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TroisTriangles
GaiaViau
CentreDentaire

Volume 14, numéro 6 — Mercredi, 13 juin 2018


Juin: vive les vacances !
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Bonjour tout le monde

Nous voilà de retour en ce magnifique mois de juin qui tous les ans ramène en terre québécoise l’odeur des lilas, la beauté des fleurs et les chants des oiseaux. Les champs vert tendre sont parsemés de rose et de jaune sous un ciel bleu tacheté de nuages blancs ronds et duvetés comme des cheveux d’ange. Les couleurs sont époustouflantes au sortir de ce long hiver. Il m’arrive d’avoir une pensée pour nos ancêtres et de m’imaginer leur état d’esprit quand les couleurs giclaient devant leurs yeux après la longue saison blanche à une époque où les teintes vives ne se retrouvaient que dans la nature estivale et chez la royauté.

Yves Gagnon vous entretient d’aménagement fleuri au potager. Inspirés par les jardins anglais, Diane Mackay et lui ont créé un petit éden à St-Didace. Il vous livre quelques-uns de ses secrets de jardinier émérite. Il vous invite aussi à en savoir encore plus de vos propres yeux et de vos questions en allant visiter Les Jardins du Grand Portage au cours de l’été. Cela en vaut la joie !

Diane Mackay généreuse de ses connaissances et de son expertise horticoles nous présente l’Arnica, cette merveilleuse plante  « rebouteuse » comme disaient les anciens. Elle tient une place d’honneur dans nos pharmacies domestiques pour faciliter la guérison des entorses, des fractures et des contusions.

Écoutez Jean-Yves Dionne vous entretenir de l’histoire du plomb au cours des siècles. C’est une bataille sanitaire qui s’est étirée sur des centaines d’années malgré toutes les preuves de sa nocivité. Cela s’apparente aux luttes écologiques actuelles. Que la terre et les humains sont patients. Je remercie tous ces écologistes et scientifiques de défendre la planète et ses habitants.

Merci à Jacqueline Martin et Danièle Laberge pour leurs lumineux clichés. Sans eux Covivia serait bien terne.

Je vous offre une réflexion sur l’unité. Fécondée en mon intellect par les écrits de Shrî Aurobindo et Joe Vitale, je n’étais pas certaine d’être capable de rassembler en un texte toutes ces idées nourrissantes semées dans ma tête depuis quelques semaines. Finalement, la créativité s’est emballée un vendredi matin et j’ai ficelé cet article devant la grande fenêtre panoramique présentant un décor lumineux en un temps record à ma grande surprise. La nature luxuriante est un baume pour les yeux. Les Upanishads et les commentaires de Shrî Aurobindo à leur sujet, un élixir pour l’esprit.

Nous vous reviendrons au début du mois de septembre repus de soleil, de légèreté et de réserve.

Bon été et bonnes vacances à vous toutes et tous,

Renée Demers
reneedemers@covivia.com


Séparée, multiple et unifiée
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Renée Demers - Penser pour panser

Séparée, multiple et unifiée

Il y eut d’abord la séparation. Née dans une famille dépressive, j’ai eu longtemps l’impression d’être seule au monde. Isolée, triste et révoltée, j’ai erré quand les rênes familiales ont desserré leur étreinte au seuil de l’adolescence. La cigarette m’a enveloppée d’un halo de protection. Les relations se faisaient moins douloureuses sous son influence. Dans ma bulle enfumée, je me réfugiais à l’abri de l’amour, de la tendresse et des liens que j’avais interprétés comme néfastes et manipulateurs.

Mes parents n’étaient coupables de rien. C’était des gens bons, ignorants et inconscients, rendus là dans leur évolution personnelle et en adéquation avec la société dans laquelle ils évoluaient. Ils faisaient de leur mieux. Vraiment. Comme je ferai plus tard à mon tour. Avec le recul, j’ai l’impression que ce contexte familial, telle une mise en scène orchestrée à l’avance, m’a prédisposée à cette grande quête intérieure que je poursuis depuis mon jeune âge. L’entourage étant insatisfaisant, j’ai plongé à l’intérieur de moi dans un espace de folie libératrice.

