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Le plantain

Le plantain

Si commun et si utile

Fleurs de plantain lancéolé
Photo : Danièle Laberge - Fleurs de plantain lancéolé

« Sur les pas de l'homme, les plantes se mettent en marche. Certaines espèces le suivent comme des chiens. Bien vite, l'Indien d'Amérique remarqua Plantago major, qu'il nomma aussitôt : le pied du Blanc. »

Marie-Victorin, Flore Laurentienne, 1964.

Originaires d’Eurasie, les deux espèces de plantain, Plantago major et Plantago lanceolata, ont colonisé le monde entier. Leurs propriétés médicinales sont connues depuis la Grèce antique et leurs usages thérapeutiques sont répandus aussi bien en Orient qu'en Occident. Pline prétendait qu'il guérissait 24 maladies.

Le plantain commun est probablement arrivé en Amérique dissimulé parmi les grains de céréales des colons français ou anglais. Les Amérindiens l'ont ensuite adopté et intégré à leur pharmacopée. Extrêmement commun au Québec, du nord au sud, il se retrouve autant sur les battures où il pousse dès que les glaces se retirent que dans des lieux incultes ou près des habitations. Il croît dans un sol compacté et même dans les fissures des trottoirs. Le plantain lancéolé s'est aussi naturalisé au Québec, mais il est moins omniprésent que le commun.

Plantain commun au stade de récolt
Photo: Danièle Laberge - Plantain commun au stade de récolte printanière

On distingue facilement par leurs feuilles les deux plantains, membres de la famille des plantaginacées. L'espèce Plantago major, appelée plantain commun ou grand plantain porte des feuilles de forme ronde et ovée. L'espèce Plantago lanceolata est surnommée en Europe Oreille de lièvre – en anglais, Ribwort ou Lance-leaved Plantain –, ce qui décrit bien la forme lancéolée de ses feuilles oblongues comportant de 3 à 5 nervures. Les feuilles des 2 espèces sont oblongues et pétiolées. Épaisses et fortement nervées chez le plantain commun, elles forment une rosette de 15 à 30 cm de diamètre. Ses hampes florales qui émergent du cœur des feuilles développent un épi verdâtre qui fleurit au printemps. Le plantain lancéolé fleurit en été et ses épis garnis de minuscules fleurs blanches s'épanouissent au sommet d'une hampe qui peut atteindre 50 cm.

Plantain lancéolé en fleursPlantain lancéolé en fleurs
Photos : Clef des champs - Plantain lancéolé en fleurs

Culture et récolte

On peut récolter des graines sauvages de plantain commun et les semer à l'automne ou au début de mai dans un coin ensoleillé du jardin. Pour ce qui est du plantain lancéolé, faute de le trouver en nature, on se procurera des semences pour effectuer un semis intérieur ou un semis direct. Puisque les racines de plantain sont superficielles, il faut bien arroser les semis et éviter les buttes trop hautes. On éclaircit pour laisser 30 cm entre les plants et on bine régulièrement pour éliminer la compétition. Les plants apprécient une terre amendée en compost et bien pourvue en azote et en phosphore.

Récolte et transformation

On peut utiliser toutes les parties du plantain, mais ce sont surtout les feuilles fraîches qu'on emploie en infusion, en jus vert, en cataplasme ou transformée en teinture et en onguent.

Il est préférable de récolter les feuilles au début de la floraison. On coupe au ras du sol les feuilles extérieures du plant en laissant celles du milieu croître pour des récoltes subséquentes.

Pour bien sécher les feuilles, il faut utiliser un séchoir sinon elles bruniraient.

Les graines se récoltent en fin de saison, à la fin d'une séquence de temps sec.

Plantain commun au stade de floraisonPlantain commun au stade de floraison
Photos : Danièle laberge - Plantain commun au stade de floraison

Usages et posologie

Riches en fer, en calcium et en zinc, de jeunes feuilles de plantain augmentent la valeur nutritive des salades printanières. En soupe, elles renforcent les personnes affaiblies ou anémiées.

