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Les aventures de Laurence - Une épine dans le flanc

Les aventures de Laurence

Une épine dans le flanc

En flattant Louve, Laurence perçut une brindille sous sa main. Inhabituel. Elle regarda de plus près le flanc de la chatte et constata la présence d’une aiguille. Elle essaya de tirer dessus tout doucement. Rien ne bougeait. Elle constata qu'une aiguille de porc-épic était plantée dans la chair. L'anxiété se souleva en elle. Elle ne savait pas comment enlever cela.

Laurence gardait les chattes d’une amie pour l’été. Leur présence était douce. Elle les aimait. Louve et Tigresse, urbaines depuis leur naissance, s’étaient vite habituées à leur demeure champêtre. Vite le matin elles sautaient dehors pour parcourir les hautes herbes et la forêt. Le soir, elles rentraient pour manger, se laver, être flattées et dormir. Elle voulait les ramener heureuses et en bonne forme à leur maîtresse, prenant cette responsabilité à cœur. Un peu trop en ce moment, réalisait-elle, car cela l’accablait.

Tout s’était bien déroulé jusque-là. Laurence n’avait pas pensé à cette éventualité. Elle avait entendu des histoires de chiens qui étaient revenus la gueule et le museau bardés d’aiguilles de porc-épic, mais jamais d'anecdotes du genre au sujet de chats. Pour éviter l'infection, il fallait absolument extirper cette aiguille retenue fermement par un hameçon. Elle ne se sentait pas capable de l’enlever. L’état d’urgence dura cinq minutes. La sensation d’être seule au monde aussi. Comme chaque fois qu’elle rencontrait un problème de santé. Pourtant tout avait toujours fini par se régler à ce jour dans sa vie, observa-t-elle judicieusement. Elle soupira et elle se détendit.

Elle se rassura en se rappelant ses préceptes de secours préférés : « Quand il y a un problème, c’est qu’il y a une solution ; s’il n’y a pas de solution, c’est qu’il n’y a pas de problème.  » Elle les utilisait depuis quelques temps comme des bouées de sauvetage. Elle s'y agrippa. Aurait-elle la confiance et la patience de laisser la solution émerger d'elle-même ... comme le chêne du gland ?

Elle décrivit les faits calmement dans sa tête. Elle avait brossé Louve vers 14 h. Tout alors était normal. Louve était sortie puis revenue vers 17 h. Donc elle avait frôlé un porc-épic à ce moment-là. Elle avait maintenant dans le flanc droit une aiguille. C’était récent. Celle-ci n’avait pu pénétrer trop profondément. Elle savait qu’elle devait la retirer, mais que cela exigeait une certaine dextérité pour ne pas blesser l’animal. Comment faire ?

Était-elle responsable ou fautive dans cette situation ? Non, cela arrivait. Point. Constat calmant. La maîtresse des chats comprendrait, peu importe. Cette réflexion souffla le dernier nuage d’anxiété qui squattait ses pensées. Maintenant quelle était la prochaine étape ? Relaxer et laisser celle-ci se manifester. Assister au cours des évènements, curieuse et vigilante ainsi que compatissante pour sa nature anxieuse. Oui de cela elle était maintenant capable.

C’était nouveau pour elle. Merci, chère méditation et tous ces enseignements spirituels puisés dans les livres ! Ceux-ci l’aidaient à prendre cette distance, à approcher la vie avec amour et calme. Du moins à essayer et à réaliser avec surprise que cela changeait tout. Les évènements se déroulaient avec plus d’harmonie sans ces croyances qu’elle était responsable de leur cours et que tout s'envenimerait. Dégagée, elle réfléchissait plus clairement, son ombre n’obscurcissant pas le miroir que la vie lui reflétait.

