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Spa ordinaire

Portraits

Gérard Piquemal: « Spa ordinaire »

GérardPiquemalIl y a des personnes qui ont naturellement le sens de la solidarité, de l’empathie et de la compassion pour les mal-aimés de nos sociétés et Gérard Piquemal est de ceux-là.

Il se définit comme un massothérapeute social. « Pourquoi le massage, l’ostéopathie, la pédicure et autres soins du corps (et par conséquent de l’âme) seraient-ils réservés à une poignée de gens ? », s’indigne notre massothérapeute. « Quand il s’agit de la santé du bien-être, nous devrions tous être égaux en droit », poursuit-il.

Un noble vieillard

Ce qui a motivé Gérard Piquemal est une histoire touchante. Il massait les gens dans un spa huppé, et lors de ses pauses, il croisait souvent, sur la rue, un vieil homme dont les mains étaient percluses d’arthrite. Il lui racontait ce qu’il faisait, en insistant sur les bienfaits du massage et des huiles essentielles. Il lui a fallu plusieurs rencontres avant que le vieil homme se laisse convaincre et lui abandonne ses mains. Ce dernier sentant les effets bénéfiques de ce traitement lui dit : « Si tu veux vraiment être utile, ce n’est pas au Spa que tu dois être mais ici dans la rue avec les gens qui en ont grand besoin. »

Sans attendre aucune aide gouvernementale et animé du besoin d’aider son prochain et de construire une société meilleure, Gérard Piquemal crée en 2012, le Spa de la rue. Il rassemble autour de lui une équipe de bénévoles : des étudiants finissants en massothérapie, des hygiénistes et une infirmière en soins de pieds. Tout ce beau monde est rémunéré aux sourires et au soulagement qu’ils apportent aux sans-abris hommes et femmes, aux personnes âgées dans des CHSLD, aux jeunes de la rue et aux personnes ayant des problèmes en santé mentale.

Tous ces laissés pour compte, pour qui le toucher est souvent synonyme de violence, découvrent les bienfaits du toucher apaisant, qui redonne confiance en soi et apporte un mieux-être.

Clinique

Solidarité

Démocratiser le toucher et en faire un mouvement social est le grand rêve de Gérard Piquemal. Les cliniques solidaires du Spa de la rue sont une fenêtre d’espoir pour ceux et celles que la société a condamnés au désespoir.

La Spa de la rue leur offre des soins professionnels de qualité, de l’écoute, un moment de détente, de rire et de sourire et lève les préjugés sur ces gens au destin souvent tragique.

Propre, propre, propre

Gérard aime toujours noter que les itinérants qui s’inscrivent au massage ou au soin de pieds arrivent tout frais douchés et sentent bon. « Ils ont leur fierté », précise-t-il. Bientôt des esthéticiennes et des coiffeurs et coiffeuses se joindront au Spa de la rue.

Une petite révolution se fait en catimini, celle de retrouver sa dignité malgré des revers de la vie parfois difficiles.

En 2013, le Centre canadien de recherche sur le toucher, en collaboration avec Kiné-Concept, a réalisé une étude sur l’impact de la massothérapie sur l’intensité de la douleur et du stress chez les sans-abris qui fréquentent la Maison du Père. Les premiers résultats démontrent que : le niveau de douleur moyen ressenti avant le traitement était de 5,7 sur 10, il était de 2,4 sur 10 après le traitement. Le niveau de stress ressenti était en moyenne de 4,8 sur 10 avant le traitement et de 2,3 sur 10 après le traitement. 11 % des receveurs ont avoué avoir dormi et 41 % affirment avoir somnolé pendant le traitement.

Plus de 3 500 personnes ont reçu des massages et des soins de pieds gratuits en 2015.

Le Spa de la rue fait des petits et se répand dans d’autres régions du Québec et en France.

Équipe

Soutenir, aider

Des besoins, il y en a tout plein au Spa de la rue. Gérard Piquemal a son carnet bien rempli : en plus des bénévoles (massothérapeutes, cracks de l’informatique, spécialistes en financement, etc.) qui sont toujours les bienvenus, il aimerait avoir un espace bureau, un véhicule pour le transport du matériel, des équipements (draps de massage, chaises, tables, etc.). le Spa de la rue accepte bien sûr les dons et donne des reçus de charité.

Pour en savoir plus : www.spadelarue.org

Témoignage

J’ai joint l’équipe en soin de pieds du Spa de la rue, il y a six mois environ. Plusieurs personnes autour de moi me croient héroïque de consacrer de mon temps aux pieds des itinérants. Il n’y a rien d’héroïque, c’est un échange humain d’une rare qualité et des tonnes de préjugés qui tombent. Il est vrai que parfois les pieds ont été longtemps délaissés, que les ongles sont presque de véritables griffes mais cela est l’exception. Le bain de trempage préalable nous permet de travailler sur des pieds propres et chaque traitement se termine par un massage. Quand la personne s’abandonne en fermant les yeux, c’est un pur bonheur pour moi. Mission accomplie et quelle privilégiée je suis.

Clôde de Guise

ClodeDeGuiseClôde de Guise est journaliste, photographe et guide accompagnatrice de voyage.

Elle exerce le métier de journaliste à la pige depuis plus de 30 ans. Elle a rédigé de nombreux articles portant principalement sur la santé, l’environnement, la coopération et le développement international. Elle a travaillé pour Greenpeace Québec et Greenpeace international comme responsable des communications.

De 2009 à 2014, elle s’établit en Tanzanie et sera tour à tour professeure de français spécialisée en tourisme et guide accompagnatrice de safaris au Kenya et en Tanzanie.

CarteVisiteElle accompagne également des voyageurs en Inde du Sud et du Nord depuis 2010.

Voir : www.coupsdecoeurvoyages.com


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Volume 12, numéro 4 — Mercredi, 2 mars 2016
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