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Le fabuleux et trépidant voyage des spermatozoïdes

Le fabuleux et trépidant voyage des spermatozoïdes

Savez-vous que ça prend 70 jours à fabriquer un spermatozoïde? Et qu'ensuite, un spermatozoïde doit voyager des mètres et des mètres pour essayer de rejoindre sa douce et lui remettre son précieux cadeau, sa part de code génétique? Encore faut-il qu'il la trouve. Et il n'est pas seul! Des millions d'autres spermatozoïdes cherchent aussi à gagner Madame (ils sont au moins 120 millions par éjaculation!). C'est une vie intense, celle d'un spermatozoïde, et pleine d'embuches. Et pour le gagnant, la victoire est de courte durée puisqu'il meurt aussitôt sa mission accomplie.

Les spermatozoïdes sont fabriqués dans les testicules à partir de cellules souches de spermatozoïdes, des spermatogonies, qui contiennent chacune un code génétique complet, c'est-à-dire 46 chromosomes. Une spermatogonie se divise deux fois de suite pour former 4 spermatozoïdes. Avant de se diviser, elle fait un duplicata de chacun de ses 46 chromosomes. Ainsi, en se divisant deux fois, elle répartit ses 92 chromosomes également dans les 4 spermatozoïdes résultants. Chaque spermatozoïde contient seulement un demi-code génétique, donc 23 chromosomes, qu'il se promet d'offrir à l'ovule. L'ovule contient aussi un demi-code génétique. Après la fécondation, l'ovule contiendra un code génétique complet, fait d'un mélange du code génétique de la femme qui a fabriqué l'ovule et de celui de l'homme qui a fabriqué le spermatozoïde.

Spermatozoïde

Un spermatozoïde est composé en trois sections: une tête, une pièce intermédiaire (pièce intermédiaire, comme si c'était une vulgaire machine!), et la queue, un long flagelle qui lui permet d'avancer. Dans la tête, il y a le trésor, la raison d'être du spermatozoïde, c'est-à-dire un demi-code génétique, 23 chromosomes choisis parmi les 46 de l'homme qui l'a formé. Dans la tête, il y a aussi un acrosome, un sac d'enzymes qui recouvre le code génétique comme un casque. Nous y reviendrons. Dans la pièce intermédiaire se situe un paquet de petits organites qui lui permettent de fabriquer sur place l'énergie dont il a besoin pour son long périple. Il tire le glucose du liquide qui l'entoure et le brûle à mesure. Un spermatozoïde se déplace avec le strict minimum, aucun bagage excédentaire, car il a vraiment un long voyage devant lui et il doit passer par des espaces très restreints. Il ne transporte aucune réserve d'énergie, pas même une petite boîte à lunch. Il doit se débrouiller tout seul en chemin. Nombre de spermatozoïdes n'y parviennent pas.

La première étape de la fabrication d'un spermatozoïde prend 50 jours! Oui, sept semaines! Bien sûr, les hommes fabriquent des millions et des millions de spermatozoïdes en même temps. Ils les fabriquent à la chaîne. Il y a en a donc à tout moment qui sont prêts. Ils sont formés, mais immatures. Ils ne savent rien faire, ils savent juste… être. Ils sont poussés dans un tube situé derrière le testicule. Ce tube porte le joli nom de « épididyme »! Les spermatozoïdes passent trois semaines ici pour apprendre à nager et apprendre comment fertiliser un ovule. Après ce stage de formation, ils sont prêts à se lancer tête baissée dans leur vie d'adulte… qui sera très courte!

Lors de l'éjaculation de l'homme dans lequel ils vivent, tous les spermatozoïdes matures sont propulsés à une vitesse folle à travers une série de corridors vertigineux jusqu'à la sortie. D'abord, l'épididyme les pousse dans un autre tube, le canal déférent. Ce canal passe derrière le testicule (il y en a un dans chaque testicule), passe sur le devant de l'os pubien, pénètre dans la cavité abdominale par une ouverture appelée le canal inguinal. Ensuite, le canal déférent passe par-dessus la vessie, ensuite derrière la vessie, ensuite sous la vessie où il entre dans la prostate. Sur leur trajet, les spermatozoïdes ramassent du sucre avec lequel ils se font l'énergie nécessaire à leur long périple. Dans la prostate, ils passent dans l'urètre, ce long canal qui passe dans toute la longueur du pénis, et sont poussés à l'extérieur du corps de l'homme et au fond du vagin.

