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Solstice d'été citadin

Nous étions toutes les deux vannées. Le solstice d’été nous bousculait. Vigoureusement, il manifestait les projets rêvés durant l’hiver. Plusieurs jours de déménagement durant, nous avions emballé et porté des boîtes. Le gros était fait. Il restait quelques jours de travail, pour de mon côté finaliser le grand vide de la maison familiale et pour elle, déballer et replacer son appart. Nos chemins de vie bifurquaient. Elle entreprenait la phase rugissante de l’âge adulte en compagnie de ses pairs. Je glissais dans mes retrouvailles. Mes autres enfants donnaient eux aussi un coup de barre à leur histoire personnelle. Un grand tourbillon de changement accouchait de nouvelles réalités pour chacun d’entre nous. Le design énergétique était tout tracé dans l’éther. Cependant il nous restait à organiser la matière, habilement. À travers cet intense bouleversement, l’absence de Jacques, feu mon compagnon et leur père, était remarquable. 

Frustrée et déçue, elle posa le combiné du téléphone. Elle n’aurait pas le téléphone avant une semaine. Rien à faire, il lui faudrait endurer son mal. Ce fut la goutte bureaucratique qui fit déborder le vase. Assise sur la chaise, au milieu du salon, elle pleurait de dépit. Le stress coulait de ses yeux et de sa bouche, laissant échapper de la détresse, de la fatigue et de la tristesse. J’étais contente que ça sorte. Elle pourrait ensuite passer à autre chose. Elle désirait être seule. Elle se retira avec ses chats. Quelques dizaines de minutes plus tard, calme et contenue, elle m’informa qu’elle s’occuperait de la cour qui avait besoin de soin. Elle tondrait le gazon, s’occuperait de l’ail et du compost. Elle était déjà heureuse, remplie de la bienfaisance de la terre à son égard. Je descendis dans la cave pour mettre les derniers livres dans les boîtes. 

Vers la fin de l’après-midi, je lui proposai de souper sur une terrasse en dégustant du vin et un bon repas au soleil couchant. J’avais le goût de nous envelopper de chaleur humaine et de luxe restaurant. « Où irons-nous ? », demanda-t-elle. « Je décide. Je te prends en charge. On part dans quinze minutes. On s’offre la totale. »

Décor urbain
Jakiimages - Décor urbain

Une fois dans l’auto, on roula jusqu’au coin de la rue. À l’arrêt, le choix du resto me vint intuitivement. Elle était ravie. On espérait qu’il y aurait de la place. Finalement, un espace de stationnement à proximité était disponible. C’était de bon augure. Une fois arrivées, on nous installa sur la terrasse. Le blanc éclatant des serviettes de table était invitant. 

C’était la fête sur ce coin de rue. Notre table était protégée par un magnifique arbre mature qui avait poussé, penché, tel un parasol couvrant la chaussée de ses feuilles en éventail. En face, la terrasse était bondée. Des gens chics, beaux, minces et colorés mangeaient sous des auvents rouge vif, servis par de jeunes serveuses directement sorties de magazine de mode. C’était une scène joyeuse à regarder. La misère était absente. Le ciel était bleu. Quelques nuages blancs flottaient. La légèreté de l’été nous berçait. La vie tout à coup était facile. Assise, je contemplais la réalité qui m’entourait. Elle trépidait d’allégresse. Après plusieurs jours de pluie, les gens se réjouissaient de cette température clémente qui leur permettait d’envahir l’extérieur. Il y a avait quelque chose d’arrêté dans le temps qui ressemble au bonheur et à son équilibre précaire. Quand tout est parfait pour quelques instants. Savourons !

Le serveur arriva. On commanda. Le repas était délicieux. Puis ce furent les rencontres. Défilèrent à notre table sans avertissements préalables des amis désirés. La chaleur humaine souffla sa joie. Rieuses et heureuses, ce souper improvisé nous comblait de sa grâce. Le temps du repas, je vis son visage devant moi se métamorphoser. Ses traits tirés et affaissés relevèrent leurs coins. Un sourire naquit dans ses yeux, les inondant d’éclat. Ses gestes s’amplifièrent et sa voix se teinta de grelots. Les embrassades finirent la transformation. Elle était radieuse. En retournant à l’auto, son pas sautillait. La vie est surprenante. Je jubilais. Nous goûtions l’existence, sa synchronicité, le bonheur de l’amitié. 

J’appréciai et je remerciai. Je me couchai détendue et comblée. Mon sommeil fut régénérateur. Le lendemain matin, j’étais inspirée, prête à vous livrer le récit de cette charmante soirée urbaine sous influence solsticiale. 

L’intensité des mois de décembre et de juin est chaque année une surprise réconfortante. Le rythme du cosmos me berce et me rassure. 

Bon été !

Renée Demers


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Volume 9 Numéro 12 — Mercredi, 19 juin 2013
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