Acupuncture Agriculture Alimentation Alzheimer Amérindien Animaux Anthroposophie Apiculture Approche craniosacrée Approches aquatiques Arboriculture Artisanat Astrologie Ayurveda Botanique Bouddhisme Calendrier Chamanisme Channeling Chant Collectivité Communication Constellations familiales Couleur Créativité Danse Dentisterie Eau Écologie Éducation Éducation somatique Électromagnétisme Énergétique Energétique chinoise Enfants Ennéagramme Ésotérisme Famille Femme Fleurs de Bach Forêt Géobiologie Guérison Habitat Hakomi Herboristerie Histoire Homéopathie Horticulture Huiles essentielles Jardinage Kabbale Lithothérapie Mantra Massothérapie Maternité Méditation Médiumnité Mort Mouvement Mycothérapie Naturopathie Numérologie Nutrition Ostéopathie Parkinson Permaculture Philosophie Photos Physique quantique Phytothérapie Pleine conscience Poésie Pollution Portraits Psychologie Qi Gong Reiki Restos végés Rites Rituel Rolfing Santé Science Semencier Sexualité Société Soin Corporel Son et vibration Spiritualité Taoisme Tarot Tourisme vert Transport Vaccins Vitamine Yeux Yoga Yoga Derviche


TroisTriangles
GrandPortage
CentreDentaire

Volume 13, numéro 12 — Mercredi, 14 juin 2017



Fin de saison éditoriale
    

Fin de saison éditoriale 

Bonjour tout le monde,

Voici le dernier numéro de la saison printanière. Viennent l’été et ses vacances ! Le vide régénérera la créativité des collaborateurs et collaboratrices de Covivia et la réceptivité de ses lectrices et lecteurs.

Alors que la convention calendaire établit le début de l’année le premier janvier, la croissance organique de Covivia la place pour moi au début septembre. Quand je termine la coordination de l’édition du webzine en juin, j’ai vraiment l’impression de terminer un cycle. Le moule scolaire a certainement laissé ses ornières. Juin me propulse hors de moi dans la nature avec les fées, les ondines et les lutins. La forêt est enchanteresse et le ruisseau musicien.

Que le soleil est bon lui que nous avons tant espéré et attendu ! Les feuillus sont somptueux, leurs racines ayant été abreuvées à souhait. Les fleurs sont encore timides en haut de la montagne mais la lumière chaude les incitera à sortir de leur réserve.

Dans ce numéro de fin d’année saisonnière, vous trouverez une invitation d’Yves Gagnon à ressourcer votre conscience dans votre jardin ou dans celui du Grand Portage au cours d’une balade estivale ainsi qu’en assistant à ses spectacles poétiques. Daniel Laguitton poursuit son exploration de la transmission intellectuelle vivifiante de l’écologiste religieux Thomas Berry. Pour ma part, il est sorti de la pointe de mes doigts sur le clavier un texte sur le mariage de l’Occident et de l’Orient dans la culture populaire au 20e siècle en Europe. Je m’incline devant la fécondité de cette union. J’en bénéficie tous les jours. Mon esprit en est ravi.

Je vous remercie pour votre fidélité à notre rendez-vous bi-mensuelle. On vous revient le 20 septembre. Je vous souhaite un merveilleux été. Que la vie vous soit douce !

Renée Demers
reneedemers@covivia.com

Vous aimez notre publication ? Nous vous invitons à y contribuer.
Adhérez à un abonnement payant ou faites un don ! 



Quand Occident rencontra Orient
    

Renée Demers - Penser pour panser

Quand l'Occident rencontra l'Orient

Oh, fécond fut le choc spirituel !

Un des grands changements historiques qui a caractérisé le 20e siècle en Occident est la rencontre de l’Orient. Une collaboration est née entre ces hémisphères et leurs philosophies diamétralement opposées jusqu’alors. Dans les centenaires précédents, les chercheurs occidentaux avaient favorisé la croissance intellectuelle. Ils avaient mis au point une méthode expérimentale scientifique rigoureuse et une expertise profonde et fonctionnelle de la matière. Les maîtres de sagesse orientaux avaient quant à eux acquis une connaissance spirituelle phénoménale grâce au développement supérieur de la substance mentale et de ses facultés d’inspiration, d’intuition et de contemplation. La fusion de ces deux tendances a énormément bénéficié à l’Amérique et à l’Europe.

