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Confiance en soi

Renée Demers - Penser pour panser

Confiance en soi

J’ai été interpelée par les conseils que donne Philippe Guillemant dans le vidéo présenté dans la rubrique Sur la toile de cette édition : La conscience vue par Philippe Guillemant. Vers la fin de l'entretien, il transmet des indications pour se libérer de notre conscience conditionnée et limitée. Comment y arriver selon lui ? En développant le lâcher-prise, le détachement et la confiance en soi.  Choisir notre conduite devant les évènements auxquels nous participons plutôt que de répéter des attitudes et des actions inconscientes et programmées. Il ajoute que ces aptitudes, le détachement, le lâcher-prise et la confiance en soi se fortifient uniquement par soi. Personne ne peut le faire à notre place.

J’ai pris connaissance de cet interview alors que je mute. Je quitte un monde organisé pour une nouvelle aventure de vie. Je suis en mode adaptation dans la phase initiale chaotique de tout renouveau. Dans ce brassage de la mare, le manque de confiance en moi remonte à la surface. Cela entraîne de l'inconfort et de la détresse. Renoncer au révolu et avancer vers ce qui se présente est aisé. Cependant, ce qui soulève l’anxiété est de ne pas être à la hauteur des attentes des étrangers à mon égard. Je conserve de mon enfance une méfiance envers l’autorité alors exercée inconsciemment avec véhémence et pression. Cela a fait de moi une autodidacte et une entrepreneure par la force des choses. Mais aussi cela a engendré par effet miroir une difficulté à pratiquer l'autorité de façon juste et assurée. 

Cependant je ne suis plus une petite fille comme me disait une amie à qui je me confiais ma peur d'intervenir dans un débat lors d'une rencontre publique avec un cinéaste. Effectivement, je ne suis plus une enfant physiquement. Cependant dans ma psyché, je suis successivement une adulte, une mère, une grand-mère, une femme, une bambine, un être humain dépendant des situations. Intuitivement, je ressens que tous les temps se juxtaposent en moi tel un prisme dans le présent. En ressentant la peur, en la portant sans résistance ni attachement, en aimant ce qui est, en pansant le manque maintenant, je transforme du coup toutes les époques: passée, présente et future. Je soigne aussi mes ancêtres et mes descendants porteurs des mêmes carences. La gêne quitte nos gènes.

Donc en pensant à l’écriture de mon prochain texte dans ce contexte, la thématique de la confiance en soi s'est imposée. Comment l’acquérir, comment la nourrir et la chérir à l’âge adulte ? En même temps sans renier cette partie de moi qui doute, qui se juge, qui condamne l’autre, qui se remet en question. Même si cela engendre du stress ainsi que de la souffrance émotionnelle et morale. Tout accueillir et laisser circuler. Comment me protéger, me soutenir et célébrer cette découverte de mon unicité ? Comment faire confiance à cette intuition qui me pousse à aller de l’avant, à aimer, à renoncer au familier pour entrer dans l’inconnu avec joie et liberté ? Comment cesser la projection de dispositions de sévérité, d’anxiété et d’autorité abusive sur les autres ? Comment participer à une hiérarchie sans être à sa tête et me sentir sereine ?

Qu’est-ce que la confiance en soi?

La confiance est un état d’esprit dans lequel on s’abandonne à ce qui est parce qu'on est paisible. On est tranquille. On compose avec les éléments en place pour assurer son bonheur, on abaisse les gardes, on est authentique. Je terminerai la rédaction de ce texte si je suis assurée de mes capacités d’attention, de concentration, de réflexion, de persévérance et mon talent d’auteure. De plus savoir qu’il sera bien accueilli par des lectrices et des lecteurs qui me témoignent régulièrement de la gratitude est un atout de taille. J’ai de meilleurs résultats thérapeutiques avec un docteur empathique, chaleureux et bon communicateur scientifique. On parle alors d’effet placébo. Une relation de confiance avec un professeur rend aussi l’apprentissage plus aisé.

Avoir confiance en soi suppose que l'on se sent capable de faire face à la situation et en mesure de chercher l'aide adéquate au besoin. Les éducateurs, parents et professeurs, ont la noble tâche de donner à l’enfant confiance en lui-même, en sa capacité de trouver en lui et autour de lui les éléments qui feront que sa créativité, son efficacité, sa détermination et sa persévérance se déploient jusqu’à la floraison et l’ensemencement. Accompagner l’enfant dans des épreuves et des défis à sa mesure bâtit sa confiance en lui-même.

