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L'aubépine guérisseuse du cœur

L'aubépine
Guérisseuse du coeur

« Les Crataegus ont peu de propriétés utiles. La médecine utilise maintenant la teinture de Crataegus pour agir sur le système nerveux sympathique. » lit-on dans l'édition de 1964 de la Flore laurentienne. Il est vrai que les fleurs et les feuilles de l'aubépine constituent un bon tonique nerveux en digne représentante de la famille des rosacées. Pourtant, la médecine traditionnelle chinoise reconnaît ses bienfaits pour soigner des troubles du système cardiovasculaire depuis 3000 ans et elle était déjà connue des médecins de la Grèce antique. En Europe, au XVIIe, elle était surtout utilisée pour ses propriétés diurétiques qui contribuent à traiter la goutte, les calculs et les voies urinaires. C'est à partir du XXe siècle que de nombreuses recherches ont porté sur des produits à base d'aubépine pour traiter des problèmes cardiaques.

Ce n'était donc pas les propriétés médicinales des plantes qui intéressaient les botanistes qui ont travaillé à la revision de la deuxième édition de la Flore laurentienne, mais plutôt leurs caractéristiques botaniques et géographiques. On y apprend que les aubépines n'étant pas des essences forestières, elles ne pouvaient pas à l'époque préhistorique s'établir en colonies nombreuses puisque tout le Québec était recouvert de forêts denses. Avec le défrichement des terres, Crataegus oxyacantha, espèce cultivée en Europe et introduite en Amérique, a pu s'échapper des cultures pour s'épanouir dans les milieux secs et dégagés au sud des forêts de conifères.

Épine d'aubépine
Photo : Diane Mackay

On observe toutefois plusieurs espèces d'aubépine en Amérique du Nord, dont plusieurs variétés ornementales, mais l'espèce la plus répandue est Crataegus oxyacantha, maintenant renommée Crataegus laevigata. On reconnaît facilement cet arbrisseau, au bois très dur, en automne et en hiver grâce aux solides épines solitaires qu'elle porte le long de ses tiges.

Il peut atteindre de 2 à 10 mètres de hauteur et vivre plus de 200 ans! En mai, les odorantes fleurs blanches disposées en corymbes s'épanouissent en même temps que les feuilles dentelées divisées en 3 ou 5 lobes. Les fleurs, formées de 5 pétales arrondis, se transformeront en drupes, dénommées cenelles ou senelles, d'où vient d'ailleurs son nom commun au Québec de cenellier ou senellier.

Chez moi, l'aubépine se propage avec bonheur dans les pentes abruptes d'un ancien pâturage bien ensoleillé. Les graines sont disséminées par les oiseaux ou les petits mammifères. Elles nécessitent une stratification pour germer. Il est difficile de récolter des fruits sains, car ils intéressent des insectes ravageurs qui les piquent. Ainsi, en automne, mieux vaut ne pas tarder d'en faire la récolte dès qu'ils mûrissent et tournent au rouge.

Les fleurs et les feuilles se cueillent en mai, au tout début de la floraison, idéalement quand les fleurs sont encore en boutons. La cueillette des feuilles se fait aussi en juillet. Il faut porter des gants épais pour la récolte afin d'éviter les blessures causées par les nombreux éperons.

On fera sécher partiellement les jeunes rameaux avant de les hacher pour les mettre à macérer dans de l'alcool à 40° ou à 50°. On peut aussi les déshydrater à l'abri de la lumière avec une bonne ventilation pour en faire une réserve à consommer en infusion. On fera de même avec les fruits pour en sécher pour les infusions. On peut aussi en préparer un extrait dans de l'alcool avec des fruits frais ou secs pulvérisés en éclats à l'aide d'un robot ou d'un moulin.

Fruits d'aubépine
Photo : Danièle Laberge

Selon Christophe Bernard, les 2 teintures se préparent au taux de 1:5, c'est-à-dire qu'il faut recouvrir 100 g de rameaux hachés ou 100 g de fruits pulvérisés de 500 ml d’alcool. Il suggère de mélanger les 2 teintures en parts égales pour maximiser l’efficacité de la préparation qui contiendra ainsi toutes les parties de la plante : feuilles, morceaux de rameaux, fleurs et fruits.

Fleurs et boutons d'aubépine
Photo : Danièle Laberge

Les fleurs sont antioxydantes, anxyolytiques, hypotensives et vasodilatatrices ; c'est la partie la plus riche en flavonoïdes. Les feuilles contiennent le plus de proanthocyanidines et les fruits, riches en vitamines et minéraux, contiennent aussi une coumarine, l'esculine et un alcaloïde, la crataégine.

