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Le Diable, quinzième Arcane du Tarot

Le Diable, quinzième Arcane du Tarot

Le Diable est le quinzième arcane du Tarot. Déjà le nombre qui lui est attribué est reflété dans les trois personnages qui s’y trouvent. Trois fois cinq. X pour les deux êtres moitié-humains moitié-animaux et V pour le Diable. Symbole de dualité, l’arcane du Diable montre les deux faces de cette force : création et créativité ou enfermement et tyrannie. Cinq est un chiffre de risque. Il annonce que nous arrivons à une étape d’émancipation ou d’enfermement.

Alors que les anciennes religions égyptiennes et grecques comptaient parmi leurs dieux des êtres fabuleux possédant des caractéristiques humaines et animales, la religion catholique a diabolisé l’énergie sexuelle et animale au Moyen Âge. Le chamanisme utilise les caractéristiques animales dans ses rituels encore de nos jours.

C’est une carte étrange. Le Diable est debout sur un piédestal de couleur jaune. D’emblée, il domine le soleil, astre rond et lumineux. Le soleil est sous ses pieds. Sa force et sa chaleur sont reflétées dans ses ailes. Doté d’une énergie extraordinaire, le Diable représente l’énergie sexuelle et vitale. C’est grâce à elle, son désir et son magnétisme, que la vie se perpétue sur la Terre et que le bébé enroule l’énergie et l’attention reçue autour de lui pour former sa personnalité. Cet égoïsme est salutaire. Une fois adulte, il doit entreprendre le chemin inverse, celui de l'ouverture et du don de soi. L'égoïsme est le royaume du diable. Chez l'humain mature, il favorise la séparation et l'isolement.

Il possède deux cornes rappelant les trompes de Fallope qui intensifient le caractère sexuel de cet arcane. C’est l’arcane du désir qui nous fortifie ou nous mène à notre perte. Le Diable est décidé, persévérant voire entêté. Le désir possède la force nécessaire pour se rendre à son but. Il peut aussi nous aveugler comme la lumière blanche en fond arrière. Ses yeux louchent ce qui est associé dans le langage et le symbolisme à la convoitise et à la clandestinité. Deux autres paires d’yeux sont dessinées sur son corps. Ses sens sont exacerbés. Ils demandent à être comblés et ils sont insatiables comme le montrent ses deux langues ainsi que son pénis à la pointe rouge. L’expression de son visage est rieuse. Personnage ambigu, le Diable possède de l’humour et il est toujours prêt pour danser.

Une bordure rouge surmonte ses ailes, souligne ses seins et ses hanches, colore la flamme de la torche et la base du piédestal pour finalement encercler la tête des personnages. Tout est force et énergie sur cet arcane. Le désir possède la vitalité nécessaire à la concrétisation des idées. De la lumière de l’intelligence à la formation dans la matière, il arrive à ses fins. Il permet la création de l’enfant ainsi que l’achèvement de l’œuvre artistique. Il est puissance et créativité.

La langue bleue sur son ventre et son pénis identique dans sa forme nous indiquent que nous avons à composer avec la libido : force du désir, de la santé et de la joie de vivre. Si on la refuse, elle nous rend faibles ou cruels. Si l’on en abuse, elle nous enchaîne à son ivresse. La sexualité est saine et génère une vie terrestre aimante et harmonieuse. Cependant, l’humain aliéné de ses apports bénéfiques est depuis toujours manipulé par les gens avides de puissance qu’ils soient religieux, publicistes, dictateurs ou dépravés.

Les deux personnages moitié-humains moitié-animaux sont attachés au socle. Ils ont la corde au cou. Ils sont aussi cornus, mais leurs excroissances pourraient être végétales. Avec la mer à l’arrière prenant la forme d’une bande bleue striée de lignes noires, l’évolution de la vie sur Terre semble schématisée ici. D’éléments marins, puis végétaux, notre corps physique a évolué jusqu’à la forme animale. Nous sommes de petits mammifères à la naissance. La présence des humains nous élève à notre nature humaine. La compagnie des sages à notre dimension spirituelle. Cela viendra après que nous ayons apprivoisé notre nature diabolique. Les êtres fabuleux ont de grandes oreilles insistant une fois de plus sur notre nature sensuelle et la nécessité de l’acuité des sens pour la survie. L’un semble mâle, l’autre femelle nous rappelant la nature duelle de l’existence terrestre. Leurs pieds ornés de plusieurs orteils, identiques à ceux griffés du Diable, sont englués dans la noirceur de la boue et de l’inconscience fertiles. Les cordes symbolisent les attachements et les dépendances qui dictent notre conduite malgré notre intelligence et notre connaissance.