En Occident au 20e siècle, la scolarisation était devenue collective et la recherche supérieure orientée vers le monde extérieur. En Orient, la transmission de la sagesse était individualisée et l’enseignement supérieur était axé vers la connaissance intérieure. Le mariage de la science occidentale et du mysticisme oriental a apporté un renouveau extraordinaire dans plusieurs domaines. En voici quelques exemples.

La venue en Amérique en 1920 de Swami Yogananda à la demande de son guru Swami Sri Yukteswar a provoqué une révolution spirituelle aux États-Unis. L’attrait pour tout ce qui était exotique lui a ouvert toutes les portes à son arrivée à New York et en Californie. Swami Yogananda a initié des milliers d’Américains à la pratique méditative, au yoga, à la pensée créatrice, à la réincarnation et à la spiritualité indienne. 100 ans plus tard, la méditation est enseignée à l’Institut de cardiologie de Montréal et à l’Université de Montréal dans une optique de réduction de stress.

Jean Herbert, directeur de la collection « Spiritualités vivantes » chez Albin Michel a apporté à des millions de francophones à la connaissance orientale et ce, à compter des années 40 en France. En lisant les enseignements traduits de Sivananda Shri Aurobindo, Râmana Maharshi, Gandhi, Vivekânanda, Ma Ananda Moyî, Râmdâs, Râmakrishna, les Français ont intégré les notions d'ego, de maya, de lumière intérieure, de témoin, etc. Les révélations contenues dans ces ouvrages auront une grande répercussion en Occident. Plusieurs intellectuels européens iront séjourner en Orient et s'abreuver à sa connaissance. La culture populaire intègrera les mots karma et nirvana.

La fréquentation de Swami Prajnanpad a été définitive pour Frédéric Leboyer dans sa remise en question des conditions d’accouchement des mères et des naissances des enfants en 1970 en France. La publication du livre « Pour une naissance sans violence » en 1974 a amené une révolution en obstétrique. 50 ans plus tard, au Québec, nous avons un ordre des sages-femmes et des maisons de naissance dans lesquelles les femmes accouchent naturellement et les bébés sont accueillis dans le respect et l’amour.

André Van Lisbeth étudie auprès de Swami Sivananda à Rishikesh dès 1963. Pionnier du yoga en Occident, il adapte l’enseignement de son professeur à la mentalité occidentale en respectant l’authenticité et l’esprit de cette discipline. Il y consacrera toute sa vie. Le yoga est maintenant transmis un peu partout au Québec et ses vertus sont reconnues par la science. Son métissage avec la gymnastique occidentale a donné naissance à l’éducation somatique devenue une spécialité universitaire.

Carl Gustav Jung a révélé aux Occidentaux la profondeur du monde onirique, la puissance du mandala et la divination du Yi King, entre autres. Il a démontré que la conscience occidentale n’était pas la conscience universelle, mais qu’elle était conditionnée par son histoire et sa géographie. Il a prôné un élargissement de la conscience. Il a légitimé l'expérience sacrée au-delà du dogme religieux en donnant ses lettres de noblesse au mysticisme oriental. Ses recherches encore avant-gardistes à ce jour ont effectué un virage radical et ont repoussé les limites étriquées qu'on attribuait à la dimension psychologique.

Au Québec, début 70 des disciples de Sri Aurobindo ouvre le premier restaurant et magasin d’aliments naturels végétarien sur la rue Ontario: ô ptits zoizos. Une véritable révolution alimentaire commence. Il est possible de vivre sans manger de viande! Les bienfaits du végétarisme sont reconnus par la médecine moderne alors que cela était totalement impensable cinquante ans plus tôt.

