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La bardane

La bardane

Grande bardane
Photo: Danièle Laberge - Plant de grande bardane de deuxième année.

Qu’on la nomme grande bardane, gracchia, toques, pipiques, herbe aux teigneux ou amoureux, cette astéracée fort répandue en ville comme à la campagne, est méconnue et souvent peu appréciée sauf par ceux qui en consomment la racine. Les Japonais ont mis au point des variétés moins amères et plus tendres dont le goût s’apparente à celui du salsifis. Dans le catalogue de Richters, on rapporte que des recherches au Japon ont prouvé que le cultivar Takinogawa Long possède des vertus antitumorales.

Comme le topinambour, la racine de bardane est riche en inuline, un hydrate de carbone, voisin de l’amidon, que les diabétiques peuvent assimiler. Elle contient 80 % d’eau, des hydrates de carbone, quelques protéines et 72 calories aux 100 g ainsi que plusieurs minéraux et oligo-éléments.

Petite bardane
Plant de petite bardane de première année.

Arctium minus – la petite bardane – est l’espèce la plus répandue au Québec. Botaniquement différente d’Arctium lappa – la grande bardane –, elle dispose toutefois des mêmes vertus médicinales. Les Romains employaient le mot lappa pour désigner toutes les plantes qui s’accrochaient aux vêtements. Pour bénéficier de ses vertus digestives, ils la consommaient après leurs agapes.

On retrouve la bardane dans des lieux incultes ensoleillés ou mi-ombragés, des pâturages, des bois ouverts, des cours de ferme, le long des clôtures et des routes, souvent dans des sols compacts et argileux. Bisannuelle, elle fleurit le deuxième été et mûrit ses graines en septembre. Heureusement, elle pousse aussi très bien au jardin dans un sol sableux enrichi de compost.

Je démarre quelques semis en caissette en avril et je les transplante à 45 cm de distance fin mai au potager. Plus facile à cultiver qu'à récolter! Tout d’abord, il faut tailler les feuilles en portant des gants afin de prévenir une possible dermatite de contact. Pour éviter de sectionner les racines, on ôte, à l’aide d’une fourche, la terre autour d’elles et on complète l’extraction manuellement et délicatement de façon à ne pas sectionner la racine. On conservera les racines en chambre froide quelques mois.

Fourche
Extraction de la racine de bardane.

Je cultive la petite bardane à partir de semences prélevées en bordure du jardin. Les feuilles de la grande et de la petite bardane ressemblent à celles de la rhubarbe, mais leur dessous est laineux et leur pétiole creux. La deuxième année, la haute tige ramifiée porte de nombreux capitules : à pédoncules courts, couverts de piquants crochus, solitaires ou en petites grappes chez Arctium minus, à pédoncules longs disposés en corymbes chez Arctium lappa. Comme son nom le suggère, la grande bardane peut atteindre de 1 à 3 mètres de hauteur, alors que la petite n’atteint guère plus de 1,5 mètre.

Capitules
Capitules de la petite bardane et dessous pubescent de la feuille.

À l’automne, c’est le temps de récolter les semences; ce qui se fait parfois sans le vouloir, car à maturité, le capitule se détache et s’accroche aux vêtements, au lainage surtout, et au pelage des animaux, libérant à des kilomètres du plant mère leurs akènes, des graines brunâtres et anguleuses.

Les semences de bardane constituent un diurétique puissant qui augmente le volume et la quantité d’acide urique sécrété par les reins; on les utilise broyées et on les consomme à faible dose, en infusant 2,5 ml dans 250 ml d’eau bouillie. Au Moyen Âge, les Anglais utilisaient la décoction de semences pour éliminer les pierres aux reins.

Par contre, la racine est un diurétique très doux. Elle est nourrissante, émolliente, sudorifique, astringente, hypoglycémiante. Elle soulage les douleurs de la goutte et des rhumatismes. De plus, elle aide à résister aux infections et en infusion, ses propriétés diaphorétique et fébrifuge combattront la fièvre des otites.

