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Deuil

Renée Demers - Penser pour panser

Deuil

À l’instar du ciel grisonné par les applications dépressives du climat, ma psyché déprime.

La méditation m’aide à prendre conscience de cet état de fait. Mon penchant conditionné serait de m’en vouloir d’afficher une telle attitude intérieure et de m’empresser de la cacher à la face du monde, la mienne comprise. Quand je m’assois en silence et que le vide m’englobe, l’amour monte. Pour moi, pour ma mère et pour tous les êtres tristes. Libérée de l’ensorcellement des pensées et de la peur de la dépression, j’accède à la clarté. La sensibilité et la compassion se manifestent.

Le deuil de ma mère décédée l’automne dernier laboure ma terre intérieure. Elle a quitté l’existence dans un état d’intense lassitude. Je ressens son essence quand vient le soir et que ma conscience diurne diminue. Au réveil, vibre encore un échange guérissant. Il est délicat de parler ouvertement de cette expérience. Comment décrire ces frôlements subtils que mon sens du toucher perçoit à peine sur le sommet de ma tête quand je suis assise tranquille ou qu’allongée, je m’apprête à dormir ? Comment interpréter ces rêves lumineux dans lesquels elle et les morts chers à mon cœur viennent me visiter ? Comment expliquer l’ambiance triste qui subsiste dans mon âme lorsque la conscience se réinstalle au matin et que j’ouvre les yeux ?

Spiral stairs, UK
Photo : M.D. King-Demers - Spiral stairs, UK

Dernièrement, j’ai échangé de vive voix sur cette expérience avec des amies. Leur affection, leur écoute et leur connaissance me soutiennent encore dans cette découverte alors que j'écris ces lignes. L’amitié est précieuse. L’amie vers laquelle je suis attirée pour partager l’intimité est justement initiée dans la matière qui m’occupe présentement. Comme par hasard ! Pour elle, c'est une évidence: les morts ont besoin de notre amour. Cela concorde avec mon expérience.

Les relations sont sacrées. Elles créent un lieu révélateur. En m'extériorisant dans la relation amicale, en risquant la transparence et l’authenticité, je me découvre. J’observe avec l'autre des zones inexplorées. À deux, c'est plus facile. Si je garde cachée à l’intérieur de moi ma singularité, par peur et par défiance de l’autre, je me prive de la lumière réverbérante des relations. Quand je communique avec l’autre, ensemble nous mettons au monde entre nous un espace. Il agit comme un miroir et un creuset. La conscience de soi grandit. Quand en plus l'intimité s'installe, l'amour s'y déploie. Les relations nous affranchissent de la peur et de limites fictives. 

À mon étonnement dans le deuil, je constate que les relations avec les êtres chers ne se terminent pas avec la mort physique. Longtemps après leur disparition charnelle, nous interagissons eux et moi. Autrement que lorsque nous nous côtoyions sur la Terre. Leur dématérialisation et cette communication improbable, inattendue et inconnue entre nous instaurent chez moi un apprivoisement du monde immatériel.

Depuis mon jeune âge, je ressens physiquement mon énergie et ma vitalité. Elle est encastrée dans mon corps mais aussi dans cette personnalité nommée Renée Demers, dans sa mémoire, son esprit et ses sentiments. Est-ce que je me termine aux contours de mon corps physique? Quand je ferme les yeux, jusqu’où s’étend la sensation des frontières de mon être? En tout cas, elle déborde de la peau qui me recouvre. Quand le corps rend l’âme, sa matière minérale retourne à la terre. Mais où va cette entité impalpable que je ressens au-delà de ma peau ?

Le deuil de ma mère entrouvre un peu plus les portes de la perception. La relation profonde et aimante entre deux personnes ne se résume pas à l’interaction de deux corps vivants. C’est une constatation intrigante. Le rapport que ma mère et moi entretenions se poursuit malgré sa disparition. Je ne peux pas observer cet échange à l’aide de mes organes de sens physiques ni analyser leur contenu avec mon cerveau rationnel. Cependant, je ressens un doux amour pour elle et le goût de prendre soin d’elle. Je perçois son essence dans le lointain. Elle me visite dans le monde onirique. Une lumière traverse la frontière invisible entre les mondes matériels et immatériels. Notre lien se perpétue au-delà de notre existence terrestre. L'espace relationnel continue de livrer ses trésors.

Renée Demers
reneedemers@covivia.com

Note de l'éditrice:
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Volume 13, numéro 10 — Mercredi, 17 mai 2017
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