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Sage sauge

Sage sauge

Fleur de sauge
Photo : Danièle Laberge

Si facile à cultiver, si délicieuse dans nos infusions et nos mets et si utile pour traiter maintes affections, la sauge officinale demeure un incontournable du jardin de simples.

Présente dans tous les jardins des monastères au Moyen-Âge, déjà utilisée comme antiseptique des muqueuses par les Grecs et les Romains de l'Antiquité, connue bien avant par les Égyptiens, la sauge soigne les humains depuis des temps immémoriaux. Originaire du bassin méditerranéen et répandue en Asie occidentale, elle se marchandait autrefois à prix fort. Les Chinois échangeaient aux Hollandais trois sacs de thé pour un sac de sauge, d'ailleurs surnommée « thé d'Europe ». Introduite au XVIIe siècle en Amérique, on l'y cultive couramment tout comme dans plusieurs pays d'Europe.

Membre de la famille des lamiacées, la sauge officinale, Salvia officinalis, est une des 600 espèces du genre Salvia. Son nom lui vient du latin salvare qui signifie sauver ou guérir. Ce sous-arbrisseau survit bien dans les régions qui reçoivent une bonne couverture de neige ou lorsqu'il est bien protégé du gel par un épais paillis. Il peut alors atteindre une hauteur de plus de 70 cm et survivre de 3 à 5 ans selon la rigueur de l'hiver.

On en retrouve de la zone 4 à la zone 9. Dès la 2e année, ses tiges deviendront plus ligneuses et quelques-unes porteront des épis de belles fleurs de couleur rose ou bleu violacé. Le fruit de la sauge officinale porte quatre petites graines d'un millimètre de diamètre. Ses feuilles oblongues, épaisses, aux bords finement dentelés sont duveteuses et d'un beau gris verdâtre, parfois violacé.

Culture

Au potager, on cultive la sauge comme une annuelle en plante compagne des choux. Dans une plante-bande ornementale, son feuillage séduisant ajoute de la beauté et du contraste à l'aménagement.

On peut multiplier la sauge en bouturant des sections de tige tôt au printemps ou en marcottant quelques tiges issues d'un plant mère vigoureux. Cependant, le semis demeure le moyen le plus facile de produire des plants.

En zone 4, on démarre les semis à l'intérieur vers la fin de mars dans un terreau de germination. On couvre les semences de ½ cm de terreau; elles germeront en moins de 10 jours à une température de 20°C. On repique les plantules dans un terreau de croissance contenant 50 % de compost mûr environ un mois plus tard.

On transplante les plants au jardin à 60 cm de distance les uns des autres lorsqu'il n'y a plus de risque de gel. On arrose suffisamment à la transplantation, puis au besoin seulement, car un arrosage excessif lui sera néfaste. La sauge préfère une exposition ensoleillée dans un sol sec et léger, mais elle tolère un peu d'ombre et poussera dans n'importe quel bon sol de jardin bien drainé.

Récolte et transformation

On récolte les feuilles de la sauge en rabattant les tiges à 15 cm. On évite de tailler le plant un mois avant le gel afin de ne pas nuire à l'aoûtement des tiges. Pour les plants de deuxième année, on cueille en milieu d'été avant la floraison, mais il est agréable d'en laisser fleurir une partie pour la beauté des fleurs et la production de quelques semences.

Le séchage passif convient bien à la sauge : on attache les tiges en petits bouquets qu'on suspend à l'envers dans un coin ombragé et aéré de la maison. Si l'on dispose d'un déshydrateur, on étend les tiges sur les clayettes; à basse température, la sauge séchera en moins de 2 jours. Lorsque les feuilles sont bien sèches, on les conserve dans des pots de verre à l'abri de la lumière. On peut aussi faire macérer les feuilles hachées dans du vinaigre ou dans l'alcool afin de les conserver sous une forme plus concentrée.

Pour la cuisine, je conserve l'intégrité de leur saveur en les broyant au robot avec du sel dans une proportion de 240 ml de feuilles pour 60 ml de sel. J'assaisonne les terrines végétales avec cette sauge salée. La sauge résiste bien à la chaleur, on peut donc l'ajouter en début de cuisson aux légumineuses : elle en facilitera la digestion.

