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TroisTriangles
GaiaViau
CentreDentaire

Volume 14, numéro 5 — Mercredi, 2 mai 2018


Mai, mois de toutes les possibilités
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Bonjour tout le monde

Mai est arrivé et toutes les possibilités de la vie naissante sont à une minute d’éternité de nous. C’est une époque de l’année remplie de promesses. Je les accueille toutes avec bonheur. La vie se fait plus légère quand le printemps nous prend dans ses bras. C’est bon même mouillé…

Dans ce numéro vous trouverez un article d’Yves Gagnon sur l’implantation bienheureuse des Incroyables comestibles au Québec. La générosité des humains et leur pouvoir quand ils se mettent ensemble pour accomplir un but sont spectaculaires et réconfortants. Cultiver et mettre à la disponibilité de tous des fruits et légumes sains est une initiative révolutionnaire et vivifiante. Diane Mackay nous présente l’origan, sa culture, ses bienfaits et sa transformation en remèdes maison. Orné des magnifiques photos de Danièle Laberge, son article éducatif se transforme en plage de beauté.

Je vous offre une relecture de Tagore qui a une profonde influence sur ma personne présentement. Les livres sont des véhicules de lumière. Celui-ci est particulièrement éclairant. En entête, une photo de la phtotographe Marie-Dominique Demers-King en provenance de la plantureuse Angleterre, là où le printemps dure réellement le temps d’une saison.

Bonne quinzaine à toutes et tous,

Renée Demers
reneedemers@covivia.com


Sâdhanâ
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Renée Demers - Penser pour panser

Sâdhanâ

Il y a près de trois ans en bouquinant dans une librairie de livres de seconde main, je me suis procuré un ouvrage de Rabindranâth Tagore intitulé Sâdhanâ. J’ai alors été attirée par la réputation de l’auteur que je savais poète et récipiendaire d’un prix Nobel de littérature. J’avais bien lu un ou deux de ses poèmes jadis, mais je n’en gardais aucune mémoire. Je ne l’ai pas consulté sur-le-champ. Je l’ai placé sur les rayons de ma bibliothèque. Il y a de cela environ trois semaines, alors que je cherchais quelques mots à me mettre sous l’intellect, je suis tombée à nouveau sur Sâdhanâ. Disponible et curieuse, je me suis assise dans mon fauteuil préféré à la noirceur tombante, les jambes allongées sur un tabouret coussiné. J’ai allumé les lumières celle de la lampe et celle de mon esprit. Et ce fut la révélation ! J’ai plongé dans un océan de sagesse, de propos articulés, de prose verdoyante, de vérité et de beauté.

J’ai le goût de partager avec vous quelques phrases tirées de cet ouvrage. Finalement, je m’en tiendrai au premier chapitre tellement le contenu de ce livre de poche est dense.

Dans la préface, Jean Herbert qui a  aussi agi à titre de traducteur nous informe que Tagore nous présente dans ces pages l’enseignement de l’Inde éternelle : « il s’élève au-dessus de la vie matérielle, des philosophies et des religions, de la science et de l’art, et pourtant les embrasse tous », spécifie-t-il. Publié pour la première fois en Inde en 1913 , cet ouvrage réunit des enseignements que Le Poète, tel que surnommé de son vivant avec déférence dans son pays, adressait à ses élèves à Bolpur. Plusieurs des idées véhiculées dans cet ouvrage nous sont de plus en plus familières en Occident un siècle plus tard. Elles demeurent toutefois, d’une actualité percutante et même elles sont encore visionnaires à plusieurs égards. N'est-ce pas le propre de la vérité ?

Le mot sanskrit sâdhanâ désigne dans toutes les langues de l’Inde une ascèse, de n’importe quel ordre, à laquelle on se soumet rigoureusement pour progresser dans la voie spirituelle.