Puis vint la puberté, la saison des amours et de la reproduction dans la période effervescente de grande liberté sexuelle que furent les années 70 venue contrebalancer des siècles de désirs corsetés. Ce premier enfant que j’ai conçu sans véritables attaches à l’aube de la vingtaine a été la première expérience d’amour unifiant que j’ai vécue. C’était une immense découverte et un baume sur mon âme.

J’étais une jeune maman intentionnée et inexperte. Cependant ma volonté de bien materner cet enfant était d’une force incommensurable. Les hormones veillaient. Prise entre mon instinct qui me dictait d’accoucher dans mon nid, de lover, de prendre soin, d’allaiter, de porter sur moi et la tradition en cours qui préconisait la séparation le plus tôt possible dès la naissance entre la mère et l’enfant, j’étais mélangée. J’ai appris avec lui hors de tout doute que la place d’un bébé est sur la mère, collé, au chaud, bercé par le rythme de son cœur et aimé coûte que coûte. Au contact de la nature et dans le contexte de la vie communautaire, la deuxième maternité fut moins tourmentée ayant gagné en confiance quant à mes aptitudes innées du soin des bébés. J’ai connu avec ces enfants pour la première fois cette expérience de communion avec plus grand que soi, hors des frontières de mon corps et de mon intellect. Ces êtres devinrent des constituants de moi. J’étais devenue plus vaste.

Au temple Jain
Photo Jacqueline Martin - Au temple Jain

Cependant il me prit plus de temps pour baisser les gardes et accepter de connaître l’union avec un amoureux. Je porte un énorme bouclier sur mon cœur. En même temps, j’aspirais à cette union noble avec un homme où la réunion est intense, complète et immense. Rien de moins.

Cet amant est finalement venu et nous avons formé une famille. Je suis devenue encore plus large, membre d’un ensemble auquel je m’identifiais. Cet homme chevalier, cinq enfants adorés et moi-même avons formé une entité. J’ai commencé là à dissoudre l’illusion de la séparation. J’étais reliée. Nous étions des faces d’un même prisme lumineux. Si ma fille réclamait de plus en plus pour elle-même dans une envolée narcissique d’une envergure monumentale, c’était pour m’indiquer que je ne prenais pas assez soin de moi et que j’avais une compréhension erronée de mes frontières individuelles. Cette famille a constitué un jalon primordial dans mon éveil spirituel et ma conscience de l’union avec le grand Tout. Shrî Aurobindo décrit cette étape de l’évolution personnelle dans ces mots:  « cette première forme imparfaite d’unité dans cet effort pour comprendre et sympathiser, la tendance à l’amour, la compassion élargie, le sens de la fraternité, le besoin de travail pour l’amour des autres. »  1 J’y reconnais tellement mon expérience. La vie au sein de cette famille a constitué une révélation de l’interdépendance, de la finitude et de l’infinitude de chacun d’entre nous. Nous sommes un.

Je pourrais faire le même parallèle avec ma vie professionnelle ou sociale qui est passée de gagner sa vie à rendre service puis à participer à l’évolution de la conscience sur cette belle Terre. 

Plus j’avance en âge, plus je prends conscience que tout ce qui est, moi inclus, sommes une même réalité, plus Je suis 3 . Autrement dit, plus je réalise dans ma psyché et dans mon âme l’ensemble que nous formons tous. Tout ce qui est, est un. À la fois individualité et partie intégrante du grand tout. La cellule, la semence, l’enfant, le quartier, le pays bien que possédant une intégrité et des frontières définies constituent simultanément un élément du corps, de la forêt, de la famille, de la ville et du monde. De plus tous ces éléments se marient dans le cosmos. Unité et multiplicité.

Le passage sur Terre m’initie à l’amour et à l’unité.

J’oscille encore entre la séparation et l’union. Cependant je danse de plus en plus harmonieusement entre les rives de l’individualité et le courant me mène jour après jour vers la grande mer unifiée. Quand je suis ancrée dans mon unicité et consciente de mon appartenance au grand Tout, la créativité m’anime. Par exemple je rédige ce texte. Mes neurones jubilent. Je suis joyeuse.

