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TroisTriangles
Kangen
CentreDentaire

Volume 13, Numéro 15 — Mercredi, 18 octobre 2017



Un numéro éclectique
    

Bien le bonjour,

Dans ce numéro, il y a un peu de tout, on pose sur chaque sujet un regard éclectique (qui est d'une disposition d'esprit non systématique, accueillante et qui adopte ce qui lui parait bon dans un ensemble d'idées, d'opinions).

D'abord, Renée Demers nous introduit au dix-huitième arcane du Tarot, La Lune. Comme il est ici question de symbolisme, le Tarot est toujours sujet à interprétation. Alors elle livre ce qu'elle y voit avec humilité sans la certitude de détenir la vérité. 

Avec ses deux filles, Yves Gagnon poursuit la tournée des fins restaurants avec une visite au Vin Papillon, rue Notre-Dame Ouest à Montréal. Pour gastronomes avertis.

Daniel Laguitton nous décrit l'impact des quatre piliers du patriarcat sur la société et l'environnement. Bonnes choses à savoir.

J'avais un ami qui disait souvent en parlant des grandes entreprises : « Un déluge de moyens, un désert de réalisations ». Hé bien je vous parle d'une petite entreprise qui a obtenu de grands résultats : la Fondation Coule pas chez nous.

Vous remarquerez que dans ce numéro il n'y a pas de suggestions de lecture. Il faut connaître ses limites. Pour séparer le bon grain de l'ivraie, ça prend une expérience que je n'ai pas. Covivia vous a habitué à un certain standard. Aussi bien ne rien mettre que de mettre n'importe quoi. S'il y a une personne qui a l'expérience et le goût de prendre la relève, j'apprécierais qu'elle communique avec moi.

Entre signer toutes les pétitions et n'en signer aucune, il y a la possibilité d'en signer quelques-unes. Celle-ci a attiré mon attention et je l'ai signée : Patrimoine mondial en danger - Sauvons la forêt de Bialowieza

Serge Grenier, éditeur
gestion@covivia.com



La Lune, dix-huitième arcane du Tarot
    

Renée Demers - Penser pour panser

La Lune, dix-huitième arcane du Tarot

Sur cette carte, La Lune bleue inonde la Terre de sa clarté feutrée. Sur L’Étoile, l’arcane majeur précédent, nous accédions à une première mention de l’influence cosmique. La nuit nous révèle cette interrelation omniprésente entre la Terre et le macrocosme. Dans la noirceur, la lumière des astres étincelle et celle du soleil nous est reflétée par la lune.

On peut voir ici un condensé symbolique de l’évolution terrestre en étroite connexion avec le cosmos. Au bas de l’arcane, nous apercevons une écrevisse au centre d’une mare. Elle représente les forces archaïques qui encore nous composent des millions d’années après que nos lointains ancêtres biologiques soient sortis du milieu aqueux.

L’écrevisse a la particularité de se propulser de reculons. Tout comme l’intelligence humaine qui a comme attribut de chercher dans le passé, la cause du présent. Car il est question d’intelligence dans cette carte. Le passé apporte une partie de l'information. Mais il n'est pas innovateur. La lune se présente à nous croissante avec un visage bleu de la même couleur que l’eau dans laquelle vit le crustacé. L’astre est entouré de chauds rayons qui se liquéfient tout autour symbolisant la puissance de notre cerveau de rayonner et de féconder. Notre entendement n’a pas la capacité de se représenter le mouvement qui traverse toute chose. C’est pourquoi elle résume ce qui croît et décroît à sa phase matérielle et statique perçue par nos organes de sens. La matière finie n’est qu’une étape dans un développement continu et éternel. Par exemple, la courge récoltée à l’automne est l’aboutissement d’un long cheminement qui depuis des millénaires se poursuit. À l’intérieur de la courge, une semence se développe pour créer un prochain spécimen. Autre exemple, ce que nous appelons les saisons pour accommoder notre perception du temps n’est qu’un continuum qui se renouvelle constamment. Les croissants grandissants qui ornent la lune insistent sur ce mouvement du vivant. 

La vie terrestre est mouvante et cyclique. L’écosphère et la nature humaine aussi. Notre esprit plus vaste que l'unique intelligence, est aussi intuitif, imaginatif, profond et il est en mesure de capter ce dynamisme en action. Il a deux faces, l'une consciente et l'autre inconsciente. Qui fait appel à toutes les facultés de l'esprit respecte les lois naturelles. La lune nous en informe avec ses croissants grandissants et nous met en garde contre l’illusion de la stabilité.