Grâce aux travaux du sinologue George Soulié de Morant qui étudia l'acupuncture durant son long séjour dans l'Empire du Milieu et publia lors de son retour en France un imposant traité en 1930, l'acupuncture fait son entrée en Europe. Alors que la médecine occidentale analytique admettait que seules les influences de la matière palpable causaient et guérissaient les maladies, la médecine chinoise initie les Occidentaux à l’apport énergétique dans les débalancements physiques ainsi que dans le rétablissement harmonieux de l’humain dans son intégralité. Pour la médecine énergétique orientale, tout est relié : psyché, émotion, corps, climat, alimentation. C’est un nouveau paradigme qui transforme lentement la pratique médicale dans ses fondements même. Cette dernière se diversifie et intègre progressivement les notions de terrain et d'interactions des différents systèmes, théories qui sont au cœur de la médecine orientale.

Matin méditatif fin mai
Photo : Danièle Laberge - Matin méditatif fin mai

Les recherches de pointe en neurosciences et en physique quantique telle la découverte d'un champ de cohérence universel prouvent des postulats de la spiritualité orientale. Tout provient du vide et y retourne raconte la sagesse éternelle de l'Est et cette dimension commune à tout est d'un dynamisme infini. Les maîtres spirituels indiens et chinois avaient accédé à la révélation de l'unité du tout dans la contemplation. Les scientifiques occidentaux en démontrent les mécanismes matériels et développent des applications pratiques dans plusieurs domaines scientifiques.

Une des contributions fondamentales que la tradition orientale a apportée en Occident à monsieur et madame tout le monde dont je suis, est la méditation. L’enseignement spirituel occidental avait été jusqu’au 20e siècle encadré par les religions chrétiennes. Celles-ci enseignaient à leurs ouailles la prière comme outil de contact avec le monde surnaturel. Il est certain que certains ordres monastiques pratiquaient le retrait dans le silence et la contemplation, mais cette démarche était réservée à une élite.

La prière consiste à adresser consciemment et consciencieusement un désir personnel, social ou universel à Dieu. Elle ne remet pas en question le désir, son origine, sa tension intrinsèque et ses répercussions. Il est vrai qu’une intention formulée avec dévotion et fermeté produit des résultats. Les bienfaits de la prière dans la guérison ont été attestés par des études en laboratoire. Elle vient du cœur.

La méditation quant à elle agit au niveau mental. Elle permet l'évolution de l'esprit humain après la maîtrise de l'instinct et de l'intellect. À l’aide de l’attention portée à un ancrage tel la respiration, un mantra ou la lueur d’une chandelle, le méditant apprend à observer sa psyché et à se libérer de l’emprise des pensées fortuites dans son esprit. Il prend de la distance par rapport aux ondes matérielles subtiles comme les pensées, les émotions, les désirs. Il comprend leur mécanisme et leur influence sur sa personne. Il développe la concentration, autre faculté mentale importante. Il accède à la vastitude de l’esprit. L'intuition, cette capacité de saisir la réalité sans conception ou projection du connu sur l'inconnu, l'informe. Tranquillement, il crée des conditions de silence et d’inactivité qui permet à l’inspiration de se manifester. C’est dans le rien, le vide, la vastitude et le silence que la contemplation ouvre le méditant à la splendeur. La méditation permet d’accéder à la quiétude et à la lumière à l’intérieur de soi. Elle apporte une plus grande perspective au-delà du temps et de la mesure, elle engendre la paix et la fermeté, elle atteste de la substance qui unit toute chose et elle donne accès à la révélation divine.

Que de chemin parcouru dans la connaissance de soi depuis cent ans. Nous vivons à une époque formidable, celle du village global, du mariage du yin et du yang, de l’Orient et de l’Occident, du féminin et du masculin, de l’intérieur et de l’extérieur, de soi et du Soi.

Renée Demers
reneedemers@covivia.com

Bibliographie et références: 

Thématiques : Histoire, Science, Société, Spiritualité


Ressources
Kangen
MarieJoseLeclerc
FloraMedicina

Publicités
    

Tarot spirituel

Courriel : reneedemers@covivia.com



S'adapter à l'inconscience
    

Champs libres

S'adapter à l'inconscience

Diane Zen

D'aucuns sauraient prédire l'ampleur des désordres qu'engendrera la débâcle climatique. Les inondations du printemps ne sont rien comparées aux hécatombes rapportées en zones tropicales, là ou typhons, ouragans, tornades, inondations, glissements de terrain, famines et migrations climatiques sont devenus routine.