Parfois la réalité m’illusionne encore et me rattrape. Ce matin je lis dans le journal que le président américain Donald Trump insulte le premier ministre canadien Justin Trudeau. Une manifestation physique de peur se manifeste dans mon plexus solaire. Alors je dis intérieurement et sincèrement ces mots :

Pardonne-moi
Je suis désolée
Je t’aime
Merci 3 

Ces phrases tirées du livre de Joe Vitale intitulé Zéro Limite 3 qui présente la méthode Ho’onoponopono m’apaisent. Je me calme. Je sors de ma fermeture momentanée. J’entends de nouveau le chant mélodieux des oiseaux qui pénètrent à travers la fenêtre ouverte. Pendant ce court épisode de stress, mes sens s’étaient rétractés. Je suis Renée Demers,  Donald Trump, Justin Trudeau et les oiseaux. Ma contribution à la paix et à l’amour sur cette planète passe par la reconnaissance de ma totalité, entre responsabilisation et guérison. Ces énergies bordent le chemin que j’empreinte depuis mon arrivée au sortir du vagin de ma mère dans l’entité Renée Demers. Le silence et la méditation écartent lentement mes œillères et me révèlent à la fois mon individualité sacrée et mon unité divine avec tout. La lumière nous traverse tous totalement et cela même dans nos conditionnements et nos retranchements. Elle dissout les brouillards inconscients.

En avançant en âge, je me sens de plus en plus reliée à tout. Plus j’aime, plus je suis sereine. Plus la vie est simple.

Parfois encore je vis des conflits personnels et relationnels. Je souffre. En laissant la rugosité lisser mes aspérités, en ressentant l’inconfort, en étant consciente de mon repli, en restant avec, en aimant, un processus alchimique et mystérieux se produit. Des pans de moi laissés dans l’ombre se dévoilent. Je les intègre. Je me métamorphose. Je me réveille un matin et une compréhension nouvelle est intégrée. La douleur émotionnelle a accompli sa vertu régénérante. Des éclats du bouclier que je porte depuis l’enfance s’effritent. Des conditionnements fondent au soleil.

Pardonne-moi
Je suis désolée
Je t’aime
Merci 3

C’est à moi intérieurement que s’adressent ces phrases. Tôt ou tard l’extérieur s’y conformera. Je suis patiente à l’instar de la Terre qui me porte.

Renée Demers
reneedemers@covivia.com

  1. Trois Upanishads - Ishâ, Kena, Mundaka, Shrî Aurobindo, Éditions Albin Michel
  2. Je suis, Nisargadatta Maharaj, Éditions Les Deux Océans
  3. Zéro Limite - L’ultime secret, Joe Vitale, Éditions Dauphin blanc

Thématiques : Famille, Société, Spiritualité


Full ornemental
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Champs libres

Full ornemental

Alors que le peintre fixe sur sa toile le paysage d'un moment avec ses couleurs, son mouvement et sa lumière propre, le jardinier dispose dans l'espace les végétaux qui se déploieront le temps d'une saison. Les plantes évolueront en symbiose pour développer les attributs qui inviteront les insectes, essentiels à la fécondation de leurs fleurs et à la production de leurs semences. Le tableau créé vit et respire. Il en émane une lumière distincte qui donne à l'œuvre sa singularité, sa couleur et son charme. Aubes brumeuses de juillet, soirées fraîches de la fin d'août, après-midi rougeoyants de septembre, matins givrés d'octobre, journées pluvieuses de novembre, aurores enneigées de décembre. Pas un jour, pas une heure, pas un instant le tableau n'est semblable.

Un seul jardin

Pommettier

À notre arrivée à Saint-Didace en 1980, nous avions comme projet de développer une production de légumes de conservation, un choix qui avait l'avantage de faciliter la mise en marché. Nos clients étaient avertis à l'automne lorsque leur commande était prête. Ils venaient alors la cueillir et aidaient parfois à sortir de terre les dernières racines. Ce furent nos années d'apprentissage de la culture biologique que nous pratiquons avec ferveur depuis ce temps.

