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La Papesse, deuxième Arcane du Tarot

La papesse : méditation, contemplation et réflexion

Dans le dernier webzine, je vous ai fait part de l'enseignement que nous livre le bateleur dans l'art d'apprendre. Ayant intégré une des leçons de cet arcane, celle de l'acte spontané soutenu par l'enthousiasme, je continue dans ce numéro à vous présenter les arcanes du tarot tel que je les perçois à ce stade-ci de mon apprentissage.

Deux évènements se sont passés dans les deux dernières semaines qui m'ont indiqué cette voie. Une lectrice, qui avait aimé la description du bateleur, m'a écrit me demandant si je pouvais lui référer un bon enseignant du jeu de tarot, désirant apprendre à lire les cartes. Je n'en connais pas, mais sa question a nourri mon goût de vous entretenir du tarot. Une autre rencontre somme toute anodine au premier abord dans un café m'a mis en présence de Mathieu Gallant, un jeune homme enthousiaste et entreprenant qui expliquait la fondation de son école par son besoin de partager ce qui le passionne. Il a décidé de mettre sur pied une formation en géobiologie car des personnes de son entourage désireuses de s'initier la réclamaient [1]. Il partage ses connaissances sans attendre que celles-ci soient parfaites. Notre conversation m'a stimulée. Mes neurones jubilaient. J'ai reconnu la vitalité de cette image lumineuse que le miroir de la vie me reflétait. Il ne me restait qu'à suivre la direction vers la joie.

Je vous transmets donc avec enthousiasme et humilité ma connaissance embryonnaire. Pour ce faire, je dois tout d'abord, moi-même, lui accorder respect et reconnaissance.

La papesse est le deuxième arcane majeur. Le bateleur s'est assis, immobile, laissant sa féminité se taire et écouter. Le recueillement est maintenant nécessaire pour que l'inspiration se manifeste. Alors son activité s'affinera et se matérialisera dans la beauté et la justesse. Sa chair visible, son visage et ses mains sont devenus de marbre, impassibles et blancs tel un miroir, vierge comme la surface de l'eau exempte d'activités. Dans cette glace, le ciel peut se réfléchir.

Sur la carte, on aperçoit une femme assise, richement et chaudement vêtue, coiffée d'une tiare. Son corps et ses multiples couches de vêtements amples couvent toute la page de la terre au ciel. L'horizon est blanc et vide. La scène pourrait se passer en hiver. Dans le tarot de Marseille, un premier voile d'une blancheur éclatante recouvre sa tête. Dans le tarot de Camoin, ses mains et son visage ont la même blancheur. Un autre voile protecteur recouvre sa tête posée entre elle et le ciel. Elle tient de ses deux mains un livre ouvert sur ses deux cuisses. Des lignes d'écritures sont inscrites sur les deux pages. Dans le tarot de Camoin, un œuf blanc est déposé à sa droite, tel un embryon.

Dans cette position méditative, elle écoute. Elle est prête à recevoir les révélations de la contemplation. Sa tiare, couronne à trois étages parés de joyaux, indique que celles-ci descendront dans son intelligence, dans son cœur et dans son corps. Elle désire être instruite et intégrer à la vie terrestre la sagesse céleste. Le deux de la papesse représente l'union du divin et de l'humain.

La PapesseLa papesse tient ouvert avec ces deux mains sur ses deux cuisses un livre. Le livre est depuis des millénaires un outil de transmission. Il est un allumeur de vocation. La papesse reçoit l'inspiration sous forme de toucher spirituel ou d'intuition. En s'assoyant, elle participe aux deux axes de l'existence, la verticalité qui nous met en lien avec le ciel et l'horizontalité, avec la terre. Elle reconnaît la puissance du non-faire, de la solitude et du vide. Active dans son intention de recevoir l'enseignement, elle se fait passive en se taisant et en s'immobilisant. La dualité, activité et passivité, est totale et féconde.

Le nombre 2 représente dans la réalité concrète une quantité de deux éléments. Il est la première division. Grâce à lui, la multiplication et l'engendrement sont possibles. L'unité s'est séparée en deux et nous avons maintenant deux parties d'un tout. Le soleil et la lune. La lumière et les ténèbres. La gauche et la droite. Le yin et le yang. L'inspiration et l'expiration. La terre et le ciel. Adam et Ève. Le 2 est la première division nécessaire à l'accroissement. La différenciation de la cellule lui permet de se multiplier. Chacune des cellules en se spécialisant crée différentes fonctions. À la fois divisées et réunies elles forment l'unité qu'est un être humain. Le deux est la première étape d'une longue suite de séparation ainsi que d'un processus de maturation. Il n'est pas nécessaire d'attendre la perfection pour agir. Car tout processus débute par une première division, une première pierre sur laquelle on en pose une autre. Il faut commencer dès que l'idée apparaît dans l'intelligence. La volonté intervient ici. Les indications suivantes viendront en chemin. Le présent porte le futur dans sa cosse. L'humilité et la confiance dans le devenir sont exigées au début de toute réalisation.

La qualité du deux est la dualité. Le deux est à l'origine de la guerre dans l'opposition [2]. Il faut être deux pour se battre, exacerbant nos différences. Le deux est aussi à l'origine de la paix et de la confiance quand deux personnes reconnaissent ce qui les unit. Mais sa plus grande réalisation est l'amour entre l'aimant et l'aimé. À la fois symbole d'opposition, de contraste, de différenciation, il atteint son apogée dans l'amour, dans le mariage de deux éléments différents. Sans dualité, sans polarité, l'attirance et la fécondité n'existent pas. L'amour entre les principes masculins et féminins, en soi et hors de soi est le retour à l'unité. L'amour est le chemin de l'ouverture et du bien. La séparation, celui de l'enfermement et de l'enfer. Le mariage de l'homme et de la femme donne l'enfant. La réception de l'inspiration dans le cœur de l'artiste mariée à ses habiletés crée l'oeuvre. La terre réchauffée par le soleil engendre la flore.

La réflexion dans le miroir que produit la méditation permet aussi de se connaître dans son essence, de se cerner, de reconnaître sa spécificité et sa valeur. En se retirant de la collectivité, notre individualité peut alors fleurir et se fortifier dans son unicité trouvant sa force d'être à l'intérieur de soi. Elle peut ensuite s'épanouir au soleil sans quémander l'approbation autour de soi. Elle trouve son courage, sa force, sa motivation, sa protection et son soutien à l'intérieur d'elle-même. S'individualiser revient à se spécialiser en tant que cellules individuelles du grand tout qu'est l'humanité. Nous sommes tous reliés et notre individualité enrichit la communauté et l'unité.

Renée Demers
Photo: M.-D. Demers-King

La papesse est l'archétype de la grande prêtresse qui consulte l'oracle, seule. Divinatrice, elle attend l'inspiration avant d'agir.

Renée Demers, éditrice en chef
reneedemers@covivia.com

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[1] www.geobiologie.com

[2] Emprunt au latin archaïque duellum, «guerre»
    avec influence du latin tardif duo, «deux».


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Volume 9, numéro 21 — Mercredi, 18 décembre 2013
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