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TroisTriangles
GaiaViau
CentreDentaire

Volume 14, numéro 2 — Mercredi, 7 février 2018


Renouveau
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Bonjour tout le monde,

Je reviens à mes amours avec ce mot de l'éditrice. La rédaction de ce texte est toujours la touche finale du webzine. J'aime particulièrement cet exercice et celui-ci est spécial. Il présente le premier de la nouvelle série de dix numéros par année. Je suis de retour à la barre. Les soubresauts automnaux sont derrière. Ils ont provoqué une remise en question et une mise au point salutaires. Nous avons reçu plusieurs messages d'encouragement de lectrices et lecteurs. Toute l'équipe se réjouit de la continuité. 

J’ai toujours 12 ans quand je débute une réflexion sur une thématique pour un éventuel article pour Covivia. La vitalité, le désir et la timidité gauche d’une enfant à l'aube de l'adolescence telle une communicatrice vierge et inexpérimentée. N'est-ce pas le propre de l'état créatif ? Le cœur ouvert, l’esprit jubilant, la conscience craintive et l’âme allumée. Cette fois, la gestation a été plus longue. Pendant quelques semaines j’ai porté ce projet de rédiger un texte sur la dévotion. C’était inconfortable. J’ai hésité à commencer à inscrire les premières phrases. Plusieurs fois j’ai ouvert puis fermé la page dans Word. Le fruit n’était pas mûr. Puis un matin mes doigts animés sur le clavier dessinèrent rapidement la dévotion. Je souhaite qu'ils fertilisent vos esprits. Voici mon souhait. Sans prétention, en toute humilité.

La dévotion est un sujet hasardeux au regard de mon jugement contemporain matérialiste et pratique. Mais sans risque, l'écriture se réduit à de l’imitation et elle perd alors son pouvoir créatif. La lecture d’un ouvrage de Rudolf Steiner est à l’origine de cette rédaction. Rudolf Steiner (1861-1925) est l’initiateur du mouvement anthroposophique, appellation qui désigne l’étude de l’être humain à la lumière de la science spirituelle. Il est un de mes mentors depuis près de quarante ans. Je reviens à son enseignement sporadiquement et longtemps après que j’ai refermé un de ses ouvrages, je suis labourée par les vérités qu’il livre. Mon âme nourrie s’en réjouit.

Yves Gagnon nous livre un récit touchant de fin de vie. Il a accompagné sa mère dans ce passage mystérieux. La mère et la mort ont en commun le pouvoir de l’enfantement. L’une pour arriver ici sur la Terre et l’autre pour en repartir. Quand elles sont associées dans cet ultime acte personnel qu’est de quitter l'enveloppe physique, la puissance initiatique et spirituelle est immense pour celui et celle qui accompagne la mourante.

Diane Mackay nous présente le plantain, plante humble par excellence. Si la sagesse d’un maître expert se mesure à son humilité, le plantain gagne haut la main la médaille d’or mais il faudra aller le chercher dans le terrain vague plutôt que sur un parterre d’exposition horticole. Ce simple sert souvent d’initiateur à l’herboristerie. Dans tous les camps de vacances ou lors d’une excursion scoute, des animateurs ont informé des enfants en larmes des bienfaits du suc du plantain mâché appliqué sur une piqûre d’insecte. Et savez-vous quoi, c’est vrai ! C’est ce dont Diane Mackay nous informe et bien plus.

Jacqueline Martin et Danièle Laberge embellissent nos pages de leurs photos lumineuses. La scène mystérieuse du sommaire a été captée à Vanarasi en Inde. Les clichés du ciel et du plantain dans ces différents stades de Danièle Laberge ont été quant à eux pérennisés au Québec. Jean-Yves Dionne, pharmacien, pharmacologue, scientifique, expert en produits de santé naturelle et santé intégrative, communicateur (alouette !) nous suggère des pistes pour conserver un cœur en santé. Serge Grenier, webmestre et édimestre, a effectué un travail d'orfèvre avec tous nos morceaux épars. 

Vous trouverez plus de suggestions de lectures et de références sur la toile dans ce numéro. Étant donné que nous avons diminué le nombre de parutions, je me suis permis de bonifier ces sections. Les livres répertoriés dans la rubrique « Suggestions de lectures » sont choisis à partir des sites des éditeurs, des forums de lecteurs, de mon expertise comme libraire et de mon intuition. Je vous invite à consulter les ouvrages avant de vous les procurer. Je n’atteste pas de leur excellence.

On se retrouve le 6 mars pour une autre aventure de l'équipe de Covivia !

Jacques Languirand
 (1931-2018)

Jacques LanguirandJacques Languirand est décédé le 26 janvier 2018. Je rends un dernier hommage à ce passeur qui avec intelligence et humour a honoré la connaissance pendant plus de quarante ans à Radio-Canada. Il a traversé les âges mettant ses talents de communicateur au service des différents arts de la scène. Mes parents témoins du passé l'avaient apprécié comme comédien dans leur jeunesse. Pour ma part, j'ai connu l'animateur radio vulgarisateur d'excellence et l'auteur de livres sur l'ésotérisme, sujet tant décrié par plusieurs intellectuels québécois. Il avait cette capacité de synthétiser et de bâtir des ponts entre différents courants de pensée et savoirs scientifiques. Son rire, sa sagacité et la vitalité curieuse dans sa voix retentissent encore dans mes oreilles. Merci, Monsieur Languirand pour les nouveaux chemins, pour la promotion de la lecture, pour la vision écologiste et pour l'avancement de la conscience en terre québécoise.

