Acupuncture Addiction Agriculture Alimentation Alzheimer Amérindien Anarchisme Anatomie Animaux Anthroposophie Apiculture Approche craniosacrée Approches aquatiques Arboriculture Arbre Aromathérapie Art Arthrose Artisanat Astrologie Ayurveda Botanique Bouddhisme Cabane à sucre Calendrier Cerveau Chamanisme Channeling Chant Christianisme Coaching Collectivité Communication Constellations familiales Couleur Créativité Cuisine Danse Dentisterie Eau Écologie Économie Éducation Éducation somatique Électromagnétisme Énergétique Energétique chinoise Enfants Ennéagramme Ésotérisme Famille Faune Femme Fleurs de Bach Forêt Genre Géobiologie Guérison Habitat Hakomi Herboristerie Histoire Homéopathie Horticulture Huiles essentielles Intention Jardinage Jeûne Jung Kabbale Leadership Lithothérapie Mantra Marche Massothérapie Maternité Méditation Médiumnité Microbiote Mort Mouvement Musique Mycothérapie Naissance Nature Naturopathie Neuroscience Numérologie Nutrition Ornithologie Ostéopathie Parkinson Permaculture Phamacopée Philosophie Photos Physique quantique Phytothérapie Pleine conscience Poésie Pollution Portraits Psychologie Qi Gong Reiki Restos végés Rites Rituel Rolfing Santé Science Semencier Sexualité Shiatsu Société Soin Corporel Son et vibration Soufisme Spiritualité Symbolisme Taoisme Tarot Tourisme vert Transport Vaccins Vieillir Vitamine Yeux Yoga Yoga Derviche Zen
  Imprimer Imprimer

La parabole des besoins

Renée Demers

La parabole des besoins

Je ressens envers une personne chère un agacement soudain. Son assurance, son franc-parler, sa personnalité expansive m’irritent. Sa capacité à exprimer des exigences hérisse mes crochets défensifs. Je suis confuse. Mon être balance entre l’affection que je lui porte et les jugements qui s’installent dans mon mental. Il me tape sur les nerfs. Je deviens tantôt abattue, tantôt chargée de colère.

Pourtant ces caractéristiques ont toujours été présentes chez cet ami à ma connaissance. Une épreuve avait relégué au second plan ces dispositions. C’est là que nous nous sommes rapprochés. Je l’ai accompagné sur ce bout de route accidentée alors qu’il était vulnérable. Notre relation a gagné en intimité. Maintenant qu’il a retrouvé toutes ses forces, qu’il chemine dans la plaine, son allure reprend ses aises. Devant cet éclat d’assurance, je me glisse dans sa pénombre. Une gêne s’installe dans mes gestes et un malaise dans mon esprit.

J’observe ce désagrément qui persiste en moi quand je suis en contact avec lui. Je lui laisse prendre de la place à mon détriment. Je n'existe plus. Je m’éteins et je me tais. Je grommelle intérieurement. Le trouble m’envahit. En prenant du recul, en contemplant la situation avec bonté, je me détends. Il n’y a aucun danger. Je me rassure. L’anxiété peut s’estomper. Le stress et ses hormones sauve-qui-peut ne sont pas utiles.

Réalisant consciemment mon indisposition, j'opte pour l’action pacifique. J’observe patiemment. J’enquête. Qu’est-ce qui me heurte dans cet épisode relationnel ? Je suis à l’écoute des manifestations physiques et émotionnelles. Je laisse aussi le silence apaiser ma quête . Après un temps de présence et de débroussaillage, je réalise que j’ai le goût d’être influente, fière et d’arrêter de me draper sous un voile d’invisibilité. C’est ce qui se reflète dans mon mental en compagnie de ce compagnon. Je le vois tout à coup comme un modèle stimulant et non plus comme une menace à mon bien-être.

Depuis aussi longtemps que je me rappelle, montrer mon pouvoir m’apeure par crainte de représailles. Ce qui me rend ma conduite gauche et inappropriée quand je suis placée dans une situation où mon expertise est valable. Si une personne de mon entourage prend une attitude confiante, mon conditionnement mental assume d'emblée le rôle du dominé. Je fuis, je m'efface. Si la frustration est trop grande, je me révolte. Après coup, je recouvre le tout de honte et d'amnésie.

