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Leçon de guérison chez les éléphants : je suis guérie!

Dans un chapitre précédent de mon histoire personnelle alors que j'agissais comme mère auprès de mes enfants chéris, j'ai aidé l'un d'eux dans une recherche sur les éléphants. J'ai appris en même temps que lui comment ce géant était romantique, sociable et solidaire. Savez-vous que l'éléphant apporte des fleurs dans sa trompe quand il veut courtiser une éléphante? C'est révélateur et excitant de réaliser que cette offrande est un rituel amoureux que nous partageons avec d'autres mammifères.

Un autre de leurs comportements m'avait alors fascinée. Les gros éléphants d'Afrique dorment debout. Ils ne peuvent se coucher par terre, car leur masse écrase leurs poumons. Quand ils le font, c’est pour mourir. Ils arrivent parfois que, lorsque l’un d’entre eux est malade, toute la troupe se rassemble pour le soutenir le temps qu’il guérisse. Ils le laisseront tomber si la maladie est grave à un point de mener à la mort ou encore leurs conditions de survie les y obligent. Cette connaissance des mœurs des éléphants nous a émus et nous rendait tous les deux très enthousiastes et enclins à en connaître davantage. L’observation de la nature est un des meilleurs lieux d’apprentissage. 

Ce comportement solidaire m'a inspiré tout au long du processus cancéreux que j'aie vécu dans la dernière année. Hier, j'ai rencontré le médecin pour un suivi de mon état de santé. Six mois se sont écoulés depuis la fin des traitements de radio-oncologie, de naturopathie, d'ostéopathie, de Bowen et d'homéopathie. Depuis déjà quelques semaines, je me sens bien, en convalescence, mais habitée du sentiment d'être guérie. Le médecin m'a confirmé qu'il n'y avait présentement aucune trace de cancer dans mon corps. Bonne nouvelle d'autant plus qu'elle concorde avec ce que je ressens. Youpi, je suis guérie!

Lorsque j'avais reçu le diagnostic de cancer au printemps dernier et que j'en avais informé ma famille, mes amis et mes collègues de travail, beaucoup m'ont assurée de leur soutien. Plusieurs d'entre vous m'ont fait parvenir des messages de compassion ainsi que l'énergie de leurs prières et de leurs méditations. Durant tous ces mois de traitements, de repos, de changements majeurs, j'ai été supportée par d'autres humains, telle une éléphante malade dans la brousse africaine que ses pairs soutiennent jusqu'à ce que ses forces de vie rejaillissent.

Cette solidarité est essentielle à la guérison. Nous tous qui participons à ces périodes de rétablissement de près ou de loin, en offrant notre temps, notre science, notre argent, nos forces, nos prières, nos méditations, en tant que malade ou guérisseur, nous trouvons dans ces échanges solidaires une joie de vivre et le bonheur sécurisant qu'apporte le sentiment d'être reliés. Dans mon expérience, cet accompagnement a été un des éléments du traitement de la maladie, car pour un certain laps de temps, mon énergie ne suffisait pas à assurer ma survie. La présence de l'autre était essentielle pour perpétuer la continuité du quotidien. J'avais besoin de dormir avec la certitude qu'une personne veillait et protégeait les lieux. L'ami qui m'offrait la soupe qu'il avait cuisinée m'apportait du réconfort. Ma fille qui préparait la table au milieu du jardin pour manger une salade m'inondait de beauté. Le thérapeute qui posait ses mains sur mon foie pour le désengorger me soulageait. La technologue qui dirigeait méticuleusement les radiations au bon endroit et à la bonne dose affaiblissait les cellules cancéreuses. Ma docteure souriante qui m'affirmait sans hésitation : «You're a baby. We will heal you». La lectrice inconnue qui me portait dans sa méditation communiquait dans la noirceur de l'intériorité dans laquelle nous baignons tous, le goût de vivre à mes cellules.

Une partie du chemin ne pouvait cependant n'être parcourue que par moi-même, malgré la bienveillance et la volonté de tous. Ces tumeurs ont allumé ma lanterne de vigilance. Tu meurs, Renée? L'appel de la mort est envoûtant. Le sommeil éternel est invitant pour qui est fatigué. Un examen intérieur est devenu incontournable pendant que vous me portiez.

Mais, est-ce que mourir est l'action juste actuellement? Veux-tu aller rejoindre quelqu'un là-bas de l'autre côté? Est-ce réaliste? N'y a-t-il pas des êtres qui bénéficieraient encore quelques années de ta présence? Ne te le disent-ils pas? Quels sont les changements à apporter pour que le bonheur agrémente tes jours et tes nuits? Fais-tu ce que tu aimes à ce moment-ci de ta vie? Y a-t-il des occupations qui sont devenues obsolètes? Y a-t-il des chapeaux qu'il est temps de donner à d'autres, car tu as fait le tour de la situation et de ses enseignements? Es-tu capable de t'abandonner à tous ceux qui te prêtent main-forte pour retrouver l'harmonie?

Un état méditatif s'est tranquillement installé. La solitude et son silence sont devenus un havre confortable. En chemin, j'ai pris goût à la sensation, l'observation, la créativité et la jouissance tranquille de la vie. L'anxiété est un mirage. Depuis mon plus jeune âge, je l'affectionne croyant qu'elle m'indique les écueils à éviter et éloigne le pire. Elle ne me protège en rien. Elle n'assouvit aucune soif. Elle m'indique seulement que je suis perdue dans le désert du mental. 

Rien n'est à prévoir, tout est à voir. Rien n'est à figer, tout suit son cours. En étant détendue et vigilante, je peux accueillir chaque moment, glisser au suivant en me désaltérant de l'eau vive qui court tout le temps. La mort viendra et elle sera alors que le prochain pas paisible d'une vie bien remplie.

Je vous remercie tout un chacun pour votre soutien de près ou de loin. Il est maintenant temps de célébrer les fruits de la solidarité humaine que vous avez cultivés en m'accompagnant. Prenez une coupe de votre nectar favori à ma santé!

Au milieu de la brousse humaine, nos mains reliées les unes aux autres peuvent créer une différence.

Renée Demers


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Volume 9, numéro 3 — Mercredi, 13 février 2013
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