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Valeureuse valériane

Valeureuse valériane

Estragon français vieux
Photo : Danièle Laberge

Historique

Originaire d’Europe et d’Asie du Nord, le genre Valeriana dont on compte plus de 200 espèces s'est naturalisé un peu partout dans les zones de climat tempéré : ainsi on l'observe en Afrique du Sud, dans les Andes et en Amérique du Nord jusqu’au Yukon. Au Québec, c'est l'espèce Valeriana officinalis qui s'est échappée des jardins médicinaux anglais qu'on retrouve près des jardins et des lieux habités, dans les endroits humides; elle se répand dans les champs et les terrains vagues où elle pousse souvent en colonies et devient même envahissante.

Le nom valériane vient du latin, mais on ne sait pas exactement s’il est dérivé de valor qui signifie courage, de valere qui se traduit par être en santé ou de valeo qui veut dire être fort; il se pourrait qu’il provienne aussi de la ville de Valeria, en Europe de l’Est, où on la cultivait pour l’expédier dans tout l’Empire romain. Enfin, son nom pourrait venir de Valerius Cordus, un médecin et herboriste de l’époque de la Renaissance qui l’utilisait souvent. Le mot officinalis fait référence à ses propriétés médicinales reconnues depuis le Moyen Âge. C’est à cette époque où on la croyait capable de tout guérir qu’on lui donnait le nom de guérit-tout ou all heal chez les Anglais.

Dans l’Antiquité, le Grec Galien fut le premier à avoir transcrit les effets tranquillisants de la valériane. Avant lui, Dioscorides qui la nommait Phou, mot qui illustre et évoque son odeur particulièrement prenante, l'utilisait comme plante diurétique et emménagogue. Les Romains l'employaient pour combattre les palpitations et l’arythmie. Au Moyen Âge, la valériane était recommandée comme tranquillisant et somnifère. Ses fleurs servaient d'épice en alimentation et son huile essentielle était ajoutée pour sa saveur dans des produits alimentaires et des boissons : il semblerait donc que son goût plaisait à cette époque. On l'utilisait même en parfumerie!

Chez les Amérindiens, on l’employait en poudre à priser pour calmer les convulsions de l’épilepsie.

En Angleterre au XIXe siècle, avant l’arrivée des tranquillisants de synthèse, plusieurs herboristes considéraient la racine de valériane officinale comme le plus efficace des calmants. Durant la Deuxième Guerre mondiale, alors que Londres était bombardé presque toutes les nuits, la valériane était prescrite pour traiter les chocs nerveux et aider à dormir.

Aujourd’hui, cultivée dans de nombreux pays pour répondre à la demande de l’industrie pharmaceutique, la valériane est reconnue par la European Scientific Cooperative on Phytotherapy (ESCOP), la Communauté économique européenne et l’Organisation mondiale de la santé pour traiter l’agitation nerveuse, l’anxiété et les troubles du sommeil. En Europe, la valériane est le sédatif le plus répandu; on le retrouve dans une centaine de produits vendus dans les pharmacies d’Allemagne, de Belgique, de France, de Suisse et d’Italie. Elle est reconnue comme médicament dans plusieurs autres pays d’Europe, mais aussi au Japon, au Brésil, au Chili, en Inde et en Russie.

Botanique

Valériane au lever du jour
Photo : Danièle Laberge

Plante herbacée vivace à tige haute et dressée, ronde et cannelée, creuse et pubescente, la valériane peut atteindre 1,5 mètre. Membre de la famille des valérianacées, elle porte des feuilles opposées, peu dentées et divisées en 11 à 20 folioles. À partir de la mi-juin s'épanouissent des fleurs blanches ou rose pâle regroupées en larges corymbes qui dégagent un parfum pénétrant, qui peut rappeler celui de la vanille. Cette odeur séduit certaines personnes, mais elle en rebute plusieurs. Ici, la période de pleine floraison s’étale tout le mois de juillet. Les graines, des akènes, nombreuses, petites et brunâtres et surmontées d’une aigrette plumeuse sont facilement dispersées par le vent. La racine, un rhizome horizontal très ramifié, est composée de plusieurs radicelles blanches. Son odeur puissante et caractéristique est principalement due à son riche contenu en huiles essentielles.

Jardinage

Inflorescence blanche
Photo : Danièle Laberge

La valériane officinale est une plante herbacée vivace jusqu’en zone 3. Rustique et de culture facile, elle préfère les sols frais, humides, mais bien drainés, profonds et riches. Le pH doit varier entre 6 et 7. Elle croît en plein soleil ou dans une section légèrement ombragée. Pour faciliter la récolte et le nettoyage des racines, il vaut mieux l’implanter dans un sol léger et sableux qu’on aura bien préparé en l'ameublissant à l’aide d’une fourche ou d’une grelinette et en ayant éradiqué les plantes adventices. On fertilise avec du compost puisqu’elle sera en place pendant 2 ou 3 années.