Tagore nous informe dans le premier chapitre que «  de tout temps l’Inde a insisté de toute son énergie sur l’harmonie qui existe entre l’individuel et l’universel.  L’esprit indien n’hésite jamais à reconnaître sa parenté avec la nature et la continuité de ses rapports avec toute chose », écrit-il. « Le but même de la vie est de réaliser cette vaste harmonie qu’est l’unité fondamentale de la création, l’humain y étant inclus, dans le sentiment et dans l’action. »  La salutation au soleil , la position de l’arbre dans la pratique yogique, les bains purificateurs dans le Gange sont autant de pratiques quotidiennes de cette connexion. Il nous invite à en être pleinement conscients et « à établir avec cet univers des rapports qui nous permettent de le réaliser dans un esprit de sympathie, avec un vaste sentiment de joie et de paix, et non pas sous l’unique impulsion de la curiosité scientifique ou de la recherche d’avantages matériels. »

Il ajoute : « lorsqu’un homme ne se rend pas compte de sa parenté avec le monde, il vit dans une prison dont les murs lui sont hostiles. Lorsqu’il trouve en toutes choses l’esprit éternel, il est émancipé, car il découvre alors la pleine signification du monde où il est né; il se trouve dans la vérité parfaite, et son harmonie avec l’univers est assurée. Dans l’Inde, on enjoint aux hommes d’être pleinement conscients, dans leur corps et dans leur âme, de leur étroite parenté avec tout ce qui les entoure ; on leur apprend à saluer le soleil levant, l’eau des ruisseaux, la terre fertile, comme des manifestations de cette même vérité vivante qui embrasse aussi l’homme. » Ce n’est pas sans rappeler le lien étroit que nos hôtes, les Amérindiens entretiennent avec la Terre-Mère.

Je ne suis pas dupe. L’Inde n'est pas plus sainte que l'Occident. Elle a entre autres perpétué un système de caste injuste et réduit la liberté des femmes. L'Inde actuelle n’échappe pas à l’influence occidentale. Elle a adopté la science et la technologie modernes qui apportent innovation et confort, mais elle aussi dérive dans l'extériorité vers une fascination du paraître et un pillage des ressources naturelles. La pollution des grandes villes indiennes est un grave problème sanitaire.

Pavot et abeilles
Pavot et abeilles - photo : Danièle Laberge

Voici ce que Tagore leur répond cent ans plus tôt: « L’Inde reconnaît que l’homme possède des qualités supérieures aux animaux, mais celles-ci ne consistent pas en une faculté de possession, mais en une faculté d’union. Il faut que l’homme réalise son existence intégrale et occupe sa place dans l’infini; il lui faut apprendre que malgré tous ses efforts les plus obstinés, il ne pourra jamais créer son propre miel dans les cellules de la ruche... L’homme doit apprendre que lorsqu’il coupe tout contact vivifiant et purificateur avec l’infini, et ne compte plus que sur soi-même pour sa subsistance et sa santé, il court à la folie, il se déchire en lambeaux et dévore sa propre substance. »

Je ne peux m’empêcher ici de faire un lien avec les problèmes de désespoir et de folie momentanée que nous connaissons au Québec et dans le monde occidental. De plus en plus d’étudiants de niveau universitaire sont en proie à des épisodes dépressifs rapporte Radio-Canada encore dernièrement. Le taux de suicide est alarmant. Une grande partie de la population a recours a de la pharmacopée licite et illicite pour survivre dans un monde qu’il juge hostile. Cela sans joie. Des tueries perpétrées à la mitraillette ou à la voiture-bélier par des individus isolés et malades psychologiquement sont de plus en plus fréquentes.  L’homme isolé dans la forteresse de son égo, sans réflexion introspective et sans communauté d’appartenance, sans bouée intérieure dans le monde extérieur ne peut que tomber ou virer sur le capot quand les circonstances de sa vie deviennent stressantes et blessantes. S’il ne peut s’en remettre qu’à sa petite personne, il est fauché d’avance. Paradoxalement dans cette détresse, l'individu coupé de son lien universel s’en prend aux autres qu'ils jugent responsables de ses malheurs causant alors un tort considérable.

L'éducation moderne en réponse aux pressions d’une société post-matérialiste a enlevé de son curriculum tout ce qui s’adressait à l’âme et tout ce qui favorisait l’union. Le théâtre, les beaux-arts, la musique, le contact avec la nature, le jardinage, le chant choral, la communion en groupe ont été évacués. La beauté, la bonté et la vérité qui relient et illuminent tout n’ont pas de valeur marchande ! Une majorité de foyers sont privés de chaleur humaine, de silence et d'harmonie. Il ne reste à l’étude dans nos institutions scolaires compétitives que les matières académiques matérialistes, celles qui serviront sur le marché du travail! Comme si l’unique activité essentielle de l’humain était de travailler, de gagner de l’argent, d’amasser, de s’élever sur un piédestal pendant que d’autres s’enfoncent et envient.

