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Savourer la vie

L’image qui monte en moi quand je pense à la vie humaine naissante est celle de l’eau vive, jaillissant du sol en haut d’une montagne. Attirée par la gravité terrestre, elle ruisselle dans la première cavité rencontrée. Elle reproduira ensuite le même parcours, fluide ou tortueux, dans son déroulement. Notre naissance, les soins et l’éducation reçus creusent énergétiquement le lit de notre rivière. Notre énergie coule selon le modèle établi dans l’enfance. Adulte, notre maturité permet de constater la qualité de notre vie et sa circulation énergétique. Nous pouvons décider d’en changer le cours si nous jugeons insatisfaisante notre réalité. 

Prenons une mise en situation fictive. Un individu ne vit pas des relations amoureuses nourrissantes. Il ne se sent pas assez aimé par l’autre. Dans son histoire personnelle, sa mère anesthésiée n’a pas accouché naturellement. Dépressive par la suite, ayant besoin de ses forces pour se reconstruire, elle n’a pas subvenu à ses besoins légitimes de petit mammifère. Les autres personnes présentes n’ont pas pris la relève. La coupure a généré une immense anxiété, maintenant enfouie au fond de sa psyché. Cependant, il a survécu. Son inconscient a assumé que sa survie était tributaire du manque de soin et ce schéma de séparation a formé sa relation au monde.  

Il reproduit la même dynamique dans sa relation amoureuse. Sa partenaire n’est pas disponible pour lui. Il souffre de l’insuffisance d’attention et d’amour. Il lui en veut, l’accusant de le négliger. Il peut se réapproprier sa souffrance et arrêter de la projeter sur l’autre. La bonne nouvelle est qu’il est maintenant possible de changer et de prendre adéquatement soin de lui-même. Du coup, il sera aussi un meilleur amoureux. 

Notre personnalité s’est formée sur les bases de nos premières relations et de l’ambiance de notre milieu de vie initial. Nous reproduisons inlassablement et inconsciemment la même dynamique. Pour que l’eau emprunte un nouveau canal, pour que le paysage se renouvelle, il faut sortir des sentiers battus et détourner le ruissellement en creusant un sillon différent. Il en est de même de notre énergie et de ses manifestations.

Comment se dégager de ces premières empreintes ? Comment dévier la rivière de sorte qu'elle roucoule harmonieusement jusqu’au lac paisible de l’existence  consciente ?

Tournez votre regard à l’intérieur. Ce bassin versant siège au creux de votre ventre. Au centre, bordé par notre périnée se trouve ce lac. Sa surface reflète le monde, comme un grand miroir. Il est profond et gorgé de ressources. Voici quelques outils pour creuser un nouveau lit à votre rivière. 

La méditation

Consacrez du temps à l’introspection, au silence et à l’extase. Observez la vie qui coule avec curiosité en échappant à la tyrannie des émotions, des humeurs et des désirs. Cela demande de la patience, de la détermination et de la discipline. Votre enfermement s'ouvrira, votre univers s’agrandira et ses possibilités aussi. 

Voici quelques instructions de base :

— Assoyez-vous sur une surface plate sur une chaise ou par terre.

— Assis sur une chaise, posez les pieds à plat sur le sol, les genoux légèrement écartés ; par terre, croisez les jambes à l’indienne, en tailleur ou en lotus.

— Le torse est droit, le dos ferme, la poitrine ouverte, le dos n'est pas appuyé sur un dossier. 

— Les mains reposent sur les cuisses. 

— Assurez-vous d’être bien confortable. 

— Les yeux peuvent être fermés ou ouverts. Si vous les ouvrez, le regard est dirigé vers le bas et diffus.

— La bouche et la langue ainsi que toutes les ouvertures de votre corps sont bien détendues.

— Respirez normalement en portant attention à l’expiration.

— Quand une pensée survient, vous l’étiquetez par le mot « pensée » et vous revenez à l’attention de la respiration.

— Vous laissez les pensées circuler librement tels des nuages dans le ciel. 

— Vous êtes attentif aux sensations physiques sans tenter de bouger.

— Vous êtes patient et bienveillant avec vous. Il est certain qu’au début vous allez vous accrocher dans vos pensées et vous surprendre trois minutes plus tard, en train d’élaborer votre menu du souper. Revenez alors à votre respiration avec humour.

— Ressentir pour quelques instants la vastitude de l'esprit est une expérience extatique et apaisante. De là découle la motivation de persévérer.

— Consacrez environ vingt minutes à cette période de méditation. Félicitez-vous pour ce moment de présence.

Harris Hawk in flight
Photo Claude Charlebois : Harris Hawk in flight

Éducation somatique  

La présence à notre corps physique, à nos sensations et à notre respiration est la première jouissance de la vie. Miam! Ell est aussi une lunette d'approche pour dessiner la carte de notre rivière énergétique. Les activités telles le yoga, le Qi Gong ou les différentes disciplines en éducation somatique nous rendent plus aptes à ressentir et à décoder nos sensations physiques. Une fois une tension repérée en pratiquant un exercice, il est possible en restant en contact avec la sensation, en se détendant dans la position sans forcer ni pousser, d’écouter les messages de notre corps. Mes bras tendus m’indiquent peut-être que mes muscles sont fatigués à force d’être bandés à repousser l’amour, le jugeant menaçant. Remettre en circulation l’énergie bloquée augmente notre vitalité.