Dépurative, elle nettoie le sang de ses déchets métaboliques ce qui en fait une alliée pour traiter les problèmes de peau comme l’acné, le psoriasis, l’eczéma, les clous, les furoncles. On en fait une décoction en faisant mijoter pendant 5 minutes, 60 ml de racine fraîche émincée par litre d’eau. À boire quotidiennement. Pour compléter le traitement, on peut appliquer des cataplasmes de feuille fraîche réduite en purée ou passée à la vapeur, directement sur les boutons d’acné, les plaies et les brûlures.

Témoignage d’Anne Vastel

Ce qui me frappe le plus des racines de bardane, c’est leur capacité à détoxifier l’organisme en profondeur et à soulager des problèmes de peau ou d’articulations.J’utilise souvent la plante quand il y a des problèmes de peau comme l’acné ou le psoriasis, en la combinant généralement à des racines de pissenlit. C’est une plante qui, selon moi, rafraîchit et calme l’inflammation de la peau de l’intérieur. C’est aussi une plante médicinale qui soutient le processus de la digestion en aidant à refaire une flore bactérienne en santé et en diminuant la constipation ou les ballonnements. Encore une fois combinée à des racines de pissenlit, la synergie est impressionnante. En général, je recommande de prendre de deux à cinq grammes de racines sèches par jour en décoction ou de deux à quatre millilitres de teinture de la plante fraîche dans de l’alcool à 40 %.

Racines
Racine de petite bardane.

Ses vertus hypoglycémiante, dépurative et antibiotique ont été démontrées dans les recherches américaines de M. Suter, Medical Chemistry, John Willey Publishing, 1951.

Selon Fabien Girard, dans Secrets de Plantes, Les éditions JCL, 2008 : « La racine de bardane fraîche est aussi active que la pénicilline contre des germes tels que le staphylocoque doré, la plupart du temps responsable de l’acné. Si les ados étaient davantage enclins à se nourrir de verdure, celle qui ne pousse pas nécessairement au potager, ils arriveraient plus facilement à contrôler les problèmes de ce type. »

On cuisine la bardane comme on le ferait pour des carottes ou des panais: dans l’eau, à la vapeur, au four, en potage, en ragoût, en sauté à l’orientale. Son temps de cuisson est cependant plus long que celui de la carotte. Comme pour le salsifis ou le céleri-rave, la racine s’oxyde rapidement lorsqu’on la coupe. Pour prévenir le noircissement, mettre les morceaux à tremper quelques minutes dans de l’eau très froide légèrement citronnée ou vinaigrée. Il est préférable de récolter en été la racine qu’on mangera et en automne celle qui nous soignera.

Inflorescence
Photo: Danièle Laberge - Inflorescence en corymbe de la grande bardane

Velouté de légumes aux racines blanches

Recette de Nathalie Beaudoin

Ingrédients
15 ml (1 c. à soupe) d’huile d’olive
625 ml (2 1/2 tasses) de panais, pelé et coupé en dés
625 ml (2 1/2 tasses) de rabiole, pelée et coupée en dés
500 ml (2 tasses) de racine de bardane, pelée et coupée en dés
2 gousses d’ail, hachées
1 oignon, haché
1 branche de céleri, coupée en dés
1,5 l (6 tasses) de bouillon de légumes
60 ml (1/4 tasse) de sirop d’érable
125 ml (1/2 tasse) de crème de soya
Au goût : sel, poivre, cannelle, muscade, herbes de Provence

Préparation
Dans une casserole, faire suer les légumes
quelques minutes avec l’huile d’olive.
Ajouter le bouillon et le sirop d’érable.
Porter à ébullition. Laisser mijoter à couvert
45 minutes ou jusqu’à ce que les légumes soient tendres.

Diane Mackay Diane Mackay,
Biologiste, jardinière et herboriste
Les Jardins du Grand-Portage


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Volume 11, numéro 15 — Mercredi, 7 octobre 2015
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