Cependant là aussi un renouveau est en cours. Un mouvement de conscience environnementale, sociale et spirituelle dont les étudiants, les jeunes et la nouvelle génération de parents sont les portes-flambeaux est en marche. On remet en question cette éducation axée sur le monde du travail et la perpétuation du système capitaliste. À quand le retour d'une éducation généraliste, artistique, manuelle, philosophique, spirituelle et scientifique !

Et Tagore m’a éblouie avec cette phrase d’une rare perspicacité : « Quand l’homme est privé de la base que lui fournit le tout, sa pauvreté perd sa plus belle vertu, la simplicité, pour n’être plus que honteuse et sordide. Sa richesse n’est plus de la splendeur, mais de l’extravagance. »

Durant deux semaines, j’ai été habitée par ces mots. Je les ai rapportés à quelques amis proches. Plusieurs ont commenté. L’un se rappelant l’un de ses compagnons de jeu enfant qui vivaient à Côte-Saint-Paul dans un milieu modeste. La simplicité, la propreté, la bonté et le bonheur se côtoyaient dans cette famille. Il en garde un souvenir marquant. Un autre mentionna que cela ramenait ce souvenir d’une visite aux États-Unis où il avait été interpelé par la laideur tout en marbre et en flafla de maisons cossues à l’architecture douteuse lors d'un passage dans un quartier de nouveaux riches. De l’autre côté du spectre l’université McGill qui bénéficie depuis toujours d’un financement accru de sa communauté d’appartenance met à la disponibilité de ses étudiants et du public au centre-ville un campus vert reposant et ressourçant sur lequel trône des bâtiments majestueux. Des riches québécois deviennent mécènes mettent leur fortune au service de musiciens en leur fournissant des instruments de musique à la hauteur de leur talent.

Tagore propose de vivre en harmonie sur cette belle Terre. Cela est à la portée de tous et surtout de chacun : « Dans son essence, l’homme n’est un esclave ni de lui-même, ni du monde; il est un amant. Sa liberté et son accomplissement sont dans l’amour, qui est un autre nom de la parfaite compréhension. Développer progressivement la conscience de son unité avec toutes choses est le but vers lequel tend l’effort de l’humanité. »

Des nouvelles fraîches attestent que cette progression continue encore et encore. Nous en sommes témoins tous les jours. Je pourrais en nommer des millions. En voici deux ou trois : 


Les états membres de l’Union européenne ont décidé d’interdire trois produits de cette famille d’insecticides jugés dangereux pour les abeilles sur toutes les cultures de plein air.

- Une oasis de silence, de calme et de beauté à Montréal sera retrouvée et protégée.

- Covivia existe...

Renée Demers
reneedemers@covivia.com

Bibliographie :

  • Sâdhanâ, Rabindranâth Tagore, Éditions Albin Michel, 2013

Thématiques : Écologie, Société, Spiritualité


Ressources
Naturessence
TarotSpirituel
MarieJoseLeclerc

Incroyable Victoriaville
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Champs libres

Incroyable Victoriaville

Je fus demandé en mars dernier pour prononcer une conférence sur la production de semences à la bibliothèque Charles-Édouard Mailhot de Victoriaville dans le cadre de la Fête des semences locale, sans foire commerciale, un événement éducatif, une célébration du patrimoine génétique, une occasion pour échanger des semences.

La rencontre fort courue était organisée par la ville, en partenariat avec Les Incroyables Comestibles, un mouvement international visant la création de jardins publics, dont les fruits sont à partager entre tous les membres de la communauté comme l'indique l'affichette « Nourriture à partager » qu'on y trouve bien en vue. Je savais que de tels jardins avaient été aménagés à Montréal par le Collectif de recherche sur l’aménagement paysager et l’agriculture urbaine durable (CRAPAUD) et à Québec par Les Urbainsculteurs, mais je n'avais aucune idée de l'ampleur qu'avait pris le mouvement dans des villes de moindre taille, comme Victoriaville.

Avant ma présentation, Guylaine Martin, membre bénévole de l'équipe de coordination citoyenne des Incroyables Comestibles Victoriaville, présentait les réalisations du mouvement des dernières années qui se chiffrent à près d'une centaine de projets à échelles variables, tous axés sur le partage de fruits, de légumes et d'herbes. Je fus émerveillé par le travail accompli, la somme des projets et l'effet d'engouement que suscite cette philosophie communautaire hors du commun. Je fus impressionné par l'implication de la ville qui est entrée de plain-pied dans la mouvance. Après avoir livré mes enseignements, j'ai proposé à Guylaine de la rencontrer afin d'en apprendre davantage sur le mouvement.