Comme jardinier, je scrute étroitement le temps depuis près de quarante années. À toute heure du jour, au fil des semaines, de saison en saison. En quarante années, nous avons gagné 40 journées sans gel pour une saison qui en compte aujourd'hui 120. Ce n'est pas encore les tropiques, mais on s'en approche.

Du haut de ma montagne, je constate la colère des éléments. J'observe les vents s'élever, les températures se quereller, la terre se refermer. Moins bienveillante depuis quelque temps, cette dernière ne s'est pas mise en robe des champs pour accueillir des semences qu'elle sait manipulées pour mieux abuser d'elle. La terre fourbit ses armes. Pourtant, elle ne demande qu'à être féconde.

Bouddha

Chez moi, dans mon jardin soigné à la main, la terre demeure bienveillante. Nos semis et nos transplantations furent effectués conformément au calendrier. Quoique moins exubérantes en cette date que les années passées, tomates, aubergines et courges déploient normalement leurs racines qui, dès que le temps se réchauffera, pourront acheminer les sels minéraux nécessaires aux feuilles, engendrant ainsi un foisonnement végétal inéluctable.

Binage

La pluie incessante des dernières semaines a rendu ardu le contrôle des adventices. Je les décapite à l'aide de la bêche tranchante, mais elles se réenracinent aussitôt. Les binages sont moins efficaces, car ils reposent sur la mécanique de la griffe combinée au pouvoir asséchant du soleil qui semble avoir déserté la voûte céleste. Il reste qu'un jardin abondamment irrigué offre des verts d'un éclat prodigieux.

Pommier fleuri

En ces temps où l'être humain sensible anticipe des lendemains moins chantants, je me répète inlassablement qu'il nous reste toujours comme arme à opposer à l'inconscience, notre capacité individuelle à décarboniser notre mode de vie. Se décarboniser par une économie locale, à petite échelle, en solidarité avec les gens de bonne volonté, de toutes couleurs, de tous horizons. Ensemble pour vivre bien.

Quoi de mieux que de jardiner pour concrétiser ce virage vers la carboneutralité. On y prend un tel plaisir, qu'on perd peu à peu l'envie d'agitations futiles qu'on remplace par des incursions tranquilles au cœur du jardin. On y trouve les plus belles lumières, les plus exquises résonnances.

Moine près de l'étang

L'art devient aussi pour moi un des fondements de ma résistance. Par la poésie je partage, j'émeus et je sensibilise. Par la musique, j'allie plaisir et transmission. Je tente par la scène d'atteindre une pertinence, une communion, une gratitude.

J'aurais la chance d'occuper quelques scènes cette fin d'été et cet automne. J'y présenterai le cabaret Rutabaga rumba — Cabale malade.

Je serai accompagné de Marc-Antoine Sauvé aux guitares, à la basse, à la mandoline, à la voix et aux percussions, parfois de Daniel Heikalo aux guitares, à la basse, au cistre, au banjo et à la flûte, parfois du tromboniste Étienne Lebel.

Voici le calendrier des prochains spectacles.

Le jeudi 10 août
Brasserie Albion
408, boulevard Manseau, Joliette
17 h à 19 h
Gratuit

Le samedi 26 août
Les Jardins du Grand-Portage
800, chemin du Portage, Saint-Didace
Visite des jardins à 15 h, festin champêtre à 17 h et spectacle à 19 h
Contribution: 40 $
Réservation : info@jardinsdugrandportage.com

Le vendredi 20 octobre
Crapo
187, rue Sainte-Louise, Saint-Jean-de-Matha
18 h à 20 h
Contribution volontaire

Le vendredi 10 novembre
Atomic café
3606, rue Ontario, Montréal
20 h
Contribution: 10 $

Le cabaret est disponible en de multiples versions pour vos fêtes ou évènements.

Trio psychédélique

Les Jardins du Grand-Portage ouvrent au public du samedi 8 juillet au dimanche 27 août. Une occasion pour venir se fondre dans une nature généreuse et voluptueuse et pour rencontrer d'authentiques artisans de la terre qui aménagent cette année la 38e édition de leur jardin émérite.