L’espèce humaine s’est développée depuis des millions d’années pour arriver à cette enveloppe corporelle que je porte. Le limon, les végétaux et les roches en étroite connexion avec l’eau de la mare ont permis aux formes d’évoluer de la cellule germinale jusqu’aux crustacés. Puis ceux-ci ont atteint le rivage fertile et ont lentement intégré les propriétés de différents minéraux pour développer la forme animale. Plus haut sur l’image, différentes lignes se succèdent devant les deux animaux indiquant des périodes de temps qui ont suivi avant que s’élèvent les deux tours. Chacune de ces étapes a laissé des traces en nous. Notre nature animale reprend le dessus plus facilement sans la lumière éblouissante du soleil. Les chiens nous informent que nous possédons aussi la force de l’instinct des mammifères. Différent de l’intelligence, ce sixième sens nous apporte des informations sur notre entourage et La Lune nous incite à y faire confiance. C’est grâce à l'instinct que la femme sait accoucher et que le bébé trouve le sein. Il est aussi le gardien de notre survie dans des situations périlleuses. Le contact avec la nature brute aide à le réveiller et à le préserver. Plus tard dans l’histoire, l’homme bâtisseur de civilisation prenant ici forme de tours s’est manifesté. Sommes-nous l’aboutissement d’un long processus biologique ou une phase dans un développement éternel ? La lune nous propose de réfléchir sur le processus évolutif terrien et son interconnexion avec le cosmos. Quelle est la prochaine phase ?

Les couleurs de l’espace terrien sont riches et denses et contrastent avec le blanc du ciel orné de gouttes jaunes, rouges et vertes. Celles-ci déversent leurs nutriments sur la terre. C’est durant la nuit au repos quand la conscience s’absente que notre corps refait ses forces. Le sommeil favorise la guérison. Poser une question avant l’endormissement est une recette connue de solution intuitive à un problème insoluble pour l’intelligence cartésienne. La nuit apporte conseil et résolution au chercheur en lui donnant accès à l’inconscient.

Des gouttes flottent dans l’air. Est-ce qu’elles tombent du soleil ou remontent-elles jusqu’à lui ? Elles indiquent une communication circulant entre la terre et le cosmos. Les chiens tendent leur langue pour y goûter. Les scientifiques ont compris le pouvoir que la lune exerce sur l’eau en observant les marées ainsi que la nourriture organique de grande qualité que celles-ci laissent en se retirant.

Tout comme la lune réfléchit la lumière du soleil et qu’il serait erroné de lui attribuer une clarté propre, cet arcane nous informe de notre capacité à réfléchir la lumière cosmique ainsi que de notre tendance à projeter nos fantasmes et nos illusions. La lune agit comme un miroir en redirigeant la lumière et notre esprit est de même. La clarté lunaire est trompeuse si l’on se fie uniquement à elle pour observer et se frayer un chemin. Il est difficile de distinguer le chien du loup quand la lune apparaît. Circuler dans la nuit demande d’affronter ses mirages et ses peurs.

L’arcane de la lune nous met en garde contre le danger de s’accrocher au passé et de s’y enliser comme l’écrevisse dans la vase. C’est un des écueils que la psychologie moderne rencontre. Les évènements du passé peuvent devenir un riche compost ou des sables mouvants. Les chiens hurlent à la lune. Je suis moi aussi dans la nuit quand je hurle ma peur déguisée en colère à l’autre, qui alors ne reflète que mon propre scénario.Il faut réaliser notre tendance à projeter pour appréhender avec justesse les circonstances de notre vie. Ensuite, il faudra se désenvoûter de l’attraction des connaissances accumulées dans les Tours, des traditions, des conventions de la civilisation et de la sécurité protectrice de leurs limitations. Chacun de nous doit affronter seul la profondeur de la nuit extérieure et intérieure pour devenir mature. Sinon toute notre vie nous resterons confinés dans l’utérus de la sensualité terrienne, dans la répétition du passé et empêtrés dans la mare émotive.

La nuit, nous accédons à la richesse intuitive de la lune. Dans les rêves, le temps n’existe pas, le langage est symbolique et opaque. Il est difficile de l'interpréter avec notre intellect. Ils fuient la clarté consciente. Il faut se les remémorer doucement, seulement être réceptif pour que les images déversent leurs subtiles informations dans notre intellect. La lune nous invite à développer notre côté yin, notre féminité intérieure, notre réceptivité. Les habitants de la terre se sont développés à partir de la mer qui leur a servi d'incubateur. Des millions d'années plus tard, nous provenons tous des eaux d'une mère. La connaissance initiatique choisit le yin disponible pour se révéler. L'astre bleu nous donne accès à un immense réservoir d’informations. Notre esprit possède la faculté lunaire de réfléchir la science cosmique sous forme d’intuition et d'initiative. Pour cela, il faut installer la tranquillité et le silence. La Lune est le lampadaire du domaine de l’inconscience qui temporairement illuminé déverse dans notre conscience une connaissance oubliée. Cependant ce territoire est bien gardé par deux chiens-loups et deux tours. Nul chemin n’est tracé. On n’y accède pas aisément et chacun de nous ne peut le faire que par lui-même.

Comment interpréter l’absence de personnes sur cet arcane ? Un visage humain est dessiné dans la lune. Situé en haut de l’image, il est ici représenté comme la quintessence actuelle de l’évolution terrestre inachevée, le lien entre la Terre et le cosmos. Semblable à la lune, il ne possède aucune lumière en soi, mais il a la capacité de refléter la lumière cosmique. Bleu comme l’eau, l'esprit humain est un réceptacle enceint dans lequel les forces cosmiques disposent des embryons.

Renée Demers
reneedemers@covivia.com

Bibliographie:

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Tarot spirituel

Thématiques : Spiritualité, Tarot


Ressources
Aquavie
Pranamat
Alchimiste

Tel un papillon
    

Champs libres

Tel un papillon

Vin Papillon - Extérieur

Il est rare qu'on se sente léger comme un lépidoptère à la sortie d'un restaurant, mais une escapade au Vin papillon procure cette insoutenable légèreté propre aux papillons.