Bonne lecture,

Renée Demers
reneedemers@covivia.com


Dévotion
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Renée Demers - Penser pour panser

Dévotion

J’ai relu dans les dernières semaines un ouvrage fondamental de Rudolf Steiner intitulé : Comment acquérir des connaissances sur les mondes supérieurs ou l’initiation (1). Ce livre écrit au début du 20e siècle propose un enseignement pratique de procédures pour augmenter notre sensibilité et ainsi percevoir des réalités invisibles à nos sens physiques : la vue, l’ouïe, le toucher, le goût et l’odorat.

La première recommandation de Rudolf Steiner concerne la dévotion, la reconnaissance de son action pour l’âme. Il nous invite à nous y consacrer.

Dans ma jeune vingtaine, j’ai renoué avec le concept de dévotion en m’initiant à la spiritualité indienne. C’est un élément fondamental de la relation entre le disciple et son gourou. Ce rapport m’effrayait alors, car cela s’apparentait dans ma psyché à de la soumission aveugle, de la crédulité ou de l’esclavage. Dans la tradition orientale, l’importance est mise sur l’état intérieur que crée l’attitude obéissante chez le disciple. La dévotion ouvre le cœur, rend humble, soigne l’égo et permet la transmission d’enseignant à élève. Ce que reçoit le maître dans cette vénération est secondaire. Sa responsabilité de guide prime. Cela demande beaucoup de maturité pour ne pas glorifier sa propre personne de cette attitude de dévouement, ne pas gonfler le soi et ne pas abuser de sa position d’autorité. Le gourou est un être humain… L’adepte doit demeurer vigilant.

Qu’est-ce que la dévotion ? C’est un mot peu prononcé. Quand j’étais petite, mes tantes échangeaient au sujet de leur dévotion à Marie ou à Saint-Jude. Il y avait un sanctuaire dédié à ce dernier sur la rue Saint-Denis où elles se rendaient prier pour dénouer des causes perdues. Elles imploraient Marie à l’église le dimanche agenouillée devant sa statue portant Jésus pour soutenir leur force physique et morale maternelle exténuée par la maladie de leur enfant. À bout de ressources, elles s’abandonnaient à plus grand que soi pour achever leur tâche colossale. À l’adolescence, j’ai raillé ce type de dévouement.

Rudolf Steiner quant à lui réserve la dévotion à la vérité et à la connaissance. Il spécifie très clairement que ce penchant ne s’adresse pas à un maître. Je comprends tout à fait qu’il nous mette en garde. Le conditionnement intellectuel occidental requiert un contexte différent pour accéder à la sagesse.

Lever de soleil
Photo : Danièle Laberge - Lever de soleil

En réfléchissant à ce qu'évoque ce vocable peu populaire, il y a quelque chose de dynamique dans sa signification. Dans les définitions du Petit Robert et d’Antidote, je note la ferveur et l’attachement ardent à quelqu’un ou à quelque chose. La dévotion alimente le feu. Cet élément sur la planète Terre apporte l’énergie, la purification et la transformation. Ses qualités physiques agissent aussi dans la sphère spirituelle et donnent les mêmes résultats.

Steiner explique que la dévotion se déploie naturellement en bas âge si l’être est mis en contact avec des adultes bons et dignes dont l’autorité est juste et bienveillante. Alors l’âme de l’enfant est éveillée. Il approche cet adulte avec un cœur ouvert et un esprit attentif, avec le désir d’être reçu et de recevoir. Si le petit a la chance de connaître une relation autoritaire aimante, il développera une attitude réceptive saine. Il grandira avec confiance et recherchera la vérité. La connaissance sera comme une lumière vers laquelle il dirige ses pas.

Certains d’entre nous ont connu ce type de relation en bas âge avec une personne mûre. D’autres non. À notre époque, l'éducation et la vie sociale sont basées en grande partie sur la critique. Celle-ci a ses avantages. Car c’est avec un esprit critique qui isole, qui différencie, que la science s’est développée. On se méfie aussi plus de l'autorité qu'autrefois dans les contextes parental et professoral. Nous avons laissé derrière nous la forme tribale, société dans laquelle tous les adultes veillent au bien-être des enfants. De nos jours, on conseille aux enfants d’être prudents face aux grandes personnes car certaines étant immatures pourraient profiter de leur vulnérabilité. Ce ne sont pas des dispositions qui favorisent la dévotion en bas âge.