Jusqu'ici, les spermatozoïdes se sont fait pousser, emporter béatement par le courant. Mais maintenant, ils doivent assurer eux-mêmes leur déplacement. Après un petit temps pour « réchauffer le moteur », c'est un départ. Les spermatozoïdes sont très petits, ils voyagent léger, étant donné le long chemin qu'ils doivent parcourir. Ils n'ont pas de réserve. Ils n'ont pas non plus un programme compliqué, pas de carte routière, pas de GPS, juste une idée fixe: ALLEZ, FONCE! VAZ-Y, GO GO GO! Alors, ils foncent. Droit devant. Ils n'ont pas de « renverse », ils ne peuvent pas reculer, ils ne cherchent pas, ils n'explorent pas, ils foncent. Droit devant, à toute vapeur! Un grand nombre d'entre eux vont se perdre au fond du vagin où il y a un repli en cul-de-sac qui donne de l'élasticité au vagin (bébé oblige). Ils s'y enfoncent tête la première et continuent de gigoter jusqu'à ce que mort s'ensuive. Certains vont trouver l'entrée, le col de l'utérus, un tunnel long et étroit. Ils le parcourent et débouchent dans une caverne gigantesque, la cavité utérine. La paroi interne de l'utérus n'est pas lisse. Elle est pleine de crevasses et de racoins, gorgée de sang et de sucre, en attente d'un ovule fécondé. Nombreux sont ceux qui s'y perdent, pris dans une crevasse ou écartés dans un couloir sans issue.

Ceux qui réussissent à traverser l'utérus seront confrontés au choix de leur vie. Dans quelle trompe s'engager, la droite ou la gauche? Où se trouve Madame? Là encore, la question ne se pose pas longtemps, car les spermatozoïdes n'obéissent qu'à leur instinct qui les pousse à foncer, toujours foncer vers le but ultime, l'Ovule. Environ la moitié d'eux vont s'enfoncer, joyeusement et tête baissée, dans la mauvaise trompe, qui s'appelle maintenant la trompe utérine, Monsieur Fallope ayant été délogé! Ceux-là meurent épuisés après avoir réalisé leur erreur. Ceux qui sont dans la trompe où Madame se trouve ne sont pas au bout de leurs peines. Ils doivent traverser les trois quarts de la trompe pour la rejoindre. Car Madame avance lentement.

Un ovule, c'est gigantesque. C'est lourd. Car un ovule contient tous les nutriments et matériaux de construction qui serviront à commencer le développement d'un bébé. L'ovule est poussé dans la trompe par des contractions en vagues de la trompe (le péristaltisme) et par des petits cils qui vibrent pour le pousser vers l'utérus. Et Madame chante. Elle appelle à elle les spermatozoïdes en émettant vers eux des molécules affriolantes. Mais elle a beau les enticher, ils doivent nager à contre-courant, le vent dans la face, coude à coude avec des millions de compétiteurs. Et même quand les plus robustes et déterminés aperçoivent Madame, il n'est pas encore temps de crier victoire.

On entend souvent dire que le premier spermatozoïde arrivé à l'ovule est le chanceux qui assure sa progéniture. Eh bien, c'est faux. Car même si Madame espère son Prince avec trépidation, elle ne se laisse pas pénétrer par le premier venu. Madame est recouverte d'une épaisse couche protectrice, elle aussi pleine de crevasses et de recoins. Avant d'entrer, les spermatozoïdes doivent se creuser un passage à travers cette enveloppe. Chaque spermatozoïde contient dans sa tête un sac d'enzymes, qu'il porte devant son code génétique. Quand un spermatozoïde arrive à l'ovule, il se rentre la tête dans une crevasse et déverse ses enzymes. Des milliers de spermatozoïdes arrivent simultanément à l'ovule et se plantent la tête dans un petit coin de son enveloppe. Chacun déverse ses enzymes et s'attaque à son petit bout de terrain. Mais un spermatozoïde ne contient pas assez d'enzymes pour passer à travers l'enveloppe. Chaque spermatozoïde peut gruger une petite couche de l'enveloppe. Une fois ses enzymes épuisées, le spermatozoïde meurt et tombe. Un autre prend rapidement sa place et continue le travail de forage avec ses propres enzymes. Lui aussi meurt avant d'atteindre le but. Il faut ainsi plusieurs spermatozoïdes de suite pour traverser la couche protectrice de l'ovule afin d'y pénétrer.

