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Merveilleuse arnica

Merveilleuse arnica

Pour cette dernière rubrique avant le congé estival, j’ai choisi de vous présenter l’arnica, une plante si utile dans la trousse de premiers soins que vous ne pourrez plus vous en passer. Elle aidera l’apprenti menuisier malhabile, l’enfant intrépide et toute personne qui reçoit un coup. J’en fais un extrait dans l’alcool qui soulage la douleur du pouce écrasé par le marteau ou coincé dans une porte. Je produis une huile que je transforme aussi en pommade pour masser les articulations douloureuses ou les courbatures.

Fleur d'Arnica montana
Photo : Danièle laberge - Fleur d'Arnica montana

HISTORIQUE

On a répertorié plusieurs espèces d’arnica, la plus connue étant Arnica montana. On la retrouve dans les montagnes de France où on la nomme couramment par son nom latin, mais aussi arnique. Elle y porte de nombreuses autres appellations dont plantain des Alpes, souci des Alpes, herbe aux chutes, tabac des Vosges ou tabac de montagne ce qui fait référence à l’usage qu’en faisaient les montagnards qui en fumaient les feuilles séchées pour soigner toux et bronchite. Les 2 premières appellations proviennent de la ressemblance de la forme des feuilles qui rappellent celle du plantain et de celle des fleurs qui s’apparentent au souci des champs. Herbe aux chutes indique son utilité dans les cas de blessures, contusions ou foulures.

On retrouve dix espèces d'arnica dans l’ouest de l’Amérique du Nord dont Arnica angustifolia dans le nord du Yukon, en Alaska et au Groenland et Arnica cordifolia dans le sud du Yukon, dans les prairies canadiennes jusqu’en Californie et dans le nord de l’Arizona et du Nouveau-Mexique. Au Québec, la plus courante est Arnica mollis. Je cultive une de ses cousines, Arnica chamissonis, également originaire d’Amérique du Nord.

Fleurs d'Arnica montana
Photo : Danièle Laberge - Une fleur d'Arnica chamissonis

Au XIIe siècle, sainte Hildegarde de Bingen, bénédictine allemande, utilisait déjà l’arnica. Au XVIIe siècle, le médecin allemand Jean-Michel Fehr la nomme arnica et la recommande comme poudre à éternuer pour purger le nez. Au XIXe siècle, les médecins éclectiques la conseillaient dans les cas de contusions, de muscles endoloris ainsi que pour soigner les plaies et les ulcères qui ne guérissaient pas. Elle faisait partie depuis 1820 de la United States Pharmacopeia, mais elle en fut retirée en 1960. Elle est nettement moins connue en Amérique du Nord qu’en Europe, même si plusieurs nations amérindiennes l’employaient pour soigner les blessures, les plaies et les hématomes.

La popularité d’Arnica montana en Europe l’a presque menée à sa disparition. Conséquemment, sa cueillette est aujourd'hui réglementée en France, en Allemagne, en Autriche et en Suisse.

BOTANIQUE

L’arnica appartient à la famille des astéracées. On en cultive deux espèces dans les jardins québécois: Arnica montana et Arnica chamissonis. Leurs caractéristiques botaniques diffèrent quelque peu.

Les feuilles d’Arnica montana sont velues, ovales, avec de longues nervures saillantes. Elles sont regroupées à la base et disposées en rosette, sauf 2 petites feuilles opposées qu'on observe au milieu de la tige. Chez Arnica chamissonis, les feuilles sont plus allongées et disposées en paires le long de la tige.

Fleurs d'Arnica montana
Photo : Danièle Laberge - Fleurs d'Arnica montana

Leurs fleurs ressemblent à des marguerites. La montana dresse une tige velue qui porte une seule inflorescence, un capitule contenant plusieurs fleurs tubulaires au centre et ligulées en périphérie d’un beau jaune orangé en son sommet, mesurant souvent de 6 cm de diamètre. La chamissonis développe une tige velue parfois rougeâtre qui porte plusieurs fleurs d’un beau jaune clair mesurant à peine 2 cm de diamètre.

Fleurs d'Arnica montana
Photo : Danièle Laberge - Fleurs d'Arnica chamissonis

Les deux espèces atteignent plus ou moins 40 cm de hauteur. Leurs racines traçantes se faufilent sous la surface du sol pour produire quelques centimètres plus loin un drageon qui développera une nouvelle tige. Leurs fleurs s’épanouissent en juin et en juillet. Elles produisent des akènes qui dispersent leurs graines par le vent grâce à leurs plumets.

JARDINAGE

L'espèce Arnica montana croît outre-mer dans des sols riches, légèrement acides, à une altitude de 600 à 2 400 m. On la retrouve dans les prairies des montagnes d’Europe ainsi que dans le nord de l’Asie jusqu'en Sibérie. Pour la cultiver, on tentera de lui octroyer des conditions similaires. On l’implantera dans une terre sableuse, légèrement acide, humide mais bien drainée, car les plants pourraient souffrir d’une saison trop pluvieuse. Rustique, l'astéracée nécessite du soleil, mais elle tolère une ombre partielle. Elle résiste à des températures aussi basses que -30 °C, du moment qu'elle est protégée par une couverture de neige. On cultivera l’arnica chamissonis également dans un sol sableux, mais celui-là, légèrement alcalin.