Les sentiments nobles comblent l’âme et lui permettent de se manifester dans la conscience. Sinon elle reste tapie dans l’inconscience attendant d’être soutenue pour s’épanouir. L’âme a faim de vérité et de connaissance comme le corps d’aliments. Si les conditions pour développer un esprit de dévotion n’ont pas été présentes dans les premières années de notre vie, il nous est demandé à l’âge adulte de les créer. Comment ? En vénérant ce qui est bon dans l’autre et dans les situations que nous rencontrons. Dans les relations que nous entretenons aussi bien que les rencontres fortuites, porter attention aux talents et aux dispositions bienfaisantes de la personne en face de nous. Avec une intention claire et sans tomber dans l’angélisme ou l’aveuglement. De plus, il est essentiel de favoriser le respect des êtres qui mettent de l’avant la vérité. Steiner nous invite à fortifier en nous le sentiment profond qu’il existe une réalité qui nous dépasse. Cependant, autant la vérité et la connaissance sont des aimants qui nous poussent à l’élévation, autant pour accéder à leur essence, la descente en soi et la culture de l’humilité, humus de la vie spirituelle, sont fondamentales.

Faire confiance et respecter stimulent les forces de l’âme, grande oubliée de la modernité ! Rudolf Steiner constate qu’à son époque au début du 20e, l’idéal s’est abaissé sous la pression de l’esprit critique nécessaire aux découvertes scientifiques et aux avancées technologiques. C’est encore aussi vrai en 2020. La vénération et l’admiration sont acceptables maintenant sur la place publique quand elles s’adressent aux vedettes de la pop ou aux athlètes émérites. Comme la vénération est une tendance intrinsèque de l’être humain, cette action se manifeste sous cette forme réduite dans la société. Ces dispositions sont maintenant taboues quand elles sont envisagées dans un contexte professoral, de connaissance de soi et de relation spirituelle.

La dévotion ne se cultive pas par l’étude, nous dit Rudolf Steiner. Il faut la faire naître en soi. Il faut la pratiquer. En recherchant dans l’entourage ce qui force notre respect et notre admiration. Il ajoute que si je ne relève que les faiblesses dans l’autre pour les blâmer, je me prive d’une force de connaissance supérieure. Cependant si je m’applique avec amour à découvrir ses qualités, je concentre cette force en moi. Dans ma maison si j’ouvre la fenêtre de l’est sur le soleil levant, je profite du coup de cette lumière stimulante du matin. Si je l’ouvre à l’ouest sur la nuit qui s’achève, la lueur naissante ne pénètre pas.

Quand je suis en relation avec l’autre et que j’observe les pensées qui circulent librement dans mon mental, c’est fascinant comme je suis encline à me séparer de l’autre, à critiquer, juger voire mépriser… Maintenant, je cultive consciemment l’attitude inverse. Estimer et aimer. Cette attitude creuse un sillon dans laquelle l’énergie circule de plus en plus allégrement dans les deux sens, au-dehors et au-dedans.

Rudolf Steiner préconise que dans des moments de retour sur soi-même, on réalise l’effet qu’exercent ces critiques et ces blâmes. Comme un examen de conscience sans jugement. Seulement observer et constater les répercussions. Comme je me sens physiquement, émotionnellement et intellectuellement quand je vis cette opposition ? Et à l’inverse ?  En laissant monter à la conscience des idées imprégnées d’admiration, d’estime et de respect envers les choses et les êtres de ce monde, nous progresserons dans la connaissance spirituelle, affirme l’auteur.

Dans les contes de fées traditionnels, quand trois frères sont confrontés à une épreuve, c’est le plus jeune, le naïf, candide et aimant de tous ceux qu’il rencontre, n’y discernant point malice, qui triomphe et marie la princesse . Qui n’est nulle autre que l’âme…

Et notre civilisation en a bien besoin d’amour, de vérité et de connaissance. À force de ne voir que ce qui va mal sur la planète, on est en train de tuer l’enthousiasme et d'enterrer la capacité humaine intrinsèque à transformer la réalité. Nous sommes des créateurs et des créatrices. Nous avons un devoir de reconnaissance envers cette puissance que nous possédons. L’univers est à notre image. Il est notre reflet. Nous avons un pouvoir de manifestation de la vie sur la Terre et une responsabilité dans la préservation de l’équilibre écologique.

Dans cet état de dévotion s’ouvre le regard de l’esprit. Il devient clair que jusqu’ici on ne voyait qu’une partie du monde. Les personnes de notre entourage nous apparaissent sous un jour nouveau. La métamorphose reste discrète. Elle se passe dans l’intimité. Il n’est pas question de prêcher autour de soi. Quoique cela ressemble à ce que je fais ici !

C’est l’âme qui connaît les mondes supérieurs. Une des tâches que nous avons sur la Terre est de favoriser sa croissance en la nourrissant et ainsi d’accéder à d’autres niveaux d’existence. La pratique artistique, le contact avec la nature, la lecture de textes spirituels, la fréquentation de personnes sages, la méditation sont d’autres activités dans lesquelles nos facultés de percevoir le non manifesté s’aiguisent.

Terminons cet article sur cette phrase de Rudolf Steiner : « Le respect, l’estime, la dévotion sont des substances nutritionnelles qui assurent santé et vigueur à l’ensemble des activités de l’âme et, avant tout, à celle de la connaissance »

Renée Demers
reneedemers@covivia.com

Bibliographie et références: 

Thématiques : Anthroposophie, Spiritualité


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De l'autre côté du chemin
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Champs libres

De l'autre côté du chemin

Rita Gagnon (née De Rome), 15 mars 1929, 30 décembre 2017.