J'y avais convié mes deux filles pour souligner leurs anniversaires. Il y avait longtemps qu'on me parlait de cet établissement réputé où le chef Marc-Olivier Frappier met habilement en valeur les membres du règne végétal qu'il trouve tout autour de Montréal chez de petits fournisseurs, dont la réputée famille Legault. Les végétariens y trouveront une proposition éclatée qu'ils n'auront pu expérimenter ailleurs puisqu'ici on crée, on invente, on innove. Malgré la place éloquente conférée aux légumes, on comprend en déclinant l'ardoise que l'offre n'est pas exclusivement végétarienne: on y trouve quelques plats de viande choisie ainsi que plusieurs garnitures carnées, à mille lieues des Natural Selection de Maple Leaf.

Comme au Vin papillon, on ne prend pas de réservation, on se doit d'arriver tôt. J'arrivai vers 18 h avec Catherine. On nous fit asseoir au comptoir en attendant l'arrivée de Mylène prévue dans la demi-heure. Ce séjour au bar nous permit de savourer en guise d'apéritif un Val de Loire Les Hautes-Noëlles, un vin de pays fait exclusivement du cépage Grolleau qui produit un nectar gouleyant et soyeux qui a préparé magistralement le palais pour les agapes qui allaient suivre.

La carte est l'œuvre de la merveilleuse sommelière Vanya Filipovic qui reconnaît la valeur supérieure des vins biologiques, biodynamiques, nature, élaborés par de petits producteurs, des critères qui correspondent parfaitement à ma philosophie du vin. Je suis ici en pleine confiance quant à la nature de tout ce que nous allons ingérer.

Vin Papillon - Intérieur

Aussitôt le cadre de porte franchi par Mylène, on nous assigne notre table. Jeanne nous présente le menu ainsi que la philosophie de la maison. Attentive à nos moindres requêtes, accueillante et enjouée, elle nous suggère de choisir plusieurs plats à partager pour le bonheur de chacun. Je lis sur l'ardoise les propositions du jour qui varient selon les arrivages tout comme les vins. Je suis excité par l'originalité des propositions et dois me restreindre en fonction de nos appétits. On voudrait tout essayer, tout goûter.

Je choisis pour accompagner le repas un sauvignon d'Ardèche, La chasse aux Papillons de Jérôme Jouret que Jeanne nous décrit comme reflétant peu le caractère des sauvignons classiques, puisque beaucoup plus rond et moelleux ce que sa dégustation confirmera. Jusqu'à sa lie, le vin s'arrimera à merveille à chacun de nos plats.

En guise de mise en bouche, nous optons pour une fougasse couverte de crevettes nordiques fumées – sur place, bien sûr – garnies d'une crème sure relevée aux herbes.

Suivent en enfilades une salade magistrale de céleri-rave taillé en fines tranches rehaussée de champignons sauvages, un plat de champignons homards légèrement panés accompagnés d'une mayonnaise à la tomate, d'un éclair – fait de pâte à chou maison – aux carottes fumées et, pour couronner le tout, une poitrine de poulet grillé au charbon de bois accompagné de brocolis à peine tombés relevés légèrement de filets d'anchois. L'excitation est à son comble, les parfums et les saveurs en parfait équilibre, on déguste une harmonie qui conduit droit au firmament. Je donne mille étoiles au chef.

Je poursuivrais l'expérience dans le salé, mais vu la gourmandise de mes filles pour les douceurs, nous décidons d'opter en guise de conclusion pour trois desserts signés Guillaume Morin, le pâtissier d'office. Nous fondons pour une tartelette aux prunes Mont-Royal coiffée d'une faisselle de chèvre, nous tombons pour un Paris-Brest au maïs servi dans l'enveloppe, garni de mûres et de crème sure et nous succombons à un sorbet aux raisins Concord auréolé d'une mousseline à saveur cheese-cake. Une conclusion d'une rare élégance.

Pour clore cette rubrique, je me dois de vous faire part de la félicité qui semble animer l'âme de chaque client de ce restaurant qui par leur expression exprime une joie, une connivence et une gratitude indéniables. L'expérience sensorielle confirme Montréal comme phare mondial de la créativité culinaire tout en permettant une exploration festive de notre terroir, cohérente et relativement accessible, puisque les prix des plats sont raisonnables, permettant ainsi à plus grand nombre d'expérimenter cette insoutenable légèreté qu'on attribue aux papillons.

Mes filles étaient repues et heureuses à la sortie du restaurant. Pour ma part, mes molécules flottaient. Je recommande sans hésitation le Vin Papillon, tant pour le service cordial et chaleureux que pour sa table éclatée et sa carte de vins exemplaire. Il importe toutefois de rappeler que le restaurant ne prend pas de réservations. Donc, si on désire se prêter à l'expérience mieux vaut arriver tôt. Au pire, on savoure quelques vins dégotés par Vanya au comptoir, en attendant qu'une table se libère.