Celui qui parviendra le premier au fond de la couche protectrice, parmi les milliers qui creusent en même temps, celui-là sera l'heureux élu. Lui pourra pénétrer DANS l'ovule. En fait, sa tête pénètre. Sa queue se détache et reste à l'extérieur car il n'en a plus besoin. Instantanément, quand un spermatozoïde est entré, Madame change de caractère, elle se montre implacable. Elle n'est plus disponible pour personne d'autre que son Champion. Et pour s'assurer d'un peu d'intimité, elle s'entoure d'une nouvelle couche, impénétrable, lisse, solide… on jugerait de l'acier inoxydable… du métal trempé… du verre anti-balle! Aucun autre spermatozoïde ne peut entrer. Merci Messieurs, pour votre belle participation, meilleure chance la prochaine fois. Heureusement que Madame est si particulière car si un deuxième spermatozoïde venait à pénétrer, l'ovule contiendrait 23 + 23 + 23 = 69 chromosomes et non 46. Une telle aberration est non viable et meurt.

Pour Monsieur l'Élu, après toute la frénésie de la course pour se rendre et pénétrer l'ovule, c'est le calme plat, le repos, le néant. Il disparait à son tour. Il a perdu sa queue, sa tête se désagrège, seul son demi-code génétique demeure. Finalement, c'est tout ce que Madame désire, le trésor au fond de l'homme. Ces 23 chromosomes sont enroulés serré, compactés pour en faciliter le transport et en alléger le poids. Pendant les heures qui suivent la fécondation, le code génétique se déroule, se détend, se déploie. Tranquillement, il s'approche des chromosomes de l'ovule. Les chromosomes s'attirent, se touchent, se caressent et finalement fusionnent. Et tout doucement, une première cellule d'un nouvel être humain est formée.

Cette première cellule porte le malheureux nom de « zygote ». Dans le zygote, chaque chromosome masculin trouve son homologue féminin, leurs caractéristiques se combinent et c'est parti pour la vie. Chaque parent a donné une partie seulement de son code génétique au zygote, et ces deux parties de code forment ensemble une nouvelle combinaison génétique jamais vue. Dans chaque spermatozoïde formé par un homme, le code génétique est un peu différent. À chaque fois qu'une femme fabrique un ovule, le mélange de son code génétique qu'elle y insère est différent de celui de ses autres ovules, passés et futurs. Il y a 8 millions de combinaisons possibles pour chaque ovule et pour chaque spermatozoïde. Donc la possibilité que 2 zygotes issus des 2 mêmes parents contiennent les mêmes chromosomes est de 1 sur 64 billions – peu probable.

Ce qui signifie que le code génétique de chaque personne est unique. Chaque personne qui nait a son mélange génétique unique (sauf les jumeaux identiques, mais ça, c'est une autre histoire), qui la rendra susceptible ou résistante à certaines maladies, qui lui donnera ses goûts et ses aversions personnelles, ses capacités, ses inspirations et ses intuitions bien à elle. Et chaque personne qui meurt emporte avec elle sa combinaison génétique unique. Chaque mélange de code génétique a une seule chance, une seule vie pour développer son plein potentiel. Il faut donc saisir cette chance à deux mains et donner la chance à tout notre code génétique de s'épanouir.

Louise Labrosse
laloulalou@hotmail.com


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Volume 12, numéro 7 — Mercredi, 13 avril 2016
  
 

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