Arbre de vie, 2014

On n'a pas idée de l'amour qu'on porte à quelqu'un tant qu'on n'a pas mesuré la profondeur du gouffre qui s'ouvre à ses pieds lors de son décès.

La mort de nos parents pulvérise le rempart qui nous protège du néant.
Et dans leur manière de quitter ce monde, ils nous enseignent comment mourir à notre tour.

Trente décembre, 19 h 40. À demi accroupi au-dessus de son corps de peau et d'os, la main droite dans sa main gauche, la main gauche sous sa nuque, le pouce lui massant tendrement le cou, je sentis peu à peu la vie s'enfuir de son corps. Quelques respirations saccadées, une pause plus longue que la précédente, une dernière reprise du souffle plus faible cette fois, deux ou trois spasmes, puis un dernier affaissement du torse, les yeux qui s'en retournent, puis plus rien…

Depuis son entrée à Vivalis, la Résidence de soins palliatifs de l'Ouest-de-l'Île le 22 décembre dernier, comme elle n'arrivait plus à assimiler ses médicaments, on lui installa un papillon qui permit l'injection graduée de médicaments, prescrits exclusivement pour atténuer sa souffrance et lui offrir un confort maximal. À partir de là, la morphine et les tranquillisants ont maintenu ma mère dans un état soporifique, à la fois plus calme et plus chaotique, absente, mais consciente de notre présence, de nos paroles, de nos caresses.

Je suis revenu à son chevet le 29, après deux journées de repos chez moi. Ma sœur Julie et mon frère François avaient dormi à tour de rôle sur le lit étroit installé au pied du sien. Je la trouvai amaigrie, plus pâle, et surtout plus agitée lorsque j'arrivai vers 16 heures. Je priai alors mon père de venir la chercher. Étrangement, celui-ci était décédé dans les mêmes circonstances, le 29 décembre 2003. Seul à ses côtés, je lui tenais la main lorsque le souffle de vie l'a quitté. Une répétition pour le décès de son épouse bien aimée qui allait survenir quatorze années plus tard, presque jour pour jour.

Je demeurai à ses côtés toute la soirée pour l'accompagner dans ce que je croyais être ses dernières heures de vie, le même jour que son Wilfrid adoré. Ses soubresauts me semblaient plus fréquents, liés qu'ils étaient à une quête d'air qui semblait de plus en plus difficile. À chaque pulsion, ses deux bras se redressaient à l'horizontale comme pour enlacer, ses yeux s'ouvraient pour capter un fragment de lumière, puis elle s'affaissait à nouveau. Lui tenant la main, je lui murmurai qu'elle pouvait dorénavant partir, que Daddy l'attendait sûrement avec un copieux repas, le banquet divin. Elle finit toutefois par s'endormir pour une dernière nuit au royaume des vivants.

Afin de prévenir les restitutions, ma mère ne mangeait ni ne buvait depuis son arrivée à la résidence. D'ailleurs, depuis deux mois, elle ne faisait que grappiller quelques aliments choisis et sucer des glaçons. Il en résulta une perte de poids fulgurante ainsi qu'une faim constante. Elle a mené un noble combat contre la maladie fondé sur la générosité, la résilience et le renoncement. Une attitude riche d'enseignements pour le mortel que je suis.

Le lendemain soir, après une journée relativement paisible, une reprise de ses spasmes fit dire à l'infirmière de service que le moment était venu d'avertir ses proches, car sa fin lui paraissait imminente. Julie était en route lorsqu’elle émit son dernier souffle.

Malgré sa santé déclinante, ma mère qui était très chrétienne souhaitait recevoir sa famille pour Noël. Notre famille est composée de ma soeur Julie et de son mari Marco, de leur fille unique Charlotte, de mon frère François et de sa conjointe Sonia, de Diane et moi ainsi que de nos trois enfants, Samuel, Mylène et Catherine. Avec Charlotte, elle avait préparé des torsades au fromage. De son fauteuil, elle avait guidé Diane et Julie pour cuisiner des gougères. Elle m'avait demandé de griller des granolas selon sa recette pour donner en cadeau. Elle avait planifié la confection des mises en bouche familiales traditionnelles, une mousse au saumon fumé garnie de graines de pomme grenade préparée par Sonia et son fromage à la noix monté par Samuel. Malheureusement le 21 au matin, sa grande faiblesse l'a menée au constat qu'elle devait être transférée à la résidence, sans délai. Elle y fut transportée le 22 au matin. En arrivant, elle exhiba fièrement la médaille qu'on lui avait remise pour y avoir effectué 5 années de bénévolat. C'est elle qui répondit aux questions pour l'ouverture de son dossier. Puis elle gagna peu à peu l'éther sous l'action des médicaments qu'on lui administra. Le 25, nous nous sommes réunis à son appartement à partir duquel nous allions lui rendre visite en petit commando de deux ou trois pour la saluer. On ne souhaite pas joyeux Noël à une mourante.