Yves Gagnon
Les Jardins du Grand-Portage

Le vin papillon
2519, rue Notre-Dame Ouest (métro Lionel-Groulx)
Montréal
Ouvert de 15 h à minuit du mardi au samedi
Prévoir de 50 $ à 100 $ par personne
vinpapillon.com - @vinpapillon

Les Serres Legault

Rutabaga rumba

Je récidive cet automne en présentant à deux reprises mon cabaret Rutabaga Rumba – Cabale malade qui comprend sketches, monologues, chansons, musiques, sexe et poésie.

Accompagné sur scène par Marc-Antoine Sauvé aux guitares, à la voix et aux percussions ainsi que par Daniel Heikalo aux guitares, au cistre, au banjo et à la flûte, je revisite mes classiques à la sauce moutarde, présente quelques textes récents et chansons nouvelles et livre un monologue sur l'orientation sexuelle.

Décapant ce cabaret? Iconoclaste? Désopilant? À vous de le qualifier en vos propres termes. Une chose est certaine, on ne demeure pas indifférent en assistant à cette cabale malade.

Le vendredi 20 octobre
Crapo
187, rue Sainte-Louise, Saint-Jean-de-Matha
18 h à 20 h
Contribution volontaire

Le vendredi 10 novembre
Atomic café
3606, rue Ontario, Montréal
20 h
Contribution: 10 $

Rutabaga Rumba

Thématiques : Alimentation



Sur les pas de Thomas Berry - Un patriarcat à quatre pattes
    

Sur les pas de Thomas Berry

Un patriarcat à quatre pattes

Le chapitre 11 de The Dream of the Earth [Le rêve de la Terre], traité d’écologie intégrale de l’écothéologien américain Thomas Berry, est intitulé Le patriarcat, une nouvelle interprétation de l’histoire. Cette nouvelle interprétation repose notamment sur les travaux de Marija Gimbutas (1921-1994) archéologue Américaine d’origine lithuanienne spécialiste de l’âge du bronze en Europe. Grande découvreuse de figurines représentant des corps de femmes aux formes hypertrophiées, elle les interpréta comme des vestiges d’un culte préhistorique de divinités féminines dont elle explique la disparition progressive par son hypothèse kourgane selon laquelle un peuple de cavaliers venu des steppes d’Asie centrale aurait pénétré en Europe de l’Est environ quatre millénaires avant notre ère et progressivement remplacé les cultures matricentriques antérieures par une organisation sociale plus hiérarchique et guerrière qui perdure depuis cinq millénaires et à laquelle on doit une agression sans précédent de la Terre-Mère. Les cultes bien documentés des déesses-mères du pourtour de la Méditerranée auraient été les vestiges des cultures matricentriques antérieures. Cette théorie fait parfois l’objet de critiques sévères, récemment sur la base de découvertes génétiques, mais il n’est pas exclu que leur virulence ne soit qu’une démonstration de plus de la résilience du patriarcat.

Qu’il soit ou non nécessaire d’invoquer l’existence de cultures matricentriques avant les cinq derniers millénaires n’enlève rien à la pertinence de l’analyse que fait Thomas Berry du régime patriarcal, ni à celle de son engagement pour favoriser l’émergence d’un omnicentrisme, qu’il définit lui-même comme une culture où « les systèmes écologiques constituent un processus participatif global ». « Cette ère pourrait également être désignée comme l’ère écoféministe étant donné que les spontanéités et les qualités nourricières de cette période correspondent à ce que l’on désigne traditionnellement comme féminin. Cela contraste avec l’ère patricentrique que l’on désigne généralement sous ses aspects oppressants par le terme patriarcat ».

Il est sans doute utile de résoudre ici l’ambiguïté liée à l’adjectif « féminin » qui désigne souvent ce qui relève exclusivement de la femme alors que, dans un contexte philosophique ou ontologique, il désigne un mode de relation au monde qui transcende les considérations liées au sexe ou au genre et correspond au concept chinois de « yin ». Cette désambiguïsation permet de voir dans le « féminisme », au sens de lutte pour la reconnaissance de l’égalité sociétale des femmes et des hommes (parfois selon des règles d’engagement très patriarcales), une composante d’un « féminisme » au sens plus global de rééquilibrage du yin et du yang dans le contexte pathologique « hyper-yang » du patriarcat. Dans les mots de Thomas Berry : « Si nous nous penchons sur les causes premières de cette réévaluation critique de la civilisation occidentale, nous les trouvons dans la montée d’une conscience féminine et dans la dévastation actuelle de toutes les formes de vie de base de la planète provoquée par les régimes machistes qui se sont succédé durant cette période. Le nouveau mode de conscience écologique qui voit le jour se caractérise par l’émergence d’une communauté terrestre ayant une dimension hospitalière fondamentale qui reflète davantage des valeurs féminines traditionnelles que des valeurs masculines ».

Thomas Berry élargit aussi le sens du mot « patriarcat » : « Le terme “patriarcat” a évolué pour désigner aujourd’hui le contexte global de la condition actuelle non seulement des femmes, mais aussi ce qu’il advient de la structure de notre civilisation et de la planète elle-même ». La seule sortie viable de l’anthropocentrisme patriarcal qui a conduit la planète aux soins palliatifs passe, selon lui, par un omnicentrisme reposant sur la reconnaissance de la noblesse et du rôle essentiel de tous les habitants de la maison commune.

