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Sur les pas de Thomas Berry - Sept principes pour guérir la Terre

Sur les pas de Thomas Berry

Sept principes pour guérir la Terre

Au chapitre 6 de son livre Le rêve de la Terre, l’écothéologien Thomas Berry propose une réflexion sur le rôle de la technologie dans la guérison de la Terre.

Ce besoin de guérison résulte en grande partie du glissement qui a eu lieu de la démocratie à la technocratie dans la seconde moitié du XXe siècle. Thomas Berry qualifie les nouveaux maîtres de « nouveaux entrepreneurs » et ses propos à leur sujet ont fait l’objet de chroniques antérieures. Les nouveaux entrepreneurs sont les champions du millénarisme que Berry dénonce à maintes reprises comme axe temporel horizontal dont l’obsession cloue l’humanité dans le matérialisme et lui fait perdre de vue l’importance de la verticalité spirituelle sans laquelle « Tu » devient « cela » et « être » se réduit à « exister ». Au moment d’écrire ces lignes, le « président » de ces nouveaux entrepreneurs vient d’assouvir son besoin compulsif d’attention en annonçant le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris, exemple convainquant de la pertinence du diagnostic de Thomas Berry : « Leur jugement est tout simplement catastrophique ». Le Pape François a d’ailleurs remis en cadeau à ce nouvel entrepreneur en chef qui lui rendait une visite protocolaire au Vatican un exemplaire du traité d’écologie intégrale qu’est l’encyclique Laudato Si où l’on peut lire notamment : « Le paradigme technocratique tend aussi à exercer son emprise sur l’économie et la politique. L’économie assume tout le développement technologique en fonction du profit, sans prêter attention à d’éventuelles conséquences négatives pour l’être humain. Les finances étouffent l’économie réelle. Les leçons de la crise financière mondiale n’ont pas été retenues, et on prend en compte les leçons de la détérioration de l’environnement avec beaucoup de lenteur. Dans certains cercles on soutient que l’économie actuelle et la technologie résoudront tous les problèmes environnementaux. De même on affirme, en langage peu académique, que les problèmes de la faim et de la misère dans le monde auront une solution simplement grâce à la croissance du marché. Ce n’est pas une question de validité de théories économiques, que peut-être personne aujourd’hui n’ose défendre, mais de leur installation de fait dans le développement de l’économie. Ceux qui n’affirment pas cela en paroles le soutiennent dans les faits quand une juste dimension de la production, une meilleure répartition des richesses, une sauvegarde responsable de l’environnement et les droits des générations futures ne semblent pas les préoccuper… » Bonne lecture, Monsieur le Président!

Mais passons des agresseurs de la Terre à sa guérison et, dans les mots de Thomas Berry, aux « principes de base susceptibles d’orienter nos efforts pour mettre au point des technologies mutuellement bénéfiques pour la communauté humaine et pour le processus planétaire ».

« Premier principe, les technologies humaines devraient fonctionner en relation intégrale avec les technologies de la planète, non pas de manière despotique ou perturbatrice, ni dans un esprit de conquête, mais dans un esprit de fascination. Les aspects spontanés de la nature devraient être favorisés plutôt qu’exterminés. Au cours de plusieurs centaines de millions d’années et par des milliards et des milliards d’expériences, la nature a mis au point les écosystèmes qui florissaient si abondamment lorsque l’espèce humaine et ses civilisations ont vu le jour. L’humanité fait preuve d’insolence et de vandalisme lorsqu’elle interfère avec ces systèmes écologiques sans en observer soigneusement le fonctionnement ni la meilleure manière pour les humains de s’y intégrer. »

Autrement dit : habiter la biosphère plutôt que de l’agresser, s’y intégrer pour ne pas se désintégrer.

« Second principe, nous devons avoir une idée claire de l’ordre de grandeur des changements requis. Il ne s’agit pas ici d’ajustements mineurs, mais de la plus grave transformation des relations entre la planète et les humains depuis le début des civilisations classiques sinon plus. L’ère industrielle a tellement aliéné et conditionné les humains qu’il nous est difficile de vivre en dehors de la bulle industrielle. Il nous faut pourtant apprendre à survivre en contact plus intime avec le monde naturel, car la bulle industrielle ne saurait durer bien longtemps dans son mode de fonctionnement actuel. L’urgence est encore accentuée par le fait que l’humanité, par le biais d’astuces technologiques, a désormais acquis un pouvoir de vie et de mort sur plusieurs des biosystèmes de base de la planète. »

Une couche de peinture verte ne suffira donc pas, c’est de changement radical de mode de vie qu’il s’agit.