Digitales en fleurs
Digitales en fleurs

Un voyage gagné lors du concours de jardinage organisé en 1985 par la revue Harrowsmith nous a conduits en Angleterre où nous sommes tombés sous le charme des jardins anglais. Je me souviendrai toujours de ce moment où nous visitions le jardin de Great Comp dans le Kent alors que j'étais complètement transfiguré par sa magnificence. Cinq acres de jardins tout en sinuosités, parsemés de conifères somptueux, mis en valeur par des milliers de salvias et de digitales en fleurs qui sublimaient le jardin. Toutes ces teintes de verts magnifiées par les pluies abondantes du sud de l'Angleterre, ces textures chatoyantes, l'ambiance sauvage, désinvolte d'un jardin soigneusement manucuré durant des décennies par le couple de retraités, Eric et Joy Cameron, qui l’a imaginé et réalisé. C'est là, au cœur de ce jardin d'exception, que j'ai confié à ma douce : « C'est cette énergie qu'on va recréer à Saint-Didace ». L'idée n'étant pas de copier Great Comp mais bien de reproduire sa quintessence.

Zinnia et palissade

L'année suivant ce voyage, nous avons transformé une partie de nos jardins maraîchers en jardins floraux, inspirés par ce que nous avions observé en Angleterre. Nous avons marié le comestible et l'ornemental en ceinturant les sections légumières par des parcelles aménagées tantôt à l'anglaise tantôt à l'orientale. La biodiversité du jardin s'accrut, devenant garante de son équilibre et de sa productivité.

Le jardin écologique éblouit par sa prodigieuse vitalité qui se mesure au nombre d'insectes qui y butinent, de batraciens qui y croassent et d'oiseaux qui y nichent. L'équilibre qui en émane apaise, émerveille, envoûte, élève et inspire. Lorsqu'on y déambule ou qu'on y travaille, il confère une plénitude et une sérénité qui étreignent le cœur et l'âme, communiquant une paix profonde qu'on voudrait pérenne.

Lanterne dianthus

Enthousiasmés par les résultats, nous avons décidé d'ouvrir nos jardins au public en 1990 afin de faire vivre à nos visiteurs cette même émotion perçue au cœur de Great Comp — certains, certaines la ressentent — , une mission que nous avons conservée depuis.

Au moment d'écrire ces lignes, nous avons complété l'établissement des sections légumières. Nous nous concentrons dorénavant sur les parties ornementales qui occupent près de 30 % de nos surfaces. Comme nous disposons de moins de compost pour ces sections, nous travaillons ponctuellement, fosse de plantation par fosse de plantation.

En premier lieu, le terrain est travaillé superficiellement à la bêche tranchante afin de décapiter les plantes adventices qui l'ont colonisé, puis un binage est pratiqué. Je décide ensuite de la composition de l'aménagement en fonction de la disponibilité des plants produits par semis, de leur hauteur et de l'harmonie de couleurs souhaitée. Je détermine la position et la forme des massifs pour chaque espèce et fixe la densité entre chaque plante. Ensuite, les fosses de plantation sont creusées, amendées puis nous transplantons les végétaux un à un, avant de les arroser. Un dernier binage de surface permet d'effacer les traces de pas et de donner à l'espace une allure naturelle. Merci à nos stagiaires pour leur contribution sans laquelle il nous serait impossible de recréer cette oeuvre, année après année.

Yves transplante

Ainsi, la plantation et la disposition des fleurs constituent mon lot de travail en cette période de l'année: imaginer, créer, réaliser. Je n'ai pas de plan. J'ai produit des fleurs selon mes goûts : zinnias, dahlias, rudbeckies, cosmos, lychnis, tournesols, ricins, canas, tithonias, émilias, ageratums, malopes, lavatères, pour ne nommer que celles-là. Avec l'inventaire dont je dispose, je crée et planifie l'aménagement le matin même de la plantation, parfois sommairement la veille.

Une fois le travail complété, je baigne dans une félicité bienfaisante. Je n'ai plus qu'à entretenir les cultures, à profiter de la symbiose créée et à me nourrir de cette grandiloquente beauté, en constante évolution jusqu'aux premiers gels d'automne.

