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Souffrir ou aimer

Renée Demers

Souffrir ou aimer

J’étais en compagnie d’amis quand l’un d’entre eux m’adressa la parole intensément dans le but de me convaincre du bien-fondé de son opinion. Ce qui était pour cette personne peut-être engouement ou passion fut perçu par moi comme agressivité. Je devins sur le coup mal à l’aise. En m’observant, alors que l’autre parlait, j’identifiai un état d’anxiété en moi. Je pris le temps d’accueillir cette tension en me promettant de regarder cela plus tard dans un espace méditatif.

La méditation me permet de prendre conscience des multiples couches de ce qui est, de la réalité, de mes projections, de l’entourage. Je vois. J’observe avec bienveillance et curiosité. Je suis responsable de mes réactions. Je peux arrêter la chaine de transmission inconsciente et déposer la patate chaude de l’émotion devant moi plutôt que de la refiler à l’autre. J’arrive à le faire plus souvent qu’auparavant grâce à la clarté desprit que me procure le silence et l’immobilité.

Plus tard au cours de cette journée, j’ai pris le temps de revenir à cet état anxieux. J’ai validé le fait que je suis apeurée quand une personne autour de moi s’exprime avec véhémence. Je me suis remise en contexte en me demandant : « qui est anxieuse dans cette situation ? »  Moi, bien évidemment est la première réponse. Je me suis posé une deuxième question. « C’est qui ça moi ? »  Intéressante investigation.  Elle découle de l’enseignement de Ramana Maharshi qui propose d’utiliser ainsi le « Qui suis-je ? ». Après enquête intérieure approfondie dans une présence attentionnée, après des dizaines de Qui est ?, après des manifestions émotives, des mémoires ravivées, une constatation s’est imposée dans mon intellect : ce n’est pas parce que quelqu’un est agressif autour de moi que je suis agressée; si tel est le cas, je suis en mesure de me protéger.

Soupir de soulagement! La souffrance s’est dissipée, l'amour est monté. Pour tout.

Le mental jette un éclairage partitulier sur notre monde. Il peut nous fourvoyer ou nous illuminer. Il est essentiel d'élever sa lanterne pour qu'elle éclaire à une plus grande distance et nous permette ainsi de distinguer les illusions des formes réelles.

Le lendemain, dans une lettre accompagnant une souscription à Covivia, une lectrice me suggéra un ouvrage paru en 2014 inspiré de l’enseignement de Swami Prajnanpad: Souffrir ou aimer de Christophe Massin aux éditions Odile Jacob. Wow! Ces mots décrivent tellement bien ce processus d'intégration. Je me promets de le consulter.

Le monde est un reflet de notre intériorité. La difficulté est de voir réellement. Le voile des scénarios passés dont on recouvre le présent est si personnel et subtil qu’il est quasiment invisible à nos yeux. C’est ce qui rend l’aventure intérieure complexe, mais passionnante.

Ne lâchons pas!

Le bébé, l'arbre et elle-lui

Ils étaient confortablement installés dans l’arbre quand je débouchai dans la clairière. Autour d'eux, des oiseaux joyeux virevoltaient et chantaient. Des sons aigus et des cascades de battements d’ailes tambourinèrent dans mes oreilles. La terre dégageait une odeur d'humus frais. Les rayons du soleil pénétraient la forêt. Réceptive, elle se réjouissait.

L’arbre était majestueux. Tel un phallus vers le ciel. Le nouveau-né était déposé dans un des plis de sa base texturée à souhait. Nu sur ses langes. Lové. Autour de lui, des feuilles sèches s’accrochaient au présent. Une femme ou peut-être un homme étendu sur le tronc lui tendait la main. Une gaze diaphane couvrait avec grâce cet hermaphrodite. Ses cheveux blonds couvraient ses épaules. Elle-il était magnifique. Énigmatique. Intemporel et pur. Tout autour, de jeunes pousses vertes lançaient des étincelles de lumière.

La scène était surprenante et innattendue. Le mystère y étendait son voile translucide. L’esthétisme basculait mes a priori, ouvrait les frontières de mon mental. Saint-François-d'Assise ressuscité? La beauté m'éclatait. Tel le printemps dans la forêt bourgeonnant. La tendresse était généreuse. La vitalité palpable. La modernité scintillante. La sexualité sublimée. L'art agissant. 

Attirée malgré moi, je restai longtemps à contempler. D'abord hésitante, puis enthousiaste, lentement, j'englobai l'énergie. L'androgynie des personnages me faisait écho. La femme mûre se reconnaissait.

Je regagnai la forêt poursuivant mon chemin automnal.

Remerciant Gaia de mettre à ma disposition cette Terre, le talent de ses artistes et cette Renaissance revisitée.

La renaissance de Gaia

Photo : Claude CharleboisLa renaissance de Gaia  - Achat: tonalvisions@charlebois.ca

Renée Demers
reneedemers@covivia.com


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Volume 11, numéro 16 — Mercredi, 21 octobre 2015
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