se dévoilent les aigrettes. Il sera plus facile de battre les capitules en conservant si possible 20 cm de tige. Pour la récolte, la vigilance demeure de mise, car si on ne les cueille pas régulièrement, les semences tombent au sol.

On accumule les capitules dans un sac de papier brun épais et on les range à l'abri de l'humidité. Une fois la récolte complétée, on bat les capitules dans un grand contenant afin de libérer les graines et de les débarrasser de leurs aigrettes. Des passoires de différentes dimensions permettront de compléter le nettoyage. On prendra soin durant l'opération de ne pas respirer les poussières. Les graines se conservent 4 ans.

Chardonmarie, sommité
Photo : Danièle Laberge

Je terminerais en vous disant que même si votre foie est sain, vous pouvez toujours profiter de la plante sur le plan alimentaire. Caroline Gagnon dans son Materia Medica relate qu'« on mange les feuilles dépouillées de leurs épines en salade, on cuit les tiges (pelées et macérées) comme des asperges et les racines comme des salsifis. Les fleurs se mangent comme des artichauts et on peut même préparer un breuvage avec les graines rôties comme du café. »

Enfin, la plante est si distinctive qu'on peut la cultiver uniquement pour sa beauté.

Grâce au programme de formation continue de la Guilde des herboristes, nous avons la chance d'accueillir, au Cegep de Rosemont à Montréal, l’herboriste français Christophe Bernard, les 22 et 23 avril 2017. Il nous informera sur les plantes médicinales de la tradition française pour le foie, ainsi que les plantes occidentales pour la digestion et l’assimilation.

Cette vidéo vous présente l’herboriste Christophe Bernard et les formations qu’il nous donnera les 22 et 23 avril.

Tous (membres ou non membres de la Guilde des herboristes) peuvent s’inscrire au www.guildedesherboristes.com

Diane Mackay Diane Mackay,
Biologiste, jardinière et herboriste
Les Jardins du Grand-Portage

Références :

Christophe Bernard www.altheaprovence.com/blog/chardon-marie-silybum-marianum/.

Capucine Chartrand Le chardon-Marie. Le Journal de la Guilde des herboristes volume 15, no 2. La Santé du foie - pour maintenir l'équilibre.

Frère Marie-Victorin, Rouleau Ernest. 2e édition, Flore laurentienne. Les Presses de l'Université de Montréal, 1964.

Caroline Gagnon, Valérie Lanctôt-Bédard Materia medica pour sorcières et sorciers avertis… 2002-2003.

Moïra O'Reilly Interactions, contre-indications et complémentarités, plantes-médicaments. L'Herbothèque inc. 2004.

Marie Provost, Marie Jutras Compendium, Clef des Champs.

Rebecca L. Johnson, Steven Foster, Tierona Low dog, M.D. et David Kiefer, M.D. National Geographic Guide to Medicinal Herbs, 2014.

www.passeportsante.net, le site de Passeport Santé donne beaucoup de références sur les recherches effectuées sur le chardon-Marie.

Thématiques : Alimentation, Herboristerie, Santé



La ruée vers l'âge d'or
    

Sur les pas de Thomas Berry

La ruée vers l'âge d'or

Lorsqu’au chapitre 4 de The Dream of the Earth (intitulé L’énergie créative) l’écothéologien Thomas Berry se penche sur le chemin parcouru par l’humanité depuis ses origines (après une phase préparatoire de 14 milliards d’années qu’il conviendrait de ne pas oublier!), il reprend la description en trois phases qu’en a faite Giambattista Vico (1668-1744), historien et philosophe italien, dont l’œuvre avait fait l’objet de sa thèse de doctorat. Ces trois phases sont respectivement : l’âge des dieux, l’âge des héros, et l’âge des hommes. Selon Vico, cette séquence est cyclique, l’âge des hommes conduisant au chaos et ramenant les coureurs à la case de départ.

La première phase en est une d’émergence de la conscience humaine qui « s’éveille à un univers prodigieux et rempli de mystère ». Qui suis-je? Qu’est-ce que ce grondement accompagné de lumière aveuglante dans le ciel? D’où viennent le vent et la pluie? D’où vient cette énergie?