Un retour inattendu

On the edge
On the edge, mai 2017

En mars 2010, ma mère subit une chirurgie au colon pour un cancer. L'opération fut un succès au point qu'à 80 ans, elle reprit ses activités avec frénésie, plus active que jamais dans sa vie sociale et créative. Mailles et petits points, découpage et brodage, suture et couture. Plus le temps avançait, plus elle devenait inventive. Elle fit en un voyage en Islande en 2013 pour étudier le tricot d'avant-garde avec Hélène Magnusson. Elle participa du 16 au 21 mai 2017 à Terre-Neuve à une formation avec Carolyn Mitchell pour approfondir ses techniques de broderie sur canevas. Elle y réalisa une oeuvre marquante qu'elle nomma On the edge.

Ma mère avait un don pour les associations de couleur qui s'est d'abord manifesté dans les robes qu'elle confectionnait pour sa trépidante vie mondaine. Puis, elle s'intéressa au tricot et à la confection de courtepointes qui lui permirent de donner libre cours à sa fantaisie créative. C'est au moment de la faillite de l'entreprise familiale que mes parents perdirent leur statut social et entamèrent une vie moins frétillante. Ma mère se mit plus sérieusement à la création d'œuvres diverses, souvent murales, destinées à être accrochées au mur comme des toiles, pour être contemplées.

Insomnie
Insomnie, été 2017

De retour de Terre-Neuve, stimulée par ce qu'elle avait vu et appris, elle s'investit dans la création d'une oeuvre brodée inspirée de photos sous-marines prises par mon frère à l'île de Bonaire. Elle l'intitula Insomnie puisqu'elle la broda principalement de nuit assise sur le tapis du salon, des centaines de fils de couleurs éparpillés autour d'elle. Cette œuvre lui mérita le 17 septembre 2017 le premier prix pour la catégorie originalité et le deuxième prix pour la meilleure œuvre lors de l'exposition d'œuvres originales organisée par la Lakeshore Creative Stichery Guild dont elle était membre depuis près de quarante ans.

Ma mère et Diane
Ma mère et Diane le 16 août 2017 préparent un gâteau la rhubarbe à partir d'une recette rapportée de Terre-Neuve

À la mi-août, je l'ai reçue chez moi. Elle partait de Pointe-Claire, conduisait deux heures pour gagner Saint-Didace. Elle était plus vive que jamais. Elle venait toujours visiter notre jardin dans sa plus belle période et nous aidait pour les récoltes et les transformations. Cette année nous avons préparé ensemble de la confiture de cerise de terre. J'avais invité pour le lunch les Paquin, un couple de ses amis que j'apprécie. Nous avons passé près de trois heures à table à festoyer, à échanger et à rigoler. Un quatre services accompagné de bon vin. Du pur bonheur. Nos avons savouré le gâteau à la rhubarbe qu'elle avait préparé.

Suite à cette visite, elle accompagna une de ses amies d'enfance pour visiter à sa fille à Calgary. À son retour de voyage, elle subit ses premiers problèmes de digestion. Nous étions convaincus que la cause de ses inconforts était reliée à un virus. Les maux de ventre et les vomissements se sont poursuivis menant à une perte de poids constante et à un affaiblissement généralisé. Le scénario d'un retour de son cancer ne semblait pas plausible puisqu'une colonoscopie de routine faite 5 ans après son opération n'avait révélé aucune anomalie.

Après un mois de tergiversations, de pâleur persistante et d'inquiétudes croissantes, François prit la décision de la conduire à l'urgence de l'hôpital du Suroît à Valleyfield, là où elle s'était fait opérer. Après quelques numérisations et radiographies, l'urgentologue de service nous informa du retour de son cancer avec métastases au foie, au pancréas et à la vésicule biliaire. Aucun espoir de survie. Il fallait se préparer à son départ.

Résiliente, ma mère demanda d'aller se remettre du choc de la nouvelle à Rigaud chez François où elle avait ses aises. Nous l'y avons tous visitée afin de la soutenir du mieux que nous pouvions. Après cette fin de semaine de transition, elle retourna le 13 novembre dans son logement de Pointe-Claire, au sixième étage de l'immeuble L'Estérel où elle résidait depuis quatre années.

À partir de ce moment, à tour de rôle, François, Julie et moi avons accompagné quotidiennement notre mère dans sa maladie. L'un de nous dormait chez elle. Malgré son état, ses préoccupations premières tournaient autour de la nourriture. Même si elle répétait qu'elle était punie par où elle avait péché, elle ne pensait qu'à manger, car sa faim demeurait en permanence inassouvie. Elle essayait tous les aliments que son appétit lui suggérait. Certains passaient mieux que d'autres. Elle appréciait entre autres le sorbet à la mangue, les oranges, le melon d'eau, le tapioca encore chaud, les poires pochées, les bouillons, la béchamel au poireau. Un matin de décembre, elle me surprit en ingérant un oeuf brouillé avec du beurre d'arachide croquant et de la confiture de fraises. Depuis son retour de l'Ouest, plus de pain, ni de vin, ni de café. C'est la soupe Won Ton du restaurant chinois du centre d'achat connexe qui l'aura soutenu plus que tout autre aliment.

Préparation torsades au fromage
Préparation avec Charlotte
des torsades au fromage.
Samuel et moi au fourneau.
Samuel et moi au fourneau.
Dégustation
Dégustation.

