Acupuncture Addiction Agriculture Alimentation Alzheimer Amérindien Anarchisme Anatomie Animaux Anthroposophie Apiculture Approche craniosacrée Approches aquatiques Arboriculture Arbre Aromathérapie Art Arthrose Artisanat Astrologie Ayurveda Botanique Bouddhisme Cabane à sucre Calendrier Cerveau Chamanisme Channeling Chant Christianisme Coaching Collectivité Communication Constellations familiales Couleur Créativité Danse Dentisterie Eau Écologie Éducation Éducation somatique Électromagnétisme Énergétique Energétique chinoise Enfants Ennéagramme Ésotérisme Famille Faune Femme Fleurs de Bach Forêt Géobiologie Guérison Habitat Hakomi Herboristerie Histoire Homéopathie Horticulture Huiles essentielles Intention Jardinage Jeûne Kabbale Leadership Lithothérapie Mantra Massothérapie Maternité Méditation Médiumnité Microbiote Mort Mouvement Musique Mycothérapie Naissance Nature Naturopathie Neuroscience Numérologie Nutrition Ornithologie Ostéopathie Parkinson Permaculture Phamacopée Philosophie Photos Physique quantique Phytothérapie Pleine conscience Poésie Pollution Portraits Psychologie Qi Gong Reiki Restos végés Rites Rituel Rolfing Santé Science Semencier Sexualité Shiatsu Société Soin Corporel Son et vibration Soufisme Spiritualité Taoisme Tarot Tourisme vert Transport Vaccins Vieillir Vitamine Yeux Yoga Yoga Derviche Zen
  Imprimer Imprimer

Quand la fin approche l'enthousiasme disparaît

Renée Demers - Penser pour panser

Quand la fin approche l’enthousiasme disparaît

L’existence humaine est rythmée par des cycles tout comme la nature de laquelle son enveloppe physique participe. Quand je regarde ma biographie, j’observe plusieurs chapitres. Chacun d’eux a débuté minuscule, a grandi, a atteint une maturité et a décliné. Puis le vide s’est installé. Les forces formatrices en devenir ont puisé l’énergie dans le rien pour créer une prochaine étape de vie. De l’enfant à l’adolescente, de l’ado à l’adulte, de la femme à la mère, de la libraire à la rédactrice, de l’urbaine à la campagnarde, de la mariée à la veuve, de la coordonnatrice de Covivia à…

Au moment où je commence la conception de cet article, je suis dans le vide. J’ai pris la décision de me départir de la propriété de Covivia. À quoi me consacrerai-je dorénavant ? La réponse émerge tranquillement.

Mais comment savoir que le moment est venu de mettre fin à une situation de vie ?

L’enthousiasme est pour moi un bon indicateur de saine implication dans un projet. Avant la concrétisation d’une idée, il y a le rêve. On jongle avec la possibilité. On désire et on imagine comment se déroulerait cette intuition si elle prenait forme. On est enceinte. On planifie. Tranquillement, cette possibilité se fraie un chemin entre les mondes et elle apparaît dans la matière. Il faut au début la porter, la materner, la soutenir pour qu’elle s’enracine dans le réel et qu’elle génère sa propre énergie. Tout au cours de cette croissance, l’enthousiasme déploie sa puissance pour alimenter dans notre esprit, notre intellect, notre cœur et notre corps les forces créatrices. Portée par la joie de la créativité et le pouvoir de notre divinité, notre nature humaine possède le don de matérialiser ses désirs avec détermination et persévérance.

Puis le fœtus arrivé à maturité participe à sa propre destinée sous l’égide de son créateur. Une vitesse de croisière est atteinte. La phase de la conservation permet un enracinement profond et une floraison.

Cependant vient une période où l’intérêt pour l’œuvre s’estompe. Alors que jusque-là, la production et son inventeur se fécondaient l’un l’autre, voilà que le pétillement quitte la scène intérieure du créateur. Une lourdeur s’installe dans l’esprit du concepteur. Une réflexion s’impose. Est-ce possible de raviver l’enthousiasme ? Est-ce qu’un autre déploiement est envisageable sous sa coordination ?

Si la réponse est non, iI est temps de se retirer de cette entreprise.

Pissenlit
Photo : Danièle Laberge - Pissenlit

Dans cette décision à l’égard de Covivia, je meurs à une partie de moi. Un deuil se vit. Il survient à plusieurs reprises au cours d’une existence. Le récent diplômé qui commence son premier travail professionnel réalise le premier été venu que les vacances scolaires ne sont plus possibles. Il vit de la tristesse malgré l’excitation de cet emploi. La mère amoureuse du nouveau-né gazouillant pleure la liberté et l’insouciance de sa vie de jeune femme.

La période de vide entre deux occupations m’est inconfortable. Qu’arrivera-t-il maintenant ? L’anxiété ravive sa flamme. Quelle est cette place plus adéquate où je peux exercer ma créativité et mettre mes talents au service de la collectivité ?

Puis-je seulement prendre le temps d’être ici et maintenant présente à ce qui est, à cette phase énergétique de la destruction, à l’écoute de ce qui surgit dans un balbutiement à peine audible ? Puis-je apprécier cette décroissance ? Puis me poser et observer ma terre intérieure se régénérer ?

C’est là que mon cœur et mon esprit se situent au moment où j’écris ces lignes. Dans ce champ en jachère. Des oiseaux volent au-dessus. Le soleil s’y lève et s’y couche. Je suis assise et j’attends. Quand l’enthousiasme se soulèvera de nouveau, je le suivrai. Il m’indiquera la prochaine mission.

J’ai refait ce chemin une fois de plus en rédigeant ce texte. Un mois avant sa publication, je me demandais quelle en serait la thématique. Sept jours plus tard, l’enthousiasme a semblé être la clé qui stimulerait la réflexion créatrice. Une semaine s’est écoulée avec en tête, en esprit et dans le cœur cette notion d’enthousiasme tapie dans sa coquille. Je l’ai couvée. Elle appartenait encore à l’intangible. Puis les mots ont migré du bout de mes doigts au clavier. Un premier jet s’est imprimé en noir sur l’écran blanc. J’ai ressenti un soulagement. L’accouchement a eu lieu. Il reste à peaufiner le texte, à atteindre sa maturité. Le processus est sain. Je suis enthousiaste.

J’y suis revenue quelques fois depuis.

Et c’est ce que vous lisez maintenant. Telle une semence, elle se dépose dans votre esprit. Peut-être y produira-t-elle des fruits délectables ! Les habitants de cette belle Terre s’en régaleront.

Renée Demers
reneedemers@covivia.com


Accueil
  Flèche gauche
Volume 13, Numéro 13 — Mercredi, 20 septembre 2017
Flèche droite  
 

POUR RECEVOIR LE WEBZINE