« Troisième principe, le progrès durable doit être un progrès de la communauté planétaire tout entière. Chacune des composantes de cette communauté doit faire partie du processus. Un progrès pour l’humanité qui repose sur l’élimination, la dégradation ou l’empoisonnement d’autres biosystèmes est non seulement une atteinte à la noblesse de l’existence terrestre, mais compromet aussi toute chance de survie de l’humanité d’une manière qui puisse la satisfaire. »

La technique biocidaire exploitée notamment par Monsanto et qui consiste à rendre la terre stérile pour qu’il n’y pousse que les graines OGM blindées vendues par les marchands de mort passera à l’histoire comme un géocide barbare qui outragera nos petits enfants s’ils y survivent.

« Quatrième principe, nos technologies doivent être intégrales. Elles doivent gérer leurs propres résidus. La gestion des déchets devrait être associée à tout procédé, soit en faisant partie du procédé lui-même, soit en relevant d’un procédé connexe. Ce principe d’intégralité est un des plus souvent violés. L’audace des compagnies industrielles est difficile à comprendre. Elles propulsent leurs déchets dans l’atmosphère, les déversent dans les cours d’eau ou les épandent sur des terres fertiles. Il est étrange que l’industrie chimique ait fait preuve d’autant d’indifférence par rapport à la destination ultime de ses produits après une utilisation spécifique ou limitée. Les industries qui fabriquent ces substances mortelles ne semblent pas se préoccuper de ce qu’il va en advenir. Ce refus de prendre la responsabilité de leurs propres déchets est un des aspects les plus universels, les plus systématiques et les plus répugnants de nos technologies contemporaines. »

En vertu de ce principe, personne ne devrait pouvoir s’offrir la moindre goutte de Roundup tant est inestimable le coût réel de la stérilisation du moindre arpent de terre.

« Cinquième principe, une cosmologie fonctionnelle est nécessaire, c’est-à-dire une cosmologie qui suscite la fascination à partir de laquelle une présence intégrante des humains et de la planète devient possible. Une telle mystique est accessible lorsque l’on reconnaît que, depuis les origines, l’univers, la Terre, la séquence des formes vivantes et le mode de conscience humain ont une dimension psycho-spirituelle aussi bien que physico-matérielle. Le type d’interprétations spirituelles extrinsèques qui nous est parfois proposé n’est pas nécessaire. Ce qu’il nous faut, c’est un sens de la révérence comme on en trouve chez les grands naturalistes ou chez certains des plus grands scientifiques de notre époque. »

La révérence dont il est question ici est, par exemple, celle d’un Docteur Schweitzer.

« Sixième principe, la nature est à la fois violente et bénigne. Nos technologies doivent assurer un rôle défensif. […] Toutefois, en dépit de ces assauts omniprésents, l’équilibre des forces naturelles est tel que le remède est déjà disponible. Bien des menaces que nous attribuons à la nature sont, en fait, d’origine humaine. En pratiquant la déforestation nous nous exposons aux inondations, en pratiquant la monoculture extensive nous favorisons les infestations de vermine à grande échelle, en déversant des produits chimiques sur les sols, nous les tuons et en favorisons l’érosion. Et la liste pourrait ainsi être allongée à l’infini. La nature a beau être à la fois bénigne et terrible, les principales modalités de ses manifestations restent systématiquement créatives. Le problème, avec nos technologies, n’est pas leur côté sombre, mais le fait que cet aspect sombre est si stérile qu’il extermine au lieu de stimuler l’évolution de la vie. »

« Vous avez bien sujet d'accuser la nature… » : Quand l’homme prend à son compte les mots du chêne au roseau de la fable, il ne voit pas venir « le plus terrible des enfants que le Nord eût portés jusque-là dans ses flancs ».

Avant et après
Avant et après le coup de vent du 18 juillet 2016, DL.

« Septième principe, nos nouvelles technologies de guérison doivent fonctionner à l’échelle biorégionale et pas seulement à l’échelle nationale ou globale. Les unités fonctionnelles propres aux humains doivent s’harmoniser à celles de la planète et aux formes de vie qu’elle abrite. La Terre ne nous a pas été offerte comme une boule uniforme, elle s’articule en pôles et en tropiques, en littoraux et en chaînes de montagnes, en plaines et en vallées, en déserts et en forêts. La vie y est partout répartie en communautés fonctionnelles spécifiques que l’on peut appeler des biorégions, c’est-à-dire des régions incluant des biosystèmes interdépendants et généralement autosuffisants. Les technologies de l’avenir doivent d’abord opérer dans le cadre de telles cellules biorégionales et à leur échelle. »

Autrement dit, penser globalement et agir localement et durablement.

Bon été!

DanielLaguittonDaniel Laguitton
Abercorn, Qc


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Volume 13, numéro 12 — Mercredi, 14 juin 2017
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