Incroyables Comestibles, Todmorden
Photo : Incroyables Comestibles, Todmorden

Pamela Warhurst a participé à la création de ce mouvement informel à Todmorden, une ville britannique de 15 000 habitants située entre Leeds et Manchester. Elle se disait qu'en établissant des cultures alimentaires sur les terrains inutilisés de la municipalité, les récoltes obtenues permettraient de nourrir une partie de la population avec des aliments frais, biologiques et locaux. Ces jardins de propagande comme elle aime les appeler ont pris tant d'importance dans cette ville qu'ils ont suscité une activité touristique florissante. L'intérêt démontré pour l'approche vertement révolutionnaire a permis la multiplication de l'initiative dans moult lieux de la planète, dont le Québec.

Jour du lancement des Incroyables Comestibles Victoriaville
22 avril 2015, jour du lancement des Incroyables Comestibles Victoriaville
Photo : Guy Samson

Émilie Viau-Drouin, étudiante en agriculture biologique au Cégep et Alexandre Guillemette, citoyen, lancent les Incroyables Comestibles Victoriaville le 22 avril 2015. Deux cents personnes ont répondu à l'appel ce qui a fortement stimulé les instigateurs du mouvement qui ont formé un comité organisateur des plus dynamiques. Il importe de préciser que les Incroyables Comestibles n'est pas constitué en un organisme à but non lucratif. Le mouvement fonctionne avec une structure minimaliste, sans règlements généraux, sans conseil d'administration, sans compte de banque, sans budget et sans rapport annuel. Tout carbure à la bonne volonté, à l'implication des citoyens, des organismes locaux et des instances municipales.

À Victoriaville
Photo : Ville de Victoriaville

Le premier projet d'envergure fut initié par le Service de l'environnement de la ville en 2015. Un terrain appartenant à la Commission scolaire des Bois-Francs fut transformé en un jardin de partage. Il fut baptisé le Jardin des Rendez-vous. Le Club d'ébénisterie, logé dans les locaux de l'École nationale du Meuble et de l'Ébénisterie s'est chargé d'assembler les 60 bacs en mélèze destinés aux cultures et la Société d'horticulture a contribué aux semis.

Des citoyens commencent à aménager des zones de production en libre service. Dès 2015, on observe 25 sites allant d'un simple bac de plastique à un jardin de devanture.

Bac de GuylainePot comestible
Photos : Guylaine Martin

C'est en 2016 que le mouvement prend véritablement son envol avec une multitude de projets qui prennent forme simultanément. Une subvention de 4000 $ permet d'établir en collaboration avec la ville des dizaines d'arbres et d'arbustes fruitiers dans le Jardin des Rendez-vous qui devient dès lors un parc urbain doté d'un mandat éducatif. Un étudiant y est présent 40 heures par semaine et répond aux questions des citoyens. On y cueillera entre autres des pommes, des prunes, des poires, des camerises et des gadelles. La ville offre des semences aux écoliers du primaire qui produisent des semis pour le jardin.

Dans le jardin municipal du réservoir à vocation libre-service, on installe des bleuetiers. En plein centre-ville, dans le Carré 150, on transplante 3 amélanchiers et 40 bleuetiers. La ville accepte de laisser aller 6 de ses pots de fleurs à des fins de jardinage en partage. Des entreprises ou organismes voisins prennent la responsabilité de l'arrosage et de la fertilisation sans engrais chimiques.

En 2017, c'est un total de 88 sites Incroyables Comestibles qu'on trouve sur le territoire de Victoriaville. La ville offre 6 bacs à fleurs supplémentaires. Les ainés s'impliquent et démarrent le volet Incroyables ainés. Cinq résidences participent. À la Villa Saint-Georges, on assemble 3 bacs de 2 pieds sur 8 pieds dans lesquels on cultive concombres, haricots et fines herbes.

Villa Saint-Georges
Villa Saint-Georges. - Photo : Émilie Lévesque

Julie Champagne installe en plein quartier résidentiel sur le côté et la devanture de sa maison 11 bacs de culture à partager en bois. Comme elle le fait souvent, la municipalité a contribué en fournissant du substrat pour la création de ces jardins altruistes, jusqu'à concurrence d'un 10 roues de terre. Une carte de membre Je crée l'abondance donne droit à certains avantages et rabais chez des marchands partenaires.

