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Désert commercial dans la cité

Penser pour panser

Désert commercial dans la cité

Des amis me racontaient dernièrement leur escapade dans une petite ville en banlieue de Montréal. Y ayant habité plusieurs années dans le passé, ils avaient décidé ce matin-là de retourner sur les lieux, joyeux à l'idée de fureter dans quelques boutiques sympathiques qu'ils appréciaient tant. Ils prévoyaient manger sur une terrasse devant l'église. La journée était belle. Quelle ne fut pas leur déception en arrivant sur la rue principale ! Les commerces avaient disparu. Même la banque avait déménagé ses pénates. Quelques maisons cossues abritaient des bureaux de professionnels. Un casse-croûte avait survécu à la dévastation. Il annonçait son repas du jour et sa spécialité dans une baie vitrée et embuée. La rue était déserte. Plusieurs locaux vides rappelaient un âge d'or. Personne ne déambulait. La ville était triste. Alors qu'ils repartaient en automobile, désenchantés, ils ouvrirent la radio. Les Colocs chantaient la rue principale. Sur la grande route au milieu de champs vides, avant d'emprunter la bretelle de l'autoroute, ils aperçurent un centre d'achat bordé d'un grand stationnement bondé d'autos rangées. Pas d'arbre, pas de trottoir, pas d'atmosphère… mais de grandes affiches commerciales colorées, familières et banales, les mêmes qu'à St-Bruno, qu'au Quartier 10-30, qu'ils revirent sur le chemin du retour.

Jeux de reflets
Photo Jakimages : Jeux de reflets

Les commerçants locaux sont au cœur de l'activité économique des villes et villages. Ils apportent des biens et services, une expertise et un service-conseil. À la quantité, ils ajoutent la qualité. L'un sans l'autre appauvrit notre humanité. Ils promeuvent les initiatives locales et soutiennent les transformateurs de leur région. Leur commerce donne une couleur unique au tissus urbain. Ils supportent les équipes sportives juniors, les voyages de classe, les spectacles et les institutions religieuses avec des dons, l'achat de publicité et des babillards d'affichage. Ils embauchent les jeunes pour leur premier travail rémunéré. Ils embellissent les rues avec leurs vitrines illuminées. Ils décorent devanture et allée. Ils apportent de la beauté. Cela égaie le paysage. Marcher d'un magasin à l'autre en prenant l'air est bon pour la santé et permet de rencontrer des voisins. Toutes ces conversations et ses salutations à l'intérieur et à l'extérieur créent des liens, stimule le sourire et tissent la solidarité. Cela éloigne l'isolement et nourrit un sentiment d'appartenance sociale.

Ils vendent à un prix plus élevé que les grandes chaînes ayant moins de volume d'affaires. Mais ils n'abandonnent pas leurs clients une fois la transaction terminée et assurent un service après-vente. De plus, leurs locaux étant situés à proximité des domiciles, il est possible de s'y rendre à pied ou encore en auto, sur une plus courte distance, diminuant ainsi les coûts, le temps consacré et l'empreinte écologique. Ils offrent gracieusement savoirs et conseils. Les commerçants qui ont pignon sur rue sont des gens dévoués au service du public et de la communauté. Ils ont tout mon respect. L'argent que nous dépensons dans leur commerce est réinjecté dans la localité, car les propriétaires garnissent leurs tablettes de biens fabriqués localement en plus grande quantité et souvent vivent dans la région.

Au magasin d'aliments naturels du village, la propriétaire explique à un client qu'il est important de ne pas bouillir le miso pour en retirer tous les bienfaits. À un père inquiet devant une infestation de poux à l'école, elle propose en prévention un mélange d'huiles essentielles. Le quincailler du village recommande un excellent jardinier-paysagiste à un couple récemment déménagé. Le garagiste prend des nouvelles d'une de ses clientes qu'il n'a pas vue depuis un certain temps. La dernière fois qu'elle était venue , elle venait d'être piquée par une tique. « S'en est-elle bien remise ? » s'informe-t-il auprès d'une de ses amies qui l'accompagne habituellement ? La salutation quand on entre dans ces petits commerces est personnelle, le sourire est avenant, l'accueil y est chaleureux. Je pourrais raconter d'autres anecdotes qui se passent quotidiennement à la boulangerie, à la banque, au restaurant, au bureau de poste, chez le marchand de légumes. Ces gens apportent à cette expérience d'achat leur spécificité, leur responsabilité personnelle et la notion d'interdépendance qui nous relie tous. La chaleur humaine et l'échange de bons services y règnent.

Avec le temps des Fêtes qui arrive, notre consommation augmentera. Je vous invite à visiter vos commerces locaux et à y acheter près de chez vous vos victuailles et vos présents ainsi que dans les marchés de Noël et auprès des artisans locaux. Pourquoi ne pas offrir aussi des cadeaux qui favorisent l'être : spectacle, formation, atelier, massage, etc. Tant d'objets encombrent déjà nos maisons alors que nos esprits et nos cœurs modernes souffrent parfois d'un sentiment de vide.

Renée Demers
reneedemers@covivia.com


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Volume 10, numéro 18 — Mercredi, 19 novembre 2014
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