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Passage à gai

Renée Demers

Passage à gai

Je traverse un espace de déprime. Comme on entre et on sort éventuellement d'un moment d'orage, en roulant sur l'autoroute. Ce que je viens d'accomplir abondamment dans les derniers jours. La différence c'est qu'en conduisant, il m'est évident que les nuages sont passagers. Au volant de mon bolide, il ne me vient pas à l'esprit que cela durera éternellement.

Diverses causes ont façonné cet épisode dépressif. La plupart m'échappent. Je peux cependant identifier que je m'en suis trop mise sur le dos. Comme on dit en bon québécois, j'ai ambitionné et puis j'ai erré. Alors je me réveille à plat, le cœur gros, un bouton de fièvre naissant au bord de la lèvre. Honteuse, le goût de me cacher et de devenir invisible. Avec l'envie de mourir, comme une porte de sortie…

Malgré toutes ces heures de méditation, cette vie quasiment parfaite, je ne suis pas encore une sainte ? Que voulez-vous ? Catherine Tekakwitha et Bernadette Soubirous ont baigné mon enfance et forgé mes aspirations adultes. La condition humaine et mon mental enfant-roi me tourmentent encore. L'humilité et la compassion bienveillante montent heureusement à ma rescousse dans ces épisodes de détresse.

Pourquoi ne pas profiter de cet égarement, de ce ciel gris, de cette ambiance déprimante pour goûter à ce qui est, sans a priori ? M'y laisser glisser, m'y tremper, pleurer sous la pluie et voir les nuages fondre. Le soleil luira à nouveau. Cela ne peut être autrement.

Il n'y a pas de faute. L'anxiété que suscite le malaise actuel est une sonnette d'alarme bienfaisante. Elle m'annonce que je suis dans le pétrin. Sa douleur m'indique un écart. De la même façon que le sang et la brûlure giclant d'une coupure me font lâcher le couteau qui me blesse accidentellement, je dois laisser tomber un schème de pensée.

Les relations intimes sont le théâtre de scènes dramatiques quand le stress apparaît dans le décor. Tant de moment d'amour et de mémoires y sont entrelacés. Les miroirs sont astiqués à un point tel que l'ombre ne trouve aucune place où se cacher. La lumière resplendissante projette sur l'écran de la vie les manques, les dépendances, la peur. Tous nos personnages intérieurs s'entrechoquent en mal d'attention. Dans la splendeur de l'amour, l'isolement révèle sa douleur et son évidente absurdité.

Mon esprit me suggère de décrocher. Des pensées guérisseuses s'expriment : « Prends de la distance. Relaxe, respire et demande-toi comment sortir de la prison du mental qui t'enferme en enfer. »

Malgré l'impression que cet état dépressif est mon lot et qu'il ne se terminera jamais, j'observe que par ailleurs des bouées de sauvetage sont apparues à l'unisson dans mon champ d'expérimentation : Oprah sur le web parle des détours sans conséquence que nous empruntons parfois sur fond d'éternité bienheureuse inaltérable. Jean Klein par la bouche d'une amie me suggère de regarder vers la lumière.

Si j'étais encore assise au volant de ma voiture et aveuglée par l'éclat du soleil, je sortirais mes lunettes fumées de leur étui. La méditation joue le même rôle pour la vision spirituelle. Elle permet de voir clair dans la lumière aveuglante des relations. Je m'en vais de ce pas observer cet état. Je vous reviens dans quelques minutes ou quelques heures pour la suite de cette escapade de conscience.

Semence
Semence, Danièle Laberge

Une longue plage de silence m'accueille dès que je ferme les yeux. L'attention à la respiration me sert de guide. Dans la lumière, je distingue la noirceur et la lourdeur émotionnelle du corps oppressé. Mon attachement aussi à cette identité. Du vide surgit le réconfortant lâcher-prise et du corps, un grand soupir. Le pardon pour toutes les instances impliquées s'en suit. L'innocence retrouvée. Une mise à niveau automatique d'amour pour toutes les personnes qui composent mon univers, incluant moi-même. Fascinante simultanéité. Des larmes spontanées. La grâce et la pesanteur.

Le désespoir s'estompe. Le silence se magnifie. La métamorphose s'opère. L'inspiration me ramène à moi. L'inspiration me plonge dans le grand tout. Je me détends. Je relaxe. La douleur a diminué son emprise. Le mental et sa mémoire aussi. Ici et maintenant tout est bien. 

Aucun malheur n'est permanent.
Aucun bonheur non plus.
Aucune heure ne « last forever ».
La présence, oui.
L'innocence, oui.
La lumière, oui.
L'amour aussi,
Il est éternel.

Renée Demers
reneedemers@covivia.com


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Volume 11, numéro 11 — Mercredi, 10 juin 2015
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