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Le romarin

Le romarin

Herbe de jouvence

Si tu te sens faible, fais-en bouillir les feuilles dans de l'eau et lave-toi, et tu seras éclatant...Respire-le et il te gardera jeune.

Herbier de Banckes, 1525

Romarin - fleur
Photo : Danièle Laberge

Lors d'une formation donnée par Anne Vastel, une herboriste thérapeute chevronnée, celle-ci offrait aux participantes tout au long de la journée de l'infusion de feuilles de romarin en nous prévenant que notre calme matinal se transformerait en exubérance de fin de journée. Effectivement, quoique toujours attentives à notre formatrice, nous devenions de plus en plus dissipées. Cela était pour l'expérience de la plante. Au quotidien, Anne suggérait plutôt une infusion de romarin après le repas du midi en remplacement du café: ainsi on obtient un effet stimulant plutôt qu'excitant dû à la caféine.

Stimulant intellectuel, le romarin accroît l'acuité mentale et rend plus présent et plus éveillé, sans doute parce qu'il augmente le flux sanguin au cerveau. C'est l’un des antioxydants les plus puissants du monde végétal. Consommé régulièrement, il protège les cellules du vieillissement et diminue le risque d’athérosclérose cérébrale en éliminant le surplus de gras dans le sang. De plus, comme il serait un inhibiteur de la cholinestérase qui entrave la production d'acétylcholine en carence chez les gens souffrant de la maladie d'Alzheimer, il est donc particulièrement conseillé pour les personnes âgées.

Christophe Bernard, herboriste français vivant dans les collines calcaires de Provence, le pays du romarin, affirme que : le romarin semble agir sur certains processus cérébraux, augmentant ainsi la cognition et la mémoire. En ce qui concerne la maladie d’Alzheimer, j’estime que le romarin a un fort potentiel, car justement il fournit cet effet multidimensionnel de protection et de stimulation de la sphère cérébrale. Il recommande aussi l’ajout de romarin en cuisine, pour toute viande ou tout poisson grillé au barbecue, car il empêche la formation d’amines hétérocycliques, composant cancérigène formé lors du noircissement de ces aliments.

Romarin - feuilles

Comme la plupart des plantes aromatiques, le romarin est antispasmodique et antibactérien et il soulage les crampes digestives tout en neutralisant les bactéries responsables des fermentations. En bouche, c'est le côté aromatique qui domine en premier puis suit une légère amertume. On le classe d'ailleurs en herboristerie parmi les plantes amères qui tonifient la digestion en agissant sur le foie et la vésicule biliaire. Il est cholérétique puisqu'il augmente la production de bile par le foie ce qui aide à l'évacuation des toxines; on le dit également cholagogue, car il active les contractions de la vésicule biliaire pour expulser la bile épaissie. Pour apaiser les migraines d’origine hépatobiliaire, on peut consommer le romarin en cure prolongée pendant les périodes où le foie est malmené à cause d’excès de nourriture ou d’alcool.

Le romarin, en plus d'être antiseptique et bactéricide, fait baisser la fièvre et réduit la congestion due au mucus. En bain de vapeur, il draine les sinus congestionnés.

Romarin - production
Photo : Danièle Laberge

Posologie

On boira de 1 à 3 tasses d'infusion par jour en évitant d'en prendre 3 heures avant le sommeil. Pour la préparer, on jette 5 ml de feuilles de romarin dans 500 ml d'eau bouillante pendant 5 à 10 minutes. En teinture, on recommande de 3 à 10 gouttes de 2 à 4 fois par jour.

En externe, le romarin active l'afflux de sang vers la peau. L'apport de sang vers les articulations qu'il stimule contribue à réparer les tissus dans les cas de rhumatismes ou de foulures. En ajoutant quelques gouttes d'huile essentielle de romarin à une huile pour massage, on en augmentera l'action calorifique et rubéfiante qui soulage les douleurs, les inflammations et les crampes musculaires.

