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Le mouron des oiseaux

Le mouron des oiseaux

Une gentille mauvaise herbe

J'avais l'habitude de manger du mouron en salade, maintenant j'en bois. Je me fais des jus verts mi sauvages/mi cultivés. J'ai découvert que le mouron des oiseaux associé à du persil, quelques feuilles de pissenlit ou d'ortie, de kale et de bette à carde avec une pomme et un peu d'eau ou de jus donne, une fois broyées, une rafraichissante boisson, délicieuse et très nutritive, car riche en minéraux, en oligo-éléments, en vitamines, en protéines et en fibres.

Jus vert

Dans la campagne anglaise, le mouron était consommé comme des épinards pour traiter les problèmes respiratoires. Au XIXe siècle, l'abbé allemand Sébastien Kneipp le vantait pour ses propriétés respiratoires.

Le mouron bénéficie de propriétés expectorantes : il lubrifie les muqueuses sans les assécher. Marie Provost le recommande pour les troubles du système respiratoire avec inflammation et accumulation de mucus. Les saponines du mouron aident à dissoudre le mucus des poumons et du larynx. Lorsqu'on l'utilise comme plante pectorale, elle suggère de le boire plutôt que de le prendre en teinture ou en capsules. Pour en faire une infusion, il faut remplir la tisanière de mouron frais haché – car il contient beaucoup d'eau – avant de l'ébouillanter. Pour la coqueluche, la bronchite, l'asthme chronique ou l'emphysème, elle propose de boire 1 à 5 tasses de cette infusion quotidiennement tout en appliquant la plante ébouillantée sur les poumons en guise de cataplasme.

L'aspect botanique

Le mouron des oiseaux ou stellaire moyenne, naturalisé d'Europe se retrouve dans l'hémisphère boréal et en montagne jusqu'à une altitude de 2000 mètres. Cette caryophyllacée tapissante, ramifiée de 15 cm de hauteur est la seule stellaire à posséder une rangée de poils sur toute la longueur de ses tiges qui peuvent mesurer entre 10 et 60 cm; ses feuilles ovales, d'un vert brillant, petites à la base peuvent atteindre 3 cm au haut des tiges. Elle tient son nom latin, Stellaria media ainsi qu'un de ses noms communs anglais, Star lady, du fait que ses fleurs aux cinq pétales profondément échancrés ressemblent à des étoiles.

Photo: Danièle Laberge

Parfois considéré comme indésirable au potager, le mouron, cette adventice qui prolifère dans les sols enrichis et profonds de parcelles ensoleillées ou légèrement ombragées, est selon moi un allié du jardinier lorsqu'il se déploie au pied de légumes. Mais mon tchum l'arrache tout le temps, car il craint sa prolifération !

Récolte et entretien

Le mouron est une des premières plantes à poindre ses cotylédons au printemps. Sa croissance est rapide en toute condition, surtout en automne alors qu'on relâche la garde pour le contrôle plantes adventices.

On récolte la partie supérieure des tiges, au début de la floraison, pour la transformer en teinture médicinale et jusqu’aux neiges pour la déguster en salade, la consommer ou la congeler comme des épinards, la composter ou la servir aux poules. Son nom anglais de Chickweed illustre bien le fait que les volailles en raffolent.

Il importe de sarcler ou d'enfouir le mouron avant le mûrissement des graines, car chaque plant peut produire jusqu'à 15 000 semences! Inévitablement, au cours de l'été, le mouron croît dans les jardins bien sarclés et bien amendés, mais ne nuit pas aux végétaux déjà établis en devenant un couvre-sol vivant qui limite le développement d'autres adventices. C'est surtout à la fin de l'été qu'il prend ses aises au jardin en s'installant sur les buttes des pommes de terre, entre les rangs de carottes ou de betteraves lorsque les binages et sarclages au potager se font plus rares.

Mouron

Le mouron restera bien dense et croustillant et ne s'étiolera pas si on le cueille régulièrement.

