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Américaine ou orientale, la spiritualité ?

Renée Demers - Penser pour panser

Américaine ou orientale, la spiritualité ?

Deux grandes tendances spirituelles m'influencent depuis ma jeune vingtaine.  Les visions américaine et orientale. Elles proposent des philosophies différentes de la liberté. 

La spiritualité américaine met de l’avant la volonté de réussir. Je suis libre, je peux choisir ma destinée. En terre d’Amérique, de la même façon qu’un individu peut à force d’ambition, de volonté et de travail passer du statut de fils d’ouvrier à président des États-Unis ou milliardaire, je peux être illuminée. En utilisant la prière, la pensée positive, l’assistance de Dieu, la respiration, les ondes thêta, etc., je peux créer ma vie, me guérir et être en contact avec les dieux. Les autres personnes sont accessoires et l’environnement est secondaire. Cette philosophie m’a aidée pour me sortir d’ornières psychologiques creusées dans l’infériorité, la soumission au groupe d'appartenance et l’aliénation. Cependant ce schème de pensée a ses limites. Qui suis-je pour savoir ce qui est bon pour moi ? Qu’est-ce qui est bénéfique pour mon être ? Est-ce que la satisfaction du désir est toujours le bon aiguillage ? Toute souffrance doit-elle être évitée ? Est-ce que mon intellect est le meilleur conseiller ? L’expérience m’a montré que mon mental n’aime pas le changement, qu’il a une propension à l’égoïsme ainsi qu’à perpétuer les conditionnements. Mes désirs contradictoires m’ont miroité des bonheurs éphémères toujours à renouveler. La traversée d’épreuves que j’aurais voulu m’éviter à tout prix a finalement engendré une plus grande sérénité. Le soutien des personnes de mon entourage pendant ces moments difficiles a été primordial.

Alors j’ai délaissé cette façon d’envisager la spiritualité et la liberté. J’ai conservé l’acuité de voir le bon et le beau dans une situation plutôt que de ne voir que sa difficulté. J’ai constaté la force du désir et son magnétisme. J’ai conscientisé la puissance de l'imagination, les étapes de la concrétisation et j’ai apprivoisé la persévérance.

La spiritualité indienne me propose une acceptation du karma et des conditions de vie qui se présentent à moi. Elle me promet le bonheur par l'acceptation passive et le retrait du monde. En utilisant la respiration, la méditation, le silence et l’émancipation du désir, j’arriverai à tout accepter. Je serai heureuse quoiqu’il advienne, sans hauts et sans bas. Je serai libre car sans attaches. En me fondant dans le tout, je serai en sécurité. La paix d'esprit est dans le futur. Pour l'instant, je me prive de mon individualité et du coup je ne mets pas mes talents particuliers au service de la communauté. L’acceptation sans discrimination ne me satisfait pas car parfois se protéger de l’adversité est juste et l’intervention personnelle peut engendrer un changement heureux pour soi et pour la communauté. Nord-américaine par ma culture, la force du désir m’est précieuse, l’action m’énergise et la liberté de choix est stimulante. 

Alors je me suis éloignée de cette philosophie. J’ai conservé la confiance dans la vie et ses détours. J’y ai découvert le silence et l’extase. J’ai réalisé ma reliance à plus grand que ma personne. Je me suis familiarisée avec les forces cosmiques. J’ai appris à m’observer. J’ai réalisé les bienfaits du retrait et du détachement.

Mist Wales
Photo : M.D. Demers-King

À cette époque de ma vie, je privilégie une approche différente. Quand un désir ou un malaise se manifeste, j'observe. Je protège pour quelque temps cette quête. Je laisse cette tension m’habiter. Je suis à l’écoute. Des réponses viennent sous forme de rencontres, d’inspirations, de lectures ou d’une anecdote racontée par un ami… Je suis alerte et confiante. Cette semence que je place dans mon coeur ira chercher la lumière et les nutriments dont elle a besoin pour croître. Elle restera endormie si les conditions ne sont pas propices. Je ne force pas les circonstances, non plus que je mate le désir. J’observe. Je reste pour un certain temps dans le non-agir jusqu’à ce que la clarté se lève dans mon esprit. J’aime les étapes du désir, de l'incertitude et de la gestation. J'aime même l'anxiété qui imagine le pire. La fécondation n’aura peut-être pas lieu non plus. J’accepte. Je m’exerce à cette subtile balance entre l’action et l’inaction, entre la réflexion et la méditation, présente à entendre les réponses. J’avance attentive. Je pose les gestes qui s’imposent. Je suis prête à ajuster la direction selon les circonstances changeantes. Je suis flexible et intentionnée.

J'ai l'impression d'avancer sur une route inconnue vers une vallée fertile dans la demi-noirceur, attentive aux rencontres humaines, à la nature et aux méandres de la chaussée, décidant des tournants à effectuer une fois arrivée à la croisée des chemins. Je perçois mon égo qui veut se nourrir de la peur et se gonfler encore plus d'un semblant d'existence. Je choisis l'amour de ce qui est, l'égo inclus. Puis lentement à mesure que le jour se lève, la nouvelle réalité se révèle. Des êtres humains m'y attendent les bras ouverts.

Alors, la conscience et l'amour de ce qui est grandissent. Mes actions sont moins précipitées et je consomme moins à tous les niveaux. Je constate que je suis inspirée et inspirante. C’est logique. L’un ne va pas sans l’autre comme les deux côtés d’une vitre. La transparence qui laisse passer la lumière est la même d’un côté ou de l’autre. Je m’accompagne avec empathie et bienveillance. De la même façon, j’aime les personnes qui m’entourent. La relation à l'autre est précieuse et essentielle. La communication, la communauté et la communion nourrissent la révélation de soi et le bonheur. 

Renée Demers
reneedemers@covivia.com


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Volume 13, numéro 6 — Mercredi, 22 mars 2017
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