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Maladie quand tu nous tiens

Un de mes enfants m'a demandé de prendre soin de lui le temps d'une rémission. Il est malade. «Mon dieu, que je m'ennuie de ma mère», m'a-t-il dit au téléphone ! La maladie nous ramène à l'enfance et à notre appartenance à la collectivité. Quelques heures plus tard, il était étendu sous une couverture de laine chez moi. Je lui apportais une infusion que j'avais concoctée avec amour et protection.

Juste avant son appel inattendu au cours duquel il s'informait de ma disponibilité, je venais de recevoir les résultats d'un examen de contrôle de mon état de santé. Le médecin heureux m'annonçait qu'il n'y avait aucune trace de cancer. Cela confirmait ma sensation. J'étais ravie.

L'existence se déroule, surprenante.

Intimane moment - Havana
Photo Jakimages : Intimane moment - Havana

C'est à mon tour de prendre soin de l'autre, de contribuer à son bien-être. Quand on est malade, on devient vulnérable et dépendant. Notre créativité se met en veille. Cela contrecarre les valeurs d'autonomie si primées à notre époque et pour plusieurs d'entre nous, c'est un choc. Ne pas pouvoir s'assumer est une invitation à s'abandonner. Cela suscite souvent de l'inconfort et de l'impatience. La prise en charge dure le temps de la guérison et celui-ci sera raccourci par le fait même de s'en remettre à l'autre avec confiance et avec gratitude. De sorte que l'énergie disponible puisse aller à la guérison ou dans des cas graves à la mort. Notre être peut récupérer grâce au repos, aux soins thérapeutiques, à la réflexion et au silence. Le silence, l'inaction et le vide sont des lieux régénérateurs.

Le fait d'être redevable à l'autre ouvre le cœur et nous rend plus aimant.

À bien des égards, notre rapport à la maladie est ambivalent. Alors que la maladie est partie intégrante du vivant, elle est difficilement tolérée. Ai-je le droit au débalancement? Puis-je être aimablement responsable ?

Est-ce possible que la maladie et la souffrance soient aussi une bénédiction ? Qu'elles favorisent le contact avec notre devenir et notre âme ? Qu'elles nous attendrissent ? Qu'elles renforcent notre système immunitaire ? Pouvons-nous intégrer le malaise dans notre expérience de vie ? Recréer un équilibre qui intègre nos limitations et érige le bonheur sur de nouvelles fondations ? Avons-nous le droit de décrocher du quotidien ? D'observer les forces et les faiblesses en présence ? Est-ce possible que les tares héritées du passé soient aussi des éléments à ajouter dans notre démarche créatrice pour vivre une vie sensée ?

La maladie et la souffrance ont-elles un sens spirituel ?

Mon expérience maternelle peut témoigner de la transformation du petit enfant après un épisode d'oreillons. Alors qu'il était timide avant l'apparition de la maladie, il était devenu assuré après son rétablissement. Une jeune femme de ma connaissance qui a attrapé une hépatite a vu sa vie se métamorphoser dans les mois qui ont suivi sa guérison. Une vigueur et une attitude nouvelle étaient palpables.  Un nouveau chemin de vie s'est présenté et sa destinée a été transformée. Un ami atteint du Parkinson témoignait dernièrement que ce syndrome lui avait sauvé la vie. Des amis chers sont décédés de suite de maladie et les étincelles multicolores de la queue de leur comète resplendissent encore. Ayant moi-même été atteinte d'un cancer, j'ai assisté au miracle de la guérison. Ma communauté familiale, amicale et médicale m'a accompagnée. Le grand ménage s'est imposé. J'ai traversé cette épreuve. L'inquiétude s'est calmée et un cadre de vie différent s'est tranquillement dessiné.

Une des clés de la guérison est de cesser de s'efforcer.

L'histoire de la belle au Bois Dormant m'apparaît comme un archétype de la maladie que l'on veut éviter à tout prix. Malgré toutes les précautions, malgré toutes les aiguilles bannies du royaume, la princesse réussit tout de même à se piquer sur l'aiguille du fuseau auprès de la vieille fileuse. Et après cent années de repos, voilà qu'un prince charmant arrivé au moment opportun traverse sans entrave des buissons d'épines pourtant infranchissables jusqu'alors et qu'il réveille la princesse ensorcelée en l'embrassant. Et ils vécurent heureux...

La question à se poser quand on est malade est: comment retrouver l'équilibre ? Puis-je m'offrir un temps de repos pour me soigner et pour méditer ? À qui me relier ? Comment aborder cette épreuve de sorte que le héros en moi s'éveille et se joue du destin ?

Le changement et le réajustement au cours d'une vie sont constants.

Avoir mal est extrêmement difficile. Il faut être bon avec les malades, soi inclus. Pour un bout de temps, il sera nécessaire de composer avec l'inconfort, bien s'entourer, se plaindre, pleurer, se ressaisir, en rire, recevoir, régresser et finalement créer une nouvelle adaptation.

La souffrance crée des fissures dans notre densité par lesquelles la lumière peut jaillir. Notre tâche est de soigner la souffrance et de cicatriser les contours de la brèche, en laissant l'ouverture sacrée respirer. Car la lumière vient de l'intérieur…

Renée Demers


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Volume 9, numéro 19 — Mercredi, 20 novembre 2013
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