Comme le plantain commun est très répandu, il se révèle être une plante de premiers soins incomparable en promenade ou en camping. Il soulage les piqûres d'insectes et favorise la cicatrisation des brûlures, éraflures, coupures et plaies. Pour un effet rapide, il s'agit de mâchouiller les feuilles pour en libérer le jus et de les appliquer ainsi broyées en compresse. À la maison, on retire la nervure principale des feuilles fraîches qu'on écrase à l'aide d'un rouleau à pâte ou qu'on broie au robot ou au mélangeur avec un peu d'eau.

Pour en faire une huile médicinale, on laisse macérer pendant 2 semaines des feuilles fraîches hachées dans de l'huile. Une fois pressée, on peut transformer l'huile extraite en pommade en y ajoutant de la cire d'abeille fondue. Elle apaisera l'inflammation et les démangeaisons causées par les hémorroïdes, l'herbe à puce, les piqûres d'insectes ou d'araignées. Cette préparation tout comme les cataplasmes de feuilles soigne les plaies anciennes qui ne guérissent pas.

Ce sont les mucilages du plantain qui permettent de calmer l'inflammation cutanée grâce à ses qualités émollientes. La plante contient également de l'aucubine qui possède un effet anti-inflammatoire et antibactérien. Cependant, comme l'aucubine perd ses propriétés lorsqu'elle est exposée à la chaleur, il est préférable de ne pas chauffer les préparations à base de plantain. Ainsi on fera macérer la plante séchée dans de l'eau froide pour préparer un cataplasme.

Dans tous les cas d'inflammation de la peau ou des muqueuses, en plus des applications topiques, la tisane est conseillée, car grâce à ses propriétés dépuratives, l'infusion de feuilles de plantain nettoie et purifie le sang.

Les mucilages du plantain soulagent les inflammations et les irritations des muqueuses de la bouche, du pharynx et du système digestif ainsi que celles du système respiratoire.

En sirop, seul ou en association avec d'autres plantes, les propriétés expectorantes du plantain lancéolé soignent les affections des voies respiratoires, du simple mal de gorge aux bronches congestionnées ainsi que la toux sèche ou grasse. On peut en prendre 2,5 ml aux 2 heures en dose d'intervention, de 2,5 à 5 ml jusqu'à trois fois par jour en traitement prolongé pour les cas de bronchite, de toux, d'asthme, de coqueluche et de tuberculose.

Les graines de plantain, proche parent du psyllium – dont on utilise l'écorce des graines pour aider au transit intestinal –, nettoient les muqueuses de l'intestin et procurent un effet laxatif. On peut moudre 30 ml de graines qu'on fait macérer dans 300 ml d'eau durant la nuit et qu'on boit au réveil. On peut aussi employer les graines entières.

Précautions

Comme le plantain est mucilagineux et tapisse la muqueuse de l’estomac, il peut retarder l'absorption de certains médicaments. On recommande donc de les prendre une heure avant de consommer du plantain à l'interne.

On ne connaît au plantain aucune contre-indication ni toxicité.

Une fois connues les propriétés médicinales de cette plante commune, on ne peut plus la considérer comme une mauvaise herbe. On l'extirpera de sa pelouse non pas pour des considérations d'ordre esthétique, mais pour bénéficier de ses vertus.

Diane Mackay Diane Mackay,
Biologiste, jardinière et herboriste
Les Jardins du Grand-Portage

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Bibliographie :

  • GAGNON, Caroline et LANCTOT-BÉDARD Valérie (2003). Materia medica pour sorcières et sorciers avertis…, Flora medicina.
  • O'REILLY, Moïra (2004) Interactions, contre-indications et complémentarités, plantes-médicaments. 2e édition, L'Herbothèque inc.
  • PROVOST, Marie et JUTRAS, Marie. Compendium, Clef des Champs.
  • SCHNEIDER, Anny (2011) Je me soigne avec les plantes sauvages.
  • Frère Marie-Victorin, ROULEAU, Ernest. (1964) Flore laurentienne, 2e édition. Les Presses de l'Université de Montréal.
  • Passeport Santé / Fiches / Plantain

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Volume 14, numéro 2 — Mercredi, 7 février 2018
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