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Qui suis-je ?

Penser pour panser

Qui suis-je

Voilà la question que pose Nisargadatta Maharaj dans son ouvrage : I Am That en langue anglaise et Je suis en traduction française. J'ai relu ce livre dans les dernières semaines et j'ai été inspirée encore une fois. Je vous livre ici les réflexions qui s'en suivent.

Qu'est-ce qui est commun dans mon expérience à différents moments de mon existence : à sept ans courant dans la cour d'école, à vingt-huit ans allaitant un bébé, à cinquante-cinq ans recevant un traitement de radiologie et maintenant écrivant ce texte ?

Dans toutes les circonstances et les rôles que je joue dans mon quotidien, qu'est-ce qui m'anime ? D'où vient la lumière qui illumine ma vie ? Est-ce que ce à quoi je m'identifie en ce moment est réel ?

Ce que ce sage propose est de s'observer et d'investiguer patiemment le « Je suis ».

Deux tendances mènent ma vie : le désir et la peur. Je désire ce qui me rend confortable et je fuis l'inconfort. Tôt ou tard, le confort tant désiré devient étriqué et ne correspond plus à mon évolution. Alors la douleur s'installe, indicatrice d'inertie. Je ne mesure pas bien les conséquences de la réalisation de mes désirs non plus de la conduite que me dictent mes peurs.

« La vie est amour et l'amour est la vie. Qu'est-ce qui conserve l'intégrité du corps vivant si ce n'est l'amour ? Qu'est-ce que le désir si ce n'est l'amour du moi ? Qu'est-ce que la peur si ce n'est l'urgence de protéger ? Et la connaissance n'est pas autre chose que l'amour de la vérité. Les intentions et les formes peuvent être erronées, mais le motif derrière est toujours l'amour, l'amour du moi et du mien. Le mien et le moi peuvent être petits ou peuvent exploser pour englober tout l'univers, mais l'amour reste. »

Par manque de distance, je ne vois pas l'ensemble du tableau. Je vis dans un monde de dualité. Le vide appelle le plein, le féminin le masculin, le plus le moins, la star les fans, etc. Tout se complète pour former l'unité. Quand une des parties de l'équation se transforme, l'autre aussi. En regardant de plus haut, j'aperçois le magnétisme des contraires. J'observe mes attirances et ma tendance à la polarité pour former l'unité.

La méditation agit comme un rideau qu'on tire au dedans de soi. La lumière entre. La splendeur aussi, au début dans de courts éclaircies. Bien sûr, on l'ouvre tranquillement pour ne pas être aveuglé. Tant de temps dans la noirceur a rendu notre vision fragile. Le panorama s'illumine. Je peux mieux m'orienter. La conscience est la fenêtre par laquelle la lumière pénètre. 

La méditation donne de la place au témoin en moi. Je fais alors connaissance avec la conscience, cette partie en moi qui est capable de regarder sans juger. Je sors de l'espace et du temps, dimensions auxquelles j'ai réduit mon expérimentation. J'éprouve la présence. Je réalise que je suis plus que ces sensations physiques, ces émotions et ces pensées. Je ne suis pas que personnelle. Je perçois mon impersonnalité et cela me libère. La substance qui me compose est la même que celle qui compose tout l'univers. Le temps et l'espace ont façonné ma différence, mais j'ai en commun avec tout et tous une même substance et un même vide.

En méditant dans des épisodes de bonheur ou de souffrance qui me dépassent, je reconnais les sillons du passé ravivés par des éléments actuels, les satisfactions éphémères et aussi les cicatrices fragiles que heurte la réalité. La douleur m'indique une blessure. En m'aimant, en utilisant ma maturité et les ressources actuelles pour la guérir, je participe à la paix. En me liant à tous les êtres vivants cette même problématique, j'accélère le processus de guérison pour nous tous.

En prenant de la distance, en rompant l'enchantement qui me fait m'identifier aux circonstances et aux rôles que je joue, en ressentant la douleur et le plaisir en moi sans les projeter, en les laissant m'informer, j'observe les mémoires que je juxtapose sur l'écran du quotidien. Les événements se passent, mais c'est moi qui leur donne leur valeur et si je tourne mon regard vers l'arrière de la salle de cinéma, la lumière qui provient du projecteur est constante. Elle illumine tous les scénarios sans discrimination. L'amour et la sagesse aussi.

« Quand je vois que je ne suis rien, c'est la sagesse. Quand je vois que je suis tout, c'est l'amour. Entre les deux ma vie s'écoule. »

Meditation
Photo : Jakimages - Meditation

L'intuition et la synchronicité naissent dans le silence, le vide et l'accueil. La créativité se tient loin du jugement, du possible et de la pression sociale. Le discernement nécessaire à l'action juste s'acquiert dans une attitude tranquille. La discrimination permettant de choisir ce que l'on aime est nécessaire pour créer la beauté. Pour apercevoir les contours des éléments, il faut se stabiliser et regarder. Dans le brouillard ou dans l'eau agitée, tout se confond. Dans l'agitation aussi.

Dans la méditation, je peux observer le désir et la peur qui régentent ma vie. C'est fascinant de regarder mes différents corps physique, émotionnel, mental ainsi que ma conscience avec lesquels j'appréhende mon entourage. Quels sont leurs mécanismes ? Dans quoi baignent toutes ces instances ? En tournant mon regard vers l'intériorité, je découvre la vastitude de l'être.

En me calmant, en laissant l'activité s'arrêter, je permets à ma réalité de décanter. L'inactif apparaît. Il est plein de vide. Il est partout. Un univers de douceur extatique se révèle. Je développe une capacité de compréhension de l'amour à l'oeuvre dans la vie. Vue de loin, la perspective jette un éclairage nouveau sur l'existence. Tout ne fait qu'un.

Nissargadata me propose de chercher le « je suis ». Son enseignement tranchant va droit au but. Il s'agit d'accorder de la présence, de la vigilance et de l'amour à « l'être étant », toujours là. Il enseigne que le seul monde qui existe est le mien. Surprenante affirmation à vérifier ! Alors si celui-ci ne te plaît pas, change ta perception, dit-il. L'outil qu'il propose pour cette métamorphose est « Je suis ». Qui suis-je ? Et surtout que ne suis-je pas ? J'ai été fillette, j'ai eu des parents, j'ai des dirigeants politiques capitalistes dont je déplore la gouvernance, je suis végétarienne. Tout cela est temporaire. Qui suis-je réellement?

Le besoin de constamment occuper mon esprit ainsi que la tendance moderne à la distraction perpétuelle sont des obstacles à ma vie spirituelle. En niant cette dimension naturelle de mon être, je m'appauvris et je m'aliène. Le silence et le vide sont des réceptacles de grâce. L'adéquation à ce qui est y fleurit. Qu'enfin je parte à la découverte de l'être !

Nisargadatta me montre la porte avec ces mots: Je suis. Maintenant, il ne tient qu'à moi de tourner la poignée et d'y entrer. Déjà, j'y mets volonté, courage, patience et amour. Cela m'en donne aussi.

Renée Demers
reneedemers@covivia.com


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Volume 10, numéro 17 — Mercredi, 5 novembre 2014
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