Acupuncture Addiction Agriculture Alimentation Alzheimer Amérindien Anarchisme Anatomie Animaux Anthroposophie Apiculture Approche craniosacrée Approches aquatiques Arboriculture Arbre Aromathérapie Art Arthrose Artisanat Astrologie Ayurveda Botanique Bouddhisme Cabane à sucre Calendrier Cerveau Chamanisme Channeling Chant Christianisme Coaching Collectivité Communication Constellations familiales Couleur Créativité Danse Dentisterie Eau Écologie Éducation Éducation somatique Électromagnétisme Énergétique Energétique chinoise Enfants Ennéagramme Ésotérisme Famille Faune Femme Fleurs de Bach Forêt Géobiologie Guérison Habitat Hakomi Herboristerie Histoire Homéopathie Horticulture Huiles essentielles Intention Jardinage Jeûne Kabbale Leadership Lithothérapie Mantra Massothérapie Maternité Méditation Médiumnité Microbiote Mort Mouvement Musique Mycothérapie Naissance Nature Naturopathie Neuroscience Numérologie Nutrition Ornithologie Ostéopathie Parkinson Permaculture Phamacopée Philosophie Photos Physique quantique Phytothérapie Pleine conscience Poésie Pollution Portraits Psychologie Qi Gong Reiki Restos végés Rites Rituel Rolfing Santé Science Semencier Sexualité Shiatsu Société Soin Corporel Son et vibration Soufisme Spiritualité Taoisme Tarot Tourisme vert Transport Vaccins Vieillir Vitamine Yeux Yoga Yoga Derviche Zen
  Imprimer Imprimer

Le faiseur de pluie

Carl Gustav JungJ'ai lu dernièrement avec délectation le brillant ouvrage de Carl Gustav Jung, « L'homme à la découverte de son âme » (1). Il y raconte une histoire intéressante sur le tao, l'ordre et l'équilibre. C'est une belle illustration du tao qui m'aide à mieux cerner cette vision du monde. J'ai eu le goût de partager ce texte qui fait l'éloge de la force de l'intériorité.

Une telle plongée en soi, un tel retour sur soi-même sont bien connus en Orient. On leur prête la plus grande importance; je voudrais vous l'illustrer grâce à une courte histoire; je la tiens de mon ami regretté Richard Wilhelm (2), qui vécut longtemps en Chine.

Une grande sécheresse désolant la région de Kiaustchau, les habitants étaient au désespoir. Les catholiques firent des processions expiatoires, les protestants, eux aussi, y allèrent le dimanche de leur petite prière pour la pluie, et les Chinois, enfin, n'hésitèrent pas à faire l'offrande d'un feu d'artifice. Mais tout cela fut peine perdue; le Conseil de Province décida alors de faire parvenir un expert, un « faiseur de pluie », d'une province de l'intérieur, du Shantung. Celui-ci répondit à l'invite et on alla au-devant de lui aux portes de la ville où on lui demanda : « Maître, que pouvons-nous faire pour toi, que souhaites-tu ? » Il répondit : « Donnez-moi, en dehors de la ville, une maisonnette où je ne serai pas dérangé. » Il se retira dans la maisonnette, entourée d'un petit jardin, et y demeura invisible trois jours durant. Le matin du quatrième jour la neige tomba à gros flocons, ce qui, en cette saison, dépassait les espérances les plus optimistes. L'enthousiasme fut grand et la foule criait dans les rues : « C'est le faiseur de pluie, c'est le faiseur de pluie ! » Richard Wilhelm, qui était de passage dans la ville, rendit visite à cet homme et lui demanda s'il voulait bien lui expliquer comment il avait fait la pluie. Le Chinois lui répondit avec politesse :

— Je ne l'ai point faite.

— Pourquoi t'appellent-ils alors le « faiseur de pluie »

— Oh ! Je peux te le dire, c'est tout simple : je viens de Shantung où il pleuvait normalement, comme il se doit, et où tout était en ordre ; j'étais donc moi aussi en ordre. Or, je viens à Kiautschau où la sécheresse règne, ce qui n'est pas en ordre, ce qui fait que ce pays n'est pas en ordre et que moi qui y arrive ne suis pas en ordre non plus. C'est pourquoi il me fallut une maisonnette où je puisse être tranquille, où je puisse me plonger dans le Tao (3). Trois jours et trois nuits, j'ai travaillé à moi-même, jusqu'à ce qu'enfin j'aie à nouveau atteint le Tao; alors, naturellement, lorsque le Tao fut rétabli, il s'est remis à pleuvoir !

---

(1) L'homme à la découverte de son âme, Carl Gustav Jung, Éditions Albin Michel

(2) Traducteur de la première édition occidentale du Yi King du chinois à l'allemand Yi King, le livre des transformations, Éditions Médicis

(3) Terme intraduisible dans les langues européennes. Le Tao désigne d'une part un état contemplatif atteint par la méditation, fait en grande partie d'équilibre intérieur et d'autre part par un état métaphysique, un ordre profond des choses.

Renée Demers
reneedemers@covivia.com


Accueil
  Flèche gauche
Volume 10, numéro 1 — Mercredi, 22 janvier 2014
Flèche droite  
 

POUR RECEVOIR LE WEBZINE