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Médecine et poison

Renée Demers

Médecine et poison

Le processus de guérison demeure un mystère. Malgré toutes les avancées de la médecine actuelle, ce qui promeut le retour à la santé ne peut se résumer sur les cinq doigts de la main. Il n’est pas question ici de robotique ou de mécanique. Il s’agit de rétablir l’harmonie dans un être humain multidimensionnel au sein d’un environnement personnel, familial, social et planétaire. Deux patientes ayant un cancer du sein évalué à un stade égal et subissant les mêmes traitements auront des destins différents. L’une basculera dans une existence métamorphosée et l’autre dans la mort.

La guérison de syndromes morbides demande à l’individu atteint de s’allier une équipe soignante. Ensemble, ils induiront des changements dans ses conditions de vie pour chasser les agents qui causent le désordre. Ceux-ci sont d’ordres physique, émotionnel, psychique, environnemental, social et spirituel. Le patient devra créer un nouvel équilibre pour que son existence terrestre se perpétue. Cependant, on ne peut exiger d’un thérapeute qu’il possède une expertise dans toutes les disciplines. C’est pourquoi s’entourer de plusieurs spécialistes est essentiel. Coordonner leurs actions est le rôle du bénéficiaire.

Faire appel à une équipe médicale pour nous aider à guérir nous demande deux qualités : la vigilance et l’abandon. La responsabilité de prendre en main sa santé appartient au malade ou à ses proches dans le cas d’incapacité. Les thérapeutes proposent des solutions et soutiennent le patient dans son processus de guérison. Le malade est celui qui décide si le protocole d’intervention lui convient. S’il est lucide et mature, il est en mesure de juger ce qui est bon pour lui après avoir reçu une explication des pratiques envisagées. Les soignants doivent fournir au patient les avantages et les inconvénients des traitements et y accorder le temps nécessaire. Pour que ce dernier prenne une décision éclairée. Bien informé, il pourra s’abandonner. Cela est essentiel à la relation thérapeutique. Car être un patient est paradoxal. Il faut à la fois être vigilant tout au long du processus pour s’assurer de la pertinence et de la réussite des traitements et aussi s’abandonner entre les mains de ceux qui les administrent. Cette confiance crée une ambiance propice dans la psyché pour que des processus sains s’activent dans notre corps. Le bénéficiaire se retrouve dans un équilibre fragile alors qu’il est dans un état affaibli. Cela est exigeant.

Les sciences de la santé chinoise, ayurvédique, homéopathique, chamanique et allopathique emploient parfois des poisons sous différentes formes pour soigner certaines affections ou pour déclencher des états d’esprit particuliers. La chimiothérapie utilisée en oncologie est de cet ordre. La difficulté quand on use de ces substances toxiques est de bien gérer la dose administrée et d’atténuer les effets secondaires de sorte que le but soit atteint sans trop de séquelles pour l’être dans son entier. Par exemple, l'oncologue ne se préoccupe pas de l'état du foie durant et après le traitement. Les médecines complémentaires telles la naturopathie, l’acupuncture, l’ostéopathie, l’herboristerie, la massothérapie, etc. sont extrêmement utiles pour atténuer leurs répercussions néfastes sur l’ensemble du corps ainsi que pour prévenir une récidive. Elles proposent une excellente médecine préventive et de maintien de la santé. Elles favorisent la qualité de vie.

Opposer les médecines entre elles est une erreur. C’est favoriser la guerre plutôt que la paix. Les composantes de notre réalité ont une fonction bienfaitrice quand elles s’harmonisent. 

Le choix d’avoir recours à la chimiothérapie pour éliminer les tumeurs cancéreuses est onéreux pour l’état québécois qui paie les coûts des traitements et ce traitement est risqué pour le patient. Cependant dans certains cancers cette thérapie apporte la guérison. Il est important de prendre le temps de juger de la situation. Avec l’équipe médicale incluant les praticiens en médecine complémentaire, évaluer les bienfaits, les effets secondaires, les coûts, les conséquences à plus long terme, les répercussions écologiques et sociales, la santé globale du patient, etc. Est-ce qu’il existe des interventions moins agressives qui ont fait leurs preuves ? Dans quel état seront vécus les mois supplémentaires de survie que la chimiothérapie accordera ? Est-ce que la société peut et doit payer les coûts astronomiques de certaines thérapies pour permettre par exemple à une nonagénaire cancéreuse une plus grande longévité ? Il n’y a pas de solutions prescrites à l’avance. Chaque situation est unique et demande une évaluation à la lumière de tous les éléments qui la composent.