Chat
Photo : Danièle Laberge

La première idée qui s’éleva dans son esprit apaisé fut d’appeler une voisine qui connaissait les chats. Elle téléphona sur son cellulaire. Mathilde répondit de sa voix enjouée. Laurence expliqua son problème. Mathilde était désolée, elle avait quitté hier soir pour Montréal. Cependant, elle lui suggéra de se rendre chez elle, car Rose, une connaissance commune, y séjournait. Elle l’assura de sa grande capacité à soigner les animaux. Certainement qu’elle pourrait l’aider. Laurence la remercia et raccrocha. Elle s'y rendit sur-le-champ. Personne ne répondit quand elle sonna. Elle repartit bredouille, se promettant de revenir demain à la première heure.

Il restait l’option de se rendre chez le vétérinaire, pensa-t-elle. On était vendredi soir. Cela serait onéreux et en plus il fallait y transporter la chatte en automobile qui s'y opposerait, comme d'habitude. Elle n’avait vraiment pas le goût. Elle écarta cette action pour l’instant. « Si le problème n’est pas réglé lundi matin, en désespoir de cause, je m’y rendrai  », conclut-elle gravement à haute voix. Son sens du drame alluma un sourire sur son visage. Rire avec tendresse d’elle-même lui fit du bien. Aimer était bon.

Sur le chemin du retour, une information remonta à la surface de son cerveau. Silicea en homéo avait la capacité de retirer des tissus des objets étrangers. Intéressante mémoire ! Dès qu’elle fut rentrée, elle ouvrit la bibliothèque pour vérifier dans ses livres d’homéo cette information. Effectivement, Silicea était approprié. Elle dilua quelques granules dans le bol d’eau des chats ainsi que dans du lait. Louve toute contente du luxe rarissime d’une tasse de lait, s’empressa de s’en délecter. Opération réussie ! En plus, elle en boirait pour le reste de la journée et de la nuit dans l’eau.

Laurence était plus tranquille. Cette action donnerait certainement des résultats. Elle verrait comment se comportait cette fameuse aiguille. Demain, elle retournerait chez la voisine.

Alors qu’elle s’apprêtait à s’envelopper des ténèbres bienfaiteurs de la nuit, quelques coups retentirent à la porte. Elle ouvrit. Rose était sur le seuil, sourire aux lèvres. Elle s’excusa d’arriver si tard. Mathilde lui avait téléphoné et elle venait aider. Elle avait plusieurs fois extirpé des aiguilles de porc-épic. Cela ne l’effrayait pas du tout, mais c’était mieux d’opérer le plus tôt possible. Elle demanda des pinces à sourcils et de l’alcool à friction. N’en possédant pas, Laurence s’enquit auprès de la voisine de palier, Marcelle, qui offrit de plus son assistance.

Laurence remercia la vie dans son for intérieur. Tout s’arrangeait. Rose procéda et en plus, Marcelle l'assista. Tel un ressort, Louve soulagée de la fameuse épine s’empressa de quitter les bras qui desserraient leur étreinte. L’aiguille était sortie aisément. Rose s’attendait à plus de résistance. Laurence expliqua que sans doute Silicea avait commencé l’action de dégagement.

Les trois voisines s’assirent sur le tapis, contentes de la tournure des évènements. Elles en profitèrent pour faire plus ample connaissance. Des rires secouèrent l’ambiance feutrée de cette fin de soirée qui quelques minutes plus tôt s’annonçait solitaire pour chacune d’entre elles. Elles se donnèrent rendez-vous pour un souper chez Marcelle dans deux jours. La vie était inattendue et bonne. En partant, Rose et Marcelle remercièrent Louve qui avait permis ce moment chaleureux improbable.

Laurence flatta Louve une dernière fois. Elle médita quelques minutes puis elle se coucha, heureuse, détendue et empreinte d’un sentiment de gratitude. « Que la vie coule d’elle-même quand je m’enlève du chemin… » fut sa dernière pensée avant que le sommeil ne l’emporte.

Renée Demers
reneedemers@covivia.com


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Volume 11, numéro 12 — Mercredi, 26 août 2015
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