Il se conserve comme de la laitue dans un sac de plastique au frigo. Lors de récoltes tardives, de belles petites graines brunâtres se retrouvent au fond du sac ! J'en sème alors quelques-unes dans les pots de laurier ou de romarin que j'hiverne dans la maison pour avoir des feuilles fraîches à ajouter aux salades d'hiver.

Transformations et utilisations en interne

Une autre façon de consommer le mouron est de le transformer en teinture. Il suffit de remplir un pot de verre de la plante fraîche hachée grossièrement, puis de remplir le pot à ras bord avec de l’alcool à 40%. On laisse ensuite macérer un mois, en brassant tous les jours puis on presse, on tamise et on embouteille.

Cette teinture, à raison de 15 gouttes dans une gorgée d’eau, 2 à 6 fois par jour, peut se prendre sur de longues périodes entre autres pour les problèmes de bouffées de chaleur ou de poids excédentaire. Elle rafraîchit et aide pour toute forme d'excès de chaleur.

Anny Schneider recommande comme traitement amaigrissant de la savourer en tisane à raison de 3 g de plante fraîche pour 250 ml d'eau. Elle suggère de ne pas laisser infuser trop longtemps, car les propriétés du mouron disparaissent à la chaleur.

Moïra O'Reilly dans Interactions, contre-indications et complémentarités, plantes-médicaments rapporte que cette plante tonique du métabolisme, riche en saponines, est fort utile contre l'embonpoint et la cellulite, car elle draine en même temps les excès de graisses et de protéines tout en étant diurétique et reminéralisante. Elle cite Susan Weed, célèbre herboriste américaine : «Le mouron est aussi doux que l'orme rouge, aussi apaisant que la guimauve, aussi protecteur et fortifiant que la consoude. Les gitans turcs ne cessent de le louanger.»


Photo: Danièle Laberge

Usages externes

Grâce à ses propriétés refroidissante, extirpante et dissolvante, le mouron est recommandé en application externe. En broyant la plante fraîche et en l'appliquant en compresse ou en cataplasme, il soulage les démangeaisons, calme l’enflure, soigne les abcès, les brûlures et les blessures. En bain d'yeux, il soigne les conjonctivites.

Beverley Gray, auteur de The Boreal Herbal : wild food and medicinal plant of the North, souligne qu'une consommation excessive de la plante fraîche peut induire une diarrhée. Elle recommande aux femmes enceintes d'en limiter sa consommation sous sa forme fraîche, mais d'en prendre au besoin en tisane ou teinture.

Elle propose une recette de trempette riche en antioxydants.

Une poignée de mouron haché
¼ tasse ou 60 ml d'ail haché
2 c. à table ou 30 ml de vinaigre de cidre
½ c. à thé ou 2 ml de sel
huile d'olive pour couvrir

Mettre le tout au mélangeur et broyer jusqu'à ce que la pâte soit lisse et onctueuse. Empoter immédiatement et couvrir d'huile pour éviter le brunissement.

Mélanger avant de servir. Délicieux avec des carottes ou des craquelins.

Conserver dans un petit pot hermétique au réfrigérateur.

Pour ma part, je suggère d'en ajouter à vos pistous et à vos pestos qui disposeront alors de propriétés médicinales. Bonne dégustation!

Gray, Beverley, The Boreal Herbal : wild food and medicinal plant of the North. Aroma Borealis Press, 2011
O'Reilly, Moïra. Interaction, contre-indications et complémentarités, plantes-médicaments. L'Herbothèque, 2004. (Épuisé)
Schneider, Anny. Je me soigne avec les plantes sauvages, Éditions de l'homme, 2011

Diane Mackay Diane Mackay,
Biologiste, jardinière et herboriste
Les Jardins du Grand-Portage

Fabrication de boules énergisantes avec des plantes médicinales
Caroline Gagnon de Flora Medicina

Sources : chez Youtube ou Flora Medicina


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Volume 12, numéro 16 — Mercredi, 19 octobre 2016
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