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Le basilic

Le basilic

Herbe souveraine
À la table comme à l’officine

Fleur de basilic
Photo : Danièle Laberge

Historique

Originaire d'Afrique centrale et d'Asie du Sud, le basilic était vénéré des anciens Grecs qui le réservaient aux souverains. Le terme basilic viendrait d'ailleurs du mot grec « basilikon » qui signifie royal. On évoque également comme origine le serpent venimeux nommé basilic. Dioscoride rapportait qu’en Afrique on frottait du basilic sur les morsures de serpent comme contrepoison.

Dès le XIIe siècle, les Romains l’incorporaient généreusement dans leurs préparations culinaires pour prévenir les flatulences ainsi que pour augmenter la qualité et la quantité du lait des nourrices. À cette époque, il était connu dans le Midi de la France, mais ce n'est qu'à partir du XVIe siècle qu'il fut reconnu comme plante culinaire en Europe.

Il apparut en Amérique avec la colonisation. Ironiquement, le basilic avait mauvaise presse au Massachusetts à la fin du XVIIe siècle : ainsi à Salem, le simple fait de trouver des plants de basilic en culture dans un jardin entraînait une accusation de sorcellerie.

Un plant de basilic de Gênes
Photo : Diane Mackay - Un plant de basilic de Gênes

Usages et dosages

Au XVIe siècle en Allemagne, les naturopathes utilisaient une infusion chaude de feuilles de basilic pour combattre la bronchite et la toux, même dans les cas de coqueluche; ils recommandaient l’infusion froide bue à petites gorgées contre la fièvre. Aujourd’hui encore, on reconnaît ses propriétés antivirale et expectorante pour les affections du système respiratoire; on le conseille pour dégager le mucus et soulager la toux.

Mais le basilic est surtout un allié des systèmes nerveux et digestif. L'herboriste Danièle Laberge recommande d’infuser une sommité fleurie par tasse d'eau bouillante qu'on boit dans les cas d’indigestion et de nausées ainsi que pour soigner l’aérophagie et les flatulences.

Grâce à ses vertus carminatives, il facilite la digestion et prévient les gaz, les fermentations et les ballonnements. On peut le jumeler à des sommités fleuries de sarriette pour des problèmes de flatulence chronique ou pour combattre les douleurs gastriques et la constipation d'origine nerveuse. On consommera alors une tasse d'infusion 3 fois par jour.

On emploie aussi le basilic comme tonique contre la fatigue nerveuse, les troubles du sommeil, les vertiges, les angoisses, l’irritabilité et la dépression. Il apaise, calme et améliore la concentration. Pour soulager les maux de tête et les migraines, on peut en prendre en interne tout en appliquant des compresses de feuilles sur les zones douloureuses.

Pour un usage thérapeutique, on recommande de n’employer que les feuilles et les sommités fleuries de basilic frais car, une fois déshydratées, elles perdent une partie de leurs huiles essentielles. La macération des feuilles et des sommités fleuries fraiches dans du vinaigre à 7 % d’acide acétique ou dans de l’alcool à 40 % donnent des extraits liquides dans lesquels se conserveront ses précieuses huiles essentielles.

Il est recommandé de prendre de 5 à 10 ml de vinaigre par jour ou de 3 à 10 gouttes de teinture de 1 à 6 fois par jour. L’huile essentielle pure de basilic n’est pas recommandée en interne, mais diluée dans une huile végétale, on peut l’appliquer sur les articulations douloureuses; la dose recommandée est de 4 à 6 gouttes par jour.

Les feuilles fraiches mâchouillées ou triturées, appliquées en cataplasme, réduisent l’inflammation et la douleur des piqûres d’insectes. En compresse, l’effet antiseptique du basilic soigne les boutons d’acné.

