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L'origan

L'origan

Fabuleux en cuisine comme en pharmacie

« Les personnes dont la digestion est devenue laborieuse pour une cause quelconque, se trouveront bien d'en boire avec du vin blanc. »
Odon de Meung, IXe siècle 

Boutons d'origan
Photo : Danièle Laberge

Historique

En Grèce antique, si l’origan venait à croître spontanément sur le tombeau du défunt, on croyait que son bonheur dans l’autre monde était assuré. Les Grecs utilisaient l'origan pour nourrir le cerveau et les organes du système digestif. Ils l'employaient aussi pour préparer un bain de pieds, réputé pour renforcer l’esprit et revitaliser le corps dans son entièreté.

Au IXe siècle, selon les écrits du moine Odon de Meung, l'origan en décoction dans du vin était réputé pour neutraliser l'effet des morsures venimeuses. Nos ancêtres l'ont utilisé pour parfumer et conserver la bière, un peu à la façon du houblon.

En Amérique du Nord, l’origan, qu’on appelle aussi orégano, gagne en popularité après la deuxième Grande Guerre grâce aux soldats qui rapportent d'Italie la recette de la fameuse pizza. À partir de ce moment, la cuisine italienne qui prend de l’essor et séduit de nombreux adeptes le rend incontournable dans les cuisines américaines.

Botanique

Plants d'origan
Photo : Danièle Laberge

Cette plante vivace de la famille des lamiacées se caractérise par un goût légèrement amer et une odeur épicée s'apparentant au thym. Cousin de la marjolaine, Origanum majorana, l'origan commun est d'ailleurs surnommé marjolaine sauvage ou grande marjolaine. Tous deux originaires du bassin méditerranéen, l'origan est cependant plus tolérant au gel que sa cousine. On le retrouve dans toute l’Europe dans les endroits secs et rocailleux, souvent en montagne où il enjolive le paysage. D'ailleurs l’origine grecque de son nom latin Origanum vient de oros qui signifie montagne et de ganos qui veut dire joie ou éclat. On pourrait ainsi traduire le terme par beauté de la montagne.

La tige de l'origan commun, teintée de rouge et légèrement pubescente dans sa partie supérieure, porte à l’extrémité de ses rameaux des inflorescences de couleur rose pourpre, réunies en bouquets. Ses feuilles opposées, ovales, peu dentées sont aromatiques et tournent au rouge en automne. Cet origan rustique jusqu'en zone 3 peut atteindre 75 cm de hauteur. C'est lui qu'on emploie comme plante médicinale, mais comme il est peu aromatique, je ne l'utilise pas à des fins culinaires.

À cet effet, je cultive l’origan grec, Origanum vulgare hirtum ou Origanum heracleoticum, moins spectaculaire, de plus petite taille et à fleurs blanches. Il bénéficie de propriétés aromatiques fortes qu'il conserve une fois séché. J'apprécie également l’origan doré, Origanum vulgare aureum, à saveur ample et délicate, de couleur jaune clair, du plus bel effet en bordure du jardin. Ces deux souches d'origan moins rustiques sont conseillées pour la zone 5, mais comme ils bénéficient d'une bonne couverture de neige chez moi en zone 4, ils survivent bien à l'hiver.

Origan grec et origan panaché
Ici, côte à côte, de l'origan panaché et de l'origan grec. Photo : Danièle Laberge

Jardinage

Peu exigeant et facile de culture, l'origan commun se cultive en plein soleil dans un sol léger. Il se plait bien dans les rocailles. Pour améliorer son goût et concentrer ses composés aromatiques et médicinaux, il vaut mieux le fertiliser sobrement, avec une légère dose de compost mûr incorporée en surface au printemps. On ne l'arrosera qu'au moment du semis ou de la transplantation. Pour le multiplier, comme les semences sont très fines, on le démarre par semis intérieur en avril. On peut aussi le propager par division ou par marcottage, du moment qu'on a accès à un plant mère.

Pour l'origan doré et l'origan grec, on distancera les plants de 30 cm alors que pour l'origan commun, plus vigoureux, on calculera 60 cm. On taillera ce dernier après la floraison de sorte qu'il ne répande pas ses semences. Ses nombreuses fleurs attirent maints insectes pollinisateurs et nourrissent les syrphes et les guêpes parasitoïdes, des alliés précieux du jardinier dans sa lutte contre les ravageurs.

Usages médicinaux

Sommités fleuries
Photo : Danièle Laberge

On récolte les feuilles et les sommités fleuries de l'origan commun par temps sec en début de floraison (en juin chez moi) pour les sécher. En infusion, la plante bénéficie de propriétés digestives et calmantes pour le système nerveux et le système respiratoire. J'en fais également un excellent vinaigre médicinal, en laissant macérer pendant 3 semaines 80 g de sommités dans 500 ml de vinaigre de cidre biologique. On peut en prendre jusqu'à 3 à 7 gouttes à la fois, au besoin.