Question alimentaire, j'ai eu la chance le 15 avril dernier d'être filmé par Jean-Jacques Marcil alors que je livrais une conférence sur la qualité biologique intitulée Manger bio pour la différence dans le cadre du 30e anniversaire du Regroupement des jardiniers écologique (RJÉ). Jean-Jacques a produit à partir de ce tournage deux vidéos qui résument les raisons pour lesquelles on devrait opter pour la qualité biologique. Vous pouvez visionner et partager ces vidéos à votre convenance à partir de ces liens ou de ma page Facebook.

Manger bio pour la différence.
La valeur nutritive supérieure des aliments biologiques.

Manger bio pour la différence.
Les dangers reliés à la consommation de pesticides.

Pour clore cette saison de covivia, je vous laisse avec un clip qui présente mon travail poétique sur scène avec un rap, une chanson et un monologue, tous teintés de politique.

La politik

Je présenterai à quelques reprises cet été mon cabaret Rutabaga rumba.

Le 5 août au festival culturel de Mandeville
Le 8 septembre, à 20 h, à l'Ange vagabond de Saint-Adolphe-d'Howard
Le 29 septembre, à 16 h, au café O Marguerite de Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson.

Bienvenue à toutes et à tous !

Nos jardins se feront aussi un plaisir de vous accueillir à partir du 7 juillet !

Les Jardins du Grand Portage - saison 2018

Tournesol Sunrich

Yves Gagnon
Les Jardins du Grand-Portage

Thématiques : Jardinage


Merveilleuse arnica
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Merveilleuse arnica

Pour cette dernière rubrique avant le congé estival, j’ai choisi de vous présenter l’arnica, une plante si utile dans la trousse de premiers soins que vous ne pourrez plus vous en passer. Elle aidera l’apprenti menuisier malhabile, l’enfant intrépide et toute personne qui reçoit un coup. J’en fais un extrait dans l’alcool qui soulage la douleur du pouce écrasé par le marteau ou coincé dans une porte. Je produis une huile que je transforme aussi en pommade pour masser les articulations douloureuses ou les courbatures.

Fleur d'Arnica montana
Photo : Danièle laberge - Fleur d'Arnica montana

HISTORIQUE

On a répertorié plusieurs espèces d’arnica, la plus connue étant Arnica montana. On la retrouve dans les montagnes de France où on la nomme couramment par son nom latin, mais aussi arnique. Elle y porte de nombreuses autres appellations dont plantain des Alpes, souci des Alpes, herbe aux chutes, tabac des Vosges ou tabac de montagne ce qui fait référence à l’usage qu’en faisaient les montagnards qui en fumaient les feuilles séchées pour soigner toux et bronchite. Les 2 premières appellations proviennent de la ressemblance de la forme des feuilles qui rappellent celle du plantain et de celle des fleurs qui s’apparentent au souci des champs. Herbe aux chutes indique son utilité dans les cas de blessures, contusions ou foulures.

On retrouve dix espèces d'arnica dans l’ouest de l’Amérique du Nord dont Arnica angustifolia dans le nord du Yukon, en Alaska et au Groenland et Arnica cordifolia dans le sud du Yukon, dans les prairies canadiennes jusqu’en Californie et dans le nord de l’Arizona et du Nouveau-Mexique. Au Québec, la plus courante est Arnica mollis. Je cultive une de ses cousines, Arnica chamissonis, également originaire d’Amérique du Nord.

Fleurs d'Arnica montana
Photo : Danièle Laberge - Une fleur d'Arnica chamissonis

Au XIIe siècle, sainte Hildegarde de Bingen, bénédictine allemande, utilisait déjà l’arnica. Au XVIIe siècle, le médecin allemand Jean-Michel Fehr la nomme arnica et la recommande comme poudre à éternuer pour purger le nez. Au XIXe siècle, les médecins éclectiques la conseillaient dans les cas de contusions, de muscles endoloris ainsi que pour soigner les plaies et les ulcères qui ne guérissaient pas. Elle faisait partie depuis 1820 de la United States Pharmacopeia, mais elle en fut retirée en 1960. Elle est nettement moins connue en Amérique du Nord qu’en Europe, même si plusieurs nations amérindiennes l’employaient pour soigner les blessures, les plaies et les hématomes.