« Lorsque nous nous penchons sur le processus historique occidental, quatre types d’institutions patriarcales semblent avoir contrôlé l’évolution historique occidentale au cours des siècles. Même si nous considérons ces entités comme bénignes, et aussi brillantes qu’aient été certaines de leurs réalisations, il nous faut reconnaître que leur pouvoir de destruction est devenu de plus en plus virulent, au point où elles menacent aujourd’hui de mettre fin à tous les systèmes biologiques de base de la planète.

Ces quatre entités sont : les empires classiques, les institutions ecclésiales, l’État-nation, et la grande entreprise moderne. Ces quatre institutions sont exclusivement dominées par des hommes et visent avant tout à satisfaire l’humain dans une perspective masculine ».

Examinons brièvement la morphologie de ce résilient quadrupède.

Les empires classiques constituent le motif de base de l’histoire sanglante qu’on nous a enseignée, des Perses de Darius aux empires coloniaux du XXe siècle, en passant par l’empire macédonien d’Alexandre le Grand, par Rome et par Byzance, sans oublier un certain Napoléon Bonaparte. « Ces empires adoptèrent une symbolique cosmique et établirent leurs relations de pouvoir soit via une lignée de souverains dont la naissance confirmait le statut royal et divin ou celui d’incarnation d’un pouvoir cosmique, soit via un cérémonial religieux de couronnement ».

Le second pilier, l’empire ecclésial, se résume en Occident aux Églises chrétiennes et principalement à l’Église catholique, bien qu’il ne faille pas négliger les Églises évangélistes dont le prosélytisme reste une forme d’impérialisme parfois virulent. « L’Église ne contrôlait pas seulement la croyance religieuse et la discipline morale de la société européenne, elle y contrôlait aussi la formation intellectuelle et culturelle. Si l’économie, le droit et la politique avaient un statut relativement indépendant, l’interprétation qu’en faisait l’Église ne dominait pas moins également ces domaines d’activité. Les Croisades, une des préoccupations centrales des siècles médiévaux étaient commanditées par l’Église et cette dernière mandatait les différents souverains de les mener à l’aide de leurs armées ».

Le troisième pilier, l’État-nation est une forme évoluée des cités-États de l’époque médiévale et de la Renaissance. Il consacre le report vers la « patrie » [du latin pater, le père] d’une allégeance populaire jusque-là exclusivement dirigée vers l’Église. « La montée du niveau d’alphabétisation et des classes bourgeoises, ainsi que l’arrivée de nouvelles technologies mit le monde séculier au premier plan. La philosophie politique de John Locke, avec son emphase sur les libertés individuelles et la liberté d’association fut un autre facteur qui conduisit, sur le plan politique, à l’avènement de gouvernements constitutionnels représentant, en principe, la volonté du peuple et assurant la protection de ses libertés.

[…] On assista alors à la mise en place d’assemblées nationales, à l’adoption de drapeaux, d’hymnes nationaux, d’histoires nationales, de programmes nationaux d’éducation, d’économies et de monnaies nationales, ainsi que de tout l’éventail d’infrastructures des sociétés industrielles modernes avec ses systèmes de transport, de distribution postale, d’aqueducs, d’égouts, et ses services publics en tous genres.

[…] Cette nouvelle dévotion envers la communauté politique n’était pas sans ressembler à une ferveur religieuse. La date de fondation de la nation ou de la révolution nationale devint le jour le plus sacré de l’année et les leaders révolutionnaires les personnalités les plus respectées ».

Avec l’État-nation s’installe un culte de la souveraineté nationale et, curieusement, les États-nations souverains ne semblent avoir eu aucun scrupule à compromettre la souveraineté des populations de leurs empires coloniaux. Ironie ultime, l’État-nation qui a probablement interféré le plus souvent avec le processus électoral des autres nations s’étouffe aujourd’hui d’indignation à l’idée que son propre processus électoral puisse avoir subi une interférence étrangère. Le manque de loyauté envers la nation prit le nom de haute trahison, souvent sanctionnée par la peine de mort, et les dérives extrêmes de ce nationalisme exacerbé ressemblent à s’y méprendre à l’Inquisition, pensons au Maccarthysme des années 50 et au « Make America great again » de la télé-irréalité trumpienne.

Quatrième patte du patriarcat, très griffue celle-là, la grande entreprise, alias la multinationale qui s’arroge aujourd’hui le droit de poursuivre les États-nations qui auraient l’impudence de faire obstacle à son impérialisme financier et « culturel ». « L’entreprise moderne, qu’elle soit industrielle, financière ou commerciale peut être considérée comme la quatrième manifestation destructive du patriarcat, bien qu’elle se plaise à se présenter comme la source première de tous les bienfaits qui contribuent au bien-être de la population. […] Qu’elle soit industrielle, financière ou commerciale, l’entreprise est considérée comme le principal outil de “progrès”, bien que la signification de ce terme ne soit jamais claire. On semble tenir pour acquis que plus le monde naturel est dévasté par la construction de routes, d’aéroports, de projets de développement, de centres commerciaux, de supermarchés et de sièges sociaux d’entreprises, plus on s’approche de la réalisation du “rêve américain”. C’est précisément ce rêve d’un nouveau pays des merveilles créé par l’homme qui sert à l’industrie publicitaire pour induire ce niveau de consommation intense dont les entreprises dépendent pour asseoir leur contrôle de plus en plus grand de notre société tout en s’assurant des profits de plus en plus grands. La publicité a permis aux entreprises de prendre le contrôle des médias et, de contrôler, par leur intermédiaire les forces psychiques et physiques les plus puissantes de la planète ».