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Samuel était son chef sur appel. Il est venu quatre fois lui préparer un gueuleton. La première fois, ce furent des crêpes au rhum et à l'orange avec bacon, la deuxième, un oeuf mollet sur une poêlée de champignons déglacés au xérès plus bacon à la façon Tapeo, la troisième un pétoncle poêlé nageant dans un fond de veau et la quatrième et dernière, un potage de courgette. Elle savourait pleinement tous les moments passés avec ses proches qui venaient la saluer à tour de rôle. Avant l'arrivée de la visite, elle s'était baignée, coiffée, maquillée et surtout habillée avec des vêtements aux teintes festives, souvent de sa confection. Sa voix retrouvait son tonus lorsqu'elle bavardait avec ses amis, en personne ou au téléphone. À l'entendre, on n'aurait jamais pu croire qu'une ombre sombre planait au-dessus de sa tête.

Jamais elle ne paraissait ténébreuse, sauf une fois où je l'ai surprise seule dans sa chambre, assise sur son lit, l'expression empreinte d'angoisse, le regard qui se perdait au cœur du boisé en face, canopée vibrante du rouille des dernières feuilles de chêne qui luisaient dans le soleil cuivré de novembre.

Ma mère était chrétienne. Elle ne souhaitait pas de salon funéraire avec l'urne exposée, pas de diaporamas ni de discours. Elle nous avait demandé de faire dire une simple messe commémorative en l'église de Pointe-Claire où seulement ses proches seraient conviés. La cérémonie, empreinte de tendresse et de sobriété, fut conduite par Alain Roy, le curé de la paroisse qu'elle appréciait. Elle avait choisi quelques musiques, quelques chansons, dont l'Agnus Dei, Alleluia de Cohen, et pour finir, un texte de Saint-Augustin qui fut livré émotivement par Mylène.

Plants that cure
Mandala, date inconnue.

La mort n'est rien
Je suis seulement passé de l'autre côté.
Je suis moi. Vous êtes vous.
Ce que j'étais pour vous, je le suis toujours.
Donnez-moi le nom que vous m'avez toujours donné.
Parlez-moi comme vous l'avez toujours fait.
N'employez pas un ton différent.
Ne prenez pas un air solennel ou triste.
Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.
Priez. Souriez. Pensez à moi.
Que mon nom soit prononcé à la maison,
Comme il l'a toujours été,
Sans emphase d'aucune sorte, sans une trace d'ombre.
La vie signifie tout ce qu'elle a toujours signifié.
Elle est ce qu'elle a toujours été : le fil n'est pas coupé.
Pourquoi serais-je hors de vos pensées,
Simplement parce que je suis hors de votre vue?
Je ne suis pas loin, juste de l'autre côté du chemin…
Vous voyez, tout est bien.
Vous retrouverez mon cœur,
Vous retrouverez toutes mes tendresses.
Essuyez vos larmes et ne pleurez pas si vous m'aimez…

C'est ce que nous tentons tant bien que mal de faire.

Yves Gagnon
Les Jardins du Grand-Portage

Suggestion et référence :


Le plantain
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Le plantain

Si commun et si utile

Fleurs de plantain lancéolé
Photo : Danièle Laberge - Fleurs de plantain lancéolé

« Sur les pas de l'homme, les plantes se mettent en marche. Certaines espèces le suivent comme des chiens. Bien vite, l'Indien d'Amérique remarqua Plantago major, qu'il nomma aussitôt : le pied du Blanc. »

Marie-Victorin, Flore Laurentienne, 1964.

Originaires d’Eurasie, les deux espèces de plantain, Plantago major et Plantago lanceolata, ont colonisé le monde entier. Leurs propriétés médicinales sont connues depuis la Grèce antique et leurs usages thérapeutiques sont répandus aussi bien en Orient qu'en Occident. Pline prétendait qu'il guérissait 24 maladies.

Le plantain commun est probablement arrivé en Amérique dissimulé parmi les grains de céréales des colons français ou anglais. Les Amérindiens l'ont ensuite adopté et intégré à leur pharmacopée. Extrêmement commun au Québec, du nord au sud, il se retrouve autant sur les battures où il pousse dès que les glaces se retirent que dans des lieux incultes ou près des habitations. Il croît dans un sol compacté et même dans les fissures des trottoirs. Le plantain lancéolé s'est aussi naturalisé au Québec, mais il est moins omniprésent que le commun.

Plantain commun au stade de récolt
Photo: Danièle Laberge - Plantain commun au stade de récolte printanière

On distingue facilement par leurs feuilles les deux plantains, membres de la famille des plantaginacées. L'espèce Plantago major, appelée plantain commun ou grand plantain porte des feuilles de forme ronde et ovée. L'espèce Plantago lanceolata est surnommée en Europe Oreille de lièvre – en anglais, Ribwort ou Lance-leaved Plantain –, ce qui décrit bien la forme lancéolée de ses feuilles oblongues comportant de 3 à 5 nervures. Les feuilles des 2 espèces sont oblongues et pétiolées. Épaisses et fortement nervées chez le plantain commun, elles forment une rosette de 15 à 30 cm de diamètre. Ses hampes florales qui émergent du cœur des feuilles développent un épi verdâtre qui fleurit au printemps. Le plantain lancéolé fleurit en été et ses épis garnis de minuscules fleurs blanches s'épanouissent au sommet d'une hampe qui peut atteindre 50 cm.

