Imprimer Imprimer

L'Étoile, dix-septième arcane du Tarot

Renée Demers - Penser pour panser

L'étoile, dix-septième arcane du Tarot

Le dix-septième arcane du Tarot, nommé Le Toille dans cette iconographie, présente une scène bucolique. Une femme nue agenouillée près d’une source déverse des liquides sous un ciel étoilé.

Ses cheveux sont d’or. Tels cinq des étoiles, les carafes, l’eau de l’une d’entre elles ainsi que le sol à droite. Le jaune est la couleur de la chaleur régénérante, de la richesse, de la pureté imputrescible et de l’inspiration céleste. La lumière des astres descend jusqu’à la Terre à travers cette femme dénudée. Elle est dans un état réceptif, ayant laissé ses vêtements ainsi que ses conditionnements. Ses seins bien ronds soulignent le caractère nourricier de la femme et du yin. La Voie lactée dispensatrice de bienfaits est aussi représentée ici avec les étoiles dans le ciel blanc immaculé. Le personnage a une bouche en guise de nombril qui accentue cette symbolique nourricière. Elle est agenouillée comme les chevaliers adoubés, démontrant par cette position sa noblesse et son obéissance. Sa cheville droite est ornée d’un trait comme si elle portait un pantalon de peau surligné comme la rivière qui coule. Bien en chair, elle respire la santé et la vitalité.

Les vases sont jaune et rouge indiquant que la chaleur de la vie et l’inspiration cosmique apportent un mouvement harmonieux et créatif. L’un des récipients verse un liquide bleu sur une plateforme rouge à partir de son aine gauche. Chaque mois, la femme fertile verse le sang de la vie. De sa main droite en prolongement de son bras, de ses cheveux d’or et de l’étoile géante, elle déverse le liquide d’or dans l’eau bleu. Derrière elle, le sol est indigo, rouge et verdoyant de fertilité. Sur la ligne d’horizon poussent deux arbustes. Sur l’un d’eux, un oiseau est posé. On peut penser à l’oiseau qui indiqua à Noé que le déluge était terminé et que la vie reprenait.

C’est la première fois que des astres sont représentés sur les arcanes. L’initiée est prête à se laisser conseiller par le cosmos. Ève s'éveille. Depuis toujours, les marins trouvent leur chemin grâce aux étoiles. On dit d’une personne chanceuse qu’elle est née sous une bonne étoile. Les rois mages suivirent l’étoile. Cet arcane nous informe que nous sommes protégés et guidés. Huit astres ornent le ciel. Si on additionne les deux chiffres qui forment le chiffre de cette carte, soit le 17, on obtient la somme de 8. Le huitième arcane majeur du Tarot est celui de la Justice. Ces étoiles soulignent que l’harmonie et la justice sont intrinsèquement liées dans la nature et sur la Terre. La vie a ses lois.

Cette carte est magnifique et écologique. Elle apporte un sentiment de paix et de joie. La nudité de la femme est reposante. La source est là. Dénudons-nous du superflu. Retournons à l’essentiel. Retrouvons notre lien avec la nature et apprenons d'elle. Tout y est reflété. Écoutons le chant de l’oiseau et du ruisseau.

C’est un arcane de renaissance et de guérison. Elle nous exhorte à avoir confiance. La force est là ici et maintenant. Rien n’est fixé. Tout coule. Elle indique un besoin de régénération. Il faut sortir de l'ordinaire et retourner à la source créative. Elle est figurée ici par une scène champêtre. Cependant le Tarot étant symbolique, il n'est pas à prendre au pied de la lettre. Pour certains, la source est urbaine et artistique. L'Étoile représente la saison du printemps, la fertilité et le retour des oiseaux, messagers des dieux.

La chevalière est humble, confiante et simple. Elle ne porte aucun costume. Elle s’abandonne aux lois naturelles et aux influences célestes. Elle apporte la santé. Elle enseigne que c’est au cours de la nuit sous la protection des étoiles que le corps se reconstitue.

L’eau, symbole de vie, est fécondée par l’Étoile et en retour, l'Étoile est soignée par l'eau. Le Bateleur habillé et outillé sur le premier Arcane du Tarot a intégré les apprentissages tout au long du chemin. Il s’est démuni de tout physiquement et psychologiquement pour accueillir le neuf.  Il a trouvé en lui sa place pour embellir le monde autour de lui. Alors que l’homme bâtit des tours, des mondes, des sociétés, la nature croît. Elle porte en elle la sève universelle.

Nous les humains possédons la capacité de guérison. Elle est intrinsèque à notre nature. C’est à nous de faire de la Terre un paradis. Cela nous demande de se voir tel que l'on est sous la lumière bienfaisante du cosmos, de rompre avec l'autorité des traditions et des conditionnements, de retrouver l’innocence perdue, de renouer avec la confiance de l’enfant et de favoriser la beauté.

Nous sommes les enfants de la Terre mère et du cosmos et nous possédons leurs forces réhabilitantes et lumineuses.

Renée Demers
reneedemers@covivia.com

Bibliographie:


Accueil
  Flèche gauche
Volume 13, numéro 8 — Mercredi, 19 avril 2017
Flèche droite  
 

POUR RECEVOIR LE WEBZINE