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La saison morte

La saison morte

Il y a longtemps que j’ai écrit. Quelques mois. Tout est relatif. La vie estivale pleine d’activités extérieures est étrangère à l’inspiration. Mais combien ressourçante pour le corps et excitante! L’abondance est partout : soleil, nourriture, amis, sensualité, légèreté, spontanéité.

Septembre et Covivia me ramènent à mes autres amours. L’introspection et l’écriture. La descente annuelle approche. Celle de la profondeur qui donne accès à l’invisible. À l’impalpable. Frôlements subtils en vue. Inspiration, communion et enceintitude spirituelle.

Pour écrire ce texte, je me suis réfugiée dans ma demeure, un nid perché au deuxième étage d’une rue de Montréal bordée d’arbres. Silence, solitude, réflexion et marche au programme pour quelques jours. Tout près coule la magnifique Rivière-des-Prairies. Évoquer son nom me rappelle que j’ai quitté les montagnes appalachiennes pour la plaine laurentienne. Je m’y couche de tout mon long et son lit est confortable. Les randonnées y sont paisibles. Le cœur bat toujours au même rythme. Ni montée ni descente si ce n’est ces montagnes montérégiennes qui se dressent sur sa surface. Mais elles sont loin de chez moi. Je ne m’y rendrai pas à pied.

Pour cette première chronique de la rentrée 2018, j’ai pensé vous entretenir de l’arcane du Tarot, Le Jugement. Puis l’intuition s’est imposée comme thématique pour plus d’une semaine. Avant tout cela, j’avais présagé vous parler de l’importance de l’intérêt jumelé à l’action pour intégrer des connaissances.

Puis la lumière annonciatrice de l’automne m’a interpelée…

Ce seront sans doute les thématiques que j’aborderai dans les numéros d’ici le mois de décembre. Mais pour le moment, la luminosité crépusculaire mérite d’être primée et célébrée.

Lever soleil automne
Photo :Danièle Laberge

J’aime la clarté oblique qui nous éclaire depuis quelques semaines. Cet angle du soleil qui rend les contours des formes plus définis. Les descentes hâtives du soleil à l’horizon qui dorent les éléments terrestres. Ce chant du cygne estival nous informe de la venue prochaine de la renaissance spirituelle annuelle. Bientôt nous rentrerons au-dedans. De nos maisons. De nos intérieurs. De notre profondeur cosmique. Nous nous baignerons dans cette vaste étendue noire, souterraine et stellaire, accueillante et riche. Gorgée d’humus et de possibles.

L’automne est le début de la phase yin de l’année. On l’appelle d’ailleurs poétiquement la saison morte. Car c’est ce qui se passe : la nature agonise et la mort s’installe. Notre culture célèbre peu cette  étape cyclique aussi essentielle que la naissance. Cette phase du processus du devenir où la terre fait table rase. Longue étape mélancolique avant la résurrection de la lumière qui suivra le solstice d’hiver.

Au cœur du silence et du vide, l’esprit reçoit les germes d’éventuelles réalisations.

Rudolf Steiner raconte que dans les temps anciens on fêtait Attys à l’automne; aussi appelé Adonis, le représentant des forces spirituelles de la jeunesse et la beauté. À l’automne une image de ce Dieu était plongée dans la mer et ressortie de l’eau après 3 jours. Alors les chansons de deuils entonnées tout au long de cette immersion se transformaient en hymnes de résurrection. Rudolf Steiner explique que la compréhension de la résurrection peut être approfondie durant cette saison qui ne nous offre aucun soutien extérieur. Alors qu’en apparence la mort s’installe, l’éveil au monde spirituel a lieu. (1)

Depuis les ténèbres, le potentiel se faufile, s’ensemence. Tranquille, l’esprit à la fois inactif et attentif, cela est une condition sine qua non, entrevoit les minimalistes prémisses de l’avenir. Alors fermons de temps en temps nos écrans, réduisons nos activités et aimons le vide. Cette exploration ne peut se faire qu’en soi et par soi. Volonté et détermination personnelles sont nécessaires.

Je vis à une époque où l’individualité a fleuri et j'habite dans un pays démocratique où la liberté est acquise. Je suis libre d’être spirituelle. La religion ne m’y oblige plus. La société ne m’y encourage pas. Je consacre de l’énergie à la maturation spirituelle. À travers cette partie de moi-même dont le siège est l’esprit, je me relie aux mystères, aux dieux, au cosmos. C’est là que j’accède lentement à la grâce et la révélation. L’âme humble et connectée.

L’automne signe la mort de la nature. Les arbres perdent leurs feuilles, les légumes laissés sur les plants du jardin gèlent. La végétation tombe en léthargie. La noirceur gagne le jour. La lumière se réfugie au-dedans. En épousant ce mouvement naturel, en mourant, en me tournant vers l’intérieur, je me retrouve au centre de moi dans une intériorité suave. La vie terrestre est un perpétuel jeu d’équilibre entre le yin et le yang, le chaud et le froid, le passif et l’actif. Quand l’automne arrive, les forces s’inversent: la chaleur est au-dedans et le froid dehors.

C’est un temps privilégié pour la concentration, la réflexion, la lecture d’ouvrages philosophiques et sacrés. La méditation est plus aisée. La longue et silencieuse nuit crée une ambiance où nos sens et notre perception ressentent les forces invisibles qui nous entourent avec plus d'acuité. L’automne est la saison où la porte d’accès aux mystères des mondes invisibles s’entrouve. Mais il en revient à moi d’entrebâiller celle-ci plus grande. De contempler le seuil et peut-être d’y pénétrer. Courageuse, réceptive et attentive, je pressens toute une dimension inexplorée. Je contemple l’inconcevable. Il est clair que j’ai à développer de nouveaux outils pour y accéder. Cependant déjà, je reçois prémonitions, intuitions et missions à accomplir.

Puissions-nous nous ressourcer cet automne et participer ensemble au renouveau sur la belle planète Terre mûre pour une résurrection ! Sans cette force cosmique, la tâche de recréer l’harmonie des forces naturelles apparaît comme impossible. Le découragement gagne nos cœurs. De là jaillissent les cris que lancent présentement Nicolas Hulot (2) et de nombreux éminents scientifiques. L’intelligence reconnaît les limites humaines à guérir les plaies de la Terre saccagée et abusée. Mais avec l’aide du divin, le décuplement du courage, l’union des forces vives, la compréhension de l’incarnation terrestre et l’application de chacun à calmer son avidité, l’interdépendance et la bonté de tous, un avenir heureux sur la Terre est possible.

Le paradis terrestre n’attend que nous! Les forces solaires alimenteront notre volonté. Cependant jamais elles ne s’imposent. La décision revient à chacun de nous. Les politiques suivront.

Renée Demers
reneedemers@covivia.com

  1. Les rencontres humaines et le karma, Athys Floride, Éditions Anthroposophiques romandes
  2. Le grand entretien avec Nicolas Hulot sur France Inter


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Volume 14, numéro 7 — Mercredi, 12 septembre 2018
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