Plantain lancéolé en fleursPlantain lancéolé en fleurs
Photos : Clef des champs - Plantain lancéolé en fleurs

Culture et récolte

On peut récolter des graines sauvages de plantain commun et les semer à l'automne ou au début de mai dans un coin ensoleillé du jardin. Pour ce qui est du plantain lancéolé, faute de le trouver en nature, on se procurera des semences pour effectuer un semis intérieur ou un semis direct. Puisque les racines de plantain sont superficielles, il faut bien arroser les semis et éviter les buttes trop hautes. On éclaircit pour laisser 30 cm entre les plants et on bine régulièrement pour éliminer la compétition. Les plants apprécient une terre amendée en compost et bien pourvue en azote et en phosphore.

Récolte et transformation

On peut utiliser toutes les parties du plantain, mais ce sont surtout les feuilles fraîches qu'on emploie en infusion, en jus vert, en cataplasme ou transformée en teinture et en onguent.

Il est préférable de récolter les feuilles au début de la floraison. On coupe au ras du sol les feuilles extérieures du plant en laissant celles du milieu croître pour des récoltes subséquentes.

Pour bien sécher les feuilles, il faut utiliser un séchoir sinon elles bruniraient.

Les graines se récoltent en fin de saison, à la fin d'une séquence de temps sec.

Plantain commun au stade de floraisonPlantain commun au stade de floraison
Photos : Danièle laberge - Plantain commun au stade de floraison

Usages et posologie

Riches en fer, en calcium et en zinc, de jeunes feuilles de plantain augmentent la valeur nutritive des salades printanières. En soupe, elles renforcent les personnes affaiblies ou anémiées.

Comme le plantain commun est très répandu, il se révèle être une plante de premiers soins incomparable en promenade ou en camping. Il soulage les piqûres d'insectes et favorise la cicatrisation des brûlures, éraflures, coupures et plaies. Pour un effet rapide, il s'agit de mâchouiller les feuilles pour en libérer le jus et de les appliquer ainsi broyées en compresse. À la maison, on retire la nervure principale des feuilles fraîches qu'on écrase à l'aide d'un rouleau à pâte ou qu'on broie au robot ou au mélangeur avec un peu d'eau.

Pour en faire une huile médicinale, on laisse macérer pendant 2 semaines des feuilles fraîches hachées dans de l'huile. Une fois pressée, on peut transformer l'huile extraite en pommade en y ajoutant de la cire d'abeille fondue. Elle apaisera l'inflammation et les démangeaisons causées par les hémorroïdes, l'herbe à puce, les piqûres d'insectes ou d'araignées. Cette préparation tout comme les cataplasmes de feuilles soigne les plaies anciennes qui ne guérissent pas.

Ce sont les mucilages du plantain qui permettent de calmer l'inflammation cutanée grâce à ses qualités émollientes. La plante contient également de l'aucubine qui possède un effet anti-inflammatoire et antibactérien. Cependant, comme l'aucubine perd ses propriétés lorsqu'elle est exposée à la chaleur, il est préférable de ne pas chauffer les préparations à base de plantain. Ainsi on fera macérer la plante séchée dans de l'eau froide pour préparer un cataplasme.

Dans tous les cas d'inflammation de la peau ou des muqueuses, en plus des applications topiques, la tisane est conseillée, car grâce à ses propriétés dépuratives, l'infusion de feuilles de plantain nettoie et purifie le sang.

Les mucilages du plantain soulagent les inflammations et les irritations des muqueuses de la bouche, du pharynx et du système digestif ainsi que celles du système respiratoire.

En sirop, seul ou en association avec d'autres plantes, les propriétés expectorantes du plantain lancéolé soignent les affections des voies respiratoires, du simple mal de gorge aux bronches congestionnées ainsi que la toux sèche ou grasse. On peut en prendre 2,5 ml aux 2 heures en dose d'intervention, de 2,5 à 5 ml jusqu'à trois fois par jour en traitement prolongé pour les cas de bronchite, de toux, d'asthme, de coqueluche et de tuberculose.

Les graines de plantain, proche parent du psyllium – dont on utilise l'écorce des graines pour aider au transit intestinal –, nettoient les muqueuses de l'intestin et procurent un effet laxatif. On peut moudre 30 ml de graines qu'on fait macérer dans 300 ml d'eau durant la nuit et qu'on boit au réveil. On peut aussi employer les graines entières.

Précautions

Comme le plantain est mucilagineux et tapisse la muqueuse de l’estomac, il peut retarder l'absorption de certains médicaments. On recommande donc de les prendre une heure avant de consommer du plantain à l'interne.

On ne connaît au plantain aucune contre-indication ni toxicité.

Une fois connues les propriétés médicinales de cette plante commune, on ne peut plus la considérer comme une mauvaise herbe. On l'extirpera de sa pelouse non pas pour des considérations d'ordre esthétique, mais pour bénéficier de ses vertus.