En traitement pour le coeur, il est conseillé de prendre 30 gouttes de teinture 3 fois par jour et pour le maintien de la condition cardiaque, 20 gouttes 2 fois par jour. Si on préfère l'infusion, on laisse infuser durant au moins 30 minutes 2 c. à thé de branches, feuilles et fleurs séchées par tasse. On en boit de 2 à 4 tasses par jour. Pour traiter un cœur vacillant, il faut la prendre quotidiennement en infusion ou en teinture pendant au moins 6 semaines avant d'en ressentir les effets bénéfiques durables dans les cas d'angine, d'hypertension, d'arythmie cardiaque et d'insuffisance cardiaque, car elle agit doucement et lentement.

L'aubépine est une plante extraordinaire pour soutenir les cœurs faibles et fatigués: elle mérite bien son surnom de valériane du coeur. Elle améliore graduellement la condition des personnes qui ont le souffle court, qui souffrent de fatigue ou de palpitations cardiaques.

L’aubépine fait maintenant partie des pharmacopées officielles de la Chine, de la Grande-Bretagne, de l’Allemagne et de la France. On l'utilise principalement comme tonique cardiaque, mais aussi dans la composition de formules pour traiter l'insomnie et l'anxiété. Elle entre dans la composition de plus de 200 préparations médicinales en Allemagne, en Autriche et en Suisse.

Moira O'Reilly mentionne que : « Certains cliniciens allemands préfèrent l'aubépine aux médicaments de synthèse dans des cas d'insuffisance cardiaque mineure. Elle aurait une application thérapeutique plus vaste et sans effets secondaires. » Elle ajoute que : « L'aubépine peut potentialiser l'effet des médicaments pour la tension artérielle, pour le cœur et pour l'angine. » Ainsi, on peut éviter des dosages élevés de médicaments et réduire leurs effets nocifs. Mais l'auteure prévient qu'en aucun cas, l'aubépine ne peut remplacer la nitroglycérine chez la personne en crise d'angine. D'ailleurs, il ne faut jamais prendre de l'aubépine sans en discuter avec son médecin si on prend déjà des médicaments pour un problème cardiaque.

Mon collègue pharmacien Jean-Yves Dionne écrivait en mai 2011 sur le site de Passeport Santé que : « Les extraits d’aubépine sont très intéressants dans le traitement des cas précoces et mineurs de faiblesse cardiaque et d’insuffisance cardiaque. Ils devraient d’ailleurs être utilisés plus souvent, comme c’est le cas dans la pratique médicale allemande, en particulier à cause de leur innocuité. »

Aviva Romm, médecin, sage-femme et herboriste clinicienne affirme qu'il n'y a pas de contrindications à prendre de l'aubépine pendant la grossesse et la lactation. Elle la recommande pour prévenir l'hypertension de grossesse, le problème de santé qui se manifeste le plus couramment pendant la grossesse et qui affecte 10 % des femmes enceintes.

Je laisse au docteur Ellingwood, inspiration du courant médico-herbaliste du début des années 1900 aux États-Unis, le soin de conclure avec ce brillant résumé du rôle de l’aubépine : « Il est supérieur à n’importe quel autre remède connu et utilisé pour le traitement des maladies de coeur, parce qu’il semble guérir alors que d’autres remèdes sont tout au plus palliatifs. »

Fleur d'aubépine
Photo : Danièle Laberge

  • Bernard, Christophe. www.altheaprovence.com/aubepine-crataegus-monogyna novembre 2012 par Christophe BERNARD
  • Dionne, Jean-Yves. www.passeportsante.net/aubepine_ps
  • Frère Marie-Victorin, Rouleau Ernest. 2e édition, Flore laurentienne. Les Presses de l'université de Montréal, 1964.
  • Gagnon, Caroline, Lanctôt-Bédard Valérie. Materia medica pour sorcières et sorciers avertis… 2002-2003.
  • O'Reilly, Moïra. Interaction, contre-indications et complémentarités, plantes-médicaments. L'Herbothèque, 2004.
  • Romm, Aviva. Botanical Medecine for Women's Health. Churchill Livingstone, 2010
  • Schneider, Anny. Arbres et arbustes thérapeutiques. Éditions de l'homme, 2002
  • Schneider, Anny et Laberge, Danièle. Ces fleurs qui soignent. Les éditions Publistar 2007.

Diane Mackay Diane Mackay,
Biologiste, jardinière et herboriste
Les Jardins du Grand-Portage

Bain de vapeur à la camomille - Caroline Gagnon


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Volume 12, numéro 8 — Mercredi, 27 avril 2016
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