L’énergie constitue en effet notre expérience première et continue à être le principal objet d’étude de la physique moderne. Elle intéresse aussi la philosophie, notamment l’école du « vitalisme » à laquelle se rattache le philosophe allemand Ludwig Klages (1882-1956), auteur de De l’Éros cosmogonique et d’un ouvrage précurseur intitulé Mensch und Erde [l’Homme et la Terre, qui n’existe malheureusement pas en français] où il prévoit, dès le début du XXe siècle, les désastres écologiques à venir. Pour Klages, un minéral, un végétal, un animal, ou un humain est avant tout un événement d’ordre énergétique, la manifestation singulière d’une énergie cosmique.

Pendant l’âge des dieux, « l’humanité a connu une phase d’évolution durant laquelle diverses mythologies de la création servaient de cadre à l’existence individuelle et sociale et où la diversité des cultures évoluait en fonction de ces grands récits fondateurs. Ces formes culturelles constituaient elles-mêmes l’expression d’une énergie reconnue comme relevant fondamentalement d’un ordre subjectif et psychique plutôt que physique ».

Confrontée au mystère, la conscience réflexive met donc en place de grands récits mythologiques et des rituels cosmiques permettant au « primate penseur » de structurer son rapport au mystère et de renouveler son énergie psychique lors de grands rituels. Pour le monde grec, les frasques de « Zeus et compagnie » font office de feuilleton et de bulletin météorologique. Le pouvoir de l’imaginaire atteint, durant l’âge des dieux, des sommets jamais égalés depuis. « [C’est une période] à laquelle on doit la construction des pyramides et la configuration architecturale symbolique du Ming T’ang en Chine. L’esprit serein et profond des Grecs y trouvait pour sa part un moyen d’expression dans le Parthénon, tandis que les Aztèques et les Mayas dressaient leurs autels sur un autre continent et que le ciel d’Indonésie voyait s’élever le complexe majestueux de Borobudur. Tout cela était de l’énergie à grande échelle et on ne sait trop s’il faut alors parler d’énergie divine, cosmique ou humaine. En réalité, il ne s’agissait que d’une seule et même énergie partagée par les trois règnes auxquels elle peut être subjectivement attribuée. De nature fondamentalement psychique et numineuse, cette énergie s’exprimait non seulement dans une architecture monumentale, mais aussi dans la structure hiérarchique des grandes cultures. Des codes rituels stricts furent mis en place et l’aventure humaine entra dans la phase plus importante d’édification de sa propre structure. »

Deuxième phase, l’âge des héros : « Une évolution spirituelle commença alors dans toutes ces sociétés, ce qui montre que les célébrations rituelles et les codes de conduite avaient aussi besoin d’un supplément d’intensité intérieure faisant pendant à leurs représentations externes complexes. Au sein de ces civilisations rituelles classiques tout comme à leur périphérie, des mouvements spirituels apparurent qui avaient pour fonction de renforcer les ressources énergétiques des individus et de la société et de leur permettre de fonctionner sur le mode proprement humain. Le maintien de ces mouvements spirituels exigeait une présence personnelle que seuls les individus les plus disciplinés et ayant accès à des ressources intérieures presque illimitées pouvaient assurer, sages, rishis, yogis, gourous, prêtres, philosophes, prophètes, héros et rois de stature divine de l’Antiquité : Confucius, Bouddha, Ignathon, Moïse, Isaïe, Darius, Ch’in Shih Huang Ti, Asoka, Platon, Christ et, plus tard, Mohammed. À ces personnages d’ordre archétypal, correspondent des lignées ininterrompues de successeurs qui ont joué un rôle décisif dans le maintien du niveau d’énergie requis pour en assurer la continuité au sein des diverses civilisations concernées. »

Autrement dit, les aventures des dieux de l’Olympe ou d’ailleurs ont beau être captivantes, l’homme doit aussi travailler ses terres intérieures pour ne pas perdre contact avec les énergies vivifiantes du cosmos. Dans l’art de la culture intérieure comme dans toute autre discipline, il y a des premiers de classe : ces êtres d’exception deviennent les héros fondateurs de lignées religieuses. L’âge des héros est donc une phase d’intériorisation des dieux qui, en quelque sorte, s’incarnent sous forme humaine.