Indications thérapeutiques

Généralement, on utilise la sauge 6 jours sur 7 et on la consomme sur une courte période de temps, soit environ 3 semaines, suivi d'un arrêt d'une ou deux semaines. C'est en petites doses plusieurs fois par jour qu'elle est la plus efficace. On suggère d'infuser 5 ml de feuille par 250 ml d'eau bouillante durant une quinzaine de minutes. Cette tisane constitue un bon remède pour différents problèmes digestifs comme les ballonnements, les éructations, les flatulences, la diarrhée et la digestion lente. On peut la boire après chaque repas en la jumelant à d'autres plantes aromatiques pour augmenter ses vertus carminatives et antispasmodiques et ainsi diminuer les spasmes et les crampes d'estomac. On la boit aussi pour assécher les écoulements nasaux dus au rhume ou à la grippe et traiter les infections des muqueuses.

Dans les cas de bouffée de chaleur ou de transpiration excessive, on la boira froide.

Pour traiter les troubles hormonaux féminins reliés à la préménopause ou aux menstruations irrégulières, absentes ou douloureuses, on peut l'utiliser en infusion ou en teinture à raison de 20 à 40 gouttes de 1 à 3 fois par jour pour un maximum d'une semaine en doses d'intervention puis continuer, au besoin, le traitement en doses de 15 à 30 gouttes pendant 4 à 6 semaines. J'ai pu apprécier son effet antigalactique lorsque j'ai dû me séparer de ma fille pendant une fin de semaine : en buvant une tasse d'infusion à chaque repas, je n'ai tiré mon lait qu'une seule fois.

Pour traiter les maux de gorge, les aphtes ou autres affections de la bouche ou du pharynx, on prépare une infusion plus concentrée avec 15 ml de feuilles de sauge pour 250 ml d'eau qu'on emploie en gargarisme.

Sauge douce

Précautions d'emploi et contre-indications

Les infusions de sauge prises en doses excessives ou en utilisation prolongée peuvent devenir nocives. Elles sont à proscrire en dosage thérapeutique en cas d'épilepsie et durant la grossesse. On l'évite pendant l'allaitement et dans tous les cas de muqueuses sèches. La consommation de la sauge officinale n'est pas recommandée dans les cas de cancer du sein ou de cancer de type oestrogéno-dépendant.

Sous forme d'huile essentielle, on l'utilise en diffusion, en massage ou en compresse pour ses vertus antivirales et bactéricides et en gargarisme pour soulager les maux de dents. Par prudence, l'huile essentielle de Salvia officinalis est déconseillée aux femmes enceintes et allaitantes ainsi qu'aux enfants et aux personnes fragiles, car la thuyone qu'elle contient peut s'accumuler dans le foie ou les reins et provoquer une fausse couche ainsi que des convulsions du genre épileptique. Dans tous les cas, son usage doit être de courte durée.

Mais au final, la sauge comporte beaucoup plus d'avantages que d'inconvénients. Il s'agit tout simplement de demeurer sage dans sa consommation.

Sauge 3 - 4 ans
Plant de sauge ayant survécu à trois hivers à Saint-Didace

Diane Mackay Diane Mackay,
Biologiste, jardinière et herboriste
Les Jardins du Grand-Portage

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Bibliographie :

  • GAGNON, Caroline et LANCTOT-BEDARD, Valérie (2003). Materia medica pour sorcières et sorciers avertis…, Flora medicina.
  • MICHAUD, Lili (2015) Les fines herbes de la terre à la table. Éditions Multimondes.
  • O'REILLY, Moïra (2004) Interactions, contre-indications et complémentarités, plantes-médicaments. 2e édition, L'Herbothèque inc.
  • PROVOST, Marie et JUTRAS, Marie. Compendium, Clef des Champs.
  • SCHILLING, Astrid (2011) Je me soigne avec les huiles essentielles : les acheter, les mélanger et les utiliser. Les Éditions de l'Homme.
  • AGRONEO, Plantes médicinale, sauge officinale. https://agroneo.com/plantes/plantes-medicinales/sauge-officinale

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Volume 13, Numéro 14 — Mercredi, 4 octobre 2017
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