Une tasse de tisane d’origan préparée avec 5 ml (1 c. à thé) de plante séchée infusée 5 minutes dans 250 ml (1 t) d’eau bouillante calme la toux, même les plus féroces. On peut en consommer jusqu'à 750 ml (3 t) par jour, 125 ml (1/2 t) à la fois. En France, l'infusion constitue un vieux remède pour calmer les spasmes bronchiques et faciliter l’expectoration. Se gargariser avec l’infusion est conseillé pour les cas d’aphtes, d’ulcères et d’infections buccales. Dans les cas de grippes, de bronchites ou de pneumonies, l'huile essentielle d'origan, riche en thymol et carvacrol, est recommandée mais réservée exclusivement aux adultes. En phase aiguë, on peut prendre jusqu'à 5 gouttes de 3 à 5 fois par jour pendant deux jours, puis on diminue à une goutte à la fois, jusqu'à 5 fois par jour.

L'infusion d'origan contribue également à soulager la nervosité excessive, les insomnies, les angoisses et les palpitations nerveuses. Pour traiter les palpitations nerveuses, on recommande un dosage de 20 ml (4 c. à thé) de feuilles séchées par litre d’eau.

Une infusion plus concentrée devient tonique et stimulante pour le système digestif. Antispasmodique, l’origan aide à soulager les crampes d'estomac et les douleurs gastriques. Il combat aussi l’aérophagie. Dans les cas d’anorexie, on la conseille pour stimuler l’appétit. Diurétique, on l’utilise dans les cas de rétention d’urine. Odon de Meung prescrivait avec justesse le vin d'origan pour améliorer la digestion. Pour préparer un tel vin, on fait macérer 50 g de sommités fleuries dans un litre (4 t) de vin pendant 10 jours. On en prend un petit verre avant le repas pour la digestion difficile.

En chauffant dans une poêle des sommités fleuries hachées et en les posant chaudes en cataplasme sur la partie sensible, on traite les douleurs musculaires, articulaires et rhumatismales, le torticolis et même les maux de tête.

On peut aussi utiliser l'huile essentielle diluée pour frictionner les régions douloureuses. On la diluera dans une huile d'olive, de sésame ou de tournesol à raison de 5 à 15 gouttes pour 5 ml (1 c. à thé) d'huile.

Enfin, pour un bain relaxant, on préparera deux litres d’infusion avec 100 g d'origan qu'on laisse infuser couvert 20 minutes. On ajoutera l'infusion tamisée à l’eau du bain, ce qui détendra les muscles fatigués et prédisposera au sommeil. L'huile essentielle qui surnage combattra les virus et les bactéries, stimulera la détoxification lymphatique et renforcera le système immunitaire.

Comme l'origan dispose de propriétés légèrement emménagogues, on peut boire jusqu'à 3 tasses d'infusion par jour pour rendre les règles plus faciles et moins douloureuses.

En cuisine

Je sèche au séchoir électrique de bonnes quantités de feuilles d'origan grec et d'origan doré pour usage culinaire. Je les emploie tour à tour pour assaisonner les salades grecques, les pizzas et les sauces tomates.

Précautions

L'huile essentielle d'origan en usage interne est réservée exclusivement aux adultes. On recommande également de ne jamais utiliser l'huile essentielle pure sur la peau car elle peut être irritante.

Papillon sur origanAbeille sur origan
Photos : Danièle Laberge

Diane Mackay Diane Mackay,
Biologiste, jardinière et herboriste
Les Jardins du Grand-Portage

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Bibliographie :

  • De MEUNG, Odon. La Pharmacie des Moines (Macer Floridus écrit en latin au IXe siècle, traduit par L. Baudet). Éditions Paleo. 2011.
  • LABERGE, Danièle, Laberge, Hélène. L'héritage de L'Armoire aux Herbes — Recettes, savoir-faire et guide santé. Herbothèque. 2011.
  • LACASSE, Odette. Plantes médicinales et aromatiques de nos jardins. Éditions Broquet. 1994
  • LORTIE, Monique. Les secrets du jardin. Édition Les jardins de l'achillée millefeuille. 2000
  • McINTYRE, Anne. Flower Power. Henry Holt and Company, Inc. New York. 1996
  • MICHAUD, Lili. Les fines herbes de la terre à la table. Éditions Multimondes. 2015
  • O'REILLY, Moïra. Interactions, contre-indications et complémentarités, plantes-médicaments. L'Herbothèque inc. 2004
  • SCHAUENBERY, Paul, Paris, Ferdinand. Guide des plantes médicinales — Analyse, description et utilisation de 400 plantes. Delachaux et Niestlé. 1977.
  • STUMPF, Ursula. Reconnaître facilement les plantes médicinales. Delachaux et Niestlé SA, Paris. 2013

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Volume 14, numéro 5 — Mercredi, 2 mai 2018
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