Précautions

À cause de son effet emménagogue, le basilic est à éviter en dosage thérapeutique durant les premiers mois de grossesse. On soupçonne également l’eugénol, une huile essentielle qu'il recèle, de posséder des effets mutagènes. On comprendra que l’utilisation du basilic sous forme d’huile essentielle est à proscrire à la femme enceinte. On ne recommande pas non plus le basilic en concentré pour un jeune enfant ni pour une mère allaitante.

Génétique

Membre de la famille des lamiacées, les basilics aromatiques – également médicinaux – font partie de l'espèce Ocimum basilicum qui se ramifie en dizaines de cultivars. Seulement chez le semencier Richters, on en trouve près de quarante. J'en ai expérimenté plusieurs dans mon jardin de Saint-Didace depuis des décennies. J'ai adopté le basilic de Gênes pour accompagner la tomate sous toutes ses formes et pour préparer des réserves de pistou, de vinaigre et de teinture, du basilic boule à petites feuilles – Pistou, Green Globe ou Spicy Globe – pour sécher, du basilic Thaï pour aromatiser les plats asiatiques, du basilic citron et du basilic pourpre – Rosie ou Rubin – pour consommer frais dans les salades et en faire de colorés et savoureux vinaigres aromatiques.

Un semis de basilic pourpre
Photo : Diane Mackay - Un semis de basilic pourpre

Les basilics communs à larges feuilles atteignent 60 cm de hauteur alors que le basilic à petites feuilles dépasse rarement 30 cm de hauteur.

Culture

On cultive le basilic en plein soleil, à l'abri du vent. On l'établit dans un endroit différent d'une année à l'autre. Il lui faut une terre riche, humide, mais bien drainée. Exigeant en éléments nutritifs, on le fertilise avec un bon apport de compost mûr et on l'irrigue au besoin.

Contrairement à une idée reçue, le basilic ne doit pas être cultivé entre les plants de tomate, car il nuirait à la circulation d'air à la base des plants ce qui pourrait entraîner le développement de maladies fongiques chez la solanacée. On peut cependant l'installer en petits massifs à l'extrémité des planches de tomates ou en association avec des fleurs. Dans une plate-bande ornementale, le vert luisant du basilic de Gênes et le rouge foncé du basilic pourpre ajoutent de la beauté et du contraste à l'aménagement.

Semis de basilic
Photo : Diane Mackay - Semis de basilic

Pour une récolte estivale, on peut démarrer le basilic par semis intérieur au début de mai ou se procurer des plants à la fin de mai. Les semences de basilic germent à la chaleur en une semaine. Lorsque les plantules ont développé 4 feuilles, on les repique dans un terreau de croissance. On les transplante au jardin idéalement lorsque le mercure ne descend pas sous la barre de 10 °C la nuit. On peut aussi procéder par semis direct. On sèmera alors en juin, lorsque le sol est bien réchauffé.

Le basilic se cultive en pot à condition de lui octroyer un terreau riche en compost mûr. Un arrosage régulier lui est essentiel. Un pot profond de 30 cm de diamètre convient pour un plant de basilic commun ou 3 plants de basilic à petites feuilles.

Après une période d'acclimatation, lorsque le sol est bien réchauffé et que les risques de gel sont passés, on transplante les plants au jardin aux 45 cm pour les basilics communs et aux 25 cm pour le basilic à petites feuilles.

Lorsque la tige principale aura développé une dizaine de feuilles, on peut couper la tige juste au-dessus des avant-dernières feuilles; les bourgeons à l'aisselle de ces feuilles produiront 2 nouvelles tiges. Par la suite, pour stimuler le développement du feuillage, on pincera les boutons floraux. Ces 2 opérations rendront le plant plus touffu. Il n'est pas nécessaire de tailler le basilic à petites feuilles.

En appliquant un paillis, on limite les besoins en arrosage et on récolte des feuilles moins terreuses; il faut cependant être prudent avec les paillis qui encouragent la présence des limaces et des perce-oreilles, des ravageurs friands du basilic. Un binage régulier limitera aussi l'évaporation de l'eau tout en contrôlant les herbes compétitrices.