Fleurs d'Arnica montana
Photo : Danièle Laberge - Fleurs d'Arnica montana

L'herboriste Danièle Laberge considère l’Arnica montana plus capricieuse que la chamissonis. Elle conseille de semer tôt au printemps en caissette des graines de l’année précédente, car elles ne conservent pas leur pouvoir de germination plus d’un an. Les semences sont lentes à germer. Il faut à peine les couvrir et garder le semis humide en permanence. Les plants se développeront lentement la première année et commenceront à fleurir la deuxième année. On leur octroie une section ensoleillée dans un sol bien drainé, fertilisé avec un bon apport de compost mûr. Il faut les arroser régulièrement jusqu'à ce que les plants aient développé suffisamment de racines pour subvenir à leur besoin en eau.

Arnica chamissonis
Photo : Yves Gagnon - Arnica chamissonis en boutons

Pour ma part, je cultive la chamissonis qui est plus facile à multiplier et plus productive. Je la propage par semis ou par division des plants.

Sa semence se conserve quelques années. Elle se propage par les nombreux rhizomes qu’elle produit si bien que je préfère recommencer une nouvelle plate-bande tous les 3 ans afin d’avoir des plants productifs et libérés des plantes adventices qui réussissent toujours à l'envahir.

Elles se ressèment toutes deux naturellement grâce au vent qui disperse leurs graines munies de plumets.

Semis d'Arnica chamissonis
Photo : Yves Gagnon - Semis d'Arnica chamissonis âgés de 8 semaines

USAGE

Je transforme les fleurs d'arnica en teinture, en huile ou en pommade que j'emploie pour atténuer les hématomes, les entorses et les coups puisqu’elles réduisent les épanchements sanguins internes. La teinture est exceptionnelle pour éviter la formation d'ecchymoses et neutraliser la douleur. Pour un traumatisme important, la prise de granules homéopathiques combinée à des applications externes, le plus tôt possible après l’accident, donne des résultats spectaculaires en empêchant l’apparition d’une ecchymose ou du moins en accélérant la guérison.

J’applique sur la zone touchée de la teinture concentrée. Lorsque la peau est trop sensible, on peut la diluer dans un peu d’eau. Par la suite, on massera la région meurtrie avec de l’huile ou de la pommade. On ne doit pas utiliser d’arnica si la peau est lacérée.

L'huile soulage les douleurs musculaires, arthritiques et rhumatismales ainsi que les torticolis. On peut en appliquer avantageusement sur les varices et les phlébites superficielles.

Je récolte les jeunes inflorescences pour fabriquer la teinture ou l’huile. Je préfère travailler avec la plante fraîche. Je retire les sépales, la partie verte sous la corolle, pour ne garder que les fleurs et les pétales. Je fais macérer 30 g de fleurs dans 250 ml du solvant pendant 3 à 4 semaines. Je filtre et embouteille dans des pots ambrés.

Fleur d'Arnica montana
Photo : Danièle Laberge - Fleur d'Arnica montana

Les propriétés anti-inflammatoire, analgésique et antiseptique font de l’arnica, un incontournable de la trousse de premiers soins ce qui lui vaut bien son surnom d’herbe aux chutes.

Contre-indications

La plante étant cardiotoxique, on ne doit jamais l’utiliser en interne sauf sous la recommandation d’une herboriste accréditée et à très faibles doses.

On ne doit pas en appliquer sur une plaie ouverte.

Je vous souhaite un bel été sans coup ni blessure, mais au cas où cela vous arriverait, vous serez heureux ou heureuse de connaître la merveilleuse arnica.

Diane MackayDiane Mackay,
Biologiste, jardinière et herboriste
Les Jardins du Grand-Portage

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Bibliographie :

  • ooreka - Fiche arnica
  • GAGNON, Caroline et LANCTOT-BÉDARD Valérie (2003). Materia medica pour sorcières et sorciers avertis…, Flora medicina.
  • GRAY, Beverley, The Boreal Herbal : wild food and medicinal plant of the North. Aroma Borealis Press, 2011
  • JOHNSON, Rebecca L., FOSTER Steven, LOW DOG, Tierona, M.D. et KIEFER, David, M.D. Guide to Medicinal Herbs, National Geographic 2014
  • O'REILLY, Moïra (2004) Interactions, contre-indications et complémentarités, plantes-médicaments. 2e édition, L'Herbothèque inc.
  • PROVOST, Marie et JUTRAS, Marie. Compendium, Clef des Champs.
  • SCHNEIDER, Anny et LABERGE, Danièle. Ces fleurs qui soignent. Les éditions Publistar 2007.
  • Frère Marie-Victorin, ROULEAU, Ernest. (1964) Flore laurentienne, 2e édition. Les Presses de l'Université de Montréal.

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Volume 14, numéro 6 — Mercredi, 13 juin 2018
  
 

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