Moïra O'Reilly dans Interactions, contre-indications et complémentarités, plantes-médicaments nous prévient que le romarin pourrait être hypertensif. Elle le déconseille aux femmes enceintes en dosage thérapeutique, mais pas dans l'alimentation.

Origine et description

Arbrisseau d'origine méditerranéenne, le romarin est maintenant répandu à travers le monde, car on le cultive dans la plupart des jardins. Cette lamiacée vivace dans son milieu d'origine est non rustique au Québec: on le cultive donc comme une annuelle.

On le reconnaît aisément aux effluves capiteux dégagés lorsqu'on froisse ses feuilles étroites et luisantes, vert foncé sur la face supérieure, recourbées vers le dessous blanchâtre. Parfois, le romarin fleurira; ses fleurs tubulaires bleues, lilas, roses ou blanches s'épanouiront à l'extrémité des rameaux.

Culture et récolte

La germination des semences du romarin qui nécessitent le maintien d'une température au-dessus de 27 °C est lente et difficile. Il est plus simple d'acheter des plants qu'on cultivera en pot tout l'été, ce qui préviendra le choc de la transplantation au moment de les rentrer en septembre. Le romarin se reproduit couramment par bouturage ou par marcottage.

Romarin en pot

On peut enfouir le pot dans le jardin dans une section ensoleillée ou le placer sur le balcon ou la terrasse. On le changera de pot seulement lorsque ses racines seront trop à l'étroit. On utilisera alors un pot d'une dimension légèrement plus grande que le précédent. On emploiera un terreau qui se draine bien et retient l'eau en même temps. On prépare un tel terreau avec 50 % de compost bien mûr auquel on ajoute 20 % de vermiculite, 20 % de perlite et 10 % de sable. On arrosera seulement lorsque le terreau sera asséché en surface, car l'eau en excès nuit à la croissance du romarin.

Le romarin croît presque sans terre ni eau dans les collines calcaires de Provence où il développe un arôme plus puissant que ce qu'on peut atteindre dans nos jardins ou nos maisons. Son nom latin Rosmarinus officinalis nous indique ses besoins : Ros qui signifie rosée et marinus, marin. Lorsqu'on lui octroie des conditions similaires à son lieu d'origine, le romarin peut atteindre 2 mètres de hauteur, même en pot.

À l'intérieur durant l'hiver, on l'installe dans une pièce bien ensoleillée. On place sa soucoupe dans une plus grande soucoupe qu'on emplira d'eau régulièrement. Ainsi l'eau évaporée bénéficiera au romarin tout au long de l'hiver. On cueillera à la fin de l'été l'extrémité des tiges, une taille qui permettra de densifier son feuillage.

Lorsqu'on prend l'habitude de boire du romarin en infusion, il devient difficile de s'en priver, car il communique une impression de jeunesse et de bien-être.

Diane Mackay Diane Mackay,
Biologiste, jardinière et herboriste
Les Jardins du Grand-Portage

Diane Mackay offre des ateliers d'herboristerie durant l'été. Voir l'onglet Nos formations sur le site des Jardins du Grand-Portage.

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Bibliographie :

  • Bernard, Christophe. www.altheaprovence.com/blog/romarin-rosmarinus-officinalis/
  • Gagnon, Caroline, Lanctôt-Bédard Valérie. Materia medica pour sorcières et sorciers avertis… 2002-2003
  • Michaud, Lili. Les fines herbes de la terre à la table. Éditions Multimondes. 2015
  • Ody, Penelope. Les plantes médicinales, Encyclopédie pratique. Sélection du Reader's Digest, Montréal, Québec. 1995
  • O'Reilly, Moïra. Interactions, contre-indications et complémentarités, plantes-médicaments. L'Herbothèque inc. 2004.

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Volume 13, numéro 11 — Mercredi, 31 mai 2017
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