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De l'autodestruction à la bienveillance

Ces temps-ci, je cultive la bienveillance. Tout d'abord à mon égard, ensuite pour les autres, je nous souhaite du bien. Cette période de ma vie comporte beaucoup de temps libre. Je lis, je médite, je crée, je marche en nature. C'est bon. Alors que j'ai été longtemps happée par un rythme de vie accéléré, cette nouvelle phase me permet d'observer et de me poser doucement.

Il m'est arrivé dans les dernières semaines de me sentir agressée dans des rencontres sociales. J'ai été surprise de ma nouvelle façon de me comporter en de pareilles circonstances. Autrefois, j'aurais réagi sur le coup en interagissant émotionnellement. Maintenant, nourrie par la méditation et par la sagesse de l'âge, le témoin en moi est présent et regarde, curieux. Alors que je suis calme cinq minutes auparavant, une personne m'adresse la parole avec colère ou me fait des reproches et me voilà en pleine ébullition intérieure. Fascinant !


Photo : Plaines de Montebello, 1998 - Claude Charlebois

L'autre matin, je préparais une tasse de thé. N'ayant pas de filtre, ni de théière à portée de main, j'ai utilisé un bol de café au lait. J'ai déposé les feuilles de thé et je les ai arrosées d'eau bouillante. Elles sont descendues au fond du bol. Quelques minutes plus tard, je savourais le thé. Les feuilles restaient au fond. Si par mégarde je brassais, les feuilles remontaient à la surface. J'ai trouvé que cette tasse de thé me ressemblait. Mes émotions sont tapies tout au fond, tranquilles et contenues. Advienne qu'on me remue et les voici qui remontent à la surface me chavirant du tout au tout. Je deviens tout à coup anxieuse, nerveuse, colérique, triste ou peureuse. 

Donc à deux reprises, dans un cercle intime, je me suis trouvée en présence de personnes troublées qui se sont adressées à moi avec agressivité. Je me suis sentie menacée. Première constatation inhabituelle : cette souffrance émotionnelle m'appartenait. Il était hors de question de la projeter sur l'autre ou encore qu'il s'en empare. 

Je me suis retirée et j'ai médité. La situation s'y prêtait. L'occasion d'explorer mes réactions en pleine conscience et en plein pouvoir, était trop belle. Je me suis assise en silence et j'ai observé. Je vivais une tempête intérieure. 

C'était inconfortable. J'ai ressenti les tremblements, le froid envahissant, la respiration accélérée, la douleur dans la poitrine, la tension des muscles de mes bras, les larmes de l'impuissance et le plus beau de tout cela, la vulnérabilité. Ma vulnérabilité qui me demandait de rester avec elle, collée, pour m'envelopper tendrement.

J'ai consciemment choisi la bienveillance. J'ai bien veillé sur moi. Je me suis aimée dans tous ces états autant fuyant, qu'impuissant et émotif. Je me suis soutenue. Je me suis appréciée. J'ai gardé le silence. C'est fou toute l'énergie qui était éveillée en moi à ce moment. Mon cœur pédalait à 100 milles à l'heure. J'étais inquiète et dramatique. J'ai observé, ramenant mon attention à la respiration. Une fois que la tension initiale eut sensiblement diminué, j'ai amorcé une nouvelle phase méditative. J'inspirais la culpabilité, j'expirais l'innocence. Je recommençais pendant plusieurs minutes. J'inspirais la colère, j'expirais la paix. Je recommençais. J'inspirais la peur, j'expirais l'amour. Je recommençais. J'inspirais la puissance, j'expirais l'insécurité. Je recommençais. J'inspirais et j'expirais la bienveillance pour moi. Je recommençais. J'inspirais et j'expirais la bienveillance pour l'autre. Des fous rires sont venus entre les larmes. 

J'ai finalement retrouvé une sensation de calme, j'avais l'impression d'avoir fait un grand voyage intérieur. Je percevais les transformations chimiques de toutes ces hormones que mon corps avait déployées pour se défendre, se croyant attaqué. Mon mental s'était apaisé. Mes émotions aussi. Je m'aimais. Je faisais à nouveau confiance à la vie. J'étais en sécurité. La fébrilité m'avait quittée. Je goûtais à la tendresse et à la paix. La mère en moi prenait soin de la petite Renée apeurée. C'était bon. J'étais contente de moi. 

J'ai revu ces personnes dans les jours qui ont suivi. Nous nous sommes expliquées. Elles se sont excusées. Je ne ressentais ni attachement, ni colère, ni ressentiment, ni culpabilité, mais de la bienveillance et du pouvoir. J'étais étonnée, détachée et confiante. La paix était présente. Je les aimais. Je m'aimais. 

Libérée de l'autodestruction, quand je suis agressée, je peux prendre soin de moi tout d'abord et ensuite de l'autre. Je peux me retirer, me réapproprier mes émotions, et écouter. Je peux me protéger. Je peux faire confiance au temps, poser des limites, occuper et partager le territoire équitablement.  Je peux être reliée sans être dépendante et sans non plus, couper la relation quand elle devient ambiguë.  J'explore alors une réalité plus vaste. Ces nouvelles attitudes sont encore chancelantes, mais déjà enracinées. 

En faisant preuve de bienveillance à l'égard de notre humanité partagée, je reconnais notre différence et notre lien.

Être relié, c'est vivre au paradis terrestre. L'enfer c'est de se croire séparé.

Renée Demers
Editrice en chef


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Volume 9, numéro 9 — Mercredi, 8 mai 2013
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