Julie Champagne
En 2017, Julie Champagne installe sur son terrain résidentiel 11 bacs de culture à partager
Photo : Nick Simoneau

Guylaine m'informe que cette année dans son bac à partager, il y aura, en plus de fines herbes, des tomates cerises Cherry Fox dont je produis les semences. Responsable de la page Facebook du mouvement, de son rayonnement et du calendrier des événements, elle est fière de me décrire les réalisations du mouvement. En 2018, on comptera plus de 100 sites Incroyables Comestibles.

Elle me résume le cheminement parcouru en trois années seulement par ces mots tous simples : un bac à la fois.

Guylaine Martin
Guylaine Martin, après l'entrevue qu'elle m'a accordée. - Photo: Yves Gagnon

Yves Gagnon
Les Jardins du Grand-Portage

Références :

Incroyables comestibles Victoriaville/

La Nouvelle : Julie Champagne cultive l’esprit de partage

Présentation du mouvement par Guylaine Martin :
Présentation Fête des semences (format pdf)

Conférence de Pamela Warhurst sur les Incroyables Comestibles

Le pianiste Yves Léveillé en résidence au petit Outremont

Vous ne connaissez peut-être pas Yves Léveillé! C'est un grand pianiste de la scène jazz québécoise. Pour vous situer, c'est lui qui accompagnait Marie-Thérèse Fortin lors de son récital consacré à Barbara. Le pianiste a produit 7 albums originaux chez Effendi, tous louangés par la critique et les amateurs. Il participe régulièrement à des tournées internationales en Europe, aux États-Unis et en Asie. Récemment, il était en tournée en Chine avec François Bourassa et Josée Simard. Son piano est céleste et divin et il est reconnu comme un maître de l'improvisation comme il l'a démontré le jeudi 26 avril sur la scène du petit Outremont qu'il occupait avec Guy Boisvert à la contrebasse, Alain Bastien à la batterie, Jacques Kuba-Séguin à la trompette et Yannick Rieux aux saxophones. Un spectacle qui m'a fait grand bien, m'a permis de léviter un peu en ces temps de politiciens polystyrène et de plastiques bitumineux.

La série de trois concerts intimistes baptisée Bourdonnements qu'il livre au petit Outremont propose une rencontre avec les musiciens à partir de 19 h, de petites bouchées, puis un spectacle en deux parties à partir de 20 h. La taille de la salle et la qualité du son font de la prestation un événement exceptionnel, comme une fleur à butiner.

Yves Léveillé en remet les jeudis 3 mai et 10 mai. Le 3 mai, dans un spectacle intitulé Ruche Intergénérationelle, il mettra en contraste deux générations de musiciens virtuoses : Roberto Murray aux saxophones, Pierre Mendola à la flûte, Olivier Salazar au piano-vibraphone, Fred Alarie à la contrebasse, Alex Leblanc à la contrebasse, Camil Bélisle à la batterie et Noam Guerrier-Freud également à la batterie.

Le 10 mai, il conclura la série avec un spectacle plus intimiste baptisé Dialogue dans lequel il échangera avec Yannick Rieux aux saxophones et Jean-Nicholas Trottier au trombone.

Vous découvrirez, en assistant à l'une de ces prestations, un créateur des plus talentueux qui mérite qu'on s'arrête pour écouter des fragments de sa beauté intérieure.

Merci Yves pour ces magnifiques bourdonnements.

Thématiques : Agriculture, Alimentation, Anarchisme, Jardinage, Société


L'origan
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L'origan

Fabuleux en cuisine comme en pharmacie

« Les personnes dont la digestion est devenue laborieuse pour une cause quelconque, se trouveront bien d'en boire avec du vin blanc. »
Odon de Meung, IXe siècle 

Boutons d'origan
Photo : Danièle Laberge

Historique

En Grèce antique, si l’origan venait à croître spontanément sur le tombeau du défunt, on croyait que son bonheur dans l’autre monde était assuré. Les Grecs utilisaient l'origan pour nourrir le cerveau et les organes du système digestif. Ils l'employaient aussi pour préparer un bain de pieds, réputé pour renforcer l’esprit et revitaliser le corps dans son entièreté.