Pour toute la durée de la saison, Le festin quotidien, le nouveau livre de Yves Gagnon sera offert sur place à 20 $, une économie de 10 $ sur le prix de détail, ce qui correspond au prix d'entrée aux jardins.

Au plaisir de vous rencontrer quelque part durant l'été que je vous souhaite fécond, paisible et lumineux.

On se retrouve le 20 septembre.

La saison 2017 - 38 années de passion

Yves Gagnon
Les Jardins du Grand-Portage

Thématiques : Écologie, Jardinage, Poésie



Sur les pas de Thomas Berry - Sept principes pour guérir la Terre
    

Sur les pas de Thomas Berry

Sept principes pour guérir la Terre

Au chapitre 6 de son livre Le rêve de la Terre, l’écothéologien Thomas Berry propose une réflexion sur le rôle de la technologie dans la guérison de la Terre.

Ce besoin de guérison résulte en grande partie du glissement qui a eu lieu de la démocratie à la technocratie dans la seconde moitié du XXe siècle. Thomas Berry qualifie les nouveaux maîtres de « nouveaux entrepreneurs » et ses propos à leur sujet ont fait l’objet de chroniques antérieures. Les nouveaux entrepreneurs sont les champions du millénarisme que Berry dénonce à maintes reprises comme axe temporel horizontal dont l’obsession cloue l’humanité dans le matérialisme et lui fait perdre de vue l’importance de la verticalité spirituelle sans laquelle « Tu » devient « cela » et « être » se réduit à « exister ». Au moment d’écrire ces lignes, le « président » de ces nouveaux entrepreneurs vient d’assouvir son besoin compulsif d’attention en annonçant le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris, exemple convainquant de la pertinence du diagnostic de Thomas Berry : « Leur jugement est tout simplement catastrophique ». Le Pape François a d’ailleurs remis en cadeau à ce nouvel entrepreneur en chef qui lui rendait une visite protocolaire au Vatican un exemplaire du traité d’écologie intégrale qu’est l’encyclique Laudato Si où l’on peut lire notamment : « Le paradigme technocratique tend aussi à exercer son emprise sur l’économie et la politique. L’économie assume tout le développement technologique en fonction du profit, sans prêter attention à d’éventuelles conséquences négatives pour l’être humain. Les finances étouffent l’économie réelle. Les leçons de la crise financière mondiale n’ont pas été retenues, et on prend en compte les leçons de la détérioration de l’environnement avec beaucoup de lenteur. Dans certains cercles on soutient que l’économie actuelle et la technologie résoudront tous les problèmes environnementaux. De même on affirme, en langage peu académique, que les problèmes de la faim et de la misère dans le monde auront une solution simplement grâce à la croissance du marché. Ce n’est pas une question de validité de théories économiques, que peut-être personne aujourd’hui n’ose défendre, mais de leur installation de fait dans le développement de l’économie. Ceux qui n’affirment pas cela en paroles le soutiennent dans les faits quand une juste dimension de la production, une meilleure répartition des richesses, une sauvegarde responsable de l’environnement et les droits des générations futures ne semblent pas les préoccuper… » Bonne lecture, Monsieur le Président!

Mais passons des agresseurs de la Terre à sa guérison et, dans les mots de Thomas Berry, aux « principes de base susceptibles d’orienter nos efforts pour mettre au point des technologies mutuellement bénéfiques pour la communauté humaine et pour le processus planétaire ».

« Premier principe, les technologies humaines devraient fonctionner en relation intégrale avec les technologies de la planète, non pas de manière despotique ou perturbatrice, ni dans un esprit de conquête, mais dans un esprit de fascination. Les aspects spontanés de la nature devraient être favorisés plutôt qu’exterminés. Au cours de plusieurs centaines de millions d’années et par des milliards et des milliards d’expériences, la nature a mis au point les écosystèmes qui florissaient si abondamment lorsque l’espèce humaine et ses civilisations ont vu le jour. L’humanité fait preuve d’insolence et de vandalisme lorsqu’elle interfère avec ces systèmes écologiques sans en observer soigneusement le fonctionnement ni la meilleure manière pour les humains de s’y intégrer. »

Autrement dit : habiter la biosphère plutôt que de l’agresser, s’y intégrer pour ne pas se désintégrer.

