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Parent de jeunes adutes

Parent de jeunes adultes

J’avais projeté que le thème de cette chronique serait la transformation du lien entre les parents et les enfants devenus adultes. Voilà que la synchronicité bienheureuse manifeste un court séjour d’un de mes jeunes chez moi. Il vit une situation stressante. Il ressent le besoin de se reposer, de prendre du recul, de comprendre, de s’entourer d’affection et de s’imprégner de nature et de beauté. Je suis disponible et je l’accueille avec joie. Il recherche un soutien au meilleur de lui-même, cette partie responsable, juste, heureuse et humaine. La fin de semaine se décline en repas savoureux, câlins, période d’études, marche dans la forêt, paroles, tendresse, montée d’anxiété, dialogues, transmission, guérison et silence.

La fin de notre rôle maternel et paternel est une période de mutation. D’un côté de la scène, maman et papa quittent et de l’autre un parent chantonnant fait son entrée.

Alors que nous élevions ces enfants les initiant à l’existence terrestre, à la société, que nous les protégions, que nous leur transmettions des valeurs, des connaissances, des savoir-faire, que nous décidions pour eux, que nous les entourions de balises, un bon matin, les voilà qui quittent l’enceinte familiale par la grande porte en plein jour avec l’enthousiasme du découvreur.

Les possibilités sont multiples dans cette transition. Certains parents soutiennent financièrement leurs grands enfants en payant leurs études universitaires et leurs projets naissants. Les uns exigent de ceux-ci qu’ils subviennent dès l’adolescence à leurs besoins pécuniaires parce qu’ils sont convaincus que cela assurera leur autonomie ou encore parce que leurs moyens financiers sont limités. Les autres exigent leur fidélité à des traditions ancestrales ou à des valeurs spécifiques. Quelques-uns sont indifférents au devenir de leur progéniture. Une partie d’entre eux se mirent dans les réussites sociales de leurs descendants. D’autres encore, font preuve d’ouverture et de disponibilité tout en respectant l’intimité et l’autonomie de ces jeunes. Certains oscillent entre tous ces différents comportements.

Ce que je réalise comme parent, c’est qu’il n’y a pas de ligne prescrite dans l’éducation. Cela est vrai pour tout lien humain, car les éléments intrinsèques à une relation harmonieuse sont la présence à ce qui est et la disponibilité au changement. Toutefois, la liaison parentale est particulière, car l’intimité partagée y est profonde, l’adaptation constante et la durée inscrite dans l’éternité. Dans les sociétés traditionnelles, les descendants s’inscrivent dans la continuité des anciens. La société occidentale riche et diversifiée permet que la génération montante s’actualise autrement que dans le cadre familial.

Je crois qu’il est important de laisser les jeunes adultes construire leur autonomie dans la confiance et le détachement. Je cultive envers eux une attitude respectueuse. Je tends vers cela. Je n’y arrive pas toujours. Je n’exige plus la perfection de moi, ni d’eux d’ailleurs. Je crois en leur capacité de mener leur vie. Ils sont créatifs. Ils portent en eux les clés de leur époque. Ils sont devant moi dans le temps et je m’incline devant leurs capacités à vivre l'espace actuel. Ils m’apprennent à y être mieux adaptée. Quand leurs comportements soulèvent mon anxiété, je réalise qu’ils agissent alors comme des miroirs. Je me réapproprie la projection. J’essaie de ne pas leur demander de maintenir le statu quo. Nous échangeons. Nous nous exprimons et nous écoutons. Je remercie la lumière intime qui révèle les coins d’ombres. La vivacité des vingtenaires et des trentenaires est stimulante. L’amour est l’assise de la relation. 

Nous avons cheminé sur la même route pour deux décennies. Je les ai élevés. Maintenant debout, ils sont aptes à avancer sur leur route. La séparation de nos destins est bénéfique. La hiérarchie nécessaire pour une éducation harmonieuse dans laquelle l’enfant innocent dépend de protecteurs n’a plus raison d’être. J’observe que le jeune adulte a les outils pour porter son destin. Il est prêt à voler de ses propres ailes et à actualiser sa spécificité. Il est temps de me retirer et de naître à autre chose. Je fais confiance à la vie qui finalement nous apporte toujours le meilleur.

Pour le jeune, s’il est capable de ressentir de la gratitude pour tout ce qu’il a reçu, le bonheur sera plus aisé. Il a maintenant acquis la liberté, la joie et les responsabilités qui s’en suivent. Ses pères et mères lui ont transmis ce qu’ils étaient et l’ont soutenu dans la limite de leurs capacités. À lui d’en tirer le meilleur. Le jeune n’est plus celui qui reçoit, qui est porté. Le temps est venu pour lui de donner, de contribuer à l’humanité.

Autel de pierre
Photo : Danièle Laberge - Autel de pierre


Devenons les uns pour les autres des personnes-ressources. Soyons malléables et bénéficions de nos influences. En tant qu'aînés, laissons tomber le contrôle que nous avons dû exercer jusqu'alors pour assurer leur maturité. Soyons disponibles à répondre à leurs questions au sujet des circonstances existentielles. Acceptons qu’ils compostent nos conseils, qu’ils discernent ce qui leur convient et qu’ils ne conservent que les éléments nécessaires à la fertilité de leur réalité. Laissons-les libres de se tourner vers les autres personnes de la communauté qui sont parfois mieux habilitées à les orienter.

Encourageons-les à se déployer, à croire en leur capacité même si la direction choisie n’est pas défrichée. Reconnaissons leur autonomie. Ressentons le vent de renouveau qui nous caresse à leur contact. Apprécions leurs efforts pour trouver et actualiser leur mission. N’accourons pas à toutes les fois que nous percevons un moment de faiblesse chez eux. Percevons le potentiel d’apprentissage et de pouvoir dans ces épisodes de déséquilibre. Laissons-les s’extirper d’aventures difficiles. Incitons-les à identifier leurs besoins quand ils nous consultent. Offrons notre soutien temporaire s’ils le demandent.

Dansons avec ces nouveaux participants du monde des grands un pas de deux créatif et gracieux au cœur d’une communauté plus large. Échangeons. Partageons des moments de communion et de fête ! Retrouvons un sens à notre vie en dehors du fait d’être protecteur. Rangeons ce costume dans le placard des générations maintenant que ce rôle n’est plus le nôtre. Profitons d'une liberté plus grande, délestée de la responsabilité du devenir des enfants.

Rendons grâce au présent. Telle la naissance vécue comme première expérience humaine, nous sommes appelés au cours de l’existence à plusieurs mutations. La vie est matricielle. Les expériences d’accouchement à de nouvelles dimensions de nos êtres perdurent tout au long.

Vive la renaissance !

Renée Demers
reneedemers@covivia.com


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Volume 11, numéro 2 — Mercredi, 4 février 2015
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