On peut semer les graines directement en terre en mai, ou encore mieux en octobre. Mais comme le taux de succès en semis direct est faible, il est préférable d’implanter de jeunes plants démarrés en semis intérieurs, car les semences très fines sont lentes à germer. De plus, il faut s’assurer d’utiliser des semences cueillies l’année précédente, car leur viabilité ne dépasse guère un an. Comme le taux de germination oscille autour de 50 %, on sème plus de graines que nécessaire. Elles germeront en 2 à 3 semaines à une température optimale de 20 °C. Un mois plus tard, on repique les plantules dans un terreau de croissance contenant 50 % de compost, 10 % de sable et 40 % de vermiculite. Les semis doivent être maintenus humides. Un autre mois plus tard, vers la fin mai ou lorsque les risques de gel sont passés, on transplante les plants à 35 cm de distance lors d’une journée ni trop ensoleillée ni trop chaude. On arrose régulièrement puisque la valériane n’apprécie pas les conditions sèches surtout lors de sa poussée de croissance en juin et juillet. Un binage régulier aura l’effet de retenir l’eau dans le sol ainsi que de contrôler les plantes compétitrices, ce qui favorisera une croissance optimale. Lors du binage ou du désherbage, il faut y aller délicatement afin de ne pas endommager le système racinaire. On observe parfois des taches blanches ou brunâtres sur le feuillage ou un jaunissement précoce des feuilles, il est alors préférable d’arracher et de détruire les plants atteints avant que cette maladie fongique ne se répande aux autres plants.

On récolte les racines de plants de 2 ans ou plus à l’automne. On pourra en profiter pour diviser un gros plant, car la valériane se multiplie aisément par division des racines. On procède à l’arrachage des racines à l’aide d’une fourche. On secoue doucement les mottes pour enlever l’excédent de terre. Pour les laver, je les immerge et les brasse dans un contenant rempli d’eau durant quelques minutes. Je taille les mottes en plus petits morceaux pour enlever toute la terre et je complète le nettoyage avec un jet d’eau. Je laisse les racines s’assécher une heure sur des treillis au soleil ou dans un endroit bien ventilé. À cette étape, on peut hacher la valériane pour en faire une teinture. Pour compléter le séchage, on place les racines dans un endroit aéré, à l’abri de la lumière, sur des clayettes quelques jours ou dans un déshydrateur à 35 °C, pendant 2 à 3 jours.

Inflorescence rose
Photo : Danièle Laberge

Certains herboristes font également sécher les inflorescences. Pour ce faire, il faut les tailler au début de la floraison le midi par temps sec. On les place sur des claies dans un séchoir bien ventilé à température moyenne et constante. Après le séchage, les petites fleurs se détachent facilement en les secouant délicatement.

On peut employer la valériane en purin pour tonifier les végétaux et favoriser leur floraison. En biodynamie, on emploie le jus des fleurs de valériane pour stimuler les processus de décomposition du compost ou en pulvérisation foliaire pour protéger les plantes contre les gels tardifs ou précoces.

Tout comme la cataire, la valériane attire les chats et provoque chez ceux-ci un état d’euphorie : on la surnomme également herbe aux chats.

USAGES

Le Compendium des monographies de Santé Canada recommande d'employer la valériane pour favoriser le sommeil et comme sédatif léger. En effet, la valériane est essentiellement sédative et calmante. On l’emploie aussi en usage interne pour favoriser la digestion, calmer les douleurs gastro-intestinales, surtout celles d'origine nerveuse, ainsi que les migraines, les maux de tête, les crampes, les convulsions et la névralgie. Dans les cas d'accidents sérieux, de sevrage de drogue ou de médicament, elle apporte un répit bénéfique qui favorise la guérison en permettant la détente des muscles et la réduction de la douleur. La valériane calme tout en stimulant la circulation coronarienne. On la conseille aussi dans les cas d'hypertension et de palpitations cardiaques.

Trois belles
Photo : Diane Mackay

Certains herboristes recommandent de fabriquer la teinture de valériane à partir de racines séchées, d'autres à partir de racines fraîches alors que d'autres préfèrent la préparer à partir de racines fraîches et sèches en parties égales.

Pour aider à s'endormir et trouver une meilleure qualité de sommeil, on suggère de prendre de 30 à 60 gouttes de teinture de racines pendant 4 à 6 jours puis de diminuer la dose à 15 à 40 gouttes pendant 4 à 6 semaines environ 30 minutes avant d'aller au lit ou, si on en apprécie le goût, une tasse de tisane qu'on prépare en infusant 5 ml de racines séchées (1 c. à thé) dans 250 ml (1 tasse) d'eau pas plus de 10 minutes. On peut jumeler la préparation de valériane à du houblon ou à de la mélisse pour les enfants. Enfin, on peut aussi préparer une infusion de fleurs déshydratées. Même si les principes actifs sont moins concentrés dans les fleurs que dans les racines, en infusion, elles détendront les nerfs, relaxeront les muscles tendus et prédisposeront au sommeil.

Je prépare un mélange que j'ai nommé bododo pour mon conjoint : il contient en parts égales des teintures de valériane, de scutellaire, de cataire et de mélisse auxquelles j'ajoute une partie de glycéré de pissenlit.

Contre-indications

Tout comme le Valium, la valériane peut parfois exciter certaines personnes. On rapporte que prendre une trop faible dose pourrait exciter plutôt que calmer. La valériane pourrait créer une accoutumance surtout chez les gens sujets à devenir dépendants de substances qui leur font du bien.

Enfin, il faut éviter de conduire après la prise d'une forte dose, car bien sûr, la valériane crée de la somnolence.

Bibliographie :

Diane Mackay Diane Mackay,
Biologiste, jardinière et herboriste
Les Jardins du Grand-Portage

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Volume 14, numéro 4 — Mardi, 3 avril 2018
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