Trouvez un bon enseignant dans votre discipline préférée.

Accompagnement psychologique et spirituel  

L’accompagnement psychologique et spirituel permet de prendre de la distance par rapport à notre quotidien et d’apprendre à être le témoin de nos vies. Le thérapeute au début nous prendra par la main, soutenant notre moi. Il nous aidera à identifier ces comportements figés dans lesquels nous moulons nos expériences de vie, leur faisant toujours emprunter le même parcours. Il nous encouragera au début d’un changement de cap. L’intimité  peut s’installer dans ce climat de confiance. Une fois celle-ci établie, pour la première fois chez certains d’entre nous, nous pouvons goûter à la grâce bienheureuse de l’état d’intimité avec soi et avec l’autre. Nous nous approprions le rôle de témoin et ainsi nous assistons à notre vécu avec plus de détachement. L’observation et la perspective sont les premières étapes de tout processus de transformation. 

Cherchez un bon thérapeute ou un guide spirituel.

Révéler l’artiste en soi  

Pratiquer une discipline artistique crée un pont avec notre âme. Dès lors, l’inspiration, la clairvoyance et la créativité se manifestent avec plus d’intensité dans notre réalité. Il n’est jamais trop tard pour danser, dessiner, chanter, photographier, jouer d’un instrument de musique, écrire de la poésie. L’art ouvre les portes de la beauté, de la synchronicité, de la justesse du geste et de l’harmonie. 

Tonglen  

Parfois, nos modèles relationnels inconfortables sont tellement inconscients que nous n’arrivons pas à les cerner. Nous les percevons, car ils génèrent de l’inquiétude, de la tristesse ou de l’agressivité. Notre créativité est enfouie sous leur emprise castratrice. Embarrée, elle attend patiemment, frémissante à l’idée de parer nos existences de puissance, de couleur et de joie. Il nous est impossible de comprendre les raisons de ces états d’âme pénibles et de nos humeurs. On perçoit aussi ces états souffrants chez les autres personnes, proches et éloignées. On les voit repasser dans les mêmes chemins perdus, s’enfarger dans les mêmes obstacles. On voudrait bien que ça change, car c’est malheureux. Aucune action concrète ne semble justifiée. Nous ressentons de la peine.   

Le Tonglen est un outil offert par la tradition bouddhiste pour transformer la souffrance en joie, développer la compassion et la bienveillance, pour soi et pour les autres. Miam, que c'est bon et vaste quand s'ouvre cet espace tendre et aimant au niveau du coeur.

Je me suis initiée à sa pratique grâce à l’excellent ouvrage de Pema Chodron : Conseils d’une amie pour des temps difficiles. Cette méthode aide à surmonter la peur de la douleur et à attendrir notre cœur. L’exercice consiste à inspirer profondément et consciemment la souffrance et à expirer de la joie et du bonheur. Il guérit la souffrance. 

Voici les quatre étapes pour accomplir Tonglen:

— Reposez votre esprit brièvement, une seconde ou deux, dans un état d’ouverture et d’immobilité. 

— Travaillez avec la texture. Inspirez une sensation de chaleur, d’obscurité et de lourdeur en recréant une impression de claustrophobie et expirez une sensation de rafraîchissement, de clarté et de légèreté qui vous innonde de fraicheur. Inspirez à fond par tous les pores de votre corps et expirez. Irradiez à fond aussi. Faites-le jusqu’à ce que ce soit synchronisé avec votre inspiration et votre expiration.

— Travaillez sur une situation personnelle et douloureuse. Traditionnellement, on commence par faire Tonglen pour quelqu’un qu’on souhaite aider. Cependant quand vous êtes troublé, vous pouvez le faire pour les douleurs que vous éprouvez vous-même et en même temps pour toutes les personnes qui éprouvent le même genre de douleur. Par exemple, si vous ne vous sentez pas aimé, vous aspirez ça pour vous-même et pour tous ceux qui logent à la même enseigne et vous renvoyez de l’amour.

— Amplifiez ce que vous prenez en vous et que vous renvoyez. Si vous faites Tonglen pour un ami, étendez-le à tous ceux dans la même situation. 

Cette pratique est un outil à ranger dans notre coffre à côté de la présence, du témoin, de la méditation, de l’introspection psychologique, de l’éducation somatique et de la pratique artistique.

Une fois que nous avons identifié le modèle que notre énergie utilise pour circuler, que nous avons fait nôtre la souffrance qu’occasionne son écoulement, nous pouvons choisir de faire couler notre eau autrement. Nous pouvons descendre jusqu’à notre grand lac intérieur et nous y poser tout doucement, bien appuyé sur notre périnée. Nous sommes constamment enceinte de notre présent. Nous pouvons souhaiter pour tous les humains le même parcours et les y aider en pratiquant Tonglen pour leurs souffrances.   

Que diriez-vous si nous pratiquions Tonglen pour ceux parmi les étudiants, les assistés sociaux, les politiciens et les policiers qui ressentent de l’agressivité, de la dureté, de la fermeture, de la violence, de l’intolérance ou de la désespérance par les temps qui courent ?

Osons le risque du bonheur pour tous !

Renée Demers


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Volume 9, numéro 5 — Mercredi, 13 mars 2013
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