J’ai moi-même reçu une chimiothérapie et son apport combiné à d’autres traitements primordiaux a mené à la disparition des tumeurs cancéreuses dans mon organisme. Plusieurs intervenants dans différentes disciplines ont joint leurs forces et tous étaient au courant qu’ils oeuvraient de concert avec d’autres spécialistes. Les soins dont j’ai profité à l’hôpital Royal Victoria ont été excellents. Accompagnée d’amis thérapeutes lors de mes rendez-vous, j’ai posé des questions et reçu des réponses. Le personnel hospitalier m’a traitée avec égards, respect et tact. À chacune des étapes, nous avons décidé de la marche à suivre. Une de mes proches atteinte elle aussi d’un cancer en a décidé autrement et a refusé la chimiothérapie dans sa convalescence. Elle s’en est remise sans cette contribution. Une des dynamiques excitantes de l’expérience humaine est qu’il n’y a pas de scénarios écrits d’avance et que chaque moment de vie est unique. Alors une action qui est bonne pour l’un ne l’est pas nécessairement pour l’autre et de plus, une démarche qui s’est avérée justifiée dans le passé peut ne pas être adéquate pour la situation présente. Être présent, à l’écoute, questionner, oser fréquenter de nouvelles avenues est un gage de vie sensée.

Hall hôpital St-Roch
Photo Jacqueline Martin : Le hall de l'hôpital St-Roch à Nice en France

Nous bénéficions au Québec d’un système de santé universel. C’est un privilège. Cependant comme tout état de fait, cela a aussi des désavantages. Le système médical québécois est régi par un monopole, le Collège des médecins. Dans le but de protéger le public ainsi que ses membres, cette association professionnelle met de l’avant une vision conservatrice et paternaliste. Il soutient presque exclusivement la médecine allopathique. Aussi comme nous ne payons pas pour les services que nous recevons, comme nous n’en connaissons pas les coûts réels, nous ne pouvons pas évaluer à une échelle personnelle et sociale les répercussions de nos choix en santé. Les autorités médicales et politiques décident des orientations et des pratiques. Cela selon les valeurs qu’elles préconisent.

Chez nos voisins américains, la naturopathie et la phytothérapie sont enseignées dans certaines universités. L'esprit anglo-saxon tolérant et moderne permet ces avancées dans la médecine occidentale. Elles ont aussi pu se développer de façon plus soutenue dans les dernières décennies grâce aux pressions du public qui les utilise abondamment. Comme les frais d’hospitalisation et les opérations ne sont pas remboursés par l’état, il est coûteux pour les individus de s’offrir des services hospitaliers. Cet état de fait a permis aux médecines complémentaires qui offrent des traitements efficaces à moindre coût pour certaines maladies de s’implanter dans la société. La pression publique a poussé les médecins à reconnaître l’expertise des acupuncteurs, naturopathes, herboristes, etc. Avec les années, une collaboration s’est installée entre les praticiens des médecines allopathique et holistique. Des liens se sont tissés. On appelle cette médecine évolutive, médecine intégrative. 

Sur le plancher des vaches, le premier conseil que je donnerais à tout malade est le repos. Avec l’essor de la pharmacopée et le rythme effréné de la vie actuelle, on oublie cet apport absolument nécessaire à un rétablissement que ce soit dans les cas de grippe ou de leucémie. Reposez votre corps, votre cœur et votre esprit. Coupez le bruit, arrêtez les tourments, calmez vos émotions, éteignez les écrans et les radios quelques heures par jour, absorbez moins de substance excitante, étendez-vous, abandonnez-vous, entourez-vous de beauté, respirez de l’air frais, mangez bien et dormez. Pendant que vous vous reposez, réservez-vous des moments pour réfléchir sur votre situation. Méditez sur votre état et prenez des décisions sur les actions à entreprendre pour rétablir l’harmonie dans votre conscience et votre existence.

Je donnerais une autre recommandation pour favoriser un retour à la santé : essayez la gratitude. Remerciements aux amis et aux membres de la famille qui nous soutiennent dans ces épisodes cruciaux. Reconnaissance pour les soignants, leurs cures et leur compassion. Humilité devant cette situation qui permet un arrêt et un mouvement introspectif bénéfique. Appréciation de la brèche que la morbidité creuse dans notre organisme d’où une lumière plus abondante jaillit. Bénédiction pour la renaissance et l’élargissement de la conscience que l’expérience de la maladie entraîne. Merci pour la vie !

Et parfois aussi dans des affections graves, gratitude pour la mort, ce long repos, qui accueille la personne épuisée et la propulse ailleurs…

Renée Demers
reneedemers@covivia.com

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Je suis guérie

Pour en savoir plus sur la médecine intégrative aux États-Unis :
The evolution of integrative medical education: the influence of the University of Arizona Center for Integrative Medicine.
The challenges in founding Bastyr University


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Volume 12, numéro 16 — Mercredi, 19 octobre 2016
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