La popularité d’Arnica montana en Europe l’a presque menée à sa disparition. Conséquemment, sa cueillette est aujourd'hui réglementée en France, en Allemagne, en Autriche et en Suisse.

BOTANIQUE

L’arnica appartient à la famille des astéracées. On en cultive deux espèces dans les jardins québécois: Arnica montana et Arnica chamissonis. Leurs caractéristiques botaniques diffèrent quelque peu.

Les feuilles d’Arnica montana sont velues, ovales, avec de longues nervures saillantes. Elles sont regroupées à la base et disposées en rosette, sauf 2 petites feuilles opposées qu'on observe au milieu de la tige. Chez Arnica chamissonis, les feuilles sont plus allongées et disposées en paires le long de la tige.

Fleurs d'Arnica montana
Photo : Danièle Laberge - Fleurs d'Arnica montana

Leurs fleurs ressemblent à des marguerites. La montana dresse une tige velue qui porte une seule inflorescence, un capitule contenant plusieurs fleurs tubulaires au centre et ligulées en périphérie d’un beau jaune orangé en son sommet, mesurant souvent de 6 cm de diamètre. La chamissonis développe une tige velue parfois rougeâtre qui porte plusieurs fleurs d’un beau jaune clair mesurant à peine 2 cm de diamètre.

Fleurs d'Arnica montana
Photo : Danièle Laberge - Fleurs d'Arnica chamissonis

Les deux espèces atteignent plus ou moins 40 cm de hauteur. Leurs racines traçantes se faufilent sous la surface du sol pour produire quelques centimètres plus loin un drageon qui développera une nouvelle tige. Leurs fleurs s’épanouissent en juin et en juillet. Elles produisent des akènes qui dispersent leurs graines par le vent grâce à leurs plumets.

JARDINAGE

L'espèce Arnica montana croît outre-mer dans des sols riches, légèrement acides, à une altitude de 600 à 2 400 m. On la retrouve dans les prairies des montagnes d’Europe ainsi que dans le nord de l’Asie jusqu'en Sibérie. Pour la cultiver, on tentera de lui octroyer des conditions similaires. On l’implantera dans une terre sableuse, légèrement acide, humide mais bien drainée, car les plants pourraient souffrir d’une saison trop pluvieuse. Rustique, l'astéracée nécessite du soleil, mais elle tolère une ombre partielle. Elle résiste à des températures aussi basses que -30 °C, du moment qu'elle est protégée par une couverture de neige. On cultivera l’arnica chamissonis également dans un sol sableux, mais celui-là, légèrement alcalin.

Fleurs d'Arnica montana
Photo : Danièle Laberge - Fleurs d'Arnica montana

L'herboriste Danièle Laberge considère l’Arnica montana plus capricieuse que la chamissonis. Elle conseille de semer tôt au printemps en caissette des graines de l’année précédente, car elles ne conservent pas leur pouvoir de germination plus d’un an. Les semences sont lentes à germer. Il faut à peine les couvrir et garder le semis humide en permanence. Les plants se développeront lentement la première année et commenceront à fleurir la deuxième année. On leur octroie une section ensoleillée dans un sol bien drainé, fertilisé avec un bon apport de compost mûr. Il faut les arroser régulièrement jusqu'à ce que les plants aient développé suffisamment de racines pour subvenir à leur besoin en eau.

Arnica chamissonis
Photo : Yves Gagnon - Arnica chamissonis en boutons

Pour ma part, je cultive la chamissonis qui est plus facile à multiplier et plus productive. Je la propage par semis ou par division des plants.

Sa semence se conserve quelques années. Elle se propage par les nombreux rhizomes qu’elle produit si bien que je préfère recommencer une nouvelle plate-bande tous les 3 ans afin d’avoir des plants productifs et libérés des plantes adventices qui réussissent toujours à l'envahir.

Elles se ressèment toutes deux naturellement grâce au vent qui disperse leurs graines munies de plumets.