Voilà donc esquissée la morphologie du grand prédateur, puisse la sixième extinction annoncée ne porter que sur ce quadrupède.

DanielLaguittonDaniel Laguitton
Abercorn, Qc

Thématiques : Écologie, Société



Ça ne coulera pas chez nous!
    

Fondation Coule pas chez nous

Entrevue avec Audrey Yank et Geneviève Richard, par Serge Grenier

J'imagine qu'en apprenant la nouvelle de l'abandon de l'oléoduc Énergie Est par TransCanada, ça a dû être la joie dans votre groupe.

Oui, tous les groupes membres, non membres et partenaires de la Fondation ont réagi en même temps. Tout le monde était très content. Ça fait du bien de fêter une fois de temps en temps.

Est-ce que vous l'aviez vu venir ou si ça vous a pris par surprise?

On s'y attendait un peu quand TransCanada a mis l'analyse environnementale sur pause pendant 30 jours tant au niveau fédéral que provincial. On avait hâte de voir ce qui allait se passer à la fin de ces trente jours-là. La surprise a été que la déclaration soit faite avant la fin des 30 jours. C'est certain que TransCanada a eu beaucoup de bâtons dans les roues à différents moments, autant pour ce qui est de l'acceptabilité sociale que pour l'ajout de l'évaluation des gaz à effet de serre par l'Office national de l'énergie. On voyait de moins en moins comment ce projet-là pouvait être viable.

Manifestation
Lancement de Coule pas chez nous - Photo : Yohann Ducasse

Au début Coule pas chez nous était une campagne de sensibilisation, puis c'est devenu une Fondation...

Ça a commencé par une campagne d'information et de sensibilisation sur l'enjeu de l'oléoduc, puis on s'est incorporé en tant qu'organisme à but non lucratif suite au passage de Gabriel Nadeau-Dubois à Tout le monde en parle.  Il nous avait contacté auparavant pour nous demander si on acceptait qu'il verse la somme de sa bourse (25 000$) et de la campagne Doublons la mise (objectif de doubler le montant à 50 000$). Ce qui a été une grosse surprise c'est le montant amassé et l'intérêt que la campagne de financement a suscité. On a senti que le public était derrière nous. Ce n'est non 50 000$ mais plutôt presque que 400 000$ qui ont été amassés en une semaine. Ça prenait une fondation afin que ces montants soient réellement mis au service du mouvement citoyen dans la lutte au transport des hydrocarbures non conventionnels.

Toutes les personnes impliquées dans le mouvement sont bénévoles, sauf une employée à temps partiel qui relève du CA . Plusieurs travaillent dans le milieu environnemental, d'autres ont des emplois dans le domaine de la formation. Nous sommes une trentaine de groupes membres et comités de citoyens provenant des différentes régions du Québec. Tous ont droit de vote à l'assemblée générale où les décisions sont prises et les mandats donnés au CA qui assure la continuité de la gestion de la Fondation entre les assemblées générales. En fait, dans nos rêves les plus fous, on aurait des réunions du CA aux deux semaines. Mais techniquement c'est plutôt aux trois semaines ou, gros maximum, une fois par mois.

Les assemblées générales se font en personne la majorité du temps, mais étant donné qu'on vient toutes de régions différentes présentement, les conseils d'administration se tiennent à distance par Internet. On s'envoie aussi de nombreux courriels, presque tous les jours pour différents suivis, que ce soit pour des demandes comme la vôtre, pour l'avancement des projets ou pour la préparation des AG. Avant l'annonce, on travaillait sur la planification stratégique pour l'année prochaine. C'est certain que l'abandon du projet provoquera des modifications aux priorités des membres. Alors on a mis une croix là-dessus. On va attendre la prochaine assemblée générale pour voir où les membres veulent aller.

Concernant la campagne des microbrasseries : Comment l'idée est-elle venue? Comment ça s'est développé?

L'idée est venue d'une personne qui n'était pas au CA, mais qui était impliquée activement dans Coule pas chez nous. Elle a présenté cette idée-là en assemblée générale. On l'a discutée. Finalement une proposition plus détaillée a été faite après les premiers contacts avec les microbrasseries. Puis l'assemblée générale a décidé d'en faire une campagne à part entière et de lui attribuer un financement pour la faire décoller. Deux personnes ont piloté le projet, une personne qui était dans le CA et l'autre qui ne l'était pas. Elles ont contacté des microbrasseries qui ont accepté de créer la recette et de brasser la bière. Par la suite, les comités de citoyens ont fait des contacts dans leurs régions respectives et d'autres microbrasseries se sont montrées intéressées à se joindre à la campagne. On a atteint une trentaine de microbrasseries au total.

En ce qui a trait au fonctionnement démocratique, vous êtes-vous inspirées de modèles comme Communication non violente ou Leading from the emerging future?

