Acupuncture Addiction Agriculture Alimentation Alzheimer Amérindien Anarchisme Anatomie Animaux Anthroposophie Apiculture Approche craniosacrée Approches aquatiques Arboriculture Arbre Aromathérapie Art Arthrose Artisanat Astrologie Ayurveda Botanique Bouddhisme Cabane à sucre Calendrier Cerveau Chamanisme Channeling Chant Christianisme Coaching Collectivité Communication Constellations familiales Couleur Créativité Cuisine Danse Dentisterie Eau Écologie Économie Éducation Éducation somatique Électromagnétisme Énergétique Energétique chinoise Enfants Ennéagramme Ésotérisme Famille Faune Femme Fleurs de Bach Forêt Genre Géobiologie Guérison Habitat Hakomi Herboristerie Histoire Homéopathie Horticulture Huiles essentielles Intention Jardinage Jeûne Jung Kabbale Leadership Lithothérapie Mantra Marche Massothérapie Maternité Méditation Médiumnité Microbiote Mort Mouvement Musique Mycothérapie Naissance Nature Naturopathie Neuroscience Numérologie Nutrition Ornithologie Ostéopathie Parkinson Permaculture Phamacopée Philosophie Photos Physique quantique Phytothérapie Pleine conscience Poésie Pollution Portraits Psychologie Qi Gong Reiki Restos végés Rites Rituel Rolfing Santé Science Semencier Sexualité Shiatsu Société Soin Corporel Son et vibration Soufisme Spiritualité Symbolisme Taoisme Tarot Tourisme vert Transport Vaccins Vieillir Vitamine Yeux Yoga Yoga Derviche Zen
  Imprimer Imprimer

Les vertus

Les vertus

Cultiver des vertus morales est un peu tombé en désuétude dans cette époque moderne. À quoi bon développer des vertus ? N'est-il pas plus important d'augmenter sa force physique ou sa performance intellectuelle ? N'est-ce pas ce que nos valeurs éducatives mettent en premier lieu en encourageant la compétition plutôt que la coopération, l'apprentissage de connaissances exigées par le milieu du travail au détriment des études humanistes?

Dans le dictionnaire Petit Robert (édition 1981), on définit ce terme sous deux grands axes :

1: Énergie morale ou force d'âme. La vertu est une disposition constante à accomplir une sorte d'actes moraux par un effort de volonté; qualité portée à un haut degré.

2: Principe qui, dans une chose, est considéré comme la cause des effets qu'elle produit. Voir Efficacité, énergie, faculté, force, pouvoir, propriété.

Dans les deux cas, il est question d'énergie et de force. La culture de la vertu chez l'humain donne de la force morale et la concentration active du principe actif d'une plante, sa vertu, donne du pouvoir à son effet médicamenteux.

L'être humain est composé d'un corps physique, d'un corps émotionnel, d'un corps intellectuel et d'un corps spirituel. Toutes ces parties s'imbriquent l'une dans l'autre, telles des poupées russes. L'humain développe sa force physique dans son premier septénaire, son intelligence émotionnelle dans le deuxième, ses capacités intellectuelles dans le troisième. Au début de l'âge adulte, il est prêt à investir dans sa moralité et sa spiritualité. Il accroît tout au long de sa croissance des habiletés spécifiques à chacun des corps. Ses forces stockées dans ses muscles l'aident à danser et à se sauver dans des épisodes de danger. Ses connaissances intellectuelles lui permettent de conceptualiser un chauffage ambiant écologique et de réajuster son budget lors de la perte soudaine d'un revenu. Un enfant de deux ans ne peut pas être altruiste, mais il peut marcher sur de courtes distances. Ainsi il fortifie son corps physique. Au début de l'âge adulte, il a l'élan et la capacité de développer sa sagesse intérieure, en se réservant des plages d'introspection, en méditant et en priant. Il acquiert alors les outils nécessaires pour faire face à la vie de façon autonome et édifiante. La tendance vitale à se tenir debout dans la petite enfance se poursuit tout au long de son déploiement. L'humain a le besoin fondamental de s'élever. Oui peut-être cela demande-t-il de la volonté telle que le spécifie le Petit Robert, mais elle est innée.

Vague de neige
Photo : Danièle Laberge

Notre société a un grand besoin de personnes capables de manifester des qualités morales. Il regorge de gens éduqués et talentueux et cela ne semble pas assurer une vie prospère sur cette belle planète. Posséder un pouvoir sans être bon et juste nous mène par exemple, à la vision politique à courte vue que nous subissons actuellement au Québec où les enjeux environnementaux, éducatifs et culturels sont occultés par plusieurs partis politiques . Nous ne devons pas élire ni obéir à des personnes compétentes si celles-ci ne démontrent pas de bonté, de justice et de sagesse. Ce sont les gages du respect de la nature terrestre et céleste, notre fondement, et de la vie harmonieuse en société.

Les vertus permettent à l'humain de s'élever à la verticale dans sa conduite. Elles font appel à sa nature supérieure. À notre époque, c'est quasiment louche d'être bon et généreux, un peu tata. Agressivité, méfiance et égoïsme sont vus comme des gages de réussite. La volonté de grandeur et l'accumulation de biens personnels ou nationaux pour un pays priment sur le bien-être global. Alors qu'on assure justement le bonheur en protégeant la vie et en partageant.

L'adulte qui ne cultive pas de vertus morales se retrouve tôt ou tard face à un mur, dépressif et inquiet. Car l'existence réduite à combler ses besoins physiques, émotionnels et intellectuels devient un jour ou l'autre blasante ou stressante, étant incomplète. Devant les coups durs de l'existence, la bonté par exemple permet d'aimer, soi-même et les autres et de ne pas perdre d'énergie à rechercher les coupables. La sagesse indique la conduite juste et tire des leçons de l'expérience. La majorité des parents québécois de ma génération n'avons pas transmis d'héritage spirituel à nos enfants, en dissociation avec un clergé catholique jadis abusif. Nous avons jeté le bébé avec l'eau du bain. Les vertus sont des qualités qui permettent d'être heureux et d'attirer à soi des occasions de bonheur. Elles énergisent. Elles illuminent. Elles protègent. Les pratiquer, détendus et permissifs, nous prépare à accueillir le bonheur et l'adversité avec créativité et présence.

Nous nous traitons de la même façon que nous traitons les autres. Si nous sommes bons, justes, aimants, sages ou vrais pour les autres, nous le sommes pour nous-mêmes. C'est comme l'air dans une pièce qui ne peut être différente d'un côté ou de l'autre de la chambre. La vie n'est pas compartimentée de sorte que je puisse être haineuse à l'égard de l'autre et simultanément aimante à mon endroit. « Ce que je donne à l'autre, je me le donne. Ce que je ne donne pas je me l'enlève. (1) » Demeurons vigilants, car la complaisance se drape parfois de bonté et la soumission se présente comme de la sagesse. La vertu est à la fois digne et humble; elle combine la rigueur et la bienveillance. Elle est parfois taxée de folie par l'ordre établi.

(1) Citation de Alexandro Jodorowsky à la fin de cette entrevue

Renée Demers
reneedemers@covivia.com


Accueil
  Flèche gauche
Volume 10, numéro 6 — Mercredi, 2 avril 2014
Flèche droite  
 

POUR RECEVOIR LE WEBZINE