Semence de clématite
Photo : Danièle Laberge - Semence de clématite

En cogitant à la confiance en soi depuis quelques semaines, curieuse de ce qui émergerait, il a remonté à mon esprit le souvenir d'une expérience fortifiante que j’ai vécue récemment.

Durant quelques années, j’ai participé à une chorale. Dû à un concours de circonstances lors de la session d’automne, les deux piliers de la section soprano étaient absents. Donc nous nous sommes retrouvé quelques chanteuses sopranos moins expérimentées. Nous chantions parfois faux, perdions le rythme et chantions sans harmonie de groupe. Le manque de cohésion était déplaisant. La chef de chorale n’était pas contente de notre performance. Nous retardions le rythme d’apprentissage des chansons. Tranquillement, je me suis vue perdre mon intérêt pour cette activité moi qui l'avais tant appréciée trois années durant. C’était trop difficile. Tout était vacillant. J’étais à la fois surprise et déçue de cette envie d’arrêter ma participation moi qui jusque-là avait été d’un enthousiasme soutenu.

En réfléchissant à la situation, j’ai réalisé que j’avais pris l’habitude de m’appuyer sur les bonnes chanteuses pour suivre le rythme et la mélodie. Leur absence créait un grand vide et m’enlevait le plaisir de chanter. Dans une grande évidence, j’ai constaté qu’un choix s’imposait à moi. Soit abandonner la chorale pour ne pas vivre les désagréments du chancellement et du manque d’harmonie ou encore pratiquer plus de sorte que je possède les mélodies et leur rythme. Devenir moi-même un pilier pour moi. D’autant plus que le répertoire était relativement simple donc il était possible que je le maîtrise.

Ce fut un excellent exercice de confiance en moi. Pour quelques semaines, je consacrai une heure parfois deux par jour au chant. J’écoutai les enregistrements de nos chansons. Je pratiquai le rythme et les mélodies. Une fois que j’ai eu acquis les mélodies et le rythme, je me suis exercée à les chanter sur les autres partitions, ténor, basse et alto dont j’avais aussi les enregistrements. Au volant de mon auto, en marchant je fredonnais. Je recommençais les passages difficiles. Ma fille musicienne en visite chez moi me donna quelques leçons de tempo et de solfège. Dès la première semaine après cet entraînement intensif, le chef de chorale remarqua la différence. Elle souligna ma solidité. La section soprano était plus harmonieuse. Elle sonnait plus juste et suivait mieux le rythme. Au bout d’un mois, je me sentais un pilier. Cela a été une expérience très concrète de développement de confiance en soi.

Jusqu’à ce jour, je m’étais appuyée sur les autres pour chanter. Cela était correct et approprié aux circonstances. Entre-temps, la situation avait changé. Si je ne me prenais pas en main, j'abandonnerais la chorale et je me priverais de cette communion musicale qui me rend heureuse. J’ai décidé de concentrer mon attention sur un apprentissage rigoureux. L’attention est une fantastique source d’énergie. Elle apporte le carburant nécessaire à l’acquisition d’habiletés et de connaissance et à l'atteinte d'un but. J’ai pratiqué et pratiqué encore avec de plus en plus de plaisir. J’ai finalement ressenti une maîtrise des chansons. Je suis devenue une référence pour moi-même et du coup j’ai aidé toute la section à s’harmoniser.

Ce que j’ai accompli en résumé était de prendre état de la situation, de ne pas chercher à contrôler l’environnement, mais plutôt de faire appel à mon intelligence, mon attention et ma volonté pour transformer la situation. Ne pas m’opposer, ne pas fuir, mais me marier à ce qui est. Me servir de la présence, moteur de changement pour créer une nouvelle réalité. Il est possible d’acquérir la confiance en soi à l’âge adulte en se coachant soi-même. En étant à la fois l’éducateur et l’enfant.

La confiance en soi permet d’actualiser son potentiel et de participer à la communauté en conjuguant nos talents personnels et les conditions de l’environnement. Elle permet de retirer l’énergie investie dans des comportements devenus inappropriés et les jugements figés de notre mental pour la canaliser dans des attitudes qui engendrent harmonie et joie. Elle est l’apanage des visionnaires, des précurseurs et des défricheurs. Car au début les nouvelles idées, les changements de paradigme sont contestés. Il faut tenir son bout. Elle est un des éléments essentiels à l’évolution humaine.

Renée Demers
reneedemers@covivia.com


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Volume 14, numéro 4 — Mardi, 3 avril 2018
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