Non, nous ne les connaissons pas, mais ça a l'air intéressant, tu nous enverras les liens. Nous, on y va instinctivement. On recherche un modèle d'organisation qui permet à tout le monde de s'impliquer. On veut prendre les décisions de façon horizontale. On vise le consensus le plus possible. Je pense que l'idée c'est de faire connaître la voix des différents comités qui s'impliquent dans toutes les régions de la province. Puis de permettre autant aux idées qui viennent du CA qu'à celles qui viennent de la base de se concrétiser. Ça permet aux personnes qui s'impliquent de sentir qu'elles ont une place dans l'organisation et que leurs idées sont prises en compte.

Le CA est totalement féminin. C'est voulu ou c'est le hasard qui a bien fait les choses?

Non, ce n'est pas voulu. En fait avant le mois de juillet c'était assez mixte. À la dernière assemblée générale, les garçons ont malheureusement quitté et les personnes qui se sont proposées pour les remplacer étaient toutes des filles. Ça adonne comme ça pour le moment. Mais on est toujours contentes quand il y a des hommes aussi. Ça fait un beau mélange.

Manifestation
Photo : Anne-céline Guyon

Au début de tout ça, est-ce que vous vous connaissiez déjà?

C'est dur à dire parce qu'on a pas le portrait de tout le monde, mais en tout cas, selon mon expérience la plupart des gens que j'ai côtoyés là-dedans ne se connaissaient pas vraiment auparavant. J'ai connu les autres en m'impliquant dans des comités citoyens. En ce qui me concerne, j'avais une collègue qui était dans le même comité d'environnement que moi et maintenant nous sommes toutes deux sur le CA. Je ne sais pas si Audrey tu as une autre expérience?

En fait, beaucoup de personnes ont voulu s'intégrer au mouvement Coule pas chez nous simplement parce qu'elles en ont entendu parler. De mon côté, j'étais là dès la création de la campagne. Je dirais qu'il y avait certaines personnes qui se connaissaient déjà, d'autres pas. Dans les régions plus au sud de la province, un an ou deux avant la création de Coule pas chez nous, des comités s'étaient formés pour mobiliser les citoyens sur la question de la ligne 9B (l'inversion d'un vieux pipeline qui traversait la couronne nord de Montréal). Ailleurs, des comités s'étaient formés pour lutter contre l'exploitation du gaz de schiste. Tous ces groupes ont contribué à mettre sur pied la campagne Coule pas chez nous. Au début on ciblait tous les moyens de transport. Puis TransCanada est devenu l'objectif principal.

Erratum :

Quelques précisions fournies par Marc Brullemans,
porte-parole du CVH de Trois rivières

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Monsieur Grenier,

Merci pour votre idée de raconter l'histoire de CoulePas Chez Nous.

Ayant suivi le dossier depuis 2010, ayant participé aux premières rencontres entre les groupes citoyens opposés aux pipelines et ayant participé à la fondation de la Fondation Coule Pas Chez Nous, j'aimerais porter à votre attention quelques éléments.

Il faudrait ici changer le lien concernant les comités luttant contre le gaz de schiste.  Étant membre fondateur du Moratoire d'une Génération (MDG) et membre d'un comité fondateur du Regroupement Interrégional Gaz de Schiste de la Vallée de St-Laurent (RIGSVSL), il faut ici se rendre compte que ce sont les groupes citoyens du RIGSVSL et non les membres individuels du MDG qui ont démarré la campagne Coule Pas Chez Nous, bien que l'on ne puisse exclure quelques personnes qui ont participé à la fois à la Marche de 2011 et à celle de 2013.

Lors de l'année 2013, ce sont surtout  les comités vigilance de la rive Nord (entre Repentigny et Québec) qui se sont affiliés aux groupes Stop-Oléoduc et à la COVO et tous ont convenu de se réunir afin de se renforcer et mener une campagne nationale.

Ensuite, dans la foulée de la catastrophe de Lac Mégantic, quelques groupes citoyens sur la rive Sud, principalement de Longueuil à Drummondville, se sont aussi joints au mouvement. C'est d'ailleurs à ce moment là que le RIGSVSL est devenu le Regroupement vigilance hydrocarbures Québec (rvhq.ca)  et a tenté de fédérer l'ensemble des comités citoyens, du Très St-Rédempteur à Gaspé.

Bref, si vous pouviez changer le lien ci haut par celui-ci par exemple:
Des centaines de citoyens accueillent la Marche des peuples pour la Terre mère à Québec et manifestent contre les oléoducs transportant du pétrole issu des sables bitumineux

On y mentionne la présence du RIGSVSL et de son porte-parole, Jacques tétreault, qui était alors porte-parole national de la Campagne CPCN.

Vous remerciant pour tout,

Marc Brullemans

Les actionnaires de TransCanada ont perdu beaucoup d'argent là-dedans. Pensez-vous qu'ils risquent de remettre en question la direction de l'entreprise et partir dans une autre direction ou vont-ils continuer de faire du trouble autrement?

C'est une bonne question. Je ne sais pas en fait. Des entreprises ont déjà remis en question des décisions prises par les gouvernements. Comme dans le temps du pipeline Keystone XL, il y a eu une poursuite en dédommagement contre le gouvernement. La situation a changé depuis. Quand ils ont mis le projet sur pause pendant 30 jours, nous avions envie de croire que c'était parce qu'ils voulaient l'abandonner. Mais moi j'avais peur que ce n'était que pour pouvoir revenir plus forts encore. Je suis vraiment contente de m'être trompée. Mais cette inquiétude va toujours rester. Il y a une lutte à continuer. Il y en a un de tombé, mais malheureusement il y en a d'autres.