« Second principe, nous devons avoir une idée claire de l’ordre de grandeur des changements requis. Il ne s’agit pas ici d’ajustements mineurs, mais de la plus grave transformation des relations entre la planète et les humains depuis le début des civilisations classiques sinon plus. L’ère industrielle a tellement aliéné et conditionné les humains qu’il nous est difficile de vivre en dehors de la bulle industrielle. Il nous faut pourtant apprendre à survivre en contact plus intime avec le monde naturel, car la bulle industrielle ne saurait durer bien longtemps dans son mode de fonctionnement actuel. L’urgence est encore accentuée par le fait que l’humanité, par le biais d’astuces technologiques, a désormais acquis un pouvoir de vie et de mort sur plusieurs des biosystèmes de base de la planète. »

Une couche de peinture verte ne suffira donc pas, c’est de changement radical de mode de vie qu’il s’agit.

« Troisième principe, le progrès durable doit être un progrès de la communauté planétaire tout entière. Chacune des composantes de cette communauté doit faire partie du processus. Un progrès pour l’humanité qui repose sur l’élimination, la dégradation ou l’empoisonnement d’autres biosystèmes est non seulement une atteinte à la noblesse de l’existence terrestre, mais compromet aussi toute chance de survie de l’humanité d’une manière qui puisse la satisfaire. »

La technique biocidaire exploitée notamment par Monsanto et qui consiste à rendre la terre stérile pour qu’il n’y pousse que les graines OGM blindées vendues par les marchands de mort passera à l’histoire comme un géocide barbare qui outragera nos petits enfants s’ils y survivent.

« Quatrième principe, nos technologies doivent être intégrales. Elles doivent gérer leurs propres résidus. La gestion des déchets devrait être associée à tout procédé, soit en faisant partie du procédé lui-même, soit en relevant d’un procédé connexe. Ce principe d’intégralité est un des plus souvent violés. L’audace des compagnies industrielles est difficile à comprendre. Elles propulsent leurs déchets dans l’atmosphère, les déversent dans les cours d’eau ou les épandent sur des terres fertiles. Il est étrange que l’industrie chimique ait fait preuve d’autant d’indifférence par rapport à la destination ultime de ses produits après une utilisation spécifique ou limitée. Les industries qui fabriquent ces substances mortelles ne semblent pas se préoccuper de ce qu’il va en advenir. Ce refus de prendre la responsabilité de leurs propres déchets est un des aspects les plus universels, les plus systématiques et les plus répugnants de nos technologies contemporaines. »

En vertu de ce principe, personne ne devrait pouvoir s’offrir la moindre goutte de Roundup tant est inestimable le coût réel de la stérilisation du moindre arpent de terre.

« Cinquième principe, une cosmologie fonctionnelle est nécessaire, c’est-à-dire une cosmologie qui suscite la fascination à partir de laquelle une présence intégrante des humains et de la planète devient possible. Une telle mystique est accessible lorsque l’on reconnaît que, depuis les origines, l’univers, la Terre, la séquence des formes vivantes et le mode de conscience humain ont une dimension psycho-spirituelle aussi bien que physico-matérielle. Le type d’interprétations spirituelles extrinsèques qui nous est parfois proposé n’est pas nécessaire. Ce qu’il nous faut, c’est un sens de la révérence comme on en trouve chez les grands naturalistes ou chez certains des plus grands scientifiques de notre époque. »

La révérence dont il est question ici est, par exemple, celle d’un Docteur Schweitzer.

