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Le corps est en nous

Renée Demers

Le corps est en nous.

Le soleil m'inonde de sa joie exubérante. La chaleur m'enivre.

Alors que la fin de l'hiver m'avait rendue lasse, usée, agitée, quelque peu dépressive, voilà que ce printemps estival me revigore et me donne du « spring ». C'est fascinant d'assister à l'alchimie des saisons. Le soleil chauffant les éléments que sont l'air, l'eau, la terre et le feu alors que la nature était blanche, froide et endormie, la voilà qui change de forme, s'anime, se colore, chante et resplendit. Au-dehors comme au-dedans.

Le mouvement et l'interrelation sont l'essence du vivant.

L'état méditatif m'est à nouveau accessible dans cette métamorphose régénérante. Dévitalisée, j'y résistais. Je puise à nouveau aux enseignements de Nisargadatta dans son magnifique « Je suis ». C'est bon. Il affirme que contrairement à la croyance générale, nous ne sommes pas inclus dans notre corps, mais que la réalité est exactement le contraire : le corps est en nous. Il ajoute aussi que ce corps est dans le mental et tout cela en nous. Fascinante vision !

J'aime être bousculée de la sorte. C'est bon pour la morale !

Réfléchissant à cet énoncé, je réalise que j'ai déjà été initiée à cette connaissance dans les cours de Qi Gong. Mes professeures m'ont enseigné que mon énergie atteint les étoiles, les profondeurs de la terre et, à l'horizontale s'étend plus loin que mon regard peut porter. Elles m'ont montré à établir consciemment cette circulation par des respirations, des mouvements corporels et des intentions. À la fois étonnée et prête à l'aventure au début de ma pratique, je ressens maintenant ces extensions énergétiques. Mon terrain de jeu est beaucoup plus grand que les limites de mon corps physique. Ce dernier est en quelque sorte une « base de relais » individuelle et unique dans l'espace-temps.

La médecine psychosomatique a aussi comme prémisse que notre corps est transformé par notre mental, ses pensées et ses émotions.

Nisargadatta nous invite à vivre au présent en nous laissant porter par le flux du vivant et en observant. Il nous offre la clé « Je suis » pour ouvrir la porte de notre enfermement dans ce corps et ce mental.  Au moment venu quand toutes les épithètes qu'on y juxtapose auront fondu sous le feu de notre investigation : je suis le corps, je suis ceci, je suis cela, etc.  Il restera « Je suis », tout court. Ensuite, il ne le dit pas car il semble que les mots ne s'appliquent plus.

Fin de jour - plage de Nice
Photo Jakimages : Fin de jour - plage de Nice

Une des constatations que je tire de cette contemplation est ma propension à vivre au niveau du mental, m'identifiant à des situations et des états d'être temporaires que je prends pour éternels et absolus. Isolée dans ma cellule, hors du tout, telle une goutte d'eau dans la mer, je souffre et je vis de l'impuissance. J'adhère à cette illusion de séparation la majorité du temps.

Alors qu'aucune menace ne m'entoure, je me surprends encore et encore, engluée dans mon mental à ruminer des pensées anxiogènes sur le futur ou le passé. Mon mental a besoin de cette énergie pour se perpétuer. Il a tellement peur de mourir. Il croit entre autres, dur comme fer que le rejet est gage de survie. Il a adopté cette croyance dans mes premières années de vie.  L'amour se manifestait alors sous cette forme d'attention et les neurones miroirs ont accompli leur travail d'imitation dans mon équilibre psychique associant le rejet à ma perpétuation. Alors le mental s'emploie inlassablement à se sentir rejeté ou à repousser, croyant se préserver ainsi, mais produisant du coup beaucoup de souffrance.

La méditation permet ces prises de conscience. Ensuite, à la lumière de ces constatations, libérée de ces conditionnements ombrageux, un monde différent apparaît reflet de mon intériorité.

Nous sommes une majorité d'humains qui ne savent pas exprimer l'amour sans détour. Alors nous utilisons toutes sortes de stratagèmes pour le masquer, pudiques que nous sommes et inaccoutumés à sa bienveillance. Et nous rejetons, et nous critiquons et nous nous attristons, en nous reliant sans conscience et de façon tordue, et ce à notre propre insu. Toutes ces façons de porter attention à l'autre sont finalement des manifestations d'amour travesties. Nos ancêtres nous ont fait subir ce sort et nous le transmettons à notre tour, tout aussi inconscients. Aurons-nous le courage de changer ?

Une des façons de dissoudre l'envoûtement de ces états malheureux est de rester avec, sans intervenir, sans qualifier de bien ou de mal, de moins bien ou de meilleur. Dans le silence, laisser l'amour parvenir à maturité. Veiller, sa lampe allumée. Réceptive, patiente, aimante et confiante comme une femme enceinte heureuse de l'être.

Nous sommes des millions d'illusionnés sur la belle planète Terre à mener cette existence rebelle. À laisser ces vieilles pensées basées sur nos mémoires et nos connaissances perpétuer un état de fait souffrant. À se battre contre le courant de la vie. À oublier notre nature, notre reliance au tout. À donner trop d'importance à nos désirs. Peureux du vide. Avides de toujours plus, de connaissance, d'argent, de pouvoir, de territoire, de vertus, d'identités. Tellement occupés à engranger, à être insatisfaits, à se protéger, que nous échappons à l'innocente joie d'être. 

La Terre nous implore d'entrer en méditation. Son état actuel est le reflet du monde que nous projetons dans notre mental. Reformons le vivant en dégelant nos coeurs et en illuminant nos esprits.

J'aperçois parfois la lueur de cet infini lumineux dont nous entretient Nisargadatta dans son ouvrage. Quand je glisse soudainement dans le « je suis », dans la joie de la présence sans objet.

C'est suffisant pour avoir le goût de m'y consacrer.

Renée Demers
reneedemers@covivia.com


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Volume 11, numéro 9 — Mercredi, 13 mai 2015
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