Au IXe siècle, selon les écrits du moine Odon de Meung, l'origan en décoction dans du vin était réputé pour neutraliser l'effet des morsures venimeuses. Nos ancêtres l'ont utilisé pour parfumer et conserver la bière, un peu à la façon du houblon.

En Amérique du Nord, l’origan, qu’on appelle aussi orégano, gagne en popularité après la deuxième Grande Guerre grâce aux soldats qui rapportent d'Italie la recette de la fameuse pizza. À partir de ce moment, la cuisine italienne qui prend de l’essor et séduit de nombreux adeptes le rend incontournable dans les cuisines américaines.

Botanique

Plants d'origan
Photo : Danièle Laberge

Cette plante vivace de la famille des lamiacées se caractérise par un goût légèrement amer et une odeur épicée s'apparentant au thym. Cousin de la marjolaine, Origanum majorana, l'origan commun est d'ailleurs surnommé marjolaine sauvage ou grande marjolaine. Tous deux originaires du bassin méditerranéen, l'origan est cependant plus tolérant au gel que sa cousine. On le retrouve dans toute l’Europe dans les endroits secs et rocailleux, souvent en montagne où il enjolive le paysage. D'ailleurs l’origine grecque de son nom latin Origanum vient de oros qui signifie montagne et de ganos qui veut dire joie ou éclat. On pourrait ainsi traduire le terme par beauté de la montagne.

La tige de l'origan commun, teintée de rouge et légèrement pubescente dans sa partie supérieure, porte à l’extrémité de ses rameaux des inflorescences de couleur rose pourpre, réunies en bouquets. Ses feuilles opposées, ovales, peu dentées sont aromatiques et tournent au rouge en automne. Cet origan rustique jusqu'en zone 3 peut atteindre 75 cm de hauteur. C'est lui qu'on emploie comme plante médicinale, mais comme il est peu aromatique, je ne l'utilise pas à des fins culinaires.

À cet effet, je cultive l’origan grec, Origanum vulgare hirtum ou Origanum heracleoticum, moins spectaculaire, de plus petite taille et à fleurs blanches. Il bénéficie de propriétés aromatiques fortes qu'il conserve une fois séché. J'apprécie également l’origan doré, Origanum vulgare aureum, à saveur ample et délicate, de couleur jaune clair, du plus bel effet en bordure du jardin. Ces deux souches d'origan moins rustiques sont conseillées pour la zone 5, mais comme ils bénéficient d'une bonne couverture de neige chez moi en zone 4, ils survivent bien à l'hiver.

Origan grec et origan panaché
Ici, côte à côte, de l'origan panaché et de l'origan grec. Photo : Danièle Laberge

Jardinage

Peu exigeant et facile de culture, l'origan commun se cultive en plein soleil dans un sol léger. Il se plait bien dans les rocailles. Pour améliorer son goût et concentrer ses composés aromatiques et médicinaux, il vaut mieux le fertiliser sobrement, avec une légère dose de compost mûr incorporée en surface au printemps. On ne l'arrosera qu'au moment du semis ou de la transplantation. Pour le multiplier, comme les semences sont très fines, on le démarre par semis intérieur en avril. On peut aussi le propager par division ou par marcottage, du moment qu'on a accès à un plant mère.

Pour l'origan doré et l'origan grec, on distancera les plants de 30 cm alors que pour l'origan commun, plus vigoureux, on calculera 60 cm. On taillera ce dernier après la floraison de sorte qu'il ne répande pas ses semences. Ses nombreuses fleurs attirent maints insectes pollinisateurs et nourrissent les syrphes et les guêpes parasitoïdes, des alliés précieux du jardinier dans sa lutte contre les ravageurs.

Usages médicinaux

Sommités fleuries
Photo : Danièle Laberge

On récolte les feuilles et les sommités fleuries de l'origan commun par temps sec en début de floraison (en juin chez moi) pour les sécher. En infusion, la plante bénéficie de propriétés digestives et calmantes pour le système nerveux et le système respiratoire. J'en fais également un excellent vinaigre médicinal, en laissant macérer pendant 3 semaines 80 g de sommités dans 500 ml de vinaigre de cidre biologique. On peut en prendre jusqu'à 3 à 7 gouttes à la fois, au besoin.