« Sixième principe, la nature est à la fois violente et bénigne. Nos technologies doivent assurer un rôle défensif. […] Toutefois, en dépit de ces assauts omniprésents, l’équilibre des forces naturelles est tel que le remède est déjà disponible. Bien des menaces que nous attribuons à la nature sont, en fait, d’origine humaine. En pratiquant la déforestation nous nous exposons aux inondations, en pratiquant la monoculture extensive nous favorisons les infestations de vermine à grande échelle, en déversant des produits chimiques sur les sols, nous les tuons et en favorisons l’érosion. Et la liste pourrait ainsi être allongée à l’infini. La nature a beau être à la fois bénigne et terrible, les principales modalités de ses manifestations restent systématiquement créatives. Le problème, avec nos technologies, n’est pas leur côté sombre, mais le fait que cet aspect sombre est si stérile qu’il extermine au lieu de stimuler l’évolution de la vie. »

« Vous avez bien sujet d'accuser la nature… » : Quand l’homme prend à son compte les mots du chêne au roseau de la fable, il ne voit pas venir « le plus terrible des enfants que le Nord eût portés jusque-là dans ses flancs ».

Avant et après
Avant et après le coup de vent du 18 juillet 2016, DL.

« Septième principe, nos nouvelles technologies de guérison doivent fonctionner à l’échelle biorégionale et pas seulement à l’échelle nationale ou globale. Les unités fonctionnelles propres aux humains doivent s’harmoniser à celles de la planète et aux formes de vie qu’elle abrite. La Terre ne nous a pas été offerte comme une boule uniforme, elle s’articule en pôles et en tropiques, en littoraux et en chaînes de montagnes, en plaines et en vallées, en déserts et en forêts. La vie y est partout répartie en communautés fonctionnelles spécifiques que l’on peut appeler des biorégions, c’est-à-dire des régions incluant des biosystèmes interdépendants et généralement autosuffisants. Les technologies de l’avenir doivent d’abord opérer dans le cadre de telles cellules biorégionales et à leur échelle. »

Autrement dit, penser globalement et agir localement et durablement.

Bon été!

DanielLaguittonDaniel Laguitton
Abercorn, Qc

Thématiques : Écologie



Suggestions de lectures
    
[sans texte]



Sur la toile
    

Hommage au Docteur Frédérick Leboyer (1918-2017)

Frédérick Leboyer est mort le 25 mai dernier à l’âge de 98 ans. Il est devenu célèbre en 1974 en publiant, aux éditions du Seuil, un petit livre intitulé "Pour une naissance sans violence", vite devenu un best-seller international et toujours édité aujourd’hui. Comme obstétricien, il a initié dans une clinique parisienne une manière “douce” d’accueillir le nouveau-né.

[ Source ]


Dr. Jane Goodall teaches conservation

Nature can still win
“There is still a window of time. Nature can win if we give her a chance.” In her first ever online class, Dr. Jane Goodall teaches how you can conserve the environment. She also shares her research on the behavioral patterns of chimpanzees and what they taught her about conservation. You’ll learn how to “act locally” and protect the planet.

[ Source ]


Le travail de l'homme dans les 3 matrices

Annick de Souzenelle, conférencière et auteure, interviewée par Suzanne Renardat

[ Source ]


Auto-massage: 3 techniques à découvrir

Krystine St Laurent rencontre Danielle Belley, massothérapeute et discutent des différentes façons possible de faire l'auto-massage au quotidien

[ Source ]


Zéro déchet : remplacer le film plastique étirable par un film alimentaire lavable

Le film alimentaire lavable est une excellente alternative au film plastique étirable. Ce film alimentaire est fabriqué à l’aide d’un morceau de tissu, soit un tissu de récupération comme une vieille chemise ou un tissu fait avec du coton biologique, qui sera ensuite imperméabilisé avec de la cire d’abeille.

[ Source ]


The puzzling way that writing heals the body

In 1986 the psychology professor James Pennebaker discovered something extraordinary, something which would inspire a generation of researchers to conduct several hundred studies. He asked students to spend 15 minutes writing about the biggest trauma of their lives or, if they hadn’t experienced a trauma, their most difficult time. 

[ Source ]


A New Economy - Red Victorian clip

Jessy Kate Schingler introduces the Red Victorian, a co-living hotel in San Francisco

More on decision taking: Vibrant Community Online & Off - the Red Victorian Co-Living Hotel
More on Loomio, an app for collaborative decision-making: Loomio introduction tutorial

[ Source ]


 
 
  Flèche gauche
Volume 13, numéro 12 — Mercredi, 14 juin 2017
Flèche droite