La méditation, la présence à ce qui est, l'intention, l’amour et la bienveillance créent un nouvel environnement. Sans victime, son pendant le persécuteur s’évanouit comme le brouillard sur la rivière au lever du jour. L’illusion était complète. Cette position d'impuissance a longtemps constitué une armure protectrice. Maintenant elle est devenue une entrave.

Devant l’émotion de peur et de colère qui se soulève alors que nous échangeons sur un enjeu commun, je reste interdite comme par le passé dans des situations similaires. Pourtant dans le contexte actuel, l’amour que me porte cet être est un levier de changement extraordinaire.

Quelle est cette bouée qui me permettrait de regagner la rive du lac émotionnel ? Comment ferais-je reculer les eaux envahissantes ressurgies du passé? Comment voir clair ?  En focalisant sur l'insatisfaction et en identifiant la nécessité sous-jacente méprisée. Cela m’apparaît dans un éclair de lucidité. La question à me poser quand je ressens un malaise dans mes relations est la suivante : quels sont mes besoins ? Mes besoins sont légitimes. Il m’indique l’action juste, ce qui doit être soigné. Le défi est d’arriver à reconnaître et cerner ces besoins, à réaliser leur nécessité et leur validité. Ensuite, j’arriverai à les formuler et à les exprimer de façon juste, respectueuse et aimante. Je serai patiente et bonne à mon égard dans cette nouvelle attitude et je me pardonnerai la gaucherie du débutant.

Fireworks
Photo: M.D. Demers-King - Fireworks

Mes besoins ont besoin d’être satisfaits. Ils sont honorables.

Dans cette relation amicale, j’ai besoin de me montrer d’être telle que je suis. Je peux m'extérioriser, apporter mes idées, échanger, expliquer mon désaccord, participer à la conversation ouvertement avec assurance. Je peux être expansive au grand jour.

Du coup, cette révélation m’illumine et me nourrit profondément. Mes besoins sont légitimes !

Un souvenir d'enfance remonte à la surface. Quand j’étais petite, on employait l’expression faire ses besoins pour uriner et déféquer. La période d’entraînement à la toilette a constitué un passage stressant. Les adultes autour de moi utilisaient la honte, la peur et l’humiliation comme outils éducatifs. Mettons cela sur le compte de l’ignorance. On avait fait pareil pour eux et ils n’avaient pas remis en question ces comportements. J’agis de la sorte avec moi-même à ce jour et  sans doute avec les autres inconsciemment aussi... Vivement, pardonnons-nous !

J’ai besoin de réhabiliter mes besoins, de les aimer, de les chérir. Ils sont bons. Quel trésor que sont ces derniers ! Ils sont des indicateurs de juste conduite et de santé.

L’ami est un miroir. Ce que je vois dans le malaise relationnel est mon propre manque d’assurance. J’ai enfoui mon autorité naturelle il y a longtemps au fond de mon être bien qu'elle agisse malgré moi. J’ai été élevée pour un petit pain… Je peux maintenant arroser la semence de la fierté en compagnie de cet ami. Il est un bon tuteur.

En ne respectant pas mes besoins, en ne reconnaissant pas ma beauté singulière, en cachant ma puissance créatrice, en me suradaptant, j’appauvris le monde. Je le prive de ma spécificité. Je manque de courage et de générosité. La vie est moins belle sans le don de soi. L’amour pour soi est l’amour tout court !

Qu'enfin j'aime!

Avec mon acquiescement à être ici et maintenant du côté de la lumière, l’éclairage dévoile la nature fantomatique des démons qui veillaient depuis longtemps au statu quo. Ils s’évanouissent.

L’ami et moi sommes unis. Le duel est annulé. La séparation est dans ma tête. 

La joie se répand. Elle assèche l’étang émotionnel et la mélancolie des poumons. Le foie évacue sa bile.

La vitalité et sa créativité bienheureuse s'épanouissent.

Renée Demers
reneedemers@covivia.com

P.S. Vous appréciez un des articles de Covivia ? Contribuez ici: faites un don ou souscrivez à un abonnement annuel. 


Accueil
  Flèche gauche
Volume 12, numéro 7 — Mercredi, 13 avril 2016
Flèche droite  
 

POUR RECEVOIR LE WEBZINE