Le DiableLe chemin spirituel arrive à une phase où il illumine nos moteurs d’actions. Il est temps de prendre conscience de notre nature animale ainsi que de remercier pour l’instinct et la vitalité. Ce corps physique est nécessaire à l’existence terrestre. À nous d’en prendre soin. Le Diable peut indiquer la maladie. Quand les forces inconscientes agissent et somatisent, alors la maladie survient. Le Diable avec sa langue pendante mange trop, boit trop, copule trop, dort peu. Il est avide et gourmand. Le Diable laissé à lui-même ne ménage pas notre monture et notre corps tombe malade. Il représente alors la chute.

L’ambition et la prospérité sont des dimensions positives de la vie quand on connaît le contentement. Pour qui n’arrive pas à se satisfaire de ce qu’il a, le mécontentement mène à une existence anxieuse. L’avarice et la cruauté, qualités diaboliques, se nourrissent au début d’insatisfaction avant de devenir des dépendances dangereuses.

L’énergie diabolique inconsciente nourrit sa vitalité des relations de dépendance que nous entretenons avec l’argent, la drogue, le sexe, le travail, le pouvoir, les écrans, etc.  Même la méditation et la rectitude religieuse peuvent devenir une dépendance. La puissance que nous acquérons quand nous exerçons nos talents et nos aptitudes peuvent nous amener à nous substituer à Dieu dans notre relation au monde. Le Diable est le grand tentateur, celui que Jésus a rencontré au sortir de son jeûne. Il est aux aguets, testant notre bonté et notre sincérité. Il n’aime pas l’humilité.

Le Diable rend visibles nos chaînes. Est-ce que nous voulons perpétuer cet état enchaîné ou désirons-nous une réelle libération ? Le désir nous propulse vers de nouvelles réalités et il est un élément positif du changement. Même la transcendance a besoin d’être fortement désirée pour nous accueillir sur le seuil spirituel. Cependant nous avons toujours le choix et c'est à nous de résister au tentateur.

Le Diable représente parfois une étape de vie dépressive où nos pieds sont englués dans la noirceur. Totalement aveuglés par les circonstances extérieures qui nous coupent la vue, nous sommes restreints à la dimension horizontale de la vie, nous sommes pauvres spirituellement. Nous manquons de perspective et d’humour devant les épreuves.

Le feu engendré par le frottement de deux éléments est essentiel à la vie sur la Terre. La dualité apporte une tension créatrice et stimulante. On peut s’en servir pour concevoir un enfant, pour créer une œuvre artistique, pour se soigner, pour retrouver l’unité et aussi pour atteindre l’illumination. C’est une puissance vitale et joyeuse. Elle demande à être approchée avec soin, dans l’acceptation, la lumière et la conscience. Chevauchons dans la joie et l’amour notre monture sauvage et instinctive et nous possédons alors la force fertile de la santé, du désir et de la sexualité.

Quand la force sexuelle créatrice est laissée dans les mains du Diable, elle se tapit dans le noir de notre inconscience comme les pieds des petits êtres. Le Diable laissé à lui-même encourage la dualité et la séparation. Il nous éloigne de l’unité et de la communion avec le grand tout. Le Diable lâché lousse devient un tyran et il utilise la honte ou encore l’excitation du mental pour nous soumettre. Dans ces circonstances, il est symbole de contre-inspiration et engendre la dépression.

Malgré tous les bienfaits de joie, d’extase, de communion et d’apaisement que l’activité sexuelle apporte à l’âge adulte, le corps vieillissant voit sa libido diminuée. Le vieillard est invité à transmuter cette force. Il quitte tranquillement l’attraction terrestre et sa vitalité. En dirigeant ses énergies vers la spiritualité et le ciel, l’extase à laquelle il a accédé dans la jouissance sexuelle lui sert de tremplin pour s’unir au divin et à sa félicité.

Le Diable est le prince de la matière et le roi de la dualité. Il est passionné, joyeux, sexuel et puissant. Arrivé à cette épreuve, après avoir développé un corps et une personnalité adulte, l’être humain est invité à devenir maître de sa sensualité, de sa sexualité et à mettre cette puissance au service de la créativité et de l’unité avec tous. Son corps bleu nous indique la nécessité de spiritualiser la matière et d’honorer la vie.

Renée Demers
reneedemers@covivia.com

Bibliographie:

Dictionnaire des symboles, Jean Chevalier, Éditions Robert Laffont, 1982
Méditations sur les 22 arcanes du Tarot, Anonyme, Éditions Aubier, 1980
La voie du tarot, Alexandro Jodorowsky, Éditions Albin Michel, 2004
La maîtrise du Tarot de Marseille, Claude Darche, Éditions du Rocher, 1998
Le tarot des imagiers du Moyen Âge, Oswald Wirth, Éditions Tchou, 1984
The Tarot Handbook, Angeles Arrien, Putnam Publishers, 1997


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Volume 12, numéro 13 — Mercredi, 7 septembre 2016
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