Les feuilles de cette annuelle frileuse développent des taches foncées lorsque la température chute sous les 10 °C; il importe donc de faire ses réserves pour la cuisine et la pharmacie familiale lors de la belle saison. Si on désire cultiver du basilic à l’intérieur, il est préférable de le semer au début d'août plutôt que de rentrer un plant du jardin. On placera les jeunes plants près d'une fenêtre ensoleillée. Pour optimiser la croissance, on les placera sous des fluorescents de sorte que les plants aient accès à 16 heures de lumière par jour. On doit s'assurer que le terreau demeure bien humide. Des vaporisations foliaires à l'eau contribuent à la qualité du feuillage.

Récolte et transformation

Vinaigres aromatiques
Photo : Christian Rouleau - Vinaigres aromatiques

Le basilic succombe dès le premier gel. Dans les régions tempérées, on récolte le basilic en juillet et en août lorsque la qualité des feuilles est maximale. On le cueille par temps chaud et sec, le matin après la rosée. Pour un usage médicinal, on laissera les fleurs se développer et on utilisera les feuilles et les sommités fleuries pour en préparer des vinaigres ou des teintures.

Pour le séchage, je préfère de loin le basilic à petites feuilles. On peut le sécher en petits bouquets suspendus à l'envers. Toutefois, le résultat sera supérieur si on utilise un déshydrateur. À basse température, le basilic sèche en moins de 2 jours. On conservera les feuilles déshydratées dans une boite de métal ou un pot de verre à l'abri de la lumière. Durant l'hiver, on l'emploie pour assaisonner les sauces tomate et les pizzas ou pour préparer des infusions.

Pour conserver intégralement la saveur du basilic, je recommande la préparation de pistou qu'on peut congeler dans des moules à glaçon ou dans des petits pots de verre. Le pistou assaisonne admirablement les sauces tomate, les terrines végétales, les vinaigrettes, les pâtes ainsi que les plats mijotés. En voici la recette.

Dans le mélangeur, broyer de 4 à 6 gousses d'ail pelées dans 180 ml d'huile d'olive. Puis ajouter graduellement 360 ml de feuilles de basilic frais lavées et bien essorées, jusqu'à l'obtention d'un mélange homogène.

Pistou
Photo : Diane Mackay - Pistou

Pour conserver le pistou, le congeler dans des moules à glaçons; une fois gelés, transférer les petits cubes dans un sac à congélation.

Que ce soit pour sa valeur gastronomique ou médicinale, le basilic demeurera toujours une vedette de nos jardins. Sa croissance facile et rapide l'a rendu incontournable. Si autrefois on la réservait aux souverains, aujourd'hui, cette lamiacée est accessible à tous et à toutes.

Basilic au jardin
Photo : Danièle Laberge - Basilic au jardin

Diane Mackay Diane Mackay,
Biologiste, jardinière et herboriste
Les Jardins du Grand-Portage

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Bibliographie :

  • GAGNON, Caroline et LANCTOT-BÉDARD Valérie (2003) Materia medica pour sorcières et sorciers avertis…, Flora medicina.
  • LACASSE, Odette (1994) Plantes médicinales et aromatiques de nos jardins. Éditions Broquet.
  • MICHAUD, Lili (2015) Les fines herbes de la terre à la table. Éditions Multimondes.
  • MONETTE, Solange (1996) L'encyclopédie visuelle des aliments. Éditions Québec/Amérique
  • O'REILLY, Moïra (2004) Interactions, contre-indications et complémentarités, plantes-médicaments. 2e édition. L'Herbothèque inc.
  • SCHNEIDER, Anny et LABERGE, Danièle (2007) Ces fleurs qui soignent. Les éditions Publistar.

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Moi aussi ! D'ailleurs, mon prochain texte en traitera.

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Yves Gagnon

http://www.dieseonze.com/


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