Diane Mackay Diane Mackay,
Biologiste, jardinière et herboriste
Les Jardins du Grand-Portage

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Bibliographie :

  • GAGNON, Caroline et LANCTOT-BÉDARD Valérie (2003). Materia medica pour sorcières et sorciers avertis…, Flora medicina.
  • O'REILLY, Moïra (2004) Interactions, contre-indications et complémentarités, plantes-médicaments. 2e édition, L'Herbothèque inc.
  • PROVOST, Marie et JUTRAS, Marie. Compendium, Clef des Champs.
  • SCHNEIDER, Anny (2011) Je me soigne avec les plantes sauvages.
  • Frère Marie-Victorin, ROULEAU, Ernest. (1964) Flore laurentienne, 2e édition. Les Presses de l'Université de Montréal.
  • Passeport Santé / Fiches / Plantain

Thématiques : Herboristerie, Phytothérapie, Santé


Un coeur en santé... jusqu'à 100 ans
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JeanYvesDionne

Un cœur en santé… jusqu’à 100 ans

Pour garder un cœur en santé, faut-il manger moins de gras? Moins de sucre? Y a-t-il des principes simples prévenir la maladie?

Dans mes lectures et recherches quotidiennes, je suis tombé sur un article de George Lundberg sur Medscape.1 Dr Lundberg est un « vieux médecin » qui n’a pas la langue dans sa poche. Dans ce texte, il débâtit le mythe du gras comme cause des maladies cardiaques. Il s’oppose au dictat de l’American Heart Association qui continue d’affirmer que le gras est responsable des maladies cardiaques.2

Dr Lundberg y cite, entre autres, un médecin sonneur d’alarme, Dr David Cundiff. Après une carrière de médecin et d’universitaire, Dr Cundiff voit sa licence de médecin révoquée pour une prétendue erreur médicale. En réalité, il perd sa licence parce qu’il a eu le courage de dénoncer un système dysfonctionnel. (Plus de détails sur ce médecin : http://whistleblowerdoctor.org/about-david-cundiff/)

Cœur malade

Une étude publiée par les Dr Cundiff et Agutter évalue, dans 168 pays, divers facteurs de risques de décéder d’une maladie cardiaque avant 65 ans.3 En voici les résultats :

  • Hyperglycémie à jeun (+10,22%)
    • Hémoglobine glyquée (HbA1c)
  • Embonpoint (+9,89%)
  • Pollution atmosphérique (+9,15%)
  • Hypertension artérielle (+9,01%)
  • Pauvreté (+7,66%)
  • Faible taux de vitamine K2 (+6,95%)
  • Tabagisme (+6,87%)
  • Sexe masculin (+6,13%)
  • Stress chez l’enfant
    • Mort d’un enfant (+3,64%)
  • Excès de glucides (+2,16% si associé à IMC élevé)
  • Ratio cholestérol total/ HDL (+1,03%)
  • Consommation excessive d’alcool (+0,38% à 1,41%)
  • Éducation (-2,19%)
  • Produit national brut (-2,77%)
  • Exercice (-8,95%)

On peut y rajouter :

  • Consommation élevée de viande (surtout de charcuteries)
  • Néfaste Food, alimentation industrielle
  • Consommation de gras trans, fritures et margarines 4, 5
  • Origine ethnique

Sucre et autres glucides

J’aimerais attirer votre attention ici sur 3 des 4 premiers facteurs de risque dans la liste ci-haut: l’hyperglycémie, l’embonpoint et l’hypertension. Ces 3 facteurs ont tous un point en commun : ils sont tous grandement influencés par la consommation de sucres et glucides raffinés.

Pour vous en convaincre, lisez les articles suivants:

Le coeur, et bien plus

Ces facteurs de risques n’affectent pas que le cœur, ce sont les mêmes pour de nombreuses autres maladies. Qui plus est, à quelques exceptions près, la majorité de ces facteurs sont modifiables! On peut donc simplement, par des gestes quotidiens, diminuer grandement notre risque de souffrir de maladies graves. Ça vaut bien la peine de faire quelques efforts, non?

Santé!

Jean-Yves Dionne

Références :

  1. Lundberg G. The Fat Wars http://www.medscape.com/viewarticle/882253
  2. AHA Issues ‘Presidential Advisory’ on Harms of Saturated Fat. https://www.medscape.com/viewarticle/881689
  3. Cundiff DK, Agutter PS. Cardiovascular Disease Death Before Age 65 in 168 Countries Correlated Statistically with Biometrics, Socioeconomic Status, Tobacco, Gender, Exercise, Macronutrients, and Vitamin K. Cureus. 2016 Aug 24;8(8):e748. doi: 10.7759/cureus.748. PubMed PMID: 27688985; PubMed Central PMCID: PMC5036986. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5036986/
  4. Kummerow FA. The negative effects of hydrogenated trans fats and what to do about them. Atherosclerosis. 2009;205:458-465. Abstract
  5. Kummerow FA. Cholesterol Won’t Kill You but Trans Fat Could : Separating Scientific Fact from Nutritional Fiction in What You Eat. Bloomington, Indiana : Trafford Publishing; 2008.

Thématiques : Alimentation, Santé


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