Semis d'Arnica chamissonis
Photo : Yves Gagnon - Semis d'Arnica chamissonis âgés de 8 semaines

USAGE

Je transforme les fleurs d'arnica en teinture, en huile ou en pommade que j'emploie pour atténuer les hématomes, les entorses et les coups puisqu’elles réduisent les épanchements sanguins internes. La teinture est exceptionnelle pour éviter la formation d'ecchymoses et neutraliser la douleur. Pour un traumatisme important, la prise de granules homéopathiques combinée à des applications externes, le plus tôt possible après l’accident, donne des résultats spectaculaires en empêchant l’apparition d’une ecchymose ou du moins en accélérant la guérison.

J’applique sur la zone touchée de la teinture concentrée. Lorsque la peau est trop sensible, on peut la diluer dans un peu d’eau. Par la suite, on massera la région meurtrie avec de l’huile ou de la pommade. On ne doit pas utiliser d’arnica si la peau est lacérée.

L'huile soulage les douleurs musculaires, arthritiques et rhumatismales ainsi que les torticolis. On peut en appliquer avantageusement sur les varices et les phlébites superficielles.

Je récolte les jeunes inflorescences pour fabriquer la teinture ou l’huile. Je préfère travailler avec la plante fraîche. Je retire les sépales, la partie verte sous la corolle, pour ne garder que les fleurs et les pétales. Je fais macérer 30 g de fleurs dans 250 ml du solvant pendant 3 à 4 semaines. Je filtre et embouteille dans des pots ambrés.

Fleur d'Arnica montana
Photo : Danièle Laberge - Fleur d'Arnica montana

Les propriétés anti-inflammatoire, analgésique et antiseptique font de l’arnica, un incontournable de la trousse de premiers soins ce qui lui vaut bien son surnom d’herbe aux chutes.

Contre-indications

La plante étant cardiotoxique, on ne doit jamais l’utiliser en interne sauf sous la recommandation d’une herboriste accréditée et à très faibles doses.

On ne doit pas en appliquer sur une plaie ouverte.

Je vous souhaite un bel été sans coup ni blessure, mais au cas où cela vous arriverait, vous serez heureux ou heureuse de connaître la merveilleuse arnica.

Diane MackayDiane Mackay,
Biologiste, jardinière et herboriste
Les Jardins du Grand-Portage

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Bibliographie :

  • ooreka - Fiche arnica
  • GAGNON, Caroline et LANCTOT-BÉDARD Valérie (2003). Materia medica pour sorcières et sorciers avertis…, Flora medicina.
  • GRAY, Beverley, The Boreal Herbal : wild food and medicinal plant of the North. Aroma Borealis Press, 2011
  • JOHNSON, Rebecca L., FOSTER Steven, LOW DOG, Tierona, M.D. et KIEFER, David, M.D. Guide to Medicinal Herbs, National Geographic 2014
  • O'REILLY, Moïra (2004) Interactions, contre-indications et complémentarités, plantes-médicaments. 2e édition, L'Herbothèque inc.
  • PROVOST, Marie et JUTRAS, Marie. Compendium, Clef des Champs.
  • SCHNEIDER, Anny et LABERGE, Danièle. Ces fleurs qui soignent. Les éditions Publistar 2007.
  • Frère Marie-Victorin, ROULEAU, Ernest. (1964) Flore laurentienne, 2e édition. Les Presses de l'Université de Montréal.

Thématiques : Herboristerie, Jardinage, Phytothérapie, Santé


L'histoire du plomb
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Jean-Yves Dionne


L'histoire du plomb

« Celui qui ignore ce qui s’est passé avant sa naissance demeure éternellement un enfant. »
Cicéron, 55 avant Jésus-Christ


Suggestions de lectures
      


Sur la toile
      

Comment changer le cours de l’histoire selon Stephan A. Schawrtz

Dans son dernier livre, « les 8 lois du changement » ( The 8 Laws of Change ) Stephan Schwartz nous surprend une nouvelle fois en abordant un sujet assez différent de ses précédents centres d’intérêt. Cette fois, ce n’est pas de paranormal dont il s’agit mais des facteurs qui influenceraient les changements sociaux. Dans l’entretien qu’il nous a accordé, il nous révèle qu’en fait, son intérêt pour les changements sociaux ne date pas d’hier et qu’il est aussi le fruit de ses 40 années de recherches sur les performances extraordinaires des êtres humains…