Jusqu’ici le temps est resté cyclique et la notion d’expansion ou d’évolution sur un axe de temps linéaire historique n’existe pas ou peu. Mais les choses vont changer.

Troisième phase, l’âge de l’homme : « Un nouvel axe d’expression de l’énergie vit le jour et l’accent qui avait jusqu’alors été mis sur les rythmes saisonniers de l’univers et sur des expériences transcendantales de libération se vit désormais transféré vers une conception téléologique du temps qui devait aboutir à un accomplissement ultime dans le cadre du processus historique. Cette nouvelle conception d’une forme et d’une destinée se déployant progressivement au fil de l’histoire devait finalement déboucher sur la révolution énergétique la plus importante de l’histoire de l’humanité. La manière dont elle s’est produite constitue l’histoire de la civilisation occidentale et même de la collectivité humaine ».

Pour Thomas Berry, les racines de cette transformation fondamentale de la conception du temps, tout au moins en Occident, se trouvent dans les écrits des prophètes bibliques et les révélations de l’évangéliste Jean dont l’Apocalypse [Book of Revelation en anglais] clôt le Nouveau Testament. C’est dans ces écrits qu’apparaît la notion de millénaire et que l’horizon temporel jusque-là diurne, saisonnier ou annuel de l’humanité éclate pour aller se situer au bout d’une longue ligne droite, « dans mille ans », « à la fin des temps ». Libérons, en passant, le mot « apocalypse » des effets pyrotechniques dont l’industrie du cinéma l’a affublé : Calypso, parfois appelée « déesse du silence » était une nymphe dont le nom signifiait « celle qui cache »; le préfixe « apo » exprime quant à lui l’éloignement (apogée, apocryphe, apostrophe), d’où « apo-calypse », éloignement du silence, révélation, rien à voir avec les feux d’artifice, même si le récit de Jean porte sur la fin des temps.

L’éclatement du temps cyclique est une véritable révolution pour l’aventure humaine : « Cette vision millénariste est sans doute la source d’énergie la plus puissante jamais déployée sur notre planète. Ces énergies psychiques ont fini par exercer un contrôle généralisé sur le fonctionnement physique de la planète et sont en train de prendre le contrôle de ses systèmes biologiques ».

Où cours-tu ?Le passage d’un horizon diurne, saisonnier ou annuel à un horizon millénaire constitue pour l’humanité un changement ontologique radical. « Au cours des derniers siècles, ce mode de pensée millénariste a pris la forme des Lumières, de l’âge des démocraties, des États-nations, de la société sans classes, de l’âge de paix et d’abondance du capitalisme et du “meilleur des mondes” promis par l’industrie ». La ruée vers un élusif âge d’or, quelle qu’en soit la représentation, devint une incessante fuite en avant. L’homme psychiquement possédé par le but qu’il imagine au bout de sa course n’écoute plus, il fonce; obsédé par la destination, il oublie le voyage. C’est à ce chercheur d’or marathonien que Christiane Singer lance la formule d’Angelus Silesius : « Où cours-tu? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi? »

Et Thomas Berry de conclure « L’ironie suprême sur le plan historique est que ces attentes millénaristes ont conduit à une dévastation de la planète qui nous rapproche davantage du pire que du meilleur des mondes ». Le millénarisme religieux a en effet rapidement dégénéré en millénarisme matérialiste avec son postulat de base : plus = mieux. L’âge des hommes est devenu le règne de la quantité.

Une note d’espoir? « Le contexte industriel dans lequel nous opérons actuellement ne peut être changé de manière significative dans un futur immédiat. Notre survie à court terme dépend de ce contexte avec son lot d’avantages et son lot d’aspects destructifs. Nous devons toutefois changer en profondeur la manière dont nous gérons les énergies auxquelles nous avons accès. Il nous faut surtout troquer nos aspirations à une sorte de Disneyland industrielle reposant sur des méthodes de pillage pour un engagement envers une communauté planétaire reposant sur une relation mutuellement enrichissante entre l’homme et la Terre. Ce passage d’un mode de réalité anthropocentrique à une norme biocentrique est essentiel ».

C’est alors, et seulement alors, que commencera l’âge écologique.

DanielLaguittonDaniel Laguitton
Abercorn, Qc

Thématiques : Écologie, Société, Spiritualité



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