Une tasse de tisane d’origan préparée avec 5 ml (1 c. à thé) de plante séchée infusée 5 minutes dans 250 ml (1 t) d’eau bouillante calme la toux, même les plus féroces. On peut en consommer jusqu'à 750 ml (3 t) par jour, 125 ml (1/2 t) à la fois. En France, l'infusion constitue un vieux remède pour calmer les spasmes bronchiques et faciliter l’expectoration. Se gargariser avec l’infusion est conseillé pour les cas d’aphtes, d’ulcères et d’infections buccales. Dans les cas de grippes, de bronchites ou de pneumonies, l'huile essentielle d'origan, riche en thymol et carvacrol, est recommandée mais réservée exclusivement aux adultes. En phase aiguë, on peut prendre jusqu'à 5 gouttes de 3 à 5 fois par jour pendant deux jours, puis on diminue à une goutte à la fois, jusqu'à 5 fois par jour.

L'infusion d'origan contribue également à soulager la nervosité excessive, les insomnies, les angoisses et les palpitations nerveuses. Pour traiter les palpitations nerveuses, on recommande un dosage de 20 ml (4 c. à thé) de feuilles séchées par litre d’eau.

Une infusion plus concentrée devient tonique et stimulante pour le système digestif. Antispasmodique, l’origan aide à soulager les crampes d'estomac et les douleurs gastriques. Il combat aussi l’aérophagie. Dans les cas d’anorexie, on la conseille pour stimuler l’appétit. Diurétique, on l’utilise dans les cas de rétention d’urine. Odon de Meung prescrivait avec justesse le vin d'origan pour améliorer la digestion. Pour préparer un tel vin, on fait macérer 50 g de sommités fleuries dans un litre (4 t) de vin pendant 10 jours. On en prend un petit verre avant le repas pour la digestion difficile.

En chauffant dans une poêle des sommités fleuries hachées et en les posant chaudes en cataplasme sur la partie sensible, on traite les douleurs musculaires, articulaires et rhumatismales, le torticolis et même les maux de tête.

On peut aussi utiliser l'huile essentielle diluée pour frictionner les régions douloureuses. On la diluera dans une huile d'olive, de sésame ou de tournesol à raison de 5 à 15 gouttes pour 5 ml (1 c. à thé) d'huile.

Enfin, pour un bain relaxant, on préparera deux litres d’infusion avec 100 g d'origan qu'on laisse infuser couvert 20 minutes. On ajoutera l'infusion tamisée à l’eau du bain, ce qui détendra les muscles fatigués et prédisposera au sommeil. L'huile essentielle qui surnage combattra les virus et les bactéries, stimulera la détoxification lymphatique et renforcera le système immunitaire.

Comme l'origan dispose de propriétés légèrement emménagogues, on peut boire jusqu'à 3 tasses d'infusion par jour pour rendre les règles plus faciles et moins douloureuses.

En cuisine

Je sèche au séchoir électrique de bonnes quantités de feuilles d'origan grec et d'origan doré pour usage culinaire. Je les emploie tour à tour pour assaisonner les salades grecques, les pizzas et les sauces tomates.

Précautions

L'huile essentielle d'origan en usage interne est réservée exclusivement aux adultes. On recommande également de ne jamais utiliser l'huile essentielle pure sur la peau car elle peut être irritante.

Papillon sur origanAbeille sur origan
Photos : Danièle Laberge

Diane Mackay Diane Mackay,
Biologiste, jardinière et herboriste
Les Jardins du Grand-Portage

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Bibliographie :

  • De MEUNG, Odon. La Pharmacie des Moines (Macer Floridus écrit en latin au IXe siècle, traduit par L. Baudet). Éditions Paleo. 2011.
  • LABERGE, Danièle, Laberge, Hélène. L'héritage de L'Armoire aux Herbes — Recettes, savoir-faire et guide santé. Herbothèque. 2011.
  • LACASSE, Odette. Plantes médicinales et aromatiques de nos jardins. Éditions Broquet. 1994
  • LORTIE, Monique. Les secrets du jardin. Édition Les jardins de l'achillée millefeuille. 2000
  • McINTYRE, Anne. Flower Power. Henry Holt and Company, Inc. New York. 1996
  • MICHAUD, Lili. Les fines herbes de la terre à la table. Éditions Multimondes. 2015
  • O'REILLY, Moïra. Interactions, contre-indications et complémentarités, plantes-médicaments. L'Herbothèque inc. 2004
  • SCHAUENBERY, Paul, Paris, Ferdinand. Guide des plantes médicinales — Analyse, description et utilisation de 400 plantes. Delachaux et Niestlé. 1977.
  • STUMPF, Ursula. Reconnaître facilement les plantes médicinales. Delachaux et Niestlé SA, Paris. 2013

Thématiques : Herboristerie


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Le top des meilleurs restaurants végétariens et véganes à Montréal (édition 2018)

Montréal est souvent citée parmi les villes vegan-friendly. Quand on jette un coup d’œil à la quantité de restaurants végétariens et/ou véganes (qui ne cesse de grandir au fil du temps), on comprend pourquoi!
Que vous soyez en train de planifier votre prochaine sortie entre amis ou recherchiez l’endroit idéal pour un lunch rapide, Vegan Level Up vous propose la liste des 23 (+1 bonus) meilleurs restaurants plant-based à Montréal. 

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Les antidépresseurs au secours d’une société malade

La consommation d’antidépresseurs a fortement augmenté dans la plupart des pays occidentaux ces dernières années. Les antidépresseurs sont aujourd’hui trop souvent la première réponse de la médecine à un mal-être individuel, qui va du vague à l’âme à des idées noires très profondes… Pourquoi la chimie est-elle devenue la réponse principale à nos tristesses ? Pour tenter d’y répondre, le journaliste anglais Johann Hari a fait un tour du monde de la dépression et ouvre des perspectives originales sur les causes sociétales des maux qui nous rongent.

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The Strange Order of Things by Antonio Damasio review – why feelings are the unstoppable force

What the body feels is every bit as significant as what the mind thinks, a neuroscientist argues. Turn to emotions to explain human consciousness and cultures

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Adyashanti - Le silence

Produite par Omega Institute for Holistic Studies, cette vidéo questionne d'Adyashanti notre identité en considérant l'aspect sous-jacent de notre "Réalité", c'est à dire, le "Silence".

Les livres d'Adyashanti en français - Adyashanti's Book

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Introduction à la méditation : exercice du STOP avec Hugues Cormier

Atelier de méditation pleine conscience avec Hugues Cormier professeur à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal.

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Arjuna

Long métrage documentaire sur Arjuna, un garçon né avec un grave cas de trisomie 21 qui réussit à déjouer les pires diagnostics émis par ses médecins, grâce à sa vie en campagne, à la maison Emmanuel et à l’amour de sa famille. L’art est aussi pour lui une pratique thérapeutique l’aidant à travailler sa mémoire et sa concentration. Avec l’aide d’une éducatrice, il peint sur sa vie et son vécu. À l’âge de 25 ans, il se voit offrir la chance d’exposer quelques-unes de ses toiles au Art and Soul Festival en Californie, un événement international regroupant des artistes handicapés.

Amie d'Arjuna et de sa famille depuis plus de 20 ans, Sylvie Van Brabant nous en brosse un portrait intimiste et attachant. Elle signe ainsi un film qui va droit au cœur et qui fait du bien.

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trust

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CNV - De la violence éducative ordinaire à la collaboration familiale

Témoignage d'un père et de sa fille sur la transformation de leur relation après l’implantation de la CNV (communication non-violente) au sein de la famille. - Michel Dufresne & Élisabeth Dufresne

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12 huiles essentielles indispensables

Tableau présentant 12 huiles essentielles et leurs bienfaits

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Le bicarbonate de soude

Personne ne va croire l’idée que quelque chose de pas cher et simple comme le bicarbonate de soude peut dépasser l’efficacité des médicaments les plus chers… Si vous ne me croyez pas… jetez un œil à ça.

Vous pouvez aussi consulter cet article: Drinking baking soda could be an inexpensive, safe way to combat autoimmune disease, récemment paru dans Science News.

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La médecine traditionnelle chinoise, médecine d'avenir- Jean Pelissier

Cette conférence va vous donner envie de pratiquer au quotidien. La médecine chinoise est avant tout une médecine préventive. Qui plus est, elle vous fait comprendre l'impact des émotions sur l'apparition de quelque pathologie que ce soit...

Le site web consacré à Jean Pelissier

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Faucons du pont Champlain

D'ici quelques années, le vieux pont Champlain disparaîtra du paysage montréalais. Des faucons pélerins et des hirondelles à front blanc devront trouver un nouvel endroit pour nicher.

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Volume 14, numéro 5 — Mercredi, 2 mai 2018
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