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La ferme du Bec Hellouin, un modèle fermier en permaculture situé en Normandie en France

Cap sur la Normandie à la découverte d’une ferme hors du commun à la renommée mondiale. Depuis 20 ans, Perrine et Charles pratiquent la permaculture. Pas de produits chimiques, que du naturel et un seul but : imiter la nature en suivant les aléas climatiques.

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homéo animaux

En France, les éleveurs sont de plus en plus nombreux à faire confiance à l’homéopathie, explique Patrice Rouchossé, vétérinaire. Il pratique l’homéopathie depuis 25 ans, au quotidien, auprès d’éleveurs de plus en plus nombreux, en recherche de solutions alternatives.. Il s’inquiète pourtant de la campagne menée en France et en Europe contre cette pratique médicale qui heurte les lobbys pharmaceutiques et certains « professionnels de santé ».

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Le tourisme cause près de 10% des émissions de gaz à effet de serre

Le tourisme, dont la croissance spectaculaire devrait se poursuivre, représente désormais 8 % des émissions de gaz à effet de serre, pesant plus lourd sur le climat qu'on ne l'avait jusqu'ici estimé, selon une étude parue lundi.

Référence: The carbon footprint of global tourism

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Cessez d'être gentil soyez vrai

Conférence de Thomas d'Ansembourg, présentant son best seller vendu à plus de 650.000 exemplaires: Cessez d'être gentils, soyez vrai

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L'arthrose se contrôle

Au Canada, l’arthrose est une des causes les plus courantes de déficience. Une personne sur dix est touchée; jusqu’à 55 ans, autant d’hommes que de femmes sont atteints. L’arthrose survient généralement après 45 ans mais 5% des 35 à 54 ans ont des signes radiologiques d’arthrose. Plus de 75% des retraités sont frappés. Et pourtant, elle peut être prévenue et traitée par la prévention et un mode de vie anti-inflammatoire.

Écoutez aussi Laura Azenard sur YouTube auteure de Vaincre votre arthrose

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Les tatouages, pensez-y bien avant ...

Que faire avec les métaux lourds associés aux tatouages? Sans effets apparents sur la santé dans l’immédiat, le prix à payer ne se fait sentir que plus tard, sans forcément qu’on fasse le lien avec les tatouages qui datent de plusieurs années ou décennies. Alors que nous sommes de plus en plus conscients dans la société de l’importance de bien s’alimenter et de consommer de façon hypotoxique, d’avoir une bonne hygiène de vie autant que possible, grand nombre de personnes se font tatouer aux toxines lourdes. Cyril Meyre, ND. A.

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10 types d'emballage qui ont l'air recyclable... et qui gêne le recyclage

Certains emballages ne sont pas adaptés au programme de recyclage. D'autres requièrent des étapes supplémentaires de la part des consommateurs. Il y en a qui semblent recyclables, mais ne le sont pas, et certains peuvent même contaminer des matériaux recyclables. Comment s'y retrouver ? - Radio-Canada

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What Really Heals and Awakens

Weaving together Buddhist philosophy and storytelling, clinical psychologist and spiritual teacher Jack Kornfield explored the nature of therapeutic transformation by evoking the core elements of psychological healing—being witnessed and loved. 

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Greendesking

Après le «coworking», place au «greendesking». Signe des temps, et du printemps qui s'installe enfin, des aires de travail extérieures devraient bourgeonner ici et là à Montréal au courant de l'été. Portrait d'une tendance qui se veut festive, mais aussi créative et productive. Silvia Galipeau La Presse

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Blanche Gardin: profitez de la vie

J'ai souri en écoutant cette humoriste française. J'ai eu le goût de partager ce vidéo de Blanche Gardin où elle nous entretient entre autre de la mort, de la vie et du suicide.

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Volume 14, numéro 6 — Mercredi, 13 juin 2018
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