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2012-2017- Récit d'une guérison

Renée Demers - Penser pour panser

2012-2017- Récit d'une guérison

En 2012, je recevais un diagnostic de cancer. Mon existence en tant que Renée Demers était remise en question. J’étais alors fatiguée, vidée et sur le bord de partir de l’autre côté avec joie. Dans le but de me reposer.

3 ans avant, mon amour des vingt-cinq dernières années avait quitté la Terre. Les enfants et moi avions perdu un être cher. Nous avions réinventé nos liens familiaux amputés d’un de ses piliers. Ce fut aussi deuil, remue-méninge et remue-ménage à la librairie Biosfaire que lui et moi avions fondée et que nous gérions ensemble jusqu’alors. J’avais vécu cette mort sans y consacrer l’attention qu’elle exigeait, faute de temps et d’espace. La grâce qui jaillit de ce bref moment d’ouverture attendait d’être cueillie.

La direction de la librairie Biosfaire pesait sur mes épaules. J’étais soutien de famille depuis début 2009. Pas de père pour discuter et réfléchir sur l’accompagnement du jeune adolescent qui naissait au monde et à ses vicissitudes. Les réparations normales que nécessite l’entretien d’une maison cinquantenaire étaient un fardeau. J’étais seule avec ma détresse et mon anxiété. Je m’étouffais.

J’étais brûlée. Quand l’oncologue m’a annoncé l’état de la maladie, j’étais contente que la fin approche.

Mes enfants chéris ont insisté pour que je vive. Ils avaient perdu leur père et ils commençaient à peine à s’en remettre. Ils m’ont parlé de leur tristesse immense et du besoin de ma présence à leur côté. Ils m’ont offert leur soutien pour traverser la série de transformations et d’interventions médicales auxquelles je devais me soumettre pour renaître sans mourir. Mon égoïsme circonstanciel a fondu devant leur appel et leur sincère communication. Mon cœur de mère enseveli sous le poids des malheurs mentaux s’est attendri. J’ai pris conscience de ma responsabilité parentale et j’ai renoué avec la joie des liens intimes.

Une descente vertigineuse dans mon fors intérieur s’est déclenchée. J’ai retrouvé du sens à la vie.

Mes amis m’ont ouvert leur bras pour passer à travers cette convalescence.  Aide financière, transport, nourriture, soin, soutien affectif et psychologique, ils mettaient tout à ma disposition.

Reflets
Photo : Jacqueline Martin

Cela fut un baume que de me savoir voulue par les membres de ma famille et mes amis. Un des drames de mon enfance a été d’adhérer à la même croyance que celle de mes parents : je n’étais pas voulue. Pourtant, ils adoraient les enfants. Alors qu’ils étaient inconsciemment heureux de mettre au monde un bébé, la pression sociale, le perfectionnisme, la fatigue des responsabilités financières, la baisse de leur force physique devant la tâche colossale d’élever une famille les avaient incités à croire le contraire. « S’ils avaient été plus vigilants et plus sensés, ils n’auraient pas fait tant d’enfants… »  J’ai adopté ce point de vue moi aussi. J’ai grandi avec cette illusion. Elle m’a formée. Elle a nourri en moi la sensibilité et la rébellion qui vient avec la victimisation. Mais le mental est diabolique quand il nous fait croire que nos pensées imaginaires sont plus vraies que les faits. Mes parents m’avaient conçue. J’étais là. Et tous trois, nous nourrissions le fou scénario que ce n’était pas ce qui devait avoir lieu.

Une des vérités que j’ai comprise en chemin est que la réalité est ce qui est vrai. Aime ce qui est !  Entre les formes éclairées par le soleil et celles projetées par l’ombre, les éléments ensoleillés sont ceux qui ont une réalité. Les élucubrations ombragées de notre mental sur ce qui devrait être sont des mirages qui nourrissent un égo fictif. S’en tenir aux faits est une voie pavée de lumière. Elle nous donne un jugement éclairé et une capacité d’action harmonieuse.

Bateau sur l'eau
Photo : Jacqueline Martin

Dans la renaissance que j’ai vécue en 2012, je dois une fière chandelle à mes enfants et à mes amis. Les clients de Biosfaire et les lecteurs de Covivia m’ont aussi transmis leur désir de me garder dans leur vie. J’avais besoin d’être portée. Cela a été une médecine salvatrice.

L’équipe médicale qui m’a prise en charge ainsi que les thérapeutes qui m’ont accompagnée en pratique privée ont été des guérisseurs extraordinaires.

Au cours de cette année charnière, j’ai basculé tel le Pendu dans le jeu du Tarot. J’ai vendu la librairie et la maison familiale. J’ai bénéficié d’importantes transfusions sanguines, de radiothérapie, de chimiothérapie, d’acupuncture, d’ostéopathie, de techniqie Bowen et de naturopathie. J’ai abandonné mon identité pour quelques mois. L’hôpital a cette capacité de nous réduire à l’anonymat. J’ai eu l’intuition de transformer le bulletin de liaison de la librairie Biosfaire en webizne. Je suis déménagée à la campagne. J’ai dormi. J'ai pleuré. J’ai marché. J’ai médité. J’ai lu. J’ai contemplé. J’ai écrit. J’ai apprivoisé l’ennui. J’ai découvert le silence. J’ai apprécié le vide.

En 2017, je n’ai plus de lourde charge de travail, je n’ai plus d’enfants à la maison, je n’ai plus de propriété. J’ai abandonné beaucoup de responsabilités. Un célibat heureux s'est installé. J’ai retrouvé la joie de la créativité. J'habite un loft lumineux à la montagne dans une communauté. Je cultive des relations aimantes.  Je consacre ma vie à la connaissance de soi. Je suis comblée par l’intimité que je partage avec ces adultes, jadis mes enfants. Toutes les deux semaines, j’édite ce webzine en collaboration avec des auteurs, des photographes et un webmestre généreux, créatifs et authentiques.

Je suis heureuse de cette renaissance débutée en 2012. La mort m’a finalement inondée de sa grâce. Sa lumière est douce et profonde. Ma créativité et mon individualité se sont déployées. Je participe avec d’autant plus de joie et d’efficacité à la société maintenant que j’affirme mon unicité.

Sans la demande claire de mes enfants de continuer, sans le filet que la communauté m’a offert pour me bercer, je n’aurais pas trouvé la force de résister à cette envie de mourir à mon illusoire identité. La métamorphose dans la chaleur du vivant est possible. L’amour est là, patient et discret. Il nous attend. 

Je publie ce texte pour toutes les personnes qui subissent des épreuves. Soyez courageux et bienveillants avec vous-même. Acceptez le soutien que l’on vous offre. La renaissance dans la même peau est possible. La vitalité, la vérité et la gratitude sont les bénéfices de cette métamorphose.

Merci et vive la vie!

Renée Demers
reneedemers@covivia.com

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Volume 13, numéro 7 — Mercredi, 5 avril 2017
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