Ce ne serait pas surprenant, comme dans le cas de Petrolia, qu'ils reviennent avec quelque chose d'autre. Mais en même temps, je pense qu'ils ont senti l'opposition générale et la force du mouvement. Donc j'espère qu'on va être assez forts pour leur ôter l'envie de recommencer. Mais c'est sûr que c'est une question qui demeure ouverte.

Avez-vous vu aux nouvelles que la banque BNP Paribas en Europe a décidé de retirer ses billes des sables bitumineux?

Non, je ne l'avais pas vu, mais c'est une excellente nouvelle.

Ce n'est pas la première, il y a eu d'autres compagnies qui ont fait la même chose, par exemple une entreprise norvégienne. Plusieurs entreprises prennent conscience qu'il faut changer de direction. C'est vraiment une tendance. C'est l'avenir et c'est plus logique. Je pense que les chiffres remettent en question la viabilité de tous ces projets, en termes de coûts et des impacts énormes que ça entraîne.

En terminant, qu'est-ce que nos lecteurs et lectrices peuvent faire pour vous aider?

Je pense que le premier truc c'est de parler de ces sujets-là autour de vous sur les réseaux sociaux ou ailleurs pour que la sensibilisation grandisse, que la conscientisation augmente à tous les niveaux dans la population. Je pense que c'est ça le truc de base, le premier niveau d'implication. À un autre niveau, on a toujours besoin de nouveaux membres. Plus on a de monde, moins chaque personne a besoin d'assumer de tâches et de responsabilités. Ça allège un peu. Ça amène de nouvelles idées et un vent de fraîcheur aussi. Les gens s'impliquent à la mesure de ce qu'ils ont envie de donner. C'est sur que s'impliquer dans des comités citoyens, de faire des actions, c'est le super niveau selon moi.

Auto-collants
Huard avec auto-collant

S'il y en a qui sont intéressés à se joindre à nous et à s'impliquer dans leur région, sur notre site internet il y a la liste de tous les comités de citoyens avec les contacts. On a aussi une campagne qui demeure toujours d'actualité : celle du huard englué où on appose un collant sur les pièces de un dollar pour symboliser le canard englué dans le pétrole. On peut commander les auto-collants en ligne. Il y a aussi la campagne Coule pas dans mon cours d'eau, qui est tout aussi pertinente. Il y a l'affiche Coule pas chez nous. Finalement, notre site offre beaucoup de documentation pour les personnes qui voudraient faire du porte-à-porte dans leur coin ou aller voir leur conseil municipal.

Ce n'est pas parce que TransCanada a abandonné son projet d'oléoduc qu'on va arrêter. Comme Geneviève le disait tantôt, ça ne fait qu'un dossier de moins. Il y a d'autres projets d'exploitation du pétrole, d'autres pipelines ailleurs au Canada. On veut conserver la mobilisation et la pression sur les décideurs. Aussi, la transition énergétique est au cœur de la mission de Coule pas chez nous. Nous allons continuer dans cette direction-là.

Merci beaucoup!



Sur la toile
    

MIDWAY - Film by Chris Jordan - Trailer

Ça date un peu, mais c'est encore d'actualité :

« Using space narration and stunning imagery, Chris Jordan's feature film Midway explores the plight of Laysan albatross plagued by the ingestion of out plastic trash. Both elegy and warning the film explores the interconnectedness of the species, with the albatross on Midway as a mirror of our humanity. »

(Voir aussi : Midway, a plastic island)

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Comment une crèche de Limoges déclare la guerre aux perturbateurs endocriniens

Bientôt plus de perturbateurs endocriniens dans les crèches de Limoges? La ville souhaite en effet, à terme, les supprimer totalement dans les 13 crèches de la ville. Et la pionnière en la matière est la crèche Joliot-Curie qui vit depuis quelques mois sa transition pour éradiquer les perturbateurs endocriniens.

[ Source ]


An Open Letter to Legislators Currently Considering Vaccine Legislation

Dear Legislator:

My name is Tetyana Obukhanych.  I hold a PhD in Immunology.  I am writing this letter in the hope that it will correct several common misperceptions about vaccines in order to help you formulate a fair and balanced understanding that is supported by accepted vaccine theory and new scientific findings.

Tetyana Obukhanych

[ Source ]


Les Jardins de Marie-Bio

« Les jardins de Marie-Bio c'est un incubateur pour la relève agricole, donc c'est pour promouvoir l'agriculture et aider les gens. Je loue des parcelles de terre à des jeunes qui veulent se partir en agriculture mais qui n'ont pas de terre. Parce que le principal problème, c'est l'accès aux terres. L'argent que ça prend. »

[ Source ]


Pois chiches à l’Indienne

Rapide, frais et légèrement relevé ce plat est idéal pour les repas de semaine et se réchauffe aussi très bien pour les lunchs. Pourquoi se compliquer la vie? Les meilleures recettes sont souvent les plus simples!

Pois chiches à l'indienne

[ Source ]


 
 
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Volume 13, Numéro 15 — Mercredi, 18 octobre 2017
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