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Solstice hivernal

Renée Demers - Penser pour panser

Solstice hivernal

En haut de la montagne, la forêt hiberne. Sa mère la Terre privée de la chaleur du soleil se repose. La sève ne monte plus. La noirceur gagne en durée. Les feuillus dénudés sont assoupis dans le creux douillet de la nuit annuelle.

Le déclin de la lumière diurne atteindra bientôt son nadir, le solstice hivernal. On le célèbre dans la civilisation occidentale depuis deux millénaires par la naissance de Jésus et la fête de Noël.

Plus récemment dans l’histoire, on le souligne par une orgie de consommation et d’ampoules électriques multicolores. À nos yeux aveuglés ou distraits, la subtile lueur de l’ouverture cosmique échappe. Car c’est dans le recueillement, le silence et la pénombre que celle-ci se perçoit.

Dans notre histoire personnelle, nous retrouvons la même séquence. Tous nos épisodes de vie se retrouvent dans ce schéma : naissance, continuité, mort. Ils durent le temps d’une occupation professionnelle, d’un rôle parental, d’une histoire d’amour, d’une journée d’existence ou d’une biographie entière. Puis suivent l’entre-deux, le repos et la renaissance.

La terre en jachère puise dans l’inactivité sa régénérescence.

En cette période de l’année, tout est à nouveau possible. Alors que la Terre s’est ombragée, les conditions nécessaires à l’éveil du germe se trament sous la surface gelée. Dans les ténèbres, nous assistons au mystère du cycle de la vie. L’espoir nous porte. Au creux de l’hiver, notre intuition capte les menues vibrations de la renaissance. Si nous avons abandonné cette faculté innée, notre mémoire se souvient des printemps verdoyants consécutifs aux Noëls blancs.

Arc en hiver
Arc en hiver - Danièle Laberge

L’entre-deux est inconfortable à qui ne s’adapte pas. Début décembre, la lumière manque. Un état mélancolique voire dépressif pour certains s’installe. La fatigue se fait sentir. Les virus ont la belle vie et ils obligent plusieurs à ralentir. Une invitation au retour à soi, au repos et au détachement nous est lancée.

Après avoir lu les derniers mots d’un chapitre d’un roman captivant arrive la page blanche. Le temps de reprendre son souffle.

Telle est l’ambiance du solstice d’hiver. Tout s’arrête. Avant de renaître. On ressent plus fortement ce ralentissement à la campagne dans le tableau vivant de la nature. En milieu urbain, les innovations technologiques omniprésentes masquent les rythmes essentiels, inhérents à notre nature terrestre. Elles repoussent les limites corporelles des citadins jusqu’à l’épuisement. Dans ce contexte, plus de détermination est nécessaire pour ralentir le rythme et goûter à la pause du temps.

Je m’incline devant cette fin appréhendée qui n’est qu’un point de bascule dans le renouveau. Devant l’immensité des possibles si bien représentée par l’enfant dans la crèche. Le nouveau-né possède la prémisse de tous les devenirs. L’environnement et son destin en circonscriront certains. Par exemple, le nourrisson a la capacité de parler toutes les langues. Il spécialisera les muscles de sa gorge et de sa bouche pour émettre les sons que son entourage lui renvoie.

Le silence de décembre est vide. Plein du rien capable de tout. Il déborde d’espace. Grandiose d’inexistence, il est prêt à s’incarner dans une nouvelle réalité ou à infuser un second souffle à un projet en cours. L’arrêt, le silence et l’entendement sont nécessaires. Pour saisir l’aspiration. L’inspiration la glissera à notre oreille. L’esprit soutiendra la planification de son émergence, notre volonté la portera jusqu’à maturité, jusqu’à la floraison spectaculaire.

Au solstice d’hiver, l’intériorité nous invite. La fécondité y est généreuse. Tel un voile, sa texture est si fine qu’elle est à peine perceptible. C’est à tâtons qu’on la saisit. Pour s’en envelopper, il faudra fermer les lumières, allumer les chandelles, écouter le silence et contempler la noirceur. Puis recevoir le subtil. En serons-nous capables ?

L'adoration des bergers
L'adoration des bergers - Georges de La Tour

L’histoire de Jésus nous montre que toutes les forces en présence sont prêtes à coopérer. Tout s’est mis en place autour de Jésus pour favoriser sa naissance. La totale disponibilité maternelle, la charitable protection paternelle, le dos porteur de l’âne et le souffle chaud du bœuf, le confort simple de l’étable, l’évitement d’Hérode, l’humilité des bergers, la richesse des Rois Mages. En coopérant avec le cosmos, l’environnement et l’entourage, nos projets sont favorisés.

Après la naissance, dans la crèche, le temps s’arrête. Les visiteurs se présentent apportant des étrennes. Pendant une dizaine de jours, dans les faits l’heure du lever du soleil stagne. À compter de la Fête royale de l’Épiphanie, elle augmentera à nouveau. Qu’il est bon de se baigner dans ce laps d’éternité qui chaque année revient. Se poser réceptive dans ce moment d’ultime déséquilibre entre le jour et la nuit. En état de grâce. Se réjouir de ce bain de forces cosmiques si proches de la Terre à ce moment de l'année. Et célébrer la réceptivité!

La lumière reprendra sa croissance avec les Rois mages qui ayant rencontré le Sauveur s’en retourneront dans leur terre. Ils ont reçu la bonne nouvelle. Tout est à nouveau possible. Un nouveau cycle d'action débute lentement. Dans l’humilité, dans la chaleur des liens aimants, dans la protection du plus petit et du vulnérable (n’est-ce pas le propre de la nature terrestre et de l’enfant), dans le don de soi, dans le silence, dans l’étable modeste, la renaissance nous invite à l'efficacité dans la beauté, la bonté et l’amour.

Renée Demers
reneedemers@covivia.com


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Volume